AVANT-PROPOS
« Le peuple arabe est un peuple conteur. »
Iette assertion de Voltaire ne doit-elle pas I s'appliquer au peuple français? De tout temps lil a aimé les contes. Au moyen âge il écoutait avec délices le récit de ces fabliaux qui constituent une portion si remarquable de notre ancienne littérature; des publications importantes sont loin d'avoir épuisé tout ce que les manuscrits des grands dépôts publics possèdent en ce genre.
Dès que l'imprimerie a pris quelque essor en France, elle s'empresse de mettre au jour des nouvelles, c'est-àdire des contes. En i486, un des plus éminents ancêtres de la typographie parisienne, Antoine Vérard, fait paraître la première édition des Cent Nouvelles nouvelles,' il en donne peu de temps après une réimpression non datée. Ce recueil est derechef mis sous presse, en i5o5, chez Nicolas Desprez; Michel le Noir et Jehan Trepperel ne tardent pas, chacun de son côté, à offrir ces récits à un public qui était avide de les lire; dans le cours du XVI^ siècle, plusieurs autres éditions se succèdent à Paris et à Lyon.
II nous serait facile, en nous en tenant aux contes en prose, d'en mentionner bien d'autres collections mises au jour depuis le règne de François I^r jusqu'à celui de Contes de d'Ouville , I. a