II AVANT-PROPOS
Louis XIII. Le Parangon des nouvelles honnestes et délectables paraît à Lyon en i53i. Les Comptes du monde aventureux virent le jour en i553, et deux ans plus tard surgit à Anvers un volume devenu fort rare , le Recueil de plaisantes nouvelles.
Les récits contenus dans les Nouvelles Récréations de l'infortuné Bonaventure Despériers et dans VHeptaméron de Marguerite de Valois ont conservé tout leur attrait, ainsi que les Contes et Discours de Noël de Fail, caché sous le nom d'Eutrapel.
L'Esté de Bénigne Poissenot et le Printemps d'hyver par Jacques Yver sont loin d'avoir obtenu pareille célébrité. Les Nouveaux Récits et Contes moralisez, par Duroc-Sort- Mannes (1576), sont à peu près oubliés, tandis que Cholières avec ses Matinées , ses Aprés-disnées, ses Facétieuses journées, trouve toujours des lecteurs.
Nous ne nous arrêterons ni aux Sérées de Guillaume Bouchet, ni aux Facétieux devis et plaisants contes par le sieur de Moulinet , ni au Chasse ennuy de Louis Garon, ni aux Heures perdues dont l'auteur ne s'est désigné que par les initiales R. O. M., et nous laissons de côté d'autres collections antérieures à celle que nous reproduisons.
Disons quelques mots de l'écrivain auquel nous avons affaire.
Antoine Le Métel, sieur d'Ouville, avait vu le jour à Caen, mais la date de sa naissance est inconnue; il vint à Paris et consacra à la littérature les loisirs que lui laissait sa profession d'ingénieur; les circonstances de sa vie sont restées dans l'obscurité; il était frère du fameux Boisrobert, un des plus beaux esprits de l'époque et qui avait le talent d'amener le rire sur les lèvres du sévère cardinal de Richelieu, fort peu disposé habituellement à se livrer à des accès de gaieté.