ACTE II, SCÈNE X
traction de la guerre ! Elle est devenue un élément de toute chose, elle peut modifier jusqu'à nos droits moraux! De son côté, Edith, à l'hôpital, se prodiguait...
MADAME CORDELIER
Gomme tant d'autres, qui sont honnêtes !
ANDRÉ
Il a été beau, l'effort de cet être physiquement et moralement faible ! Le jour, la nuit, de toute sa frêle force, elle s'est donnée à ces épouvantables blessures de la face... Jamais une défaillance!... Enfin, je me suis tu, et je m'approuve encore de ce silence que j'eusse tant voulu garder jusqu'à la fin de la campagne! Mais, tout à l'heure, un télégramme a tout renversé. Le capitaine de Génois est à l'hôpital de Rennes, blessé. J'ai lieu de croire que c'est peu de chose, mais il réclame Edith, et Edith est résolue à partir ce soir même.
MADAME CORDELIER
Ah!
ANDRÉ
Si elle part, elle rompt le dernier lien. Entre elle et moi, c'est fini.
MADAME CORDELIER
Je le pense!
ANDRÉ
Elle se ferme donc toute retraite. Elle se précipite dans la dépendance absolue de Génois.
MADAME CORDELIER
Puisqu'elle l'aime !
ANDRÉ
Elle l'aime, mais elle ne le connaît pas. Et moi, je le connais ! Et, à cette heure, je n'ai plus le droit de taire à Edith ce que je sais! Voilà, ma mère, où j'en suis!
MADAME CORDELIER
André, écoute mon conseil : laisse -la s'en aller! Sépare-toi de cette compagne indigne!
ANDRÉ
Mais comprenez-moi : Edith est libre, millt. fois libre! C'est moi qui ne le suis plus! J'ai épousé cette femme lorsqu'elle n'avait pas vingt ans, je ne peux pas, aujourd'hui, l'envoyer, ignorante de tout, à je ne sais quels malheurs et quelles déchéances ! Je lui dois ma découverte I