ENCORE UN MOT
Après avoir écrit tout ce qui précède, j'allais déposer la plume, lorsqu'une pensée douloureuse traversa mon esprit,
Il y aura, comme toujours, des lecteurs qui me comprendront de travers. Beaucoup de gens entreprendrant le voyage sans posséder les qualités requises pour réussir ici ou dans toute autre contrée du Nou-
veau-Monde, Mon cœur se gonfle de pitié lorsque je songe à ces. malheureux, Quitter tout ce que l’on aime là-bas dans la vieille patrie, venir ici dans le doux espoir de faire rapidement fortune, et n’y trouver que la plus amère déception |
J'ai vu de ces pauvres gens par centaines; à cinq reprises difféfrentes j'ai passé quelques jours à Liverpool, et chaque fois j'y rencontrais de nombreux émigrants qui s’en retournaient chez eux, pauvres, malades, découragés,
Belges, si vons ne possédez pas assez d'argent pour acheter au Nouveau-Monde une ferme et tout ce qu’il faut pour l’exploiter, n’entreprenez pas le voyage. Et, en tout cas, ne vous décidez pas sans avoir pris de bonnes informations ; faites partie d’un Société de colonisation et ne partez pas avant le retour de votre délégué.
Il y a une chose qui protégerait efficacement les colons belges au Canada: ce serait la création, par une société belge, d'une ferme-asile, cù les émigrants trouveraient provisvirenent l’hositalité et de l’occupation.
Des hommes courageux et dévoués s’ocsupent de la création d’une pareille ferme à Sherbrooke, dans la province de Québec.
Non-seulement je suis d'avis que cette ferme pourra rendre aux éinigrants les plus grands services, mais j'irai plus loin: aussi longtemps qu'elle n’existera pas, je ne conseillerai à aucun de mes compatriotes d'entreprendre le voyage.