ACTE II, SCÈNE XI
EDITH
André, le mouvement que j'ai eu contre vous me fait horreur !
ANDRÉ
Ne revenons pas là-dessus. C'est tout à fait secondaire, je vous assure. D'ailleurs^ votre état nerveux ne m'a pas échappé.
EDITH
C'est vrai... Je suis fatiguée... et très inquiète. Mais rien ne peut excuser la bassesse de mes paroles ; car je pense, j'ai toujours pensé qu'il n'existait pas un cœur plus ^rand que le vôtre.
ANDRÉ
Je suis sensible à ce témoignage, mais...
ÉDITII.
André, pendant six années, de toute mon âme, j'ai désiré vous aimer ! J'avais épousé l'homme que j'admirais entre tous. Ces six années, je les ai vécues dans la consternation, car je n'avais pas d'amour pour mon mari, et je sentais, en moi, tant d'amour! Oui, j'ai été, six ans, la créature la plus désolée. Si je trouve le courage de
VOUS le révéler aujourd'hui, c'est que nous sommes l'un devant l'autre pour la dernière fois.
ANDRÉ, d'une voix sourde.
Asseyez-vous, Edith. J'ai à vous parler.
EDITH
Accordez-moi un moment encore !
ANDRÉ
• Non... il faut que je vous parle.
EDITH
Ce que j'ai à vous dire est grave!... Et je viens d'y penser très fort. Je vous supplie de m'entendre ! Oui, André, je vous en supplie!
ANDRÉ
Soit! mais ceci est très douloureux...
EDITH
André, en quittant, ce soir, votre maison, je vous rends une nouvelle offense pour la bonté admirable que vous m'avez témoignée dans ces