CHARLES AUX THUILLERIES
le i" décembre 1783.
Légende :
Jusqu'alors sans égal, Le Monarque des airs Y suivit son rival.
A Paris, chez Esnauts et Rapilly, rue Saint- Jacques, à la Ville de Coutances. .
NcTA. — Quelques exemplaires de ce portrait, sans nom d'éditeur ni légende, portent dans le cartouche, où figurait le nom de Charles, celui du marquis de Villette.
5. — Profil tourné à gauche. Les accessoires du n" 1 sont reproduits sur cette gravure et retournés. Mais le profil semble procéder du n" 4. Le visage est moins gras, moins court que dans 1, 2 et 3.
Légende :
Charles aux Tuileries le 1" décembre 1783.
Signature : P.-J. Tavenard, sculp.
sicien se retira pendant la Terreur et dans laquelle il revint, jusque dans les premières années de la Restauration, tant que le mal dont il était atteint, la pierre, lui permit d'aller en voiture. On l'appelle encore la maison Charles. Dans un de ces exquis Billets du matin envoyés au Temps en 1889, notre confrère décrivait cette maison. « Elle n'est pas belle, disait-il; ce n'est qu'une grande maison de paysans.
Mais il y a au premier une chambre assez vaste, avec une large fenêtre, d'où l'on voit de beaux prés et, à l'horizon, de l'autre côté de la Loire, la ligne bleuâtre des bois de Sologne ( ^ ). )> M. Lemaître, qui est en ce moment même à Tavers, m'écrit, de la chambre de Charles, qu'il y a encore dans le pays deux vieux vignerons qui se souviennent de l'avoir vu. « C'était un fort
(») Voir l'Appendice, Yl.
brave homme, pas fier, et qui causait volontiers avec les habitants. On retrouve plusieurs fois son nom dans les registres de l'état civil du temps de la Révolution, au bas d'actes de naissance ou de mariage.» Ou je me trompe bien, ou les lettres que j'ai publiées confirment cette impression et laissent deviner un brave homme, à la fois ingénu et fin, très simple, très afî"ectueux , et ayant su garder , à travers les maux de la vie, une gaieté courageuse et charmante pour orner sa vieillesse.
Julie recevait tous les soirs les amis de son mari dans sa chambre ou dans son salon. C'était, pour l'ordinaire, Suard, Lally-Tollendal, Laine, Rayneval, M. de Bonald et le baron Meunier, à qui elle adressa la lettre suivante, entre plusieurs autres, pendant le séjour de Lamartine à Paris :
ELVUIE. 81
Ne vous lassez-vous pas, mousieur, d'avoir assez de bonté pour permettre que tout ce qui se plaint s'adresse à vous? Voilà que moi aussi je suis du nombre des importuns : mais comment refuser à M. de Saint-Morys de mettre une enveloppe à sa lettre? Vous lui serez utile si vous le pouvez, j'en suis bien sûre; car vous n'êtes pas du nombre de ceux qui ne connaissent que la haine entre les partis. Vous tendez la main à tout le monde : aussi comme on vous distingue, et combien vous êtes béni !
J'ai dit à M. de Lamartine votre bienveillance pour lui. Il en est fort touché et sïl n'a pas été vous remercie:' encore, c'est que sûrement il est malade. Je voudrais bien que nous parvinssions à faire quelque chose qui fût agréable à cet intéressant jeune homme et à sa famille. J'aimerais à leur rendre un peu du bien qu'ils m'ont fait.
Je suis encore trop souffrante pour aller trouver votre aimable femme. Dites-lui que c'est la privation que je sens le plus. Votre amitié à tous deux m'est plus chère que jamais, et je ne puis seulement pas aller vous dire que je la sens et que je l'aime de toutes les facultés que de longues douleurs m'ont laissées.