‹ L'émigration, ses principales causes [microforme]Chapitre 14 sur 25 · T10 . L'ÉMIGRATION · texte numérisé non relu

T10 . L'ÉMIGRATION

la classe agricole. Cependant, nous nous hâtons de le proclamer à l’honneur de nos cultivateurs, les ravages causés aujourd’hui par le crédit ne sont pas aussi considérables qu’autrefois, mais ils le sont encore trop pour le bonheur de nos braves campagnards.

Cette plaie, qu’on pourrait appeler plaie sociale, et qui est une cause de ruine pour un si grand nombre de cultivateurs, a aussi envahi la classe ouvrière des villes. Voici les réflexions que fait à ce sujet un écrivain distingué :

‘ Le brave ouvrier qui, en rentrant chez lui, le samedi soir, remet à sa femme le produit intégral de sa semaine de travail, et la vaillante ménagère qui, ainsi constituée Ja trésorière de l’établissement familial, a su si bien conduire son modeste

budget qu’elle ne doit rien à personne, pour le passé, et qu’elle a toute la paye du mari pour faire face aux besoins de la semaine suivante, forment un ménage

- LE CRÉEIT

modèle que nous voulons donner comme

, exemple à suivre par tous nos ménages

ouvriers et—pas mal de ménages d’un rang plus élevé dans la société.

‘6 La plaie sociale qui ruine tant de pauvres gens, bien intentionnés au début, c’est le crédit, mal compris, mal appliqué, mal conduit.

“ Voici un ouvrier qui a pris la mauvaise habitude de vivre sur son travail de la semaine. Pour cela, il lui faut du crédit chez son épicier, chez son boucher, etc, Elevé honnêtement par des parents honorables, il paye régulièrement, au début, tous les samedis, dès qu’il a reçu sa paye.

Puis arrivent quelques jours de maladie,

de chômage ; il est forcément en retard

vis-à-vis ses fournisseurs ; ces derniers, confiants dâns sa régularité précédente, ne font pas trop de difficulté de lui avancer encore. les choses néces aires pendant quinze jours. Le travail repris, la mau-

-vaise habitude de ne payer qu’à la fin de la semaine devient une nécessité, puisque

l'argent manque. Mais il reste des arrérâgeset on paye à peine le courant ; l’hiver est arrivé, qui exige l’achat de charbon, de vêtéments plus chauds; bref, au lieu de se libérer, il s’endette encore plus.

Bientôt les fournisseurs sc lassent, deviennent plus circonspects, refusent même de vendre à crédit.

Alors, on va chez le voisin, se promettant naturellement de payer les vieilles dettes dès qu’on le pourra. Bientôt le voisinage n'offre plus de. ressources à ‘exploiter à crédit. Le moiïs de mai arrive : on déménage et l’on s’en va dans un quarfier éloigné où les créanciers perdront de vue le débiteur honteux.

‘ Mais la honte des dettes disparaît à la longue. On s’habitue À faire des dettes chez ses fournisseurs sans songer aux moyens de les payer, et l’on devient peu à peu ce que. l’on appelle vulgairement une mauvaise paye, ét ce qui est, en réalité, un malhonnête homme. C’est le premier pas franchi dans la voie de la malhon-

MORT AU AA | ET (Xe, di UE ms in FAUAT à Hit ÿ À 4 dat ti LA \ ÿ

: LE CRÉDIT 113 me . nôteté, at du moment que l’on a perdu le ver sentiment de l'obligation de payer ses )0n, . dettes, on est mûr pour la carrière de l’inlieu justice, de la débauche et du vol.

lus. ‘ La naissance et le développement de ep: cette plaie sociale sont dus autant à l’imde , prévoyance du fournisseur qu’à la mauun. vaise volonté du consommateur. Si les )ro- épiciers, marchands, bouchers, etc., vou- Ilée laient prendre les moyens nécessaires, il y : le a tout lieu de croire que la race des mauy À vais payeurs diminucrait considérableve : ment. De commerçant à commerçant, le lar- : crédit est une nécessité ; il a d’ailleurs sa de garantie dans le fait que le détailleur à

qui l’on a fait crédit, doit posséder encore l’article vendu et est, par conséquent,

à d’autant plus riche et responsable. Tan-,

Les dis que, de marchand à consommateur, le

de crédit n’est généralement qu'un abus. :

à L'article vendu se consomme, disparaît et

son nest plus représenté par aucune valeur

5 | palpable.

‘ Nous considérons, par conséquent,

— E # bon d'État) "OA al Es AT L le To on / De DE CURE À à Es SUR C MERS DM Eh ARTE PORT Re PRET di RE

comme comprenant clairement leur devoir et leur intérêt tous ceux qui cherchent les meilleurs moyens de remplacer le crédit par la vente au comptant. Ce qui fait d’ailleurs que sur cent marchands, il n’y en a guère plus d’une dizaine qui font for-

tuñe ; c’est la trop grande extension du crédit.”

Ces remarques suffisent pour nous faire comprendre le mal que cause À notre population le système de crédit mis en vigueur par un trop grand nombre de marchands,et pour nous engager à déployer À l’avenir plus de prudence et de modération dans nos transactions commerciales.

Soyons économes; et l’émigration n’enlacera pas dans ses serres autant de victimes que par le passé,

pas de passer en revue. Nous ne pouvons cependant passer sous silence les disposi-

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