‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 96 sur 108 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

repartiras! Mon méchant, mon cruel!... Et tu redoutes, pour moi, la solitude. N'est-ce pas vrai?

LOUIS

Oui, Edith, je ne veux pas te laisser seule.

EDITH

Sache que si ce temps impitoyable doit renaître, je la bénirai, ma solitude !

LOUIS, pitoyable.

Mon petit!...

EDITH

Mon Louis, je la bénirai ! Je ne pourrais plus subir la contrainte des derniers mois... cette fausse vie conjugale!... C'est trop! Si la guerre te reprend, Louis, tu ne m'entendras plus demander grâce comme le premier août! Non! Tu m'a enseignée, mon héros ! Mais, cette fois, je ne serai plus une des muettes de la grande angoisse, cette pauvresse honteuse ! Je serai la maîtresse de Louis de Génois ! Les gens ne diront plus : « Madame Gordelier fait de la neurasthénie! »

Ma souffrance portera ton nom. Mais ne touchons pas à cette chose... lointaine, si lointaine!... Qui sait?...

(Elle s'est penchée sur lui.) LOUIS.

Ma bouche est fiévreuse...

Je t aime, Louis ! (Un baiser.) J'ai reçu ta petite lettre, hier, à la minute où je partais pour la gare ! Alors, tu as été blessé à l'attaque de Loos...

LOUIS

Oui...

EDITH

Je m'en doutais un peu. Le lundi?

LOUIS

Oui... les deux premiers jours, j'avais impunément affronté toutes les mitrailleuses, traversé deux barrages, et caetera... Et puis, lundi, vers onze heures du soir... calme absolu... J'étais assis

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