‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 76 sur 108 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

demain, je la reçois à l'hôpital, dans mon cabinet. Dès la porte, aux yeux, je discerne une opiomane. Sans beaucoup de détours, cette femme offre de me livrer des lettres d'Edith. Quatrevingt-trois lettres. Elle n'a pas eu la peine de crocheter un tiroir pour les tenir. Génois, au départ, a laissé tous ses papiers en l'air. Mademoiselle Francil connaissait, d'ailleurs, l'existence de ces lettres : avant la guerre, monsieur de Génois lui en lisait des extraits pour la divertir ! Maman, je m'excuse ! Gomme il me répugne de dérouler cette histoire devant la femme que vous êtes!

(Il s'est mouché, s'est essuyé les yeux.) MADAME CORDELIER.

Mon André!

ANDRÉ

Cette fille était poussée par le désir de me soutirer de l'argent, mais aussi par un dépit visible. Son amant la négligeait, la laissait sans aucune nouvelle. Elle pratiquait à la fois un chantage et une vengeance. J'ai demandé : « Pour les lettres, combien? » Elle m'a parlé de ses embarras d'argent, puis a fixé la somme, avec un sou-

rire. Dix mille francs. L'après-midi, l'échange s'opérait.

(Il s'essaie le front. j

MADAME CORDELIER

Et cette Edith n'est pas morte de honte et de douleur? Elle ose élever la voix!

Mais, de tout ceci, Edith ne soupçonne rien.

MADAME CORDELIER

Gomment!..,

ANDRÉ

A l'époque, le capitaine de Génois se battait... Elle vient de me jeter à la ligure ses états de services. Je les connaissais déjà, en partie. Il s'est conduit admirablement !

MADAME CORDELIER

Je ne vois pas le rapport!

ANDRÉ

Parler à Edith, c'était frapper dans le dos ce combattant!... Ah! maman, on ne fait pas abs-

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