ACTE II, SCÈNE X
MADAME CORDELIER
Toi !... Mon enfant... (Elle s'est assise à son côté, l'a, pris dans ses bras. Un silence.) André, il y 3, près d'un
an que j'assiste au drame de votre ménage ! Malgré mon affliction, je ne t'ai jamais posé, même une question indirecte...
ANDRÉ
Eh bien, ma mère, oui!... Edith a un amant.
MADAME CORDELIER
Monsieur de Génois?
ANDRÉ
Vous le saviez?
Je l'ai toujours pensé. Je l'ai vu ici, une seule fois, la veille de son départ pour Verdun.
ANDRÉ
C'est ce même jour qu'Edith m'a tout avoué, que j'ai tout appris. Tout appris, c'est une façon
de parler, car depuis!... Maman, voici une heure que je me débats dans un drame de conscience, vraiment atroce! Un devoir d'une cruauté inouie s'impose à moi!
MADAME CORDELIER
Mais lequel?
ANDRÉ
Monsieur de Génois a séduit cette petite infortunée, m'a volé ma femme par dévergondage pur. Edith n'a été pour lui qu'un amusement. Il avait conservé sa maîtresse, — la vraie, — une fille ramenée jadis de Saigon. A la déclaration de guerre, il a fait, à cette créature, cadeau de ses meubles, de tous ses bibelots, lui a confié son appartement, où d'ailleurs elle n'avait pas cessé de venir et où il recevait, en môme temps que cette femme du ruisseau, ma femme! Ces lugubres détails, je les ignorais, bien entendu, quand, il y a trois ou quatre mois... au début de janvier, je trouve dans mon courrier une lettre signée : Lucienne Francil. C'est le nom de cette personne. Elle réclamait un rendez-vous, et faisait allusion à une correspondance intime, qui était de nature à m'intéresser vivement. Le len-