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L'ÉLIMINATION DU BROME PAR LES URINES

B. — Considérations physiologiques.

« La sécrétion du brome est une des plus curieuses que nous connaissions actuellement », écrit L. AMBARD (*). Nous pensons avoir apporté quelques éclaircissements à ce problème.

Nous pouvons déjà conclure des résultats expérimentaux du chapitre A précédent que l’élimination du brome de l’organisme humain s’effectue presque totalement par le rein.

Mais, de plus, nos recherches, orientées surtout sur le point de démontrer les modalités de l’élimination du brome de l’organisme humain, ont dépassé le cadre que nous nous étions tracé et nous ont permis de préciser quelques points du métabolisme intermédiaire du brome circulant, notamment les modifications de la sécrétion du brome par les glandes digestives. Nous avons pu suivre aussi les variations de la bromémie et inscrire les variations du chlore et du brome sanguins durant la période d'élimination provoquée. Enfin, nous avons élucidé le problème de l’élimination quantitative par les fèces.

Ces considérations nous amènent à envisager maintenant, non seulement du point de vue chimique, mais encore du point de vue physiologique, les différents points suivants :

| 1° Rythme normal

2° Elimination des doses thérapeutiques I. — L’élimination a) Petites doses Ab nee Sans variation du u Drome par : : bilan chloré.

Avec variation du | bilan chloré.

&) Grosses doses

IT. — L’élimination du brome par les fèces.

III. — Le métabolisme intermédiaire du brome : le brome gastrique.

L’étude des deux derniers points (2° et 3°) fera l’objet de deux chapitres spéciaux ultérieurs.

Nous allons examiner ici le côté physiologique de l’élimination urinaire du brome.

(*) AmBarD (L.). — Physiologie normale et pathologique des reins (3° édition, p. 189). Masson, Paris.

I. — L'élimination du brome par les urines selon le rythme normal.

Ce rythme a été établi chez nos trois sujets femmes. Nous ne retiendrons que les points suivants : l'élimination urinaire du brome est continue, son taux correspond à une valeur déterminée de la bromémie.

Il y a une bromurie physiologique tout comme il y a une bromémie physiologique. Est-elle la même pour tous les sujets ? En réalité, elle est variable, maïs elle oscille entre des limites très peu étendues. Rappelons seulement, pour les comparer, les pouvoirs de concentration respectifs pour le brome et pour le chlore de nos trois cas (chiffres des moyennes).

Br. en mg. Cl en mg.

Nasa UTILE ER Re en 2,9 7600 ND Ra Une ue Et MORE 1,5 6000 No TO Het M ET EE 1,8 5000

Nous avons donc pu dire que l’épreuve de concentration du brome pour l’exploration des fonctions rénales pourrait être mise en parallèle à l’épreuve de concentration du chlore.

Les rapports 1000 Br/CI présentent une remarquable amplitude de variations : de 0,1 à 1.

IT. — L’élimination urinaire provoquée par l’administration des doses thérapeutiques.

a. — CAS DES PETITES DOSES (1 g. de bromure de sodium).

Pour Ti.. l'élimination paraît être effectuée en 30 jours, du 6 juin au 7 juillet, car le brome urinaire est revenu à son taux normal, cependant nous avons vu qu’il n’a été chassé par l’urine que 360 mg.,65 au lieu de 776, chiffre représentant la totalité de la masse absorbée : force nous est donc de conclure qu’il y a une rétention, dans l’organisme, d’une certaine quantité de brome. |

Cette élimination s’est faite dès le premier jour , l’accroissement de la bromurie atteignant un taux à peu près étale durant une douzaine de jours et conférant à la courbe (courbe4) l'aspect d’un plateau, puis retour progressif et par oscillations plus marquées à la normale.

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On retrouve donc dans les jours qui suivent l’ingestion de bromure de sodium, non pas des traces de brome dans l’urine, contrairement aux conclusions de NENCKI et SCHOUMOW-SIMA- NOWSKY [19], de KUNKEL [15], d’AMBARD et CHABANIER (loc. cit.), mais une véritable élimination que nous avons pu chiffrer.

Il n’est pas possible d’affirmer de modifications concomittentes de l’élimination du chlore urinaire.

Dans l’expérience Ra. l’élimination s’étend, nous l’avons vu, du 1°” juin au 1° juillet, soit sur trente jours, durant lesquels 727 milligrammes de brome ont été éliminés sur les 776 mg. théoriques. Il y a donc bien dans ce cas élimination totale (les recherches se sont effectuées strictement dans les mêmes conditions et avec la même rigueur que dans le cas Ti..).

La courbe (courbe 5, page 57) a ici un aspect un peu différent de celle de Ti... Une ascension progressive de deux jours atteint le troisième jour un sommet, pour redescendre ensuite à des valeurs comparables à celles du cas précédent. Elle s’étale alors en plateau mais avec quelques oscillations plus marquées avant le retour à la normale. (La courbe de Ti.. s’inscrit comme si elle avait été décapitée de la chasse maximum du troisième jour).

On peut dire qu’il y a des variations individuelles dans le processus d’élimination d’une petite dose ingérée de bromure de sodium.

Le très léger fléchissement du chlore urinaire manifesté lors de l’élimination des plus fortes quantités de brome urinaire, c’est-à-dire au début de la période d’élimination, ne se marque pas cependant par des chiffres inférieurs à la moyenne normale. Il n’y a pas un parallélisme absolu entre les courbes d'élimination du chlore et du brome urinaires dans les conditions d’expérience où nous nous sommes placée.

b. — GROSSES DOSES THÉRAPEUTIQUES (Doses moyennes répétées).

1° Expérimentation sur un sujet dont on n’a pas perturbé l'équilibre chloré.

Expérience Ra. : Ra absorbe, du 9 août au 21 août, 33 grammes de bromure de sodium et élimine en 69 jours (8 août-15 octobre) 26 g.,539 de brome contre 26 g.,4, chiffre théorique. Rappelons que les 26 g., 539 répondent non seulement au bromure de sodium ingéré, mais également au brome de l’alimen-

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