‹ L'Eloquence académiqueChapitre 20 sur 65 · Le titre de Protecteur · texte numérisé non relu

Le titre de Protecteur

2, Aristote.

L'Éloquencs académique. 6

C'est à vous, Messieurs, que je dois laisser faire un si digne éloge. On dirait que la Providence a réservé pour le règne de Louis le Grand des hommes capables de célébrer les actions de ce prince ; car bien que tant de victoires l'assurent de l'immortalité, ne craignons pas de le dire, les muses ne sont point inutiles à la réputation des héros. Quelle obHgation Trajan n'a-t-il pas à Pline le Jeune ? Les oraisons pour Ligarius et pour Marcellus ne font-elles pas encore à présent honneur à la clémence de Jules César ? pour ne rien dire d'Achille et d'Énée qu'on n'a allégués que trop de fois comme redevables à Virgile et à Homère de tout ce bruit qu'ils font dans le monde depuis tant d'années.

Quand Louis le Grand serait né en un siècle rude et grossier, il ne laisserait pas d'être vrai qu'il aurait réduit l'hérésie aux derniers abois, accru l'héritage de ses pères, replanté les bornes de notre ancienne domination ; réprimé la manie des duels si funestes à ce royaume, et dont la fureur a souvent rendu la paix presque aussi sanglante que la guerre ; protégé ses alliés et tenu inviolablement sa parole, ce que peu de rois ont accoutumé de faire. Cependant il serait à craindre que le temps, qui peut tout sur les affaires humaines, ne diminuât au moins l'éclat de tant de merveilles, s'il n'avait pas la force de les étouffer ; vos plumes savantes les garantiront de cette injure ; la postérité instruite par vos écrits admirera aussi bien que nous un prince qui ne peut être assez admiré.

Quand je considère toutes ces choses, je suis excité de prendre la lyre pour les chanter, mais la connaissance de ma faiblesse me retient : il ne serait pas juste de déshonorer une si belle vie par des chansons grossières comme les miennes. Je me contenterai, Messieurs, de goûter la douceur des vôtres, s'il m'est impossible de les imiter. La seule chose dont je puis répondre, c'est de ne manquer jamais pour vous ni de respect ni de gratitude.

M jJb d^ jfta. jft^ -cAi. .cAi. JAi j^i. j^^ -iAi. .tAt ^Av jAa. jfla. jfcv .rAi zAa. .c*a. 2A1 /Ai jA;

BOILEAU-DESPRÉAUX (i684),

né à Crône près Paris, mort à Paris (1636-1711).

rf -Iqc^ -♦Tf •♦rf '♦1*' '♦l^ '♦l*' '♦^ '♦l^ '^l*' '*!*' 'W+ '+3^ '+if' +1+ +rfi'+Tf +1+ '^T*"+l+ •♦Tf ■n;

L fallait, dit Vauvenargues, que Boileau fût né avec un génie bien singulier, pour échapper, comme il l'a fait, aux mauvais exemples de ses contemporains et pour

•M^^l^yi leur imposer ses propres lois. » — Boileau a eu ce rare mérite, d'avoir du goût, et de s'y obstiner. Excellent écrivain, il a donné des exemples en même temps que, parfait législateur, il proposait des règles. Son Art po'clique^ ainsi que le fait remarquer La Harpe, est une « législation parfaite, dont l'application se trouve juste dans tous les cas, un code imprescriptible, dont les décisions serviront à jamais à savoir ce qui doit être condamné, ce qui doit être applaudi ».

Boileau est trop classique pour que nous ayons besoin de citer même ses ouvrages. On trouvera seulement, dans une note préliminaire, ce qui a trait à l'élection de Boileau comme académicien. Le discours qu'il prononça le 3 juillet 16S4, est également suivi de quelques détails que nous avons cru intéressant de reproduire.

Page 1