‹ L'émigration, ses principales causes [microforme]Chapitre 21 sur 25 · LES · texte numérisé non relu

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monde dans la misère par ici... Ilyena qui n’ont rien de quoi manger du tout depuis deux semaines et qui se meurent de faim ; c’est bien effrayant. Cet avantmidi j’ai été porter à manger À une famille qui n’avait pas mangé depuis neuf jours, et je n’ai pas pu m'empêcher de pleurer :

il y avait cinq petits enfants, et ils m’embrassaïent les mains, puis ils pleuraïent, et un des petits garçons a dit : ‘“ Allez-vous venir encore, ma bonne Madane ? Si vous ne venez plus, on va tous mourir. Quand même que vous ermporteriez seulement du pain sec, venez pareil.” Je vousassure, c'était effrayant : je n’avais jamaiïs vu de si grande misère. Et la ville est pleine de pauvres de ce temps-ci......”

Quelle effroyable situation !

Ecoutons encore la voix d’un autre compatriote émigré à Providence, Rhode {sland ; voici les sages conseils qu’il donnait aux Canadiens, au mois de mai dernier :

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AUX ÉTATS-UNIS 141 C’est un devoir de conscience, entendez-vous, de conscience, d’avertir les nôtres de ne pas songer à venir chercher du travail dans les manufactures, aux Etats-Unis, au moins jusqu’à nouvel ordre.

Restez au Canada ! !

Les manufactures chôment, vont chômer ou ne fonctionnent que quatre jours par semaine.

‘ Les tisserands se promènent oisifs, vont à la mer pêcher du poisson ou cueillir des mollusques pour nourrir leurs familles, ou se font colporteurs sur une échelle, plus ou moins grande. On ne sait quand le marasme des affaires finira.

‘ Aujourd’hui, en suant sang et eau, un tisserand expert fait $10, $12 ou $18, où il y a quelques années, il gagnait $22, par Semaine.

.$ Dites à ceux qui veulent venir faire

fortune aux Etats-Unis, dans les manufactures, de songer aux chômages

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fréquents, aux variations et à l’encombrement du marché et aux réductions inattendues des salaires. ”

Nous pourrions ajouter une foule d’autres citations à celles que nous venons de faire ; mais les preuves impartiales et évidentes que nous avons fournies sur la véritable situation des affaires aux Etats- Unis suffisent pour convaincre les Canadiens qu’ils ne doivent pas souger un seul instant à améliorer leur sort en allant exploiter les fermes ou travailler dans les manufactures de la république américaine.

Oui, Canadiens, suivons les conseils de nos frères émigrés : ‘“ Restons sur nos terres, évitons de faire des dépenses inutiles, et nous ne tomberons pas dans cette misère noire qui nous attend aux Etats-Unis. ”

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