‹ L'émigration des femmes aux coloniesChapitre 2 sur 7 · M. LE COMTE D'HAUSSONVILLE · texte numérisé non relu

M. LE COMTE D'HAUSSONVILLE

Mesdames, Messieurs,

En acceptant de présider à celte conférence, j'ai demandé la permission de vous donner moimême Texplicalion, et, pour me servir d'un mot plus approprié, l'excuse de ma présence à ce fauteuil où m'entourent tant d'hommes qui y seraient beaucoup mieux à leur place que moi. Tous, eu effet, ils sont versés depuis longtemps dans l'étude

des questions coloniales, tandis qu'à ces questions, je suis demeuré jusqu'à ce jour complètement étranger, et cela, parce que je ne pouvais m'empêclier de nourrir dans mon esprit récalcitrant quelques objections à l'opportunité d'une politique dont je ne méconnais pas la grandeur, dont je comprends les mirages, mais qui a détourné vers des régions, suivant moi trop éloignées, les yeux, l'imagination et les ressources de la France.

Cette réserve que m'arrache la sincérité une fois faite, il y a deux points sur lesquels je suis pleinement d'accord avec les organisateurs de cette réunion. Le premier, c'est que notre pays est aujourd'hui engagé trop avant dans cette voie pour qu'il lui soit possible de revenir en arrière. Du moment que l'œuvre coloniale a été entreprise, il faut qu'elle réussisse. 11 y va non seulement de l'intérêt, mais du bon renom et de l'honneur de la France.

Le second point sur lequel je suis d'accord, c'est que l'œuvre coloniale pour réussir doit être une œuvre nationale. J'entends par là qu'aucun bon citoyen n'en doit demeurer exclu en raison des opinions qu'il professe ou de l'habit qu'il porte, et que sur ces plages lointaines où la patrie absente n^est représentée que par un drapeau, il ne saurait plus être question de ces suscipions ni

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