‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 77 sur 108 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

traction de la guerre ! Elle est devenue un élément de toute chose, elle peut modifier jusqu'à nos droits moraux! De son côté, Edith, à l'hôpital, se prodiguait...

MADAME CORDELIER

Gomme tant d'autres, qui sont honnêtes !

ANDRÉ

Il a été beau, l'effort de cet être physiquement et moralement faible ! Le jour, la nuit, de toute sa frêle force, elle s'est donnée à ces épouvantables blessures de la face... Jamais une défaillance!... Enfin, je me suis tu, et je m'approuve encore de ce silence que j'eusse tant voulu garder jusqu'à la fin de la campagne! Mais, tout à l'heure, un télégramme a tout renversé. Le capitaine de Génois est à l'hôpital de Rennes, blessé. J'ai lieu de croire que c'est peu de chose, mais il réclame Edith, et Edith est résolue à partir ce soir même.

MADAME CORDELIER

Ah!

ANDRÉ

Si elle part, elle rompt le dernier lien. Entre elle et moi, c'est fini.

MADAME CORDELIER

Je le pense!

ANDRÉ

Elle se ferme donc toute retraite. Elle se précipite dans la dépendance absolue de Génois.

MADAME CORDELIER

Puisqu'elle l'aime !

ANDRÉ

Elle l'aime, mais elle ne le connaît pas. Et moi, je le connais ! Et, à cette heure, je n'ai plus le droit de taire à Edith ce que je sais! Voilà, ma mère, où j'en suis!

MADAME CORDELIER

André, écoute mon conseil : laisse -la s'en aller! Sépare-toi de cette compagne indigne!

ANDRÉ

Mais comprenez-moi : Edith est libre, millt. fois libre! C'est moi qui ne le suis plus! J'ai épousé cette femme lorsqu'elle n'avait pas vingt ans, je ne peux pas, aujourd'hui, l'envoyer, ignorante de tout, à je ne sais quels malheurs et quelles déchéances ! Je lui dois ma découverte I

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