‹ L'émigration, ses principales causes [microforme]Chapitre 17 sur 25 · LEE TT · texte numérisé non relu

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- Les donations, chargées de conditions excessives, produisent invariablement le même résultat et alimentent par cela même le flot de l’émigration canadienne.

Les raisons que nous avons alléguées à l'appui de notre thèse, nous semblent suflisantes pour prouver que les testaments et les donations sont une des ‘principales causes de l’'émigration de nos compatriotes,

La rectitude du jugement.—L’esprit d’observation.—La modération dans les désirs.

E routinier manque de rectitude de

jugement, d'esprit d'observation, de prudence et de modération dans ses désirs, d'économie et d’esprit des affaires, qualités indispensables au cultivateur pour arriver au succès. Tout en faisant connaître les causes de l’émigration, il nous sera bien permis d'indiquer les

moyens d'éviter les défauts que l’on re- 6É .

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marque chez la classe agricole. Si l’on a recours AUX Moyens que nous suggérons, nous sommes convaincu que le cultivateur travaillera à améliorer sa terre et à la rendre plus fertile qu’elle ne l’est aujourd’hui. Par conséquent, nous allons expliquer brièvement les vertus agricoles —qu’on nous permette l’expression--que nous venons d’énumérer.

La rectitude du jugement est essentielle dans toutes les conditions de la vie, . mais elle est surtout indispensable dans l'art agricole. C’est bien, beau d’étudier, d'observer, de calculer ; maïs à quoi servira toute cette science qu’on a acquise au prix des plus grands efforts et des plus énormes sacrifices, si l’on ne sait pas en faire l’application en temps et lieu ? Sans la rectitude du jugement, le doute se présente à chaque pas. On hésite, on tâtonne, on ne sait que faire, et finalement on se lance dans la voie qui est la mauvaise, parce que la rectitude du jugement fait défaut. Le jugement est un outil dont il

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faut faire usage à tous les instants, et de sa rectitude dépeüñd essentiellement la direction bonne ou mauvaise de chaque opération.

D’après ces données, on comprend facilement que la rectitude du jugement fait presque toujours défaut au routinier. En effet, il ne se donne pas même la peine de réfléchir et de raisonner, puisqu’il ne fait que suivre le chemin que lui ont tracé ses ancôtres. C’est cette voie qui le mène infailliblement à la ruine ; car sa terre, appauvrie par des cultures continuelles, ne -reçoit pas les soins qu’elle demande ; dans ce cas, au lieu de l’améliorer suivant les règles de l’art, le routinier continue de marcher à s1 guise et d’agir suivant sa propre volonté.

L'esprit d'observation est une disposition par laquelle un homme remarque certains faits et reconnaît la liaison qui les unit et qui lui permet de les rapprocher les uns des autres, de manière à tirer les

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conséquences les plus sûres sur les rapports qui existent entre ces faits. L'esprit d’observation est un don naturel, mais il peut se perfectionner par l’exercice, de même qu’il peut devenir nul par le défaut d'exercice. En agriculture, l'observation des faits est absolument nécessaire pour réussir ; caril y a encore une foule de causes inconnues et qui entravent bien souvent le progrès. Vous plantez, par exemple, des pommes de terre dans un terrain de même nature que celui de votre voisin et préparé de la même manière ; ét cependant lorsque vient la moisson, votre récolte est bien inférieure. Vous vous demandez alors pourquoi cette différence; et, malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à en découvrir la cause. Une autre année, vous vous trouvez en présence du même problème ; maïs, à l’aide de l’esprit d’observation, vous avez trouvé la solution et vous avez constaté que vos patates ne rendaient pas autant que celles de votre voisin, parce que vous les plantiez

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révélé la cause de votre inferiorité.

Le cultivateur quise demande pourquoi

une motte de terre se fendille en été et que l’eau reste stagnante sur un champ ou ne s’infiltre qu’à une petite profondeur, et qui cherche à en connaître la cause, possède l’esprit d'observation.

Ces courtes considérations suffisent pour faire comprendre que l'esprit d’observation est indispensable au succès agricole. Malheureusement, un grand nombre de nos cultivateurs n’observent pas ce qui se passe chez leurs voisins et ailleurs, et voilà pourquoi leurs terres s’appauvrissent rapidement et d’une manière alarmante.

La prudence ou la modération dans les désirs est encore une qualité essentielle au cultivateur. En agriculture, les succès sont très rares, mais aussi il n’y a pas

d'industrie où les profits soient plus certains. On n’arrive pas à la fortune tout d’un coup, maïs on y arrivesûrement. Et voilà pourquoi on cherche à placer ses capitaux dans l’industrie agricole de préférence à toute autre, parce qu’on sait que là ils seront moins en danger.

L'homme qui sait régler ses dépenses de manière à ne pas compromettre les revenus dé sa culture, qui est modéré dans ses désirs et qui ne se lance pas dans de grands travaux avant d’avoir prévu le résultat, et sans s'être assuré les moyens de les exécuter convenablement, cet homme; disqns-nous, possède le critérium le plus sûr pour accroître sa fortune dans la carrière agricole. Ce cultivateur n’aban:

donne rien au hasard, ce n’est qu’à pas lents qu’il s’avance dans la voie des améliorations ; il s'appuie sans cesse sur l’expérience acquise et se montre toujours disposé à modifier ses idées, lorsque, par l'observation des faits, il reconnaît qu’elles étaient erronées. Mais ici, sous le prétexte

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de modifications, il faut bien se garder de tomber dans un grave défaut, commun chezles jeunes cultivateurs, savoir :

le manque de persévérance. Toute innovation devra être pesée, étudiée et vérifiée par l’expérience avant d’être introduite dans la culture. Enfin, le cultivateur se montrera améliorateur, maïs eu n’adoptant que les améliorations qui ont déjà fait leur preuve.

Que de fois n’avons-nous pas vu des cultivateurs se plonger dans dés dépenses énormes pour la construction d’une maison, d’une grange, ou pour l’achat d’une voiture de luxe, d’un cheval et d’un

harnais de grand prix, sans avoir pesé les

moyens dont ils disposaient pour con traeter ces obligations ! Ces cultivateurs manquaient de prudenceou de modération dans leurs désirs ; ils ne cherchaient qu’à assouvir leur soif de briller et de paraître comme de véritables grands seigneurs.

* Et quelle a été la conséquence de leur

conduite irréfléchie ? Ils se sont endettés ;

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