‹ L'Émirat des TrarzasChapitre 27 sur 47 · Ida Oudaï · texte numérisé non relu

Ida Oudaï

Ahel Abeï 64 —

Ahel Atjfagha Mokhtar Babou ... 34 — Ahel Maham Saïd :

Ahel Mokhtar 15 —

Ahel Mostaf 53 ■—

Dans l'hagiologie des Oulad Dîman, il faut compter les premiers ancêtres : Dîman (fin du xvie siècle) , son petit-fils Sidi El-Falli, et le fils de ce dernier, Abou El-Falli AÏ- Kouri (xviie siècle). Ceux-ci prirent part aux luttes des Marabouts contre les Hassanes.

Aboul-Falli Al-Kouri est célèbre par ses aventures avec Al-Khadir, ce prophète immortel qui, d'après la mythologie islamique, a été emporté au ciel, comme le Prophète Elie, et vient quelquefois sur la terre prêter assistance aux vrais croyants. L'imamat de Nacer ad-Din passe pour avoir été favorisé de ces apparitions.

Il advint donc que des bandes Zouaïa, ayant razzié quelques chevaux aux Arousïïn, tribu arabe qui nomadîse entre le Dra et la Seguia, Aboul-Falli, qui craignait des représailles, fit rendre ce butin aux pillards Aroussïïn, encore que la prescription canonique interdit la chose. Or, le marabout priait quelque temps après, aux côtés de Nacer ad-Din, quand Al-Khadir le saisit par derrière les deux épaules et lui serra le cou avec une telle force que le Zaouï fut sur le point de s'évanouir. Al-Khadir disait : a Rendras-tu encore leurs biens à ces infidèles que sont les Aroussïïn? » Aboul-Falli put à grand peine se rapprocher de Nacer ad- Din, pour solliciter son intervention, et l'imam dit : a Laisse-le, cela suffit. » Al-Khadir l'abandonna à regret,

répondant : « Je le laisse, cet homme qui rend leurs biens aux infidèles ».

Aboul-Falli n'eut qu'à se louer de sa seconde aventure. Al-Kbadir lui guérit son fils Ibrahim, sur la seule imposition des mains que la sœur du jeune homme lui fit, après toutefois qu'elle eût touché l'endroit par où le marabout avait failli être étrange. Malgré ce prodige, Aboul-Falli conserva toujours sa méfiance à l'égard du Prophète ; il prétendait le reconnaître à son odeur ; un jour qu'il se promenait avec un ami, il se mit tout à coup à tourner autour de cet ami, comme pour échapper à quelqu'un, et comme l'autre lui demandait ce qu'il avait, il fit connaître qu'il voulait éviter la présence d'Al-Khadir qu'il reconnaissait à son odeur.

Le père d' Aboul-Falli, Sid Al-Fadel, était aussi un grand saint dont l'imam Nacer ad-Din disait : « Celui qui sera en- « seveli avec Sid Al-Falli, ou à ses côtés, ne sera puni pour « ses péchés, ni dans ce monde, ni dans l'autre. »

Des éléments étrangers sont venus s'incorporer aux Ouîad Daman. Le plus notoire est Modi Malek qui descendait du célèbre chérif de Tombouctou, Sid Elias, mais dont l'ascendance, par un curieux phénomène, s'était quelque peu sénégalisée et avait perdu la foi islamique.

Sid Elias, quittant Tombouctou, s'était en effet installé à Ouadame. De ses deux fils, l'un y resta après sa mort, et ses descendants s'incorporèrent aux Ida Ou Al-Hadj, de l'Adrar, où ils vivent encore et sont l'objet de la considération générale.

L'autre fils passa le fleuve, et s'établit chez les Saltigui ou Siratik des Toucouleurs, encore fétichistes, à Walaldé. Il y épousa une femme infidèle du pays, et en eut des enfants qui furent païens comme leur mère. Six ou sept générations plus tard, ils émîgrèrent dans le Cayor, s'y fixèrent

et fondèrent la ville d'In Daguel, près de Ngaye-Mékhé. C'était Abdoulaye Dieng, c'est-à-dire Abd Allah le savant, qui était à ce moment le chef de la famille. De ces sept fils, six devaient rester sur place et continuer à faire souche de Ouolofs. On retrouve leur descendance aujourd'hui à In Daguel et environs, et cette tradition de leurs origines maures y est demeurée vivace.

Quant au septième, Modi Malek, ayant entendu dire le plus grand bien des Tachomcha, il se rendit chez eux, prit goût à la vie saharienne et s'installa définitivement chez les Oulad Dîman, comme maître d'école. Comme il était habile calligraphe, on lui confia des enfants, mais Ouolof d'origine et ne sachant pas l'arabe parlé, il était obligé de se servir d'un interprète.

Les enfants abusaient de la situation et écrivaient pieusement les exclamations ouolof es qui lui échappaient, faisant semblant de croire que c'étaient des phrases dictées.

Le Livre des Origines narre ce petit fait qui serait arrivé à Khalima Alama, père de l'auteur. Modi Malek lui dit un jour sur une faute d'écriture : « Alif nako faye », que l'élève écrivit. Modi se fâchant cria : « Ouaye sakako haye », que l'élève narquois écrivit encore. Or, la première phrase signifiant : « Cette lettre est-elle un alif » et la seconde « Cet enfant mérite une correction. » Et l'auteur ajoute que son père reçut en l'occurence la verte correction, promise en ouolof.

Modi Malek épousa une femme des Oulad Dîman, Sakhna, sœur d'Abou Meïja, et fit souche dans la tribu. Ses cinq enfants furent des saints et des savants. Ils ont tous été enterrés en territoire dîmani, et leurs tombeaux y sont vénérés. Celui de Modi Malek est à Tin Bellila, à côté de celui du Cadi Chingueti.

A signaler que l'un deux, Ahmed Bou Ras, fut chargé, après la grande défaite des Marabouts par les Hassanes (1674), de l'éducation des innombrables orphelins zouaïa.

Cette circonstance permet de fixer l'époque de la vie de Modi Malekj dans la première moitié du XVii* siècle.

Schéma généalogique.

Sid Elias, de Tombouctou, mort à Ôuadane (Adrar)

Nombreux

enfants

qui restent

au Cayor

Chenkat

Bejja

Mijou (Imijen)

Mamadou (Mohammed)

Abdallah Dien (épouse Houa Thiam)

Modi Malek

Mostafa, Mohammed, Ahmed Lamin, sa jumelle dit dit Bouras, Khadidja

Betef, Minahna,

Le personnage politique et religieux le plus important des Oulad Dîman est à l'heure actuelle sans contredit le Cheikh Sidi Mohammed ould Ahmeddou ould Sliman dont la vie, la famille, la Zaouïa et l'influence ont été étudiés ailleurs (i). Il suffit d^ renvoyer.

Il serait impossible de vouloir mentionner toutes les personnalités remarquables de cette puissante, riche et savante tribu des Oulad Dîman. On se bornera à signaler les plus remarquables.

i° La tente des Ahel Al-Aqel, du campement Atheïminat

(1) Cf. L'Islam maure. Les confréries religieuses de la Mauritanie.

(ainsi nommé de leur ancêtre Othman) de la fraction Id Abehoum. Les représentants les plus notoires de cette tente sont :

Mohammed Fal ould Mohammedden ould Ahmed ould Al- Aqel, vieillard à la fin de ses jours, qui fut un savant très considéré et a laissé de nombreux ouvrages, à savoir : « Lami at al-Mihrab, commentaire grammatical du Coran. « Sotour », ouvrage de logique ; « Adhka Al-Nachr fi-l-Massaïl Al-Achr » ouvrage de théologie ; « Teriaq Al-Lasa fi-l-Massaïl Al-Tasa », compendîum de théologie, droit, et grammaire. « Loghaz » et son commentaire, ouvrage judiridique ; « Naf hat Al-Yasmin fi Çalat ala Siyed Al-Morsalin » , livre liturgique ; le livre des traditions prophétiques sur les dix %

années passées par le Prophète à Médine ; « Al-Andjom As» Siyarah », ouvrage de grammaire ; « Al-Nafhat Al-Camadiyah », commentaire de la qacida d'Ibn Bouna, le Djakani, sur les énigmes. Cet ouvrage a été imprimé à Fez.

Son fils, Mohammedden, né vers 1875, dans l'Iguidi, habituellement campé à Hassi Amar. Mohammedden a été nommé successivement assesseur du tribunal de la Résidence de Méderdra en 1908, chef de la fraction des Id Abehoum en 1909, et cadi de l'émir des Trarzas le Ier janvier 191 1. C'est un esprit très ouvert et qui sait parfaitement s'adapter aux nécessités de cette période de transition que traversé la Mauritanie.

Son cousin, M'hammed ould Ahmed Youra, né vers 1855, dont le campement est habituellement installé à Mimoun, Lachoucha Bou Sedra, Bamba, Manar et Al-Aïdïa. C'est un lettré fort distingué et qui connaît parfaitement toutes les traditions locales. Il a composé à la demande du commandant Gaden un petit opuscule, intitulé : « Instruction des savants sur la connaissance des puits » édité en arabe, sans traduction française, par M. René Basset, dans lé tome III de sa « Mission au Sénégal ». Cet ouvrage arabe de M'hammed Youra a été plusieurs fois utilisé dans le présent travail.

Outre ces personnalités remarquables, la tente des Ahel

Al-Aqel renferme un certain nombre de Marabouts instruits, religieux sans fanatisme, d'un traditionnalisme qui demande à être ménagé, mais qui ne les rend pas systématiquement hostiles à notre domination.

Les annales de cette famille comptent plusieurs personnalités qui ont laissé leur souvenir dans les pays maures. Les plus brillants sont : Ahmed ben Mohammed Al-Aqel et sa sœur aînée Khadidja. Ahmed mourut vers 1827, ^a même année que deux autres grands marabouts de Mauritanie : Horma ben Abd El-Djelil, le cadi des Ida Ou Ali, et le savant et poète Mouloud ben Ahmed Al-Ajouad, des Id Eïqoub, l'auteur du poème bien connu, la Merjanïa. L'émir des Trarzas, Amar ould Mokhtar, qui mourut peu après (1827) voulut être enseveli à Bamba, à côté du saint marabout' dimani. Ahmed Al-Aqel avait fait ses études islamiques complètes auprès de sa sœur Khadidja. Il était allé les compléter par la cryptographie et les sciences magiques dans le Fouta Diallon, auprès du Cheikh Alfa Brahim.

Khadidja ment Mohammed Al-Aqel a laissé une réputation de femme instruite entre toutes, et l'on sait que dans les tribus maraboutiques les femmes sont toujours lettrées, et que beaucoup sont maîtresses d'école. Elle a eu la gloire d'avoir pour élèves trois hommes qui ont tenu leur place dans l'histoire locale : son frère, Ahmed, précité ; Mokhtar ibn Bouna, le grand savant des Tadjakant ; et le Toucouleur Abd oul-Qader, qui devait, vers 1775, réunir autour de lui le parti musulman du Fouta Toro, renverser la dynastie traditionnelle des siratiks et faire des Toucouleurs le peuple si fanatiquement islamisé que nous trouvons aujourd'hui. L'almamy Abd oul-Qader devait mourir en 1807, et les « Chroniques du Fouta Sénégalais » rapportent qu'il fut enseveli en présence du saint marabout Din Allah des Oulad Dîman, après que celui-ci l'eut revêtu pour la suprême toilette de ses propres vêtements.

20 Les Ahel Mohand Baba, tente très savante et très res-

pectée du Campement Oui ad Barik Allah, de la fraction Oulad Yoqban Allah. Les personnalités notoires de cette tente ont été étudiés ailleurs (1).

30 Lbara ould Beggui ould Sidi ould Horma, des Oulad Sidi Al-Falli sous-fraction des Ahel Alfagha-Lamin, né vers 1857, dont le père Beggui a été un savant considéré de son temps. Lbara a été cadi de l'émir Ahmel Saloum II ould Ali. 40 Omar ben Abdam, des Oulad Sidi Al-Falli, sous fraction des Ahel Mostaf, né vers 1865, cadi des Oulad Sidi Al- Falli depuis 191 1.

50 Mohammed Fal ould Ziyad, des Id Abehoum, né vers 1850, lettré distingué.

6° Mohammed ould Al-Mahboub, lettré des Ida Oudaï, personnalité éminente par sa science du droit.

Dans la fraction Ida Oudaï vit un campement de Tiab Ahel Attam : les Ahel Abbeï ould Ahmed ould Attam, dont le chef actuel est Mohammed ould Aoua. Abbeï est l'ancêtre qui abandonna la vie de guerrier pour se faire marabout. La légende dit qu'il avait été victime d'une injustice de la part des autres Oulad Daman qui lui enlevèrent ses Zenaga. Ne pouvant rentrer dans son droit, il se retira avec ses gens dans le campement d'Atjfagha Mokhtar Baba, des Ida Oudaï (Oulad-Dîman), et embrassa la voie de ce grand marabout.

La population des Oulad Barik Allah est de 219 tentes, 248 hommes, auxquels il faut ajouter 300 Zenaga et tiab environ, 469 femmes, 409 enfants, et 112 serviteurs des deux sexes.

(1) Cf. Cheikjk Sidta et sa voie èans V Islam marne : Les confréries religieuses de la Mauritanie,

■2rS REVUE DU MONDE MUSULMAN

La population des Oulad Yoqban Allah est de 419 tentes, 630 hommes, 675 femmes, 493, enfants, 150 serviteurs des deux sexes.

La population des Oulad Sidi Al-Falli est de 571 tentes, 665 hommes, 798 femmes, 720 enfants, 161 serviteurs des deux sexes.

La population des Id Abehoum est de 279 tentes, 598 hommes, 677 femmes, 545 enfants, 237 serviteurs.

La population des Ida Oudaï est : 166 tentes, 309 hommes, 342 femmes, 310 enfants, 117 serviteurs.

La population totale des Oulad Dîman est de : 1.654 ten~ tes, 2.750 hommes, 2.961 femmes, 2.477 enfants et 767 serviteurs des deux sexes.

Les Oulad Dîman pâturent dans la partie septentrionale de l'Iguidi, dans l'Inchiri, et dans les régions Amlil, Dekhina, Amkhacir, Arfaït et Faye de TAftout.

Ils boivent aux puits et puisards d'Agdernit, Aghnajebert, Tin Yekhlef, Teguirmen, Tin Deïjemal, Almimoun, Bou Hofra, Mesdouq, Taguilalt, Al-Aouinat.

La marque générale de la tribu est la grande outarde (he-

bara) J . Chaque fraction a en outre sa marque particulière. Les Ahel Cheikh Sidi Al-Falli, des Ida Abehoum, ont

les lunettes (bessara) @&\y . Ils sont les Telamides de Cheikh Sidïa. Les Ahel Falli ould Al-Maqour ont la

khatma

B. — Ahei* Barik Ali, ah

Les Ahel Barik Allah sont les descendants de Barik Allah, fils de Bazeïd, fils d'Abhendam Youqob, lequel était le cinquième des Tachomcha. Barik Allah ayant eu un frère : Yaqoub fils de Bazeïd, qui est l'ancêtre des Id Eïqoub, il se trouve que Ahel Barik Allah et Id Eïqoub sont cousins. Ces deux fractions sont appelées, dans la tradition maure, Yaqoubïïn du nom de Youqob, grand-père commun des deux ancêtres éponymes.

La légende des origines maures donne aux Yaqoubïïn une ascendance hassane. Le cinquième des Tachomcha en effet, Abhendam Youqob, était fils d'Abiaj, fils d'Aamer, fils d'Abiaj, fils d'Abhendam, fils de Mohammed, fils de Yaqoub, fils de Mohammed, fils de Sam, fils d' Abd Allah, fils d' Amor, fils de Hassan, fils d'Aqil.

De Yaqoub major (fils de Mohammed, fils de Sam) descendent les Ahel Taleb Moçtaf du Hodh, cousins éloignés par conséquent de nos Id Eïqoub et Ahel Barik Allah du Trarga. Barik Allah eut six fils : Abd Allah, Mouloud El-Fadel (ou El-Falli, Moska, Habib Allah, Medda, qui sont les ancêtres des fractions actuelles Ahel Barik Allah, sous la réserve d'une certaine fusion de campements au cours des siècles.

Dans le courant du xixe siècle, les Ahel Barik Allah occupent les vastes territoires qui séparent le Trarza de l'Adrar. Pressurés sur le flanc nord par les Oulad Delim, à l'ouest par les Oulad Bou-Sba, ils finissent par se placer sous la suzeraineté des Oulad Yahia ben Othman, et choisissent pour protecteur l'Emir lui-même de l'Adrar, à qui. ils paknt la redevance eoutumière* Cette protection fut à peu près illusoire, aussi la plupart des tentes Barik Allah descendent-elles vers le sud, dès qu'elles le peu vent,, c'est-à-dire dès que la

colonne Gouraud prépara sa marche vers l'Adrar (1907). Les autres, avec leurs haratines, restent dispersés dans l'Aoulil et le Targa.

Les Ahel Barik Allah firent leur soumission, au gré de leurs sympathies, partie à Méderdra, partie à Bou Tilimit. En attendant qu'on eut des données plus précises sur la composition et les tendances de la tribu, ses fractions furent rattachées administrativement à des cheikhs zouaïa sur lesquels on pouvait compter : Cheikh Sidi Mohammed ould Sliman, à Méderdra ; Sidi El-Mokhtar à Bou Tilimit. Cette situation n'était que provisoire. Avec la paix, ces campements firent figure d'intrus dans les fractions Oulad-Dîmàn et OuladvBiri. Il y eut des contestations au sujet des puits d'eau ou des pâturages ou du bétail. Bref, il devenait* urgent de reconstituer le groupement ethnique des Ahel Barik Allah, sur les bases de l'autonomie et d'un commandement propre. C'est pourquoi, dès 1910 on encouragea leur mouvement d'exode vers leurs anciens territoires. Puis en 1912, les tentes qui étaient de la Résidence de Méderdra : Ahel Moska et Ahel Abd Allah furent rattachés à Bou Tilimit ; et enfin au début de 19 13, tous les Ahel Barik Allah du Trarza furent groupés administrativement et fiscalement sous les ordres d'un de leurs cheikhs héréditaires : Mohammed ould Ahmed Moska.

Cette mesure était tout à fait agréable à la tribu. Elle était non moins opportune pour notre politique car elle repeuplait la grande route, devenue déserte, de Bou Tilimit à Atar ; et les caravanes commerciales, comme nos convois militaires étaient assurés de rencontrer désormais sur leur chemin des campements, de l'eau, et des animaux de boucherie. Les résultats ont confirmé ces prévisions : la route de l'Adrar est considérablement facilitée par la présence de cette fraction, et la région commence à s'enrichir de puits, tel celui d'Oued Jedaa, entre N'toumi et Imlich, dans l'Amlil. Les Ahel Barik Allah jouissent d'ailleurs de la réputaion d'ex-

cellents puisatiers. Eux seuls peuvent forer les puits du nord qui atteignent de 60 à 80 mètres.

Les territoires du parcours normal des Ahel Barik Allah sont : l'Akchar, l'Inchiri et l'Agneïtar, entre Trarza et Adrar. Leur cheptel de chameaux a été à peu près pillé aux cours des derniers événements, de sorte qu'il n'en subsiste qu'un nombre très restreint. Ils ont mieux conservé leurs troupeaux de bœufs et de moutons, qu'ils mènent pâturer jusque dans le Tiris. Les marques des Ahel Barik Allah

sont

CKC^

Le fractionnement de la tribu Barik Allah s'établit ainsi : Ahel barik allah :

Ahel Moska :

Ahel Filali,

Ahel Ahmed Khorehi.

Ahel Abd Allah :

Ahel Mahmoud,

Ahel Ahmed ould Abd Allah.

Ahel Mouîoud : >

Ahel Baraka Allah,

Ahel Boukhara.

Ahel Fadel :

Ahel Habib Allah :

Le nombre des tentes recensées est de 335, comprenant 353 hommes, 328 femmes, 416 enfants, 95 serviteurs et 69 captives.

Un grand nombre de tentes et petits campements sont veîxxvi. 16

nus de toutes parts s'installer chez les Ahel Barik Allah, marabouts vénérés. Ils constituent les fTelamides de là fraction : les uns sont haratines et possèdent surtout des bœufs, des ânes et du petit bétail. Ils sont en général grands chasseurs et vivent en grande partie du produit de leurs chasses. Ils usent du fusil, des filets et pièges, et de la chasse à courre avec les chiens. Leurs campements sont isolés de ceux de leurs maîtres zouaïa.

Les Zenaga possèdent des troupeaux de chameaux. Ils ne se séparent pas de leurs suzerains, par crainte des déprédations des Hassanes. Ils relèvent en général du campement Ahel Fadel, et les haratines du campement Ahel Abd Allah, et Ahel Habib Allah. Ce sont :

Ahel Bilal,

Haratines,

Ahel Mehaïdi,

Ahel Grimich,

Id* grands propriétaires de troupeaux

et chasseurs émérites.

Ahel Hebïeb,

Id.

Ahel Maïouf,

Id.

Ahel Zeïdan,

Id. i

Legouidsat,

Zenaga,

Ahel Abouech,

Id., dits aussi Ahel Dafi.

Ahel Noueïgued,

Id.

Ahel Al-Beïed.

Id.

Oueïssat,

Id.

Leroueïdijat,

Id.

Ahel Mouilid ould Rahil

, Id.

Ahel Aloueïniiin.

Haratines, possesseurs de bœufs.

Ahel Ourizeg,

Id.

Ahel Amin,

Haratines,

Ladam,

Zenaga,

Ahel Bou Dik,

Id.

Ahel Abouad,

Ahel Dreïniz,

Haratines,

Ahel Aïssa, i.

id. r ; ;-; yx ,,

Ahel Agjoul (Bassin),

Zenaga, . ;

Ahel Fouaïla, * Haratines,

Ahel Lemhaimdat, Id.

Les Id Eïqoub sont les descendants de Yaqoub, fils de Bezeïa, fils d'Abhendani Youqoub,le cinquième des Tachomcha. Ce Yaqoub étant le frère de Barik Allah, les Id Eïqoub et les Ahel Barik Allah sont cousins. La tradition maure ne les sépare pas et leur a donné, du nom de leur ancêtre commun, Youqob, le nom de Yaqoubïïn.

Tableau généalogique.

Abhendam Youqob,

le cinquième des Tachomcha

Baze'ïd

Barik Allah Yaqoub

ancêtre ancêtre des Ahel Barik des

Allah Id Eïqoub

Yaqoubïïn

* * Les Id Eïqoub se fractionnent ainsi :

Id Eïqoub :

Ahel Atjfagha Moussa :

Ahel Mokhtar 62 tentes

Ahel Falli 17 —

Ahel Brahim 17 —

Id Eïqoub :

Ahel Mohammedden Mahmoud . . 41 —

Ahel Fagha Mohktar 32 —

Ahel Lakhcual 30 —

Lamam 58 —

Ahel Mohammedden Ahmed 18 —

Ahel Taleb Maham 5 —

Ahel Jenna 6 —

Ahel Abeïd 8 —

Ahel Haoumalla 8 —

Oulad Al Hossein 30 —

Ahel Falli Seddiq 11 —

AhelXalleïa ; 18 —

Ahel Lebar 14 —

Ahel Oktagha 15 —

Ahel Maham 33 —

Ahel Brahim . . 4 —

Les Id Eïqoub sont une tribu maraboutique très religieuse et très lettrée dans son ensemble. Elle compte un grand nombre de savants arabes.

Plusieurs d'entre eux ont passé avec Mouloud Fal, chez les Ida Ou Ali et ont embrassé le Tidjanisme (i). Les autres ne. sont en généra] attachés à aucune obédience eoufique.

A signaler toutefois Mohammer Mouloud ben Mohammed ben Ahmed, plus connu du nom de sa mère sous l'appellation de Ould Chérif Baoubba. C'est un ardent missionnaire des pays noirs. Il a jadis été expulsé du Soudan pour agitation dangereuse dans des villages à peine islamisés et facilement fanatisés. Il opère aujourd'hui au Sénégal, sous le couvert de tractations commerciales.

Les Id Eïqoub nomadisent dans le Haut-Trarza jusqu'au Tiris. Ils boivent ajux puits et puisards de Hasseï Al-Hancha, de Tin Yafil et Tin Yahïa.

(1) Cf. Y Islam marne : Les conjéries religieuses de h Mauritaine. Les Ida Ou AU.

* ' La marque particulière de leurs troupeaux, portée sur la cuisse gauche est N^^ .XI

Ils comprennent une population de 427 tentes, 672 hommes, 770 femmes, 558 enfants et une cinquantaine de serviteurs des deux sexes.

Les Tendgha

Les Tendgha sont d'origine berbère. Leur père était un Chleuh du Maroc, nommé Tendagh, qui tirait son nom de la ville où il était né : Endagh. Les lettrés de la tribu ne manquent pas de rattacher ce Tendagh à une souche himyarite d'Arabie, mais on sait ce que valent ces prétendues origines sémites chez les tribus maraboutiques. La tradition rapporte qu'il existait un lien de parenté, non défini d'ailleurs, entre les ancêtres des Tendgha et ceux des Ida Ou Aïch et des Tadjakant. Ce renseignement ne fait que confirmer l'origine berbère des trois tribus, d'autant plus que les Ida ou Aïch affirment hautement leur ascendance çanhadja.

Tendgha aurait eu quatre fils : Ideïja, Yahia, Aoubak: et Malek, qui sont les ancêtres des actuelles fractions tendgha.

Les Tendgha étaient déjà constitués en tribu au temps des Almora vides. Ils auraient fait partie' de la troupe du conquérant Abou Bekr ben Omar, sous la forme de deux fractions : les Tendgha El-Biïed et les Ahel Danabja. Ils participèrent aux opérations contre les noirs bafour de l'Adrar (xie siècle) et aidèrent à la conquête du pays. Par la suite, probablement deux ou trois siècles plus tard, la marche vers le Sud fut reprise, et il firent halte à Nbak Lekhçouma, point à l'ouest de Zar. De là, ils envoyèrent deux reconnaissances en avant : l'une vers l'ouest, l'autre vers l'est.

Les éelaireurs de Test rendirent compte que les pâturages étaient excellents, mais qu'une grave difficulté provenait de la profondeur des puits. Les Ahel Danabja, que cette difficulté n'arrêtait pas, mirent aussitôt le cap sur l'est et s'installèrent dans l'Aftout et l'Amechtil.

Les éelaireurs de l'ouest firent connaître au contraire que l'eau était proche et abondante, mais que les pâturages n'avaient qu'une valeur relative. Les Ahel El-Biïed portèrent leur choix sur ce pays, riche en eau, et allèrent y planter leurs tentes. C'est ainsi qu'après une année de discussions, l'accord se mit entre les deux fractions tendgha. Telle est, d'après la légende, l'origine de la scission territoriale de la tribu.

L'cacord moral subsista néanmoins et jusqu'à nos jours les Tendgha de l'Est ont continué à compter dans le corps de la tribu. On le constate par le paiement des dïa, qui est la preuve la plus sûre de l'unité de la tribu. Les Tendgha de l'est étaient tenus à un sixième de la dïa, au même titre que les Ahel Danabja, les Medlouda, les Rekakna/ les Id ag Foudia et les Tendgha Al-Biïed-Ichouganen.

Les Tendgha de l'est ne trouvèrent que peu de monde dans l'Aftout. Seules, quelques bandes lemtouna, au nord d'Aleg, cherchaient comme eux un emplacement pour leurs campements. On fut donc tout de suite en bons termes.

A l'ouest, au contraire, les Tendgha tombèrent sur la tribu des Medlich déjà constituée et nombreuse. Les Medlich firent un accueil plutôt froid à ces intrus. On en vint rapidement aux mains. ^Vaincus, les Tendgha furent refoulés vers l'Adrar. Ils n'abandonnèrent pas la lutte. Leurs rezzous vinrent sillonner le territoire medlich, pillant les campements, capturant les caravanes, rendant la vie de la tribu à ce point impossible que plusieurs fractions passèrent le fleuve et se réfugièrent au Sénégal.

Le souvenir de ces luttes entre Medlich et Tendgha, c'està-dire vraisemblablement entre les tenants des premières in-

vasions berbères et les hordes des invasions postérieures, est resté très vivace dans la tradition, et semble se rapporter aux XIVe et XVe siècles environ. C'est vers cette époque qu'apparaissent les ancêtres éponynies des fraction^ actuelles, notamment Malik, dont la prononciation berbère fait Madiek et dont les descendants sont les Id ag Madiek de nos jours.

Les faits, que narre le Chiam ez-Zouaïa, se rapportent au XVe siècle environ, car on y constate la présence des premiers Hassanes envahisseurs : les Oulad Rizg.

Malik, et son frère Id Moussa, rôdaient, une nuit, autour d'un campement medlich, guettant une occasion favorable pour s'y introduire et voler, quand ils passèrent à proximité de quelques tentes où deux des Tachomcha, hôtes des Medlich : Id Abiaj Youqoub et Mohond Amrar, faisaient leurs dévotions. La voix de ces deux hommes en prières ramena Id Moussa vers le bien, et abandonnant son compagnon de rapine, il alla se joindre aux deux marabouts. Au retour de sa course, qui avait été fructueuse, Malik, pensant que la fantaisie pieuse de son frère était passée, voulut le reprendre, mais Id Moussa se refusa obstinément à abandonner les deux cheikhs.

Par la suite, Malik lui-même fut touché par la grâce et se fit marabout, mais marabout « séculier », si on peut dire, chapelain à l'usage des Hassanes chez lesquels il campait. Au cours des pilleries dont furent victimes, au XVe siècle, les Tachomcha de la part des Oulad Khalifa hassanes (fraction des Oulad Rizg), on le voit proposer son influence à son frère Id Moussa, pour faire rendre leurs biens aux Tachomcha .Mais Id Moussa ne voulut pas consentir à cette humiliation, encore que l'amitié et le lien de paiement de la horma qui unissaient Malik aux Oulad Khalifa, l'assurassent du succès de la négociation.

L'accord finit par se faire, vers ce temps-là, entre Medlich et Tendgha. Les terrains de parcours furent délimités, et

chaque tribu en jouit en paix, sans chercher querelle à sa voisine.

Au xvne siècle, les Tendgha prennent une part active à la guerre de Babbah. Ils fournissent jusqu'au dernier jour des contingents importants aux imams berbères'; l'imam Nacer ed-Dine jouit parmi eux d'un grand prestige, dû à ses miracles. Le Chiam ez-Zouaïa en rapporte un concernant la propriété d'une vache dénommée Tin Tinjert « la vache « au mufle ». Cette vache était l'objet de contestations. « Un jour les deux adversaires vinrent interroger Nacer ed- € Din et lui dirent, sans préciser autrement : « A qui apt partient-elle? » Il répondit en désignant l'un des compéti- « teurs. Ils demandèrent : « Qui est-elle ?» Il répondit : « Tin Tinjert, » tandis que sa main passée sur son visage, « descendait vers la bouche pour indiquer' la lisse en tête, a prolongée sur le mufle, de la vache contestée. Celui à qui « appartenait l'animal s'écria alors : » « Par Dieu! je le a jure, vous ttes un saint ».

Finalement écrasés par les Hassanes, les Tendgha durent subir leurs conditions comme les autres Zouaïa.

Les Tendgha de l'est n'avaient été mêlés que très indirectement dans ces luttes de leurs frères contre les Medlich. Leur tradition historique est muette jusqu'au xixe siècle, où ils ont eu à soutenir deux guerres contre les Oulad Biri et contre les Tagnit.

La première guerre eut pour cause le refus, que les Tendgha opposèrent aux Oulad Biri, de leur livrer Bakar, l'ancêtre des Ahel Oueillili, qui vivait chez eux, mais était un des Télamides des Oulad Biri. Ceux-ci pour se venger, mirent à mort un Tendghi qu'ils rencontrèrent isolé dans la brousse, et lui enlevèrent ses troupeaux. Cet acte de traîtrise souleva l'indignation des Tendgha, qui jetèrent une forte bande sur un campement biri, installé au puits d'Aguilal Faye, alors en cours de forage. Ils précipitèrent sept Oulad -Biri au fond de leurs puits. C'était au tour des Ou-

lad Bidi à prendre leur revanche. Grossis d'un contingent de leurs cousins, les Oulad-Ahmed, du Brakna, ils marchèrent sur les Tendgha, alors campés à Kendellek, sur la lisière du Chemama. Les Tendgha affolés passèrent le fleuve, se mettant ainsi hors d'atteinte. La campagne se termina par la mise à mort d'une députation tendgha que les Oulad Biri surprirent chez les Ida Ourich.

Des personnalités maraboutiques voisines, et notamment le grand-père de Cheikh Ai-Hassan, étant intervenues, l'accord fut rétabli entre Tendgha et Oulad -Biri. La paix est maintenue.

Il faut remarquer ici que N'Tachaït, l'ancêtre éponyme des N'Tachaït, fraction Biri de Cheikh Sidïa, est d'origine Tendgha-Danabja. On trouvera, dans la notice consacrée aux Oulad-Biri le récit des origines de cette fraction. Daûs la première moitié du xixe siècle, les Tendgha, quelque peu jaloux de la prospérité apportée aux Oulad Biri par Cheikh Sidia Al-Kabir, souhaitèrent le ramener dans sa tribu d'origine. Ils lui dépêchèrent une délégation de leurs notables à Meïjour. Celle-ci lui fit don d'un magnifique chameau hongre, à robe pie, célèbre à ce moment dans les annales des troupeaux mauritaniens. Cheikh Sidïa Al-Kabir, flatté, était sur le point d'accepter, mais les Oulad Biri firent la plus vive résistance, et finalement le saint homme n'osa pas les abandonner.

Vers 1875, une autre guerre vint troubler la quiétude des Tendgha. Une caravane de leurs gens passant au puits de Nteichot se vit refuser l'abreuvoir par quelques Tagnit peu accommodants. Comme les Tendgha protestaient et élevaient la voix, les Tagnit leur prirent un certain nombre de leurs bœufs porteurs et s'en furent. Rentrés chez eux, les victimes répandirent la nouvelle de ce pillage. L'alarme fut donnée et les Tendgha se précipitèrent sur les campements Tagnit. Mais ceux-ci qui les attendaient, les- repoussèrent et leur tuèrent plusieurs personnes. Tous les Tendgha se con-

centrèrent alors dans l'ouest, et une guerre inexpiable allait commencer, quand l'Emir Ali Diombot, fils de Mohammed Habib, jugea de son devoir d'intervenir. Il convoqua les Djemaa des deux tribus et soumit l'affaire à son cadi ordinaire, El-Bari ould Begui, des Ouîad Dîman (Oulad El- Falli).

Les Tagnit furent condamnés au paiement de la Dïa. Ils s'acquittaient déjà de leurs 11.000 pièces de guinée, quand l'Emir des Ida Ou Aïch, Bakar ould Soueïd Ahmed, invoquant les liens originels de parenté avec les Tendgha entra en scène. Il se déclara solidaire de l'injure faite à ses cousins, et exigea une seconde composition pécuniaire. En attendant, il arrêta et séquestra plusieurs Tagnit. Cette tribu dut fina* lement s'exécuter. Des transactions intervinrent et la dia fut payée, ce qui ramena le calme dans la région.

Fractionnement politique.

Tendgha El Biïed :

Rekakna :

Ahel Bou Hobboïni :

Oulad Ben Hobboïni :

Ahel Chaban 40 tentes

Ahel Abd Allah 13 —

Ahel Abbas 12 —

Ahel Agd ElhAmm 4 —*

Ahel Mokhtar :

Ahel Abekd 23 —

Ahel Abd Allah 28 —

r Ahel Habib Allah 11 —

Ahel Mohammedden :

Ahel Habib Allah 16 ^

Ahel Boulaha 13 —

Ahel Mokhtar Baba 18 —

Ahel Engouran * . 19 —

Id Imijen :

Ahel Sidi Mahmoudi 37

Ahel Habib Allah 15

Ahel Ahmed 9

TENDGHA EL BlïED (T. de l'ouest) :

Id ag Foudié :

Ahel Agd Yahia 83

Ahel Maham Abdi 29

Ahel Maham Çadiq 38

Ahel Foudia (Ahel Aoubak) 156

Ahel Amar Inhalla 20

Ahel Maham 10

Ahel Mokhtar 22

Tekarir 6

Ahel Amar agd Abija :

Ahel Ahmed Lamar 52

Ahel Abd Allah . 71

Ahel Maham

Ahel Habib Lamar

Ahel Abija 11

Médlouda :

Ida Ouadji :

Ahel Nacer ad-Db 20

Ahel Mousseh 11

Ahel Mehaïma 19

Ahel Dof 11

Ahel Maham ould Yamin ... 7

Ahel Abhond 16

Id ag Bolla :

Ahel Aoubak 16

Ahel Imijen 13

Ahel Lamin Il

Ahel Baba Habib 20

Ideija Agourar :

Ahel Alïa :

Ahel Moski 6

Ahel Jemal [ 17

Ahel Mokhtar .... 5 —

Ahel Khiar 16 —

Ahel Ahmed :

Ahel Merabet Telamid .. 10 —

Ahel Mehitour 11 —

Ahel Khïar . 16 —

Id ar Madiek :

Id ag Madiek de l'ouest :

Ahel Maham Hamou 22 — •

Ahel Habib 22 —

Ahel Mazeri 24 +-

Id ag Madiek de Test :

Ahel Abiod el-Ma (Id ag

Mohond) 11 —

Ichouganen Ouladl Sidi :

Ahel Lamin 38 —

Ahel Ba 29 —

Ahel Mokhter 10 —

Les Rekakna et les Id ar Madiek ne seraient pas de pure origine Tendgha.

Rekkoun, l'ancêtre éponyme des Rekakna, aurait été Medlich. Il épousa une femme des Tendgha et ût souche dans sa nouvelle tribu.

Les Id ar Madiek, déformation berbère d'Oulad Malik, sont, selon les uns, fils de Malik, fils de Tendgha. D'autres disent au contraire que Malik n'était pas de pure origine Tendghi par son père. Seule, sa mère était de la tribu. Son père était un Hassani Oulad Rizg. A signaler enfin que certains lettrés disent, sans autre spécification, que les Id ar Madiek sont d'origine juive. Ils ne savent pas d'ailleurs ce que sont exactement les Juifs, ce peuple n'ayant actuellement aucun représentant en Mauritanie.

Les Medlouda tirent leur nom du groupement de trois fractions tendgha, qui ne se séparaient jamais. C'est pourquoi on les appelait les Medlouda : les « Trois ». Ces trois frac-

1JL

tions : Ida Ouadji, Id ag Bolla, Deïja Agourar, constituent toujours le groupement Medlouda. Les Ida Ouddji seraient d'origine Ida Ouali, Ida Ouadji étant la déformation berbère d'Ida Ouali. Les Ideïja Agourar tirent leur nom de leur ancêtre Ideïja et de son cheval Agourar « à l'oreille coupée ». Le nom d'Ideïja étant commun à cette époque chez les Tendgha, on accola le nom du cheval à celui du propriétaire, comme sobriquet pour le distinguer de ses homonymes.

Seuls, de tous les Tendgha, les Ahel Amar agd Abija avaient suivi les dissidents trarza dans l'Adrar, au début de l'occupation de la Mauritanie. Ils ont fait leur soumission en 1907, au moment où se dessinait la colonne de l'Adrar.

La plus grande partie des Id ag Fodié, à savoir les sousfractions Ahel Maham (ou Mahmen) Abdi, Ahel Maham Çaddiq, Ahel Agdi, Ahel Taleb, Mostaf, Ahel Fodié, dont le marabout réputé est Kachef, et Ahel Amar Agd Abija se prétendant chorfa, et se disent, du nom de leur ancêtre éponyme, Oulad Bou Bezzoula. Ce nom de Bezzoula fut donné au chérif, à la suite d'un miracle qu'il accomplit chez les Tendgha. Sa femme mourut laissant un enfant en bas-âge. Cet enfant ne voulut têter aucune des nourrices qui offrirent leurs bons offices. Dieu fit alors pousser un sein sur la poitrine du père, qui allaita ainsi son enfant.

La majeure partie des Tendgha relève du ocmmandement de Méderdra. Seuls, relèvent de Bou Tiimit les Tendgha de l'est et les Id ag Madiek. Ceux-ci sont quelquefois englobés dans la dénomination générale des Tendgha de l'est.

Leur fractionnement est le suivant :

Tendgha de l'est :

Ahel Danabja 130 tentes

Ichouganen 39 — -

Id AG Madiek :

Ahel Ababak 53 —

Ahel Maazour 11 —

Oui ad Bou Khiar 37 —

Ahel Aboueïri 83 —

Ici ag Mohand 85 —

Ahel Ahmed Endeïja 47 —

Les Ichouganen descendraient d'un individu des Ahel Danabja qui pour se singulariser fit bande à part et fut surnommé Chougnan « Tente nouvelle » . Ces descendants, sans cesser de faire partie de la tribu, ont constitué une sousfraction spéciale : les Ichouganen.

Les Tendgha El-Biïed, relèvent de la Résidence de Méderdra ; les Tendgha de Test de la Résidence de Bou Tilimit. Comme on Ta vu dans le fractionnement politique, une partie des Ichouganen (de Bou Tilimit) est passée à Méderdra et forme unité administrative avec les Id ar Madiek.

Les Tendgha El-Biïed (Méderdra) comprennent la population suivante :

Tentes

Hommes

Femme»

Enfants

Captifs

Rekakna ,

Id ag Foudié

Medlouda

Id ar Madiek ....

Total . . .

Les Tendgha de l'est (Bou Tilimit) comprennent :

Les Ahel Danabja 130 tentes

Les Ichouganen 39 —

Les Id ar Madiek 316 —

et un total de 495 hommes, 460 femmes, 580 enfants, 158 captives, 125 captifs.

L'ensemble de la tribu Tendgha comprend : 1.647 tentes,

2.264 hommes, 2.404 femmes, 1.990 enfants, et 796 serviteurs des deux sexes.

Les Tendgha comptent des personnalités Tout à fait éniinentes par le savoir et la piété islamique.

La tente la plus remarquable est celle des Ahel Moutali (Ahel Amar agd Abija).

Schéma généalogique»

Moutali

Mohammedden Fal

Abder-Rahman Ahmeddou Habib Mohammedden f 191° f f

Mohammedden Fal Mostafa Mokhtar

Oummou Mohammed Mahmoud

Moutali qui vivait au début du XIXe siècle, a laissé la réputation d'un grand saint.

Son fils, Mohammedden Fal, en hérita et y joignit celle d'un savant arabe de premier ordre. Il a composé plusieurs ouvrages ; sa renommée s'étendit jusqu'au Hodh, et on peut voir dans l'Annuaire du Sénégal de 1864, que Ie lieutenant des spahis Alioun Sal, envoyé en mission dans le Hodh, et fait prisonnier par les gens d'Al-Hadj Omar fut l'objet des tentatives de rachat des habitants de Bacikounou, quand il eut invoqué le nom du cheikh Mohammedden Fal qu'ils vénéraient (1861). C'est ce marabout qui a le premier 'introduit l'ouerd de la confrérie chadelïa dans le Trarza. Il le reçut d'un missionnaire, de passage dans le Trarza, et qui avait été envoyé dans le Sahara occidental par le Cheikh de l'ordre à Sidjilmassa (Tafilalt), Ahmed Ai-Habib. Moham-

meddeu Fal a été enterré à Manamart sur le territoire Noualalane (Tendgha) . Le surnom de « Mrabet » lui est resté acquis.

De ses deux fils, l'aîné seul, Abd Er-Rahman, avait hérité de son prestige et de ses qualités. Il est mort en 19 10. Habib', l'autre fils, né vers 1857, et campé dans la région de Taffouelli, est actuellement le chef de la famille, et le cheikh du campement Ahel Ahmed Lamar. Parti en dissidence avec la fraction, en 1907, il est rentré un des derniers en 1909. Abd Er-Rahman ould Mohammed den Fal a laissé trois fils : les deux derniers, Mostafa et Mokhtar Ounmou, vivent dans leur campement des Ahel Amar Agd Abija. L'aîné, Mohammedden Fal, né vers 1870, n'a pas suivi les siens à leur retour de dissidence. Il vit toujours sur l'oued Dra. Il avait épousé une fille du chef de tribu, Mohammedna Khorchi, décédée depuis lors, lui laissant un fils, Mohammed Mahmoud, qui vit chez son grand -père maternel.

Après les Ahel Moutali, la famille la plus influente des Ahel Amar Agd Abija est celle des Ahel Maham, qui fournit le chef de la fraction, Mohammedna ould Khorchi. Celui-ci né vers 1865, est Chadeli aussi. Il a été fait cheikh, à son retour de dissidence (1900). C'est un meurtre commis par son fils, Ahmed Salem, sur un goumier à notre service, Ifekkou, qui provoqua d'ailleurs leur dissidence. Ahmed Salem fut tué par la suite à la journée de Moïnan (juin 1908).

Chez les Ahel Bou Hobboïni, sous-fraction des Ahel Chaban, la personnalité en vue est Ahmed Imma ould Mohammeddou ould Ennih, né vers 1865, qadri de l'obédience de Saad Bouh. Son père Mohammeddou fut un grand marabout. Imma n'a pas hérité de son prestige complet, mais sa situation et ses alliances en font le cheikh notoire des Ahel Bou Hobboïni. En 1906, il a quitté le Trarza pour aller chercher, disait-il, des chameaux enlevés par un rezzou Bou Sba, mais il ne revint pas et s'installa chez les Oulad Delim. Il se joignit, en 1907, à la délégation qui, conduite par

Ma al-Aïnin s'en fut présenter les doléances de la Mauritanie au Sultan Abd El-Aziz. Il est définitivement rentré de dissidence en 1909.

Les Ida Fodié, sous-fraction des Ahel Aboubak, fournissent le cadi de la tribu, Ahmeddou ould Mohammeddou ôuld Ahmed ould Mahim, plus connu sous le nom d' Ahmeddou ould Oubboï. Il est F élève et le disciple de Cheikh Mostaïn, des Koumleïlen de la rive gauche. Il a fait ses études chez les Idag Fodié, les Id Eïqob et les Oulad Atjfagha Habib Allah.

Il fut utilisé à plusieurs reprises, dès le début de l'occupation française, par les officiers résidents de Nouakchot pour le règlement d'affaires religieuses. Ses qualités lui valurent la nomination de cadi (octobre 191 1).

Chez les Tendgha-Arbaïn Jiïed, de la résidence de Bou Tilimit, Cheikh Sid Al-Mokhtar ould Abd El-Djalil à la réputation d'un illuminé et d'un motazélite. Il a soutenu des thèses théologiques à faire frémir les orthodoxes zouaïa du Trarza. Il a soutenu, un jour notamment, dans une controverse publique que la parole de' Dieu, et même ses commentaires humains, pouvaient être Dieu même, et saisissant un ouvrage qui était là et qui se trouva être Y Aqida de Senoussi, il l'adora. Le cheikh est né vers 1867, son campement est ordinairement au puits d'Agueroui. Il a des lougans à Dagana et à Boghé et y compte des Télamides. Il voyage beaucoup dans tout le Sénégal, et est en relations étroites avec la plupart des grands cheikhs noirs. Son atti= tude frondeuse et ses propos anti-français lui ont valu une condamnation et nécessitent une surveillance spéciale.

Les Tendgha s'expatrient facilement comme marabouts enseignants et maîtres d'école. On les trouve dans la plupart des escales du fleuve, de Saint-Louis à Kayes, et dans les xxxvi, 17

provinces intérieures du Sénégal. Ils se font généralement affecter un lougan comme rémunération de leur enseignement et le font travailler par leurs élèves. On en trouve également un certain nombre qui exploite la crédulité publique comme fabricants d'amulettes et de gris-gris.

Les Tendgha ont leurs terrains de parcours dans le Ziré (Chamama) et le Zbar (Aftout). Leurs puits et puisards sont Biret, Ziré, Ndaramcha, Niaban, Khachem, Boubout, Bou- Hajra, Kellafer, Mdagh SagU, BriakJj, Baguent, Mouakchot et Akredieh

Pendant l'hivernage, ils remontent avec leurs troupeaux de chameaux vers le Tiris, pâturent dans t'Agneïtir et le Tasiast, et boivent à Nouaferd.

La marque générale de leurs troupeaux est la « jeïja »

ou petite outarde '§ . Chaque fraction y ajoute son signe particulier.

Ida Ou Ali

La tribu Ida Ou Ali, non seulement dans sa fraction du Trarza, mais encore ] dans ses fractions du Tagant et de l'Adrar, a fait l'objet d'une étude spéciale.

On trouvera cette étude dans L'Islam maure. — Les confréries religieuses de la Mauritanie.

Ida Ou Al-Hadj

Les Ida Ou Al-Hadj prétendent être d'origine qoreïchite et se rattachant aux Ançar ou Compagnons du Prophète. Leur ancêtre légendaire serait des Béni Makhzoum, l'un de ces auxiliaires de la première heure de Mahomet. Un de ses descendants, Al-Hadj Othman, ayant émigré dans le Sahara occidental, mourut à Ouadane clans l'iVdrar. vSes enfants y

prospérèrent. C'est d'eux que proviennent les Ida Ou Al- Hadj.

La tribal prit part au grand mouvement d'extension qui, vers le milieu du xvne siècle, emporta les Berbères marabouts à la conquête des pays sénégalais. On les voit prêter leur concours au chef des troupes zouaïa, Al-Fadel ould Mohammed Al-Kouri, pour l'occupation des deux rives du Bas-Sénégal.

Quelques années plus tard, ils sont encore à ses côtés, alors que la guerre de Babbah est déjà engagée et qu'une issue fâcheuse pour les Marabouts ne peut plus guère faire de doutes. Ils sont déjà pourtant en relations de sympathie avec les Hassanes, car on les voit, au combat de Sag, près Touizikt, essayer d'arracher aux coups d'Al-Fadel, le chef des Oulad Khalifa ennemis, Oudeïk, battu et fait prisonnier (vers 1665).

Ils se retirent de la lutte avant la rin et se renferment dans une neutralité, sympathique aux Hassanes ; c'est ce qui leur vaudra d'être exemptés des dures conditions, imposées, en 1674, aux Marabouts par les tribus guerrières victorieuses, Dès cette époque, les Ida Ou Al-Hadj sont déjà établis sur leur territoire actuel, sur la rive gauche du Sénégal. Ils sont en relations étroites de commerce et d'amitfé avec les noirs, et ceux-ci qui ont donné un nom mélanien à toutes les tribus maures, les appellent « Dar mankou » c'est-à-dire « faire union ». Les Français, qui apparaissent à cette date, les nommeront donc tantôt Ida Ou Al-Hadj ou Oui al iU-Iiadji, à la façon maure ; tantôt Darmankour, et même Darmantes, à la façon noire.

Les Ida Ou Al-Hadj sont les premiers d'entre les Maures du Trarza qui entament avec les Français la traite des gommes sur le fleuve. Ce fut vraisemblablement entre 1600 et 1650. A propos du voyage de La Courbe vers 1685, le Père Labat dit en effet que c'est à cet endroit (à l'escale du Désert) que « depuis bien des années » on a coutume de venir corn-

26o REVUE DU MONDE MUSULMAN

mencer tant avec les noirs qu'avec les Ida Ou Al-Hadj. C'est leur nom qui apparaît dans les premières relations des voyageurs français. Dès ce moment, ils viennent, à la date régulière de la traite, sur le fleuve, à cet emplacement vaste et sablonneux, bien fait pour un marché arabe, qui devait prendre le nom caractéristique de « Désert » et qui restera pendant près de trois siècles leur escale officielle. Elle se trouvait à deux kilomètres de Lawakel, près de Mbagam. L'Emir des Trarza n'exerçait aucun droit sur cette escale et s'interdisait de se mêler aux opérations de commerce ou de police.

C'est dans la brousse des Biar, complantée de gommiers rouges et que les anciens auteurs appellent la « forêt d'El- Hiébar » , que les Ida Ou Al-Hadj vont faire la cueillette de la gomme. Elle fait partie du domaine propre de la tribu.

Leur chef portait alors le som de Chams ad-Din. Ce qui n'était qu'un nom particulier devait, par l'emploi qu'on en fît, l'appellation officielle du Cheikh de la tribu. Comme en parlant de lui les Français lui donnaient toujours la désignation de Chams des Darmankour les intéressés eux-mêmes, puis tous les Maures, ont fini par accepter le vocable ; et le cheikh de la tribu est devenu le Chams des Ida Ou Al- Hadj, ou le « chamchi » comme l'ont écrit certains auteurs, sur la prononciation des noirs.

Une traduction locale veut pourtant que le Chams ait dû son surnom à son union sympathique et mystérieuse avec le soleil. Quand lui ou la tribu avait à se plaindre de quelqu'un, il se tournait vers le « soleil » levant et prononçait certaines prières cabalistiques, à la suite desquelles l'envoûté mourait d'une façon ou de l'autre pendant l'année. Cette puissance mystique n'est pas sans avoir impressionné les Hassanes qui ont touojurs vécu en assez bons termes avec les Ida Ou Al-Hadj. Il faut ajouter d'ailleurs que le Chams rendait à l'émir d'importants services. Il a été pendant deux siècles son intermédiaire auprès des Français, son conseiller diplo-

matique, et la plupart du temps son agent de renseignements.

Pour les Français, il jouait aussi quelque peu ce rôle. Il était en particulier l'informateur officiel et l'initiateur de la traite. Le Père Labat dit : « Chamchy, chef des maures marabouts, appelez serin « (id est serigne, qui est le nom « ouolof désignant marabout, cheikh) envoya à La Courbe u son interprète nommé Mahagne (id est Maham) pour luy « donner avis qu'il étoit temps d'envoyer ses barques à la <c traite. Ce marabou ne manque jamais à donner cet avis~ « aux Directeurs généraux; outre le profit qu'il retire de cette « traite, ou ne manque pas de lui faire un présent pour le « remercier de son avis. »

C'était au Chams que revenait le soin de la police de l'escale, au moins du côté des Maures. A cet effet, il touchait une quote-part d'un huitième sur l'ensemble de la gomme traitée. Ce huitième lui était évidemment versé sous forme de marchandises. De leur côté, les Français lui payaient une coutume déterminée par traité et lui faisaient des présents. Ces coutumes montaient, à la fin du XVIIe siècle, « à la valeur de dix quintaux de gommes environ ». On les lui payaient après avoir « déduit le prêt qu'on luy avait fait « l'année précédente ». On lui consentait aussitôt après un nouveau prêt « à reprendre sur les huitièmes de l'année sui- « vante. C'est un usage établi qui le met en état de faire les « affaires, pendant qu'on ne traite point et qui le retient « dans les intérêts de la compagnie ». Si l'on en croit Labat, le Chams n'était pas mieux servi que la Compagnie, car ses suivants s'entendaient avec les commis français pour frustrer réciproquement leurs maîtres.

« Dès le premier jour de la traite, Mahagne (id est Ma- « ham) maître-langue de Chamchi, vint trouver le sieur « Briie, et lui dit que tous ceux qui avaient eu la direction « de la traité s'étaient toujours accomodés avec lui, pour a frauder les huitièmes que ce chef des Maures prend sur a toute la gomme qu'il traite, et qu'ils partageaient avec

« lui ce qui aurait dû revenir à son maître, et qu'en recon- « naissance de cela, il leur faisait traiter en leur particulier « l'Or et l'Ambre gris que les Maures apportaient. C'était « justement ce que le Général souhaitait de savoir. Il fei- « gnit d'abord de ne pas le croire, et il tira par cette ma» « nœuvre les éclaircisements qu'il cherchait sur la conduite « de beaucoup d'officiers que la Compagnie avait employés « dans ces affaires. Mais quand il eut tiré de ce Ministre « infidèle le détail de toutes ces malversations, il lui fit une « sévère réprimande de sa trahison ; et le menaça d'en aver- « tir Chamchi, à moins qu'il ne lui promit et lui jura tout « ce qu'il voulut ; et le sieur Brùe, content d'avoir tiré de « lui les éclaircissement qu'il voulait avoir, lui promit un « présent raisonnable, outre les droits qu'on lui payait ordi» « nairement ».

Au xviif siècle, les relations commerciales des Français et des Ida Ou Al-Hadj se maintiennent excellentes. Dans la perpétuelle agitation intestine, qui divine guerriers et marabouts du Trarza et du Brakna, ils arrivent à se tenir presque à l'écart des troubles. Oolbery fait remarquer (1760-1780 environ) qu'ils se sont à cette date rapprochés des Brakna et vivent en quelque sorte dans leur orbite, reconnaissant M'hammed ould Mokhtar, l'Emir des Brakna, comme chef général de la nation. Ils ne subissent même pas la loi générale des migrations maures, et Lajaille les trouve, quelques années plus tard, en 1784, où La Courbe et André Brûe les avaient vus, un siècle plus tôt, et où ils campent encore aujourd'hui. L'escale commerciale du Désert les a fixés dans ces parages, sans qu'ils s'en doutent. <( La tribu Aulad EL « Hagi, dit Lajaille, possède les terres à l'est et au stid-est « des Trarza. La forêt de Lebiar en dépend... Leurs forces « consistent principalement dans leur cavalerie ».

Les Ida Ou Al-Hadj se fractionnent ainsi à l'heure actuelle :

Ida Ou Al Hadj :

Oulad Mokhtar :

Ahel Baba Chems 21 tentés

Àhél Hamdi • . . 63 —

Ahél Baba Al-Hadj 15 —

Ahel Habib Allah aéû Maham .. 15 —

Ahel Baba Amar ......... . . 10 —

Oulad Maham 5 —

Ahel Mohammed Hossein 6 —

Ahel Atjfagha Mohammedden Fa] 4 —

Ahel Abd Allah ould Sidi Ahmed. 12 — Ahél Atjfagha Aoubak :

Ahel Atjfagha Aoubak 42 —

Ahel Baba Bambey Maham 12 —

Ahel Ahmed Ai-Habib . . ,3 —

Boudder 19 —

Tafrella 9 —

Ahel Qeïs 14 —

Ahel Lakhouat 7 —

Oulad Bou Khiaf (Id ar Madiek) ..... 18 — Koumleïlen du Tra.:zà :

Ahel Louli 8 —

Ahel Ndeïria 18 —

Ils accusaient au recensement de 1913 une population de 316 tentes, 482 hommes, 526 femmes, 675 enfants et 251 serviteurs-captifs.

Les deux campements Ahel Baba Chams et Âhel îîàmdi sont de beaucoup les plus importants de la tribu, le premier, parce qu'il ,a fourni presque constamment le Chams, le deuxième, parce qu'il est le centre religieux de la tribu.

Les trois tentes Ahel Ahmed Ai-Habib, de la fraction Ahel Atjfagha Aoubak, ne sont pas de pure origine hadjïa. Ce sont des Tiab.

Lés Boudder et lis Trâfella sont aussi des guerriers repentis. Ils sont d'origine Ahel Abella.

Les Ahel Qeïs sont, d'après la tradition, d'origine bafour, c'est-à-dire descendants des premiers habitants de la basse Mauritanie.

Les Koumleïlen n'ont que la mineure partie de leurs campements sur la rive maure. Ces deux fractions ont pour cheikhs : Les Ahel Louli Mohammed Abdallah ould Rih'; les Ahel Ndeïria, Ahmeddin ould Lamin.

Les personnages les plus considérables des Ahel Baba Chams sont :

M'hammed ould Salek ould Abd Allah ould Mokhtar, né vers 1870. Il est allié par sa mère, Fatma ment Ahmed ould Mohammedden ould Hamdi, au campement Ahel Hamdi. Il porte le surnom de Salek ould Chems, car son père a été longtemps le Chems de la tribu. Les Ida Ou Al-Hadj, conduits par le Cheikh, se rallièrent dès la première heure à l'autorité française ; M'hammed fut donc nommé chef supérieur d'un des grands commandements maraboutiques, créés^ alors; le sien comprenait les Ida Ou Al-Hadj, les Tachedbit et les campements chorfa. En 1909, chacune de ces tribus, ayant reçu son autonomie, M'hammed reprit sa liberté. De 1908 à 19 10, il a été chargé de la perception des droits d'extraction du sel, mais résilia encore ces fonctions en 1910, quand le produit des salines eut été attribué à l'Emir. M'hammed est un homme intelligent et plein d'initiative qui utilise ses loisirs actuels dans des travaux agricoles d'hivernage, et notamment dans des essais de culture d'arachides.

Mokhtar ould Mohammedden Kherabat (déformation de Merabet) ould Ahmed Miloud ould Mokhtar, né vers 1865. Mohammedden Kherabat son père a été Chems des Ida Ou Al-Hadj, à la mort de Salek ould Abd Allah. Son fils ne lui a succédé que comme chef de la fraction Oulad Mokhtar

(1909). Présenté à l'élection de ses pairs en 1910, sa candidature a soulevé une vive opposition de la part de nombre de tentes.

x\hmed ould Mohammedden Fal ould Abd Allah ould Mokhtar, né vers 1870, connu dans la haute Mauritanie sous le nom de Cheikh Ahmed ould Chems. Après avoir fait ses premières études dans sa tribu puis chez les Ida Eïqoub, Ahmed se rendit vers 1895 chez Ma el-Aïnin, où il compléta son instruction. Il reçut Touerd de ce Cheikh et vers 1898, se rendit à la Zaouïa Aïninia à Fez, où il professa un cours. Revenu au campement des Tindala, chez les Ida Ou Al-Hadj ,vers 1900, il y séjourna un an à peine, et dès Tentrée en scène de Coppolani, il retourna à Smara, pour en repartir peu après pour Fez où il représenta plusieurs années le Cheikh Ma el-Aïnin auprès du Makhzen d'Abd Al-Aziz, Ahmed est un savant réputé.

Les Ahel Hamdi sont le campement religieux, directeur spirituel de la tribu. Le représentant actuel est Ahmed ould Raba, né vers 1886.

Schéma généalogique.

Taleb Ajouad, le Dîmani

Mokhtar Mahjoub

Hamdi

Mokhtar Baba Mohammedden

Baba Ahmed Abd Allah 'Mokhtar

Mokhtar Ahmed 1. Mokhtar Mohand Moham^

f 19 10 2. Baba Baba Baba

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