‹ L'élimination du brome de l'organisme humainChapitre 50 sur 50 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nos recherches ont abouti à des résultats précis concernant l'élimination :

1° du brome urinaire.

2° du brome des fèces.

3° du métabolisme intermédiaire du brome au niveau de l’estomac.

Elles nous autorisent aux conclusions suivantes appuyées par les 1.320 déterminations quantitatives que nous avons effectuées.

1° Le brome urinaire.

a) Il y a une bromurie physiologique tout comme il y a une bromémie physiologique. Le taux de la bromurie normale est de quelques dixièmes de milligrammes à 5 à 6 milligrammes par jour, rarement plus, et en moyenne de 2 mg.,5 pour notre expérimentation. Le taux de la bromémie physiologique varie de 0 mg.,20 à 4 mg. pour 1000 cm de sang total frais.

b) Après absorption par voie buccale d’une petite dose (1 g.) de bromure de sodium, l'élimination urinaire du brome s’étend sur trente jours. Elle est totale dans une expérience et incomplète dans l’autre : il y a donc rétention de brome dans l’organisme de ce dernier cas, ce qui entraîne la constatation de variations individuelles dans l’élimination du brome.

c) Après absorption par voie buccale de doses thérapeutiques répétées, l'élimination urinaire s’effectue suivant un rythme qui est essentiellement sous la dépendance du bilan chloré de l’organisme.

Chez un sujet normalement chloruré, l’élimination de 33 g. de bromure de sodium s’effectue en 69 jours.

Chez un sujet dont le capital de chlore diminue (régime lacté), le retour à la bromurie normale, après ingestion de 33 g. de bromure de sodium, s’effectue le 137° jour.

d) L’élimination du brome se fait presque totalement par le rein, et pour une faible proportion par les fèces.

e) Il y a une évolution parallèle entre le taux en brome du sang et le taux en brome de l’urine.

f) L’élimination de grosses quantités de brome par l'urine ne s'effectue pas en s’accompagnant de grosses chasses de chlore.

g) Le chlore sanguin, durant la période de grande rétention de brome dans le sang, ne varie pas sensiblement.

h) La diurèse, ainsi que l’administration de chlore en surcharge, augmente l’élimination de brome par l’urine, ainsi que celle de chlore.

i) L’accumulation de gros taux de brome dans le sang n’a eu dans nos expériences aucune action physiologique sensible et a été parfaitement tolérée.

j) Le brome se présente comme un élément bien toléré par l'organisme, pouvant se substituer en partie au chlore mais manifestant des propriétés physiologiques autres : l’action du chlorure de sodium sur l’équilibre hydrique des tissus et humeurs est classique, pareils faits ne s’observent pas pour le bromure de sodium. Le brome peut remplacer moléculairement le chlore sans le remplacer en totalité physiologiquement.

2° Le brome des fèces.

a) Il y à une élimination physiologique du brome par les fèces à un taux de 0 mg.,01 à 0 mg.,06 par jour représentant environ le 1/100° de l’élimination urinaire.

b) Au cours de l’ingestion de bromure de sodium, l’élimination par les fèces subit des variations individuelles considérables qui sont sous la dépendance du bilan chloré de l’organisme ainsi que de l’état de fonctionnement physiologique du transit intestinal.

c) Lors des grosses bromémies, l’élimination par les urines est 245 fois plus élevée dans le cas Ra.. et 80 fois plus forte dans le cas Ti.. que l’élimination du brome par les fèces.

3° Le brome gastrique.

a) De même qu’il y a une bromémie physiologique que nous évaluons de quelques dixièmes de milligrammes à 3 ou 4 milligrammes pour 1000, de même il ÿ a une sécrétion gastrique normale de brome, variant dans nos analyses de 0 mg.,87 à 2 mg.,57 pour 1900 et de 0 mg.,948 pour 1000 en moyenne, en se plaçant dans nos conditions d’expérience.

b) Pendant les périodes de fortes bromémies, il y a un accroissement correspondant de brome gastrique. Le brome peut remplacer le chlore dans la sécrétion des glandes digestives.

c) Les fluctuations observées dans la sécrétion du brome gastrique jouent un rôle certain dans la répartition du brome dans l’organisme qui s'effectue par l’intermédiaire du courant circulatoire.

Vu, bon à imprimer :

Le Président de la Thèse, A. DAMIENS. Vu:

Le Doyen de la Faculté, P. GUÉRIN.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris, S. CHARLÉTY.

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