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ils ont emprunté pour faire face aux plus pressantes nécessités ; ils ont hypothéqué lèurs terres, et, finalement, ils ont été forcés de vendre à vil prix tout ce qu'ils possédaient et d’aller se fixer sur une terre étrangère pour gagner leur vie. . Que d'exemples ne pourrait-on pas citer à l'appui de cette proposition ! Nous en rencontrons dans toutes les paroisses de la province de Québec.
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L'agriculture et l’industrie. — L'opinion des Américains eux-mêmes sur la véritable situation des affaires dans la grande république.
N voyant quelques-uns de nos compatriotes se mettre en route pour
les Etats-Unis, on se demande instincetivement ce qu’ils vont faire dans la grande république voisine. Les uns—ils sont peu
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nombreux—se livreront à l’art agricole ; les autres iront se renfermer dans Îles manufactures. Ce sont les deux principales occupations que les émigrés canadiens remplissent là-bas. On rencontre bien, par ci par là, des avocate, des médecins, des notaires canadiens ; mais c’est une exception à la règle générale. Nos compatriotes n’appartiennent donc qu’à deux classes particulières®: à Ja classe agricole et à la classe ouvrière.
Autrefois, l’agriculture et l’industrie étaient très florissantes aux Etats-Unis ; aujourd’hui, celles y languissent, clles y sont dans un état tout à fait décourageant, elles y sont pour ainsi dire paralysées, Nous allons démontrer cette proposition, en nous appuyant sur le témoignage des Américains eux-mêmes ; la preuve n’en sera que plus frappante. Nous commencerons par l’agriculture.
Il n’y a pas ion gtemps encore un stalis-
ticien renommé, M. Porter, de Washing-
AUX ÉTATS-UNIS 131 ———————— 0 mm ton, définissait, au moyen d’un relevé établi sur les registres mêmes de l’État du Massachusetts, la profonde détresse de la classe agricole dans cet Etat. Voici ce qu’il disait dans son rapport :
‘ Durant les dix années écoulées de 1880 à 1889 inclusivement, 250,222 hypothèques sur immeubles ont été créées en cet Etat. C’est dire qu’une dette de $508,455,550 a été contractée durant cette période. Il restait dû le 1er janvier 1899, la somme de $323,277,668 garantie par 178,202 hypothèques, dont $42,414,- 247 grèvent 920,313 acres, et $280,836,- 241 grèvent 182,683 lots détachés.
‘“ Le mouvement hypothécaire a toujours été en au gmentant depuis dix ans.
En 1880, ilétait de $28,176,138 ; en 1890, de $75,526,544, soit une augmentation
de 168.05 pour cent, pendant que la popu-
lation n’a augmenté que de 25.57 pour cent, durant cette décade. Dans 8 des 14 comtés de- l'Etat la dette hypothécaire est de plus de $18,000.00 par chacun
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d'eux. Par acre, on trouve, en 1890, nne dette de 136.29 p. c. plus forte qu’en 1880, et, en deniers, elle a monté de $3,- 961,613 à $9,861,088. La dette totale encourué par lots a atteint $444,537,965 en dix ans ; le nombre des hypothèques a augmenté de 134.18 pour cent ; la dette de 173.25 pour cent. ”
Ainsi, la plupart des fermes aux Etats- Unis sont hypothéquées, et elles sont hypothéquées, parce que lagriculture w’est pas payante, et l’agriculture n’est pas payante, parce que le fermier est forcé de vendre ses produits agricoles à des prix vraiment ridicules. En effet, quelle est aujourd’hui la situation du marché américain pour les produits agricoles ? C’est l'American Cultivator, de Boston, qui va nous l’apprendre ; voici ce que dit notre confrère yankce à la date du 19 septembre 1896 :
“ Tout le monde se plaint des temps
durs que nous traversons, et cela ne nou L]
), nne qu’en le $3,totale 7,965 1èques dette
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étonne pas ; le beurre est à 15 centins, le lard à 24 la livre, les vaches grasses entre $15 à $20....”
Ce sombre tableau nous donne une juste idée du sort réservé à notre compatriote qui part pour les Etats-Unis avec l'intention de demander sa vie à la culture du sol. C’est la misère, ni plus ni moins, qui attend là-bas le cultivateur canadien.
Maintenant, passons à la classe ouvrière, c’est-à-dire à la manufacture, à la fabrique ou à l’usine qui attirent tant les Canadiens de l’autre côté dela frontière. C’est encore au témoignage des Américains que nous avons recours pour faire connaître la situation sous ses véritables couleurs.
Voici des: extraits d’un article que le Merrimack, de Manchester, N.IT., publiait, le printemps dernier, sors le titre de :
Compatriotes du Canada, n'émigrez pas |
‘ Depuis quelqve temps déjà plu”ieurs
de nos confrèrss franco-américains, de
l'Est et de l'Ouest, ont fait entendre un cri d’alarme dont l’écho devrait se répercuter par toute la province de Qüébec. Ce cri d’alarme, nous le répétons à notre tour aujourd’hui :—Compatriotes du Canada, restez chez vous, n’émigrez pas !
‘ Tel est le sage conse’i que nous donnent nos frères des Etats-Unis, et pour cause.
“ Est-il avantageux, en eet, ou même prudent pourles Canadiens du Canads d’émigrer aux Etats-Unis dans l’état où en sont les chosesici à l’heure actuelle !
‘ Nous ne le croyons pas, et voici pourquoi :
‘€ Il y a en quelque sorte crise, actuellement, de ce côté-ci de la ligne 45 et le chômage est à l’ordre du jour, pouvons-nous dire, |
‘ Outre le malaise causé par le spectre électoral qui ne disparaîtra qu’en novembre prochain, à la elôture du scrutin de
NÉ TS Re dd ne Hi he id tnt D CAN à fabh à Abe AS A Vo les Re io à Sd EE &
l’élection présidentielle, il y a aussi les
nad:: unique pouvoir moteur en maints endroits. at où On remarque également très peu de
le ! grands travaux en opération. Et dans la
Ire un causes locales du chômage, et celles-ci sont réper- multiples. | ec, Ce “à etour “ Nous constatons en effet dans le î nada, moment actuel, suriout dans toute la Nou- : velle-Angleterre, que dans un grand nom- 4 bre de centres industriels, les manufactures il - don suspendent les opérations partiellement et :| EP même totalement chez plusieurs, vu le il surplus de produit en mains, ou à défaut ii même de commandes, ou par manque d’eau, | {
plupart des usines, aujourd’hui, les hommes sont exclus pour faire place aux femmes.
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