‹ L'Eloquence académiqueChapitre 12 sur 65 · QUINAULT · texte numérisé non relu

QUINAULT

né à Felletin, mort à Paris (1635-1688).

pr 'Ttt -TTt» '+TT> -rrr ■+TT' ■Trf 'TTT' -rTf -Mt» '+tt' -rrr» -ttt» -rrr •*;{* rpr ■ttti 'Ttt» -rrr 'Tff -Vrf +r ^

HILIPPE Quinault doit être regardé parmi nous comme

le créateur des tragédies lyriques. Il faut avouer que,

s'il n'y a pas été parfait, du moins n'y a-t-il jamais été

égalé. Quant à prôner l'utilité du genre qui a fait sa

réputation, ceci est une autre affaire.

Constamment en faveur auprès de Louis XIV, protégé par le ministre Colbert, Quinault fut un des heureux de son temps. Nommé académicien en 1670, devenu riche par son mariage, gratifié de deux mille livres de pension, il obtint de plus le cordon de Saint-Michel. LuUi s'était engagé à lui payer quatre mille livres chacun des opéras qu'il lui donnerait à mettre en musique.

Assurément les biens dont le roi et son ministre le comblaient ne s'adressaient pas seulement aux talents du poète. Quinault n'écrivait que pour divertir son maître ; il était juste que celui-ci le récompensât de l'avoir loué et amusé. Le grand mérite de Quinault est d'avoir su varier les sempiternels éloges dont il encensait Louis XIV.

Pourtant il faut reconnaître chez lui une prodigieuse facilité de versification. Ses contemporains lui faisaient un reproche de ce dont nous lui saurions gré aujourd'hui : sa simplicité et son naturel.

Quinault a écrit de nombreux opéras pour Lulli. Depuis ces ouvrages ont été resserrés et remis en musique par des compositeurs célèbres. IJAlceste a été refaite par le Dailly du Rollet sur VAlcesie italienne de Calsabigi,mise en musique par Gluck.Gossec a emprunté h Quinault le poème de Thésée, Paisiello celui de Froserpine, et J.C. Bach celui d'Amadi's. Fersée, Aiys et Roland, retouchés par Marmontel, ont été remis en musique, le premier par Philidor, les deux autres par Piccini. Enfin, le chef-d'œuvre lyrique de Quinault, Armide,^txxm\. à Gluck de composer un autre chef-d'œuvre. Armide est la seule tragédie lyrique de Quinault qui n'ait point été réduite.

Quand la gloire de Quinault se bornerait à avoir servi de matière à tous les grands compositeurs que nous venons de nommer, sa part serait assez belle encore.

Sa gloire n'est que là en effet. Si l'on en excepte une assez bonne comédie d'intrigue, La Mère coquetie,\Qs autres ouvrages de Quinault

L'Éloquence acade'mique.

Page 1