MOUSSA
HASEN
HASSAN
Les bandes Maqil vivaient au commencement du xiii* siècle dans le triangle Molouïa-Taza-Rif. Appelées, vers 1253, dans le Sous par Ali ben Yedder, chef berbère-hintata révolté contre le sultan almohade, ils allèrent le rejoindre et lui apportèrent le concours où ils étaient passés maîtres : « Avec « l'aide de ses nouveaux alliés, Ibn Yedder porta le ravage dans le Sous. » Ces bandes Maqil se présentaient en deux groupements : les Chebanat et les Béni Hassan. Les Chebanat firent en général cause commune avec les Berbères Lemta qui habitaient du côté de l'Atlas, tandis que les Hassanes contractaient alliance avec les Berbères Guezoula », qui restaient dans le voisinage des sables et du désert. »
C'est donc sous le nom générique de Guezoula que les tribus Berbères de la Haute Mauritanie étaient alors désignées, qu'elles aient fait partie de cette confédération à titre de fractions constituées, d'alliées, ou de tributaires ; et c'est la fraction hassane des Maqil qui représente chez eux l'élément arabe envahisseur.
Les Maqil, aussi bien Chebanat que Hassanes, fournis-
sent aux Berbères les innombrables condottieri qui allaient alimenter le feu des guerres civiles pendant les XIIIe et xiv8 siècles. Ibn Khaldoun relate « qu'ils louaient leurs services » , ce qui concorde parfaitement avec ce que nous savons des Hassanes actuels.
La Seguiat El-Hamra est alors l'extrême limite méridionale des courses des Hassanes, C'est à ce moment, vers 1400, qu'ils vont la franchir pour se répandre dans le Sud. Cette invasion n'est d'ailleurs pas à comparer aux hordes que l'Orient jeta sur l'Afrique du Nord, au XIe et xir9 siècles.
Vu les possibilités mauritaniennes d'une part, et vu d'autre part le nombre très peu élevé des Hassanes d'aujourd'hui, il est à croire que ces bandes ne se composaient que de quelques familles pillardes et faméliques, qui, suivies de leurs serviteurs et captifs, vinrent chercher fortune vers le Sud.
C'est ce qui explique qu'à l'heure actuelle toutes les tentes Hassanes puissent faire remonter leur ascendance jusqu'à Hassan lui-même. Si ce chef de famille avait été accompagné de nombreuses bandes, on serait en droit de se demander ce que sont devenus leurs descendants.
Les groupements arabes-hassanes qui, vers 1400, envahissent la Mauritanie sont au nombre de deux, issus des deux fils de Hassan : Oudeï et Delim. De Delim sont issus les Oulad Delim dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici, puisqu'ils nomadisent au Nord du Tiris, et qui d'ailleurs ont fait l'objet d'une notice spéciale (1).
C'est d' Oudeï que sont sorties les tribus hassanes qui peuplent le Trarza, et même les Oudaïa du Maroc. Il est opportun de donner ici le tableau généalogique des descendants de Hassan, car on pourra saisir d'une vue d'ensemble les données de la tradition maure.
(1) Bulletin du Comité de V A jrique française : Renseignements coloniaux, mai 1915.
xxxvi 2
HASSAN
OUDEl
MAGHFAR Othman
RIZG
Ancêtre
des Oulad Rizg
(Trarza)