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X. Répartition des annexes dans la série des Mammifères

A. — La disposition des annexes embrvonnaires des Monotrèmes n'est guère connue. Sans doute, à en juger d'après celle de l'œuf, elle doit rappeler sa correspondante des Sauropsidés : la vésicule vitelline est grande, remplie d'un deutolécithe qui sert à la nutrition du |)etit être, et qui se résorbe au fur et à mesure du développement de ce dernier. Partout ailleurs, c'est-à-dire chez tous les Mammifères vivipares, la vésicule vitelline, plus petite relativement, ne contient aucun deutolécithe.

Les Marsupiaux elTectuent un passage des Monotrèmes aux Mammifères placentaires. De môme que ces derniers, ils sont vivipares, et privés de deutolécithe dans leurs œufs; mais, comme les premiers, ils ne produisent point de placenta aux dépens de l'allantoïde. Cette vésicule s'avance dans le cn^lomc externe, où elle demeure suspendue, se vascularise vers la fin de la première gestation, mais ne s"atlacli(^ point au chorion primitif pour donner un allanlo-chorion muni de villositi's vasculaires. La vésicule vitelline est ample; elle adhère à une })arlie du

J I 1(1 ClIMMIliK Ill\-Sl l'IlKMi;

cliorioii pi'iiiiilir, sans |iaraîlre s'y somk'i- inliiiiciiieiil, el envoie des expansions dans ([m'hiues courtes viliosités qui prennent naissance sur cette dernière. Ces viliosités s'attachent à la muqueuse des voies sexuelles de la femelle : les expansions de provenani'e vitelline, contenues dans leur intérieur, sont vascularisées parles vaisseaux vitellins (ou omplialo-mésenléri(jues), et des échanges niilrilifs s'étahlissent à leur niveau. Seulement, ces connexions sont (h' lailde durée; l'emhryon est précocement expulsé, pour suhir sa seconde gestation dans la poche marsupiale de sa mère, où il se nouri'it du lait que lui piocurent les tétines.

LesMonodelphes sedétachent des Marsupiaux par la persistance de la première gestation, qui existe jusqu'au moment où l'organisme fœtal s'achève, et demeure seule de ce fait. Les relations nutritives effectuées dans l'utérus sont plus intenses, par suite; la vésicule vitelline, insuffisante pour les donner, à cause de sa faihle vascularisation, est suppléée par la vésicule allanloïde. Olle-ci s'accole à une partie du chorion primitif, le convertit en allanto-chorion : et celui-ci |»roduit des viUosités placentaires, qui s'attachent à la paroi utérine. — Des Marsupiaux partent deux séries de Monodelphes. Dans l'une, l'allantoïde ne devient guère plus grande que cliez les premiers; l'allaiito-i'horion ne constitue qu'une portion restreinte du chorion total, el se modilie tout entier en un placenta. Dans l'autre, l'allantoïde s'amplifie à l'excès, et double presque tout le chorion juimilif, sinon en entier; l'allanto-chorion est, en conséquence, fort étendu, et plusieurs zones de sa surface, réparties de manières diverses, composent seules l'appareil placentaire. Ces deux séries paraissent converger vers les Marsupiaux, par l'intermédiaire des Edentés et des (A^tacés, l)ien que ceux-ci inclinent plutôt vers la seconde. i^a première renferme les Rongeurs, les Insectivores, etlesC-héiroplères ; la seconde comprend les autres Mammifères placentaires.

/>'. — Chez les représentants île la jiremière série, et sauf le cas relatif à l'inversion des feuillets, la vésicule vitelline est, au début de la gestation, grande et amjde; elle conserve des dimensions assez fortes, et demeure parfois attachée, en partie, au chorion, le cœlome externe ne s'étcndant pas au point de l'isoler complètement. La vésicule allantoïde va s'atlacher à la calotte, du chorion |uinnlif, oppos('e à rap[)endi(;e vilellin ; l'allaiito-chorioi), d'étendue restreinte, est situé, en conséquence, au-dessus de l'embryon et de son amnios. L'allanto-chorion entier donne le placenta, sansque, d'habitude, disparaisse la cavité allantoï<lienne; ce placenta, étant donnée son origine, est pan-discoïdal. i^e cœlome externe est conservé, et ne disparaît |>as. — l"]n comparant cette disposition à celle des Mai'supiaux, la ressemblance est frappante, du moins dans les connexions générales; la seule dilTérence |iort(^ sur l'allantoïde, qui se soude au chorion et |)roduit un |dacenla, mais en conservant la même allure, el n'augmentant |)as sa taille.

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l.a muqueuse utérine fardiine souvent une cailuiiiir n''ll('Mlii<'. Cette enveloppe s'étend assez, d'orilinairc. pour cnlourcr la inoilié ou les trois (juarts du cliorion.

Dans le cas de l'inversion des feuillets, la majeure part du cliorion primitif, et de la vésicule vitelline, s'atrophient, i/emhryon s'enveloppe de ce qui lui reste de la pai'oi de cette dernière, en retournant les feuillets sur eux-mêmes, et les disposant dans un ordre inverse (page UUl).

C. — Tous les autres Monodelplies sont remarqualdes par la grande extension que piTiid leur vésicule allanloïde. Cet appendice progresse dans le codome, et s'attache à la majeure [lartie du chorion primitif, ou à ce chorion entier, pour le convertir en allanlo-chorion. Avant que l'allantoïde n'agisse ainsi, le chorion primitif [lorle des villosités non vasculaires, du moins dans la majorité des cas; l'annexe allantoïdien, en s'ajoutant à lui, fournit des vaisseaux à ces expansions, elles convertit en villosités vasculaires. Celles-ci se disposent alors de manières diverses, suivant les ly|ies de placentation. La cavité allantoïdienne se rétrécit durant ces phénomènes, et, parfois, disparait complètement. La vésicule vitelline est de petite taille. A cause de l'extrême amplification acquise par l'allantoïde, le cœlome externe est tliminué; il s'ohture même en entier dans le cas où, comme chez les Primates, et surtout chez l'Homme, la cavité amniotique prend un g'rand accroissement.

Les Edentés sont remarquahles en ce qu'ils possèdent la plupart des ty[ies de placentations. Ils oH'rent, à cet égard, les indications des divers états, qui se trouvent fixés, et constants, chez les autres Placentaires; ce fait est en rappoit avec leurs affinités naturelles, qui les placent à la liase des Mammifères monodelphes. — La placentation des Pangolins est dilï'use. Par une diminution de la région fonctionnelle, le placenta des Tamanoirs olTre l'aspect d'une vaste calotte, ou d'un dôme. Par une diminution semhlahle, mais exercée dans un autre sens, celui des Oryctéropes, et celui du Bradypus novem-cinctvs, sont zonaires. Enfin, par la restriction, plus grande encore, du placenta en dôme, on arrive à la placentation discoïdale des Paresseux et de la plupart des Tatous; cette dernière concorde avec la présence d'une caduque réfléchie.

La plupart des Mammifères dont la placentation estdifl'use, ou cotvlédoiuiire, et notamment les Cétacés, les Sirénides, et les Ongulés, oll'renl ])resque une disposition identique, sauf les diversités introduites par les difî'érencesde la forme placentaire. Leurutérus est hicorne, ou bipartite; les annexes embryonnaires s'établissent suivant cet aspect, et s'allongent dans les deux parties, l'embryon, entouré de son amnios, demeurant central. Dans le cas, fréquent, oi'i la portée se compose de plusieurs fcetus, les (diorions, mis en contact, se soudent souvent les uns aux autres. Parfois, les deux cornes allanloïiliennes, plus longues que celles du chorion primitif, trouent ces dernières, les traversent, et font saillie dans la cavité utérine ; on les nomme les diverticulcs de l'ai-

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la/iliihh;. Les cxIrcMiiilés (]ii cliorioii. el de rallanloïile, soiil |iriv(''('S de villosilés [ilarcnliiires.

En rcslieignaiiL les annexes précédcnls, de manière à leur donner un aspect arrondi, et laissant les pôles dépourvus d'expansions placentaires, on obtient la disposition oiîerte par les Carnivores et les Pinnipèdes, dont le placenta est zonaire. Les premières villosités vascnlaires se développent sur un espace restreint, de manière à simuler un placenta discoïdal; puis elles augmentent en nombre, et occupent une plus grande étendue. A son début, la zone placentaire tient la moitié, ou môme davantage, de la surface du cborion : clic diminue de largeur à mesure (|ue la gestation avance, et ne mesure plus, vers le moment de la parturition, (|ue le tiers, ou la moitié, de ses dimensions premières. Une caduque rélléchie. dont la présence est connexe à cette diminution de la région placentaire comme étendue, se développe aux dépens de la muqueuse utérine, et enchâsse le chorion. (>ette membrane, assez petite chez le Chien, est plus grande chez le Chat, et plus ample encore, d'après Turner, chez un l'innipède, YHulahœnts gryphus. — La vésicule vitelline des Carnivores, bien que séparée du chorion, demeure assez volumineuse pendant toute la durée de la gestation.

Les Proboscidiens possèdent un placenta zonaire; seulement, les deux pôles de leur chorion, lisses chez les Carnivores, portent une toutîe de villosités. — Les llyraciens sont également pourvus d'une placentation zonaire, semblable à celle du Chat; avec celte diflerence que leur vésicule vitelline diminue de taille rapidement, et s'atrophie, d'après Ti'irner, d'une manière précoce.

Les Lémuriens sont remarquables en ce qu'ils olïrent, d'une façon permanente, des dispositions temporaires chez les Primates. Leur vésicule vitelline se restreint rapidement et s'atrophie, pendant que leur chorion primitif émet des villosités non vascnlaires. Puis la vésicule allantoïde grandit, et s'étend au-dessous de ce chorion entier, pour le convertir enalianlo-chorion ; elle envoie des vaisseaux dans les villosités précédentes, qui demeurent en leur place, et composent ainsi un placenta difTus. Les choses en restent là; la cavité allantoïdienne persiste; et il ne se produit aucune cadu(|ue.

Les Primates, et l'Homme, passent par un (uemiei' état, identique à celui des Lémuriens, et donnent ensuite leur placenta méro-discoïdal. La vésicule allantoïde s'étale sous tout le chorion primitif, et le change en un allanto-cliorion, muni de viliositt's vascnlaires. Puis, (juelques-unes de ces dernières, groupées en une calotte, grandissent seules; elles constituent le chorion touITu {cliorioit frondosum) des auteurs, et façonnent un placenta massif, et compact. Les autres villosilés s'atténuent; l'espace occu|)é par elles est le chorion lisse [chorion Isevé), qui est bien une partie do l'allanlo-chorion général, mais privée de tout rôle. La cavité allanloïdienni' ilis[)aiait d'une manière complète. En relation avec l'allure massive et condens('!e do l'organe plactMilaire, des caduijues, l'une

vraie, l'autre réfléchie, preimeiit naissance aux dépens de la muqueuse utérine. Enlin, la cavité amniotique s'amplifie à l'excès, en restreignant

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l''if.'. lui i. — Disposition des annexes de l'emhhvon humain, vers l,i lin du premier tiers de la gestation, au moment où tous ces annexes sont encore présents et distincts {coupe il'ciiscm/de de l'utérus gravide, médiane et longitudinale, passant par les trompes et par le col). L'embryon, et les appendices qui proviennent de lui, sont en noir; les tissus maternels en pointillé, plus clair pour la paroi utérine, plus sombre pour les annexes (caduques) engendres par elle; les cavités sont en blanc. Celte coupe est quelque peu diagrammatique, en ce sens que les enveloppes embryonnaires sont, dans la réalité, plus minces et plus proches les unes des autres.

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et annihilant le riE'lonic externe; Taninios vient alors s'appliquer contre la face interne de rallanto-cliorion, et le convertit en un amnio-chorion. — Les enveloppes embryonnaires, tout en étant plus nombreuses qu'ailleurs, paraissent avoir une structure plus simple, car elles sont soudées les unes aux autres. Ainsi, chez l'Homme, l'embryon, dans la seconde moitié de la gestation, est plongé dans la seule cavité amniotique. Celleci est limitée par une enveloppe, qui se compose de cinq lames, autrefois distinctes, (-t désormais unies : la caduque vraie, la caduque réfléchie, lechorion primitif, la paroi allantoïdienne, et la paroi amniotique. En somme, sous le rapport de la disposition de leurs annexes embryonnaires, les Mammifères monodelphes se répartissent en trois séries, qui convergent également vers les Edent'és et vers les I)idel[dies. La première contient les Rongeurs, les Insectivores, et les Chéiroptères; la seconde renferme tous les groupes, sauf les Lémuriens, dont la placentation est diffuse, cotylédonaire, ou zonaire; la troisième commence aux Lémuriens, et finit aux Primates. Ces trois séries paraissent concorder avec celles que fournissent les affinités naturelles, décelées par les progrès récents de l'anatomie comparée et de la paléontologie,

RÉSUMÉ

§ 1. CoNsiiiÉiiATioNS GÉMiiiALEs. — Les cmbryons des Vertébrés sont plus semblables entre eux que ceux des autres animaux. Leur allure commune est donnée par la présence constante d'une notocorde et d'un neuraxe. Leurs différences tiennent, soit à la complexité variable de l'organisme adulte, soit à la nature du développement, soit à la présence, ou à l'absence, d'annexés embryonnaires.

Les développements larvaires appartiennent en ju-opre aux Vertébrés inférieurs, mais n'existent pas chez tous; ils man(|uent aux Amniotes. Les larves des Vertébrés sont reconnaissables à leur slructui'e complexe, et au plan de leur économie; elles portent souvent une petite vésicule vitelline, qui se résorbe d'une manière précoce. — Les développements fœtaux sont spéciaux aux Amniotes, et à plusieurs Vertébrés inférieurs, tels que les Sélaciens et divers Ampliibiens; tantôt ils concordent avec une oviparité du générateur, tantôt avec une viviparité. Les embryons, soumis à une telle évolution, possèdent presque toujours une volumineuse vésicule vitelline, constituée par un amas considérable de vitellus nutritif; ceux des Amniotes portent, en surplus, une enveloppe protectrice dite l'amnios, et un appendice, la vésicule allantoïde, émané de la région postérieure de l'intestin. Ces embryons, isolés des milieux extérieurs, se recourbent plus ou moins sur eux-mêmes, dans les cavités qui les abritent; une des formes de cette courbure est la fiexion crânienne, par laquelle l'extrémité antérieure de la tète se replie vers la face ventrale du corps.

Les annexes embryonnaires des Vertébrés ne se borncni pas à la

VEHTKIiUES

vésiculo vitelline, la vésicule allaiitoïde, et l'amnios; ils sont en réalité j)lus nnnihreux et plus variés. Ils consistent : soit en annexes d'origine extra-ovulaire, les coques et l'albumine des ovipares, les caduques de certains Mammifères vivipares; soit en annexes d'orisine ovulaire, la vésicule vitelline; soit en ann(>xes d'origine embryonnaire, dont les uns, fort divers, servent à la nutrition générale, comme la vésicule allantoïde, et dont les autres, également variés, sont plutôt des appendices de relation, comme l'amnios. Une des particularités caract(''risti(iues du développement des \'ertébrés est la production fréquente d'un placenta, aux dépens de quebjues-uns de ces annexes.

§ 2. Formes embryonnaires des Acraniens et des Cyclostomes. — Les Acraniens subissent un développement larvaire des plus francs. L'embryon est mis en liberté dès le début de la phase gastrulaire, et ne cesse de mener une vie libre. — Les Cyclostomes possèdent aussi une évolution larvaire, moins complète cependant; l'ovule contient une certaine quantité de deutolécitbe, qui retarde l'instant de l'cclosion. La durée de la vie larvaire est fort longue, car l'individu accomplit, sous cette forme, tout son développement nutritif. Puis l'animal passe à l'état adulte, sans amplifier sa taille, mûrit rapidement ses éléments sexuels, et meurt peu après la fécondation opérée.

§ 3. Formes et annexes embryonnaires des Ichthyopsidés. — Parmi les Ampbibiens, les uns, plus nombreux, subissent une évolution larvaire, et les autres un développement fœtal. Les larves des premiers sont dites souvent des têtards; les ovules, dont elles proviennent, contiennent peu de deutolécithe. Les têtards, au moment de leur éclosion, sont munis de branchies extérieures, qui leur servent d'appareils respiratoires, et qui se détruisent par la suite, d'une quantité variable selon la structure de l'organisme adulte; les membres font leur apparition dans le cours de la vie larvaire. — Les Gymnophiones possèdent un développement fœtal. Tous les Urodèles, sauf deux espèces de Salamandres, ollïent, par contre, une évolution larvaire. 11 en est de même pour la majorité des Anoures; les têtards de ces derniers subissent des métamorphoses assez comj)lexes, dont les principales phases portent sur les branchies et sur la bouche. Dans le cas des développements fœtaux, h; deutolécithe, amassé en quantité considérable, constitue une vésicule vitelline; et, de plus, certaines des régions du corps, variables suivant les types, se modifient en vue d'elTectuer des échanges nutritifs.

Les (ianoïdes présentent une évolution larvaire; seulement l'éclosion est tardive, car l'œuf contient une assez grande masse de vitellus nutritif, (|ui alimente l'embryon durant les premières phases de son évolution. L'embryon libre parvient à l'état adulte, sans subir de trop grands changements; les principales modifications portent sur la vésicule vit(dline, ([iii se rés(jrbe, sur la dis|i(isition des nageoires, et sur l'aspect d'un dis(jue adhésif, placé en avant de la bouche.

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Les œufs des Téléosléens, bien que petits, contiennent assez de vitelliis nutritif pour que l'enilirvon éliauihe ses principaux appareils avant toute éclosion; lorsque ce piiénoniène intervient, l'excédent du vitellus compose une vésicule vitelline, attachée, par une large base, à la face ventrale du corps. Les métamorphoses, subies ensuite par l'individu, portent sur la résorption de cette vésicule, sur l'accroissement du corps, sur le perfectionnement des systèmes organiques, et sur la disposition des nageoires. Ces changements sont rendus plus complexes dans le cas de possession, par l'embryon, d'appendices supplémentaires, tels que nageoires ou aiguillons, qui s'atrophient au moment du passage à l'état adulte; ils sont surtout considérables chez les Pleuronectes, dont les deux yeux se placent sur le même côté de la tète. Quelques Téléosléens sont vivipares; les phases de leur développement sont encore peu connues.

Tous les Sélaciens présentent un développement fœtal. Leurs œufs, volumineux, contiennent une grande quantité de deutolécilhe; celui-ci constitue une vésicule vitelline, attachée au corps de l'embryon par un long cordon vitellin, et destinée à alimenter l'individu pendant toute son évolution. L'embryon s'ébauche au-dessus de sa vésicule vitelline, et perfectionne son organisme d'une manière progressive, sans subir de trop grands changements; les principaux de ces derniers portent sur la disposition des nageoires, et sur la genèse, suivie de l'atrophie, de longues ijranchies externes. Certains Sélaciens sont ovipares; la plupart sont vivipares, l'incubation ayant lieu dans les voies sexuelles de la mère. Parfois, en ce dernier cas, la vésicule vitelline produit un placenta.

§ 4. GliMîllALlTÉS suit LKS ANNEXES EMBRYONNAIRES DES AmNIOTES. — CcS

annexes, qui ne manquent jamais, consistent en une vésicule vitelline, une vésicule allantoïde, et un amnios. L'œ'uf des Amnioles est divisé en deux parties : une zone embryonnaire, et une zone para-embryonnaire. La première, à elle seule, donne l'embryon entier: celui-ci produit, à son tour, et à ses dépens, la vésicule allantoïde. La région proximale de la seconde fournit l'amnios, la région distale composant la vésicule vitelline avec sa paroi.

La zone embryonnaire se délimite de la zone para-embryonnaire au moyen d'un étranglement, qui va en s'approfondissant; les ébauches de cette constriction sont les sillons marginaux, La région étranglée devient, en s'allongeant, le cordon vitellin, qui unit la vésicule vitelline au corps de l'embryon. — Cette constriction se manifeste aux dépens de la bande proximale de la zone para-embryonnaire. La substance de cette bande se divise en deux lames, par le creusement d'une cavité, dite le cadome externe, au sein de son mésoderme. Cette cavité s'étend dans toute la bande proximale, parvient en sus dans la bande distale, et clive le blastoderme de la zone para-embryonnaire en deux couches distinctes, la lanu^ exlerne cl la lame interne. La pi'emière

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limite, vers le iJeliors, l'ensemble de reniliryoïi el (1(; ses a|i|)emlices; la seconde constitue la paroi définitive de la vésicule vitelliiie. — l,"amnios est [H'oduit [lar la portion de lame externe intéressée dans la genèse des sillons marginaux. Cette région se soulève en quatre replis creux, dont la cavité communique avec le cœlome externe; ces replis grandissent, et s'unissent en une collerette |daçée autour de l'embryon. Cette dernière s'amplifie, restreint son orifice, le ferme, et se convertit en une double membrane qui enveloppe l'embryon. La membrane externe est l'examnios, continu avec la lame externe dont elle provient; la membrane interne est l'endamnios, ou l'amnios réel, qui circonscrit la cavité amniotique, dans laquelle se trouve plongé l'embryon.

L'allantoïde est un diverticule émis par l'intestin postérieur; sa cavité communique avec les uretères. Ce diverticule parvient dans le cojlome externe, et s'y amplifi(>, enveloppant, d'une part, le corps de l'embrvon avec son amnios et sa vésicule vitelliue, tapissant, d'autre part, la lame externe. Cet appendice fonctionne comme vessie urinaire, et joue, en outre, un rôle important dans la nutrition et la respiration du petit être; à cet effet, sa paroi est richement vascularisée. Au moment de la parlurition, une partie, au moins, de la vésicule allantoïde est conservée dans le but de composer la vessie urinaire de l'adulte, lorsqu'il en existe une.

La présence d'un amnios paraît liée à la nécessité de maintenir l'emijrvon plongé dans un milieu li([uide. Celle de l'allantoïde se raccorde au besoin d'assurer la nutrition de l'embryon, immobilisé dans ses enveloppes, et incapable de se déplacm*.

§ 5. Foil.MES ET ANNEXES EMBllYONNAUiES DES SaUUOI'SIUÉS. ToUS IcS SaU-

ropsidés sont ovipares; la viviparité de certains d'entre eux se borne à la conservation des œufs dans les voies sexuelles de la femelle. La constance de structure des ovules autorise à penser que les changements, subis par l'embryon dans ses coques, sont à peu près les mêmes pour tous ces animaux.

A cause de l'abondance du deutolécilhe, la vésicule vitelline est volumineuse; elle perd de sa taille dans le cours du développement, à mesure que grossit l'embryon, alimenté par le vitellus qu'elle contient. La vésicule allantoïde s'étend dans le C(elome externe, et l'envahit en entier; sa riche vascularisalion lui permet de fonctionner comme appareil respiratoire, et d'absorber l'air qui pénètre au travers des coques ovuhiires. l)e plus, elle joue un r(jle considérable dans la nutrition de l'emiji'von; une partie de sa substance se convertit en un organe, le sac placenloïde, destiné à résorber l'albumine.

Un peu avant l'éclosion, tous les annexes, amnios, vésicules vitelline et allantoïdienne, commencent à se dessécher et à s'atrophier. Le petit être brise alors les coques qui l'enveloppent, et se débarrasse des derniers vestiges de ses appendices

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§ 6. {"on.MF.S ET ANNEXES E.MlillVON.NAlKES DES MAMMIFÈRES. Lc llôvelop-

poment des Monotrèmes rappelle, sans doute, celui des Sauropsidés. Les autres Manimifèrcs sont vivipares; seulement, la vésicule allantoïdc des Didelpiies dcuieure simple, comme son homologue des liepliles et des Oiseaux, alors que celle des Monodelphcs produit un placenta, organe de provenance embryonnaire, destiné à sunir à la j)aroi utérine de la mère pour puiser dans ses vaisseaux sanguins les matériaux nutritifs nécessaires à l'alimenlation.

Parfois, chez certains Monodelphes, la paroi utérine s'hypertrophie dans le cours de la gestation. Ces régions hypertrophiées sont dites les caduques; elles commencent par s'épaissir, pour s'amincir ensuite, s'atrophier en partie, et se trouver rejetées au moment de la parturiiion. Ces meuihranes sont au nomhre de deux ; la caduque vraie, et la caduque réfléchie. La preuiière répond à une hypertrophie sur jdace de toute la muqueuse utérine ; la seconde à une hoursoullure locale, développée au contact de l'embryon, et accrue de manière à entourer ce dernier, soit en totalité, soit en partie. La caduque vraie n'existe guère que chez les Primates supérieurs. La caduque réfléchie est plus fréquente; les Primates la possèdent, et même plusieurs autres ordres de Mammifères.

Lorsque tous les annexes de l'embryon sont constitués, leur partie extérieure constitue une membrane superficielle, dite le chorion, qui entoure tous les autres éléments embryonnaires. Le chorion varie de nature suivant les ordres de Mammifères, et suivant l'âge du fœtus. Constitué, à son début, par la seule lame externe unie à l'examnios, il s'augmente plus tard, au moins sur une zone de son étendue, del'allantoïde, qui s'attache à sa face interne: il S(> convertit ainsi en un allantochorion. Parfois, chez les Primates supérieurs notamment, l'amnios va se souder à lui, et le transformer en un amnio-chorion. Dans le cas des Rongeurs aux feuillets invertis, le chorion est donné par une portion de la zone para-emluyonnaire primitive, qui s'amplifie en se retournant sur elle-même.

Contrairement à celle des Sauropsidés, la vésicule vitelline des Mammifères autres que les Monotrèmes ne contient jamais de deutolécilhe. Celle des Didelphes demeure assez ample, et fonctionne même comme appareil de nutrition, en étaljlissant des échanges nutritifs entre sa paroi et celle de l'oviducte maternel. La vésicule vitelline des Monodelphes ne joue aucun rôle, et diminue rapidement d'importance, alors que les autres annexes grandissent sans cesse.

Le cœlome externe contient la vésicule allantoïde, et l'embryon entouré de son amnios. Il disparaît loi'sque ce dernier |irend un accroissement considérable. Il persiste dans le cas contraire, et se remplit parfois d'un tissu conjonctif particulier, le tissu inter-annexiel.

L'amnios est, d'ordinaire, produit suivant les procédés habituels : au moyen de replis. Il se forme sui' place, chez la plupart des Uongeurs aux feuillets invertis, aux dépens d'un épaississementectodermique, lié

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à rébaiicliL' (kl jilaccnta. Ce dernier mode génétique exi.sic jieiil-èlre cliêz riloinme, à en juger d'après l'adhérence précoce établie entre l'amnios et la jeune vésicule allantoïde. Lorsque l'amnios s'aniplilie au point de faire disparaître le cœlonie externe, la cavité amniotique est le seul espace, rempli de liquide, qui soit placé autour de l'embrvon.

L'allantoïde des Didelplics reste petite, et simple; celle des Monodelphcs donne le placenta. La cavité demeure dans le cas où l'appendice placentaire est divisé en un certain nombre d'éléments distincts; elle disparaît lorsque cet annexe est ramassé sur lui-même : du moins dans la règle.

Le cordon ombilical se compose des deux pédicules soudés de la vésicule vitelline et de la vésicule allantoïde; celui de cette dernière est de beaucoup le plus volumineux. Si l'amnios prend un grand accroissement, il recouvre ce cordon entier, et l'enveloppe comme d'une gaîne.

Les Mammifères monodelphes sont les seuls à posséder un placenta ; ce dernier provient de l'allantoïde. Le chorion primitif commence par émettre des villosités, dont l'ectoderme s'épaissit, et pénètre dans la muqueuse utérine; puis la vésicule allantoïde se soude à ce chorion, le convertit en allanto-chorion, et envoie des vaisseaux sancuins dans les villosités; des échanges nutritifs s'établissent alors, par difl'usion, entre le sang embryonnaire de ces derniers et le sang maternel de la paroi utérine. — La première ébauche de l'organe placentaire est l'ectoplacenla, saillie ectodermique produite par le choi'ion. L'ectoplacenta s'attache à la muqueuse de l'utérus, dont l'épithélium disparaît, et envoie des expansions plasmodiales dans le derme de cette muqueuse; le derme se détruit pendant que les expansions avancent, et ne laisse subsister que ses vaisseaux. Ceux-ci s'amplifient, et sont endigués par les éléments de l'ectoplacenta. L'allantoïde s'unit alors au chorion, et remanie l'ectoplacenta en lui fournissant des vaisseaux sanguins; elle le convertit en placenta définitif. Les zones profondes de l'ectoplacenta demeurent à part de ce phénomène, et se bornent à circonscrire les vaisseaux les plus proches de la musculature utérine ; mais non les zones superficielles. Celles-ci, pénétrées par les vaisseaux allantoïdiens, se résolvent en un lacis de canalicules vasculaires, contenus dans les espaces sanguinsde l'utérus. Lors(]ue le placenta s'achève, cette division canaliculaire est poussée à l'extrême, amplilianl de beaucoup les surfaces de contact; et, de plus, la substaïu-c des canalicules s'atrophie, laissant les capillaires allantoïdiens suspendus à nu dans les canaux sanguins de la paroi utérine. Le placenta est alors arrivé à sa période d'état. Au moment delà parturition, il se décolle, non loin de la musculature de l'utérus; la paroi de ce dernier organe se reconstitue alors, par ses propres moyens. En somme, le placenta est tout entier de provenance embryonnaire; la matrice se borne à lui fournir les espaces sanguins où se ramilient les villosités allauloïdiennes. - Les placentas

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