‹ L'empereur Héraclius et l'Empire Byzantin au 7. siècleChapitre 49 sur 90 · ATTAQUE DE LA CORNE I)'0K · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE LA CORNE I)'0K

infortune et leur servilude (i). 11 leur enjoignit d'allendre la venue de la nuit. Un feu allumé à Blakhernes, nu-dessus du tnrsple de la Vierge ou du mur de Ptéron , devait servir do signal. Alors la flotte s'ébranlerait et forcerait le passage vers la haute mer. On atteindrait un double but : l'attaque, du côté du continent obtiendrait un plein succès, et des communications s'établiraient entre le khakan et Sarbar (2). Mais les yeux des Grecs étaient aussi pénétrants que leur intelligence. Le patrice Bonus, averti, fit remonter les birèmes et les lrirèmes,àlafilc les unes des mitres et de chaque coté, jusqu'aux abords de Blakhernes. Afin que les Avares ne donnassent pas en temps utile l'assaut projeté, il se chargea lui-même du signal. Des Arméniens firent briller, sur lu plate-forme de Saint- Nicolas, une lumière éclalante, qui pourtant ne trahit point les galères romaines. Aussitôt lus Slaves, trompés par cet artifice, ramèrent vers le faubourg' de Sycœ, et furent pris entre Ion birèmes et les trirèmes, qui soudain s'étaient rapprochées comme les branches d'un élau. « C'est pour moi, dit Pisi-

licllum .-taurin™, v. 40'J.

(i| NiCupligro, p. 10.

236 CHAriTKK QUINZIÈME.

dès, uo sujet d'étonnement que les Barbares, qui voyaient une si grande étendue de mer se développer devant eux, se soient enfermés dans l'étroit espace où la Vierge a sa demeure, comme

dans ce petit golfe, comme dans une nasse de pêcheurs, qu'ils on tassèrent leurs barques liées les unes aux autres. Lorsque, d'un commun accord , tous se furent élances simultanément contre nos vaisseaux en poussant des clameurs, on eut à la fois un combat visible et un combat mystérieux. En effet, seule lo mère de Dieu tendait les arcs, opposait les boucliers, lançait les traits, émoussait les épées, retournait et submergeai! les vaisseaux , donnait aux barbares l'abîme pour demeure» (1).

Quelques- uns rc^iijrnèront lilakbernes, mais ce Tut pour périr de la main des Arméniens. Un fort petit nombre, enfin, se présentèrent au camp des Avares ; le sauvage kbakau ordonna d'exterminer ces restes d'une nation mal inspirée (2).

[i] HMum Amriam, Y. «8.

-(î) i août.

La vue de celte multitude do cadavres, de cette mer agitée (oui à l'heure, maintenant paisible, mais ensanglantée, jeta l'épouvante dansl'armée du ISéproiivr. Les Slaves el les Bulgares, qui combattaient en avant des m urs. consternés, et surtout irrites du massacre que leur mattre avait commandé de sang-froid, prirent la fuite vers la lîrande Muraille (I).

Le kbakan était contraint de suivre ses esclaves dans leurpays.On apprenait, à ce moment même, la défaite <\r. Sai's et l'Filliance de Ziebil. Le Sanglier royal et le Réprouvé échangcriiimt des ambassades et des condoléances (2). L'esprit des Barbares étail visiblement troublé.

Préoccupé de cette image de la Vierge, que les

gards, on l'entendit, peu de jours après le désastre, prononcer ces paroles : « je vois une femme richement vêtue qui parcourt les remparts » (3). Saisis de la même anxiété, ses sujets avaient aperçu une princesse, accompagnée

(t) Chronique Pmrale, p. 7i5 —S août, (i) BiUtim Jrarira*,v. 480.

(3) Oirvnifue Panait, p, TSB.

de ses eunuques, sortir par la porte de Blakhernes. C'élail. disaient-ils, l'impératrice qui allait proposer la paix à leur roi. Ils 1 avaient d'abord laissée passe r ; ruais bientôt, se ravisant, ils l'avaient poui'snivicjiis.iju'iiiix Vieux-Rochers. Au moment où ils l'atteignaient, elle s'était évanouie comme une ombre (f). Quelques heures après, une panique se répandait parmi les Avares, qui tournaient aveuglément leurs armes les uns contre les autres.

Ce n'était plus qu'une fuite désordonnée. Toutefois, le khakan lit banne contenance; il combla lui-même le fossé qu'il avait creusé, enleva les machines disposées en avant des murs, détruisit les tours, mit le feu aux retranchements, aux pieux, aux tortues, à tous ses appareils de guerre. Il incendia les faubourgs, les églises de Suint-Cosme-et-Damien et de Saint-Nicolas. » N'allez pas croire, dit-il en par-

ments. et je reviendrai bientôt tirer de Vos actions une vengeance éclatante. » L'un des chefs, moins irrité et pins sincère, demanda une en- Ci) Cédrfnos,l,p.TM.

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