CHAPITRE VINGT ET UMÈ5IE
la Croix était captive Il envoya, pour repousser les Sarrasins, Sergius, l'un de ses généraux (1). Mais déjà les rléfil^s du Sinaï étaient occupés, !a riche contrée de Gar.a ravagée. Près deeetle ville se livra un combat sanglant. Sergius, vaincu et prisonnier, fut enfermé dans une peau de chameau fraîchement éeorehé. qui, se rélrécissant peu à peu , finit par l'étouffer. Celait un acte de vengeance : le gouverneur de Césarée avait récemment défendu aux Arabes auxi-
faire.le commerce avec leurs compatriotes (2). Un butin immense, envoyé au kalile, enflamma de la soif du pain ceux que n'avait pas entraînés l'enthousiasme religieux. Une nouvelle armée, conduite par Amrou , rejoignit promptement celle d'Abou-Obéidah. Mais déjà Khalcd lui-même s'élançait vers la Syrie. En quelques mois, il avait renversé le royaume d'Hira, où régnaient les Mondars, tributaires des Sassanides, et conquis l'ancienne Haliylonie, appelée désormais l'Irak- Arabi. ISien assuré que 1rs Perses ne franchiraient [dus le Tigre, il avait halo de se mesurer avec Héraclius. Abou-Iiekr
(L) Thdopliine, I, p, 1-iS.
0 Nic^phorf, y. 27.
' lui confia le commandement de toutes les troupes qui se concentrèrent autour de Bosra. Le gouverneur, Romanus , sortit des remparts et
laient les Ëarrazins. o Ils viennent, lui répondit l'un des chefs , vous apporter ou le paradis ou l'enfer. Faites-vous musulmans I autrement, résignez -vous à nous payer tribut ou « passer sous le tranchant de nos cimeterres!" (Jn tel langage épouvanta ce Grec du Bas-Empire, affublé par méprise d'un nom héroïque. 11 voulut, mais en vain, persuader aux habitants de se déclarer tribuluiros. Alors it jura d'embrasser l'islamisme et de trahir, zélé néophyte, ceux dont il reniait en secret la doctrine. Les deux armées combattirent avec acharnement. Le tumulte de la bataille était dominé par la voix retentissante de Khaled : « Frappez! frappez 1 Paradis ! paradis! » Les impériaux, de leur cûté, arboraient sur leurs murs le signe de la Rédemption. Romanus , que la légitime défiance de ses subordonné!! avait consigné dans une maison attenante au rempart, parvint à pratiquer une large ouverture par où pénétrèrent une centaine de Sarrasins. Il leur fournit un déguisement et se présenta à la forteresse, o. 21
345 CHAPITRE VDJGT ET UNlfctlB.
= J' accompagne un de lea amis qui souhaite' fort te voir et l'envoyer en enfer, . dit-il au commandant qui reçoit un eoup de poignard dans le cœur avec ces mots : «Tu ne m'échapperas pas eelfc lois! » A ];i faveur du désordre,
portes. «L'Bpée de Dieu* accourt, fait un massacre général, et reçoit la profession de foi de Roman us, Ce récit nous montre ce que valaient les fonctionnaires d'un empire si bien administré. Il y eut sans doute parmi eux plus d'un renégat. A Gaza, le gouverneur essaya de se défaire perfidement de -ceux qui lui répétaient avec une éloquence étrange : -Il n'y aura que l'épée entre vous et nousl n Mis en fuite, il laissa la ville à la merci du vainqueur (633).
Ce n'étaient là que d'honorables préludes.
Khaled annonça qu'il marcherait sur Damas, l'antique métropole des Syriens. Le paradis de là Syrie l'attirait invinciblement. Il écrivit à Héraclius : « Dieu a donné cette terre à notre pere Abraham et à sa postérité. Nous sommes les enfants d'Abraham, Tu as assez longtemps possédé notre pays; laisse-le-nous volontairemenlet nous n'envahirons pas tes Etats; sinon nous te reprendrons avec usure ce dont tu l'es
emparé ! » L'Empereur répondit : o Cette contrée est fi moi, ton lot est le désert I relourne en paix chez toi (1). » Mais il s'éloigna lui* même, remonta l'Oronle et s'enferma dans Émese. Lu siège de Damas commença. Ab-
héros. Des machines de guerre, que des transfuges avaient fabriquées, haUirunl en brèche la cité. La reddition était prochaine. Deux épisodes retardèrent le moment fatal. Héraclius sortit de sa torpeur, i) invoqua le secours de son frère Théodore, qui avait pris une si noble part aux six jountàcx. Il le diargva do refouler les musulmans a la tète do ses mercenaires. La rencontre eut lieu à Gabata. Tout porte a croire que Théodore se conduisit comme eût dù le t&ire le prince lui-mCme. Il tomba à ['improviste sur les Arabes. Il .y eut un instant de surprise et de terreur. Mais l'un des émirs s'écria: «Quoi donc 1 avez-vous oublié que tourner le dos c'est offenser Dieu et son prophète?» A ces mots, le bon ordre se rétablil. Khaled accourt : il force Théodore, surpris à son lour, d'aban- ;i) Voir lu Cfinuiofoji'ï uruifiiiimia (Se M. Dutaurier.
donner ses captifs, parmi lesquels était Dérar lui-même, et d'aller annoncer a HêrediuH que les jours d'Épreuve et de lionle étaient revenus. Héraclius s'enfuit à Antioehe, navré de douleur. [N'ayant plus un seul g-énéral romain, il désigna, pour commander sa dernière armée, un.
Persan, Baane , qui s'était réfugié auprès de lui avec les fils de Sarbar (1). Les Arabes, qui couraient le pays, se replièrent il son approche, et un grand nombre de partisans expièrent leur témérité. Mais les Grecs, pendant la nuit, so décimèrent dans une fausse alerte. Klialed se porta au-devant d'eux avec ses forces rassemblées à la hâte, a Nous nous reposerons dans l'autre monde,» tel était son mot favori. C'est à Alznodin que le sort de Damas se décida, o i\ ne vous reste, dit-il, aucun espoir d'échapper aux Romains, mais vous pouvez conquérir la Syrie en un jour. » L'attitude menaçante des milices de l'Islam eiigii^'i'a Racine à proposer une énornie rançon : «Chiens de Chrétiens, lui répondit-on , nous prenons piaisïr à la
dédaignons vos niisi'raljli's aumônes, car bientôt nous serons hrs maîtres de vos fortunes, de
(l)TliÙDpliane, [, p.BL7.
vos Familles et Je vos personnes, i C'est à l'Écriture sainte qu'il (qui se reporter pour prendre une idée de celle bataille vraiment biblique. L'angn du Seigneur passa iluns le camp des Byzantins, comme autrefois dans celui des Assyriens et frappa cinquante mille infidèles. Tel es! du moins le dire des Moslems qui fixent a 470 hommes le total de leurs pertes. Khaled envoya à Médine des milliers de croix et d'étendards. Les rêves les plus téméraires du proplu-le étaient réalisés et dépassés ! (1)
Kiialed revint aussitôt devant Damas. Un seipneur, du nom de Thomas et gendre de l'Empereur, voulut qu'une noble fin ellaçât te souvenir de tant de lâchetés el de perfidies, il fit une sorlie désespérée, ou il perdit un œil,
entre les mains d'Abou-Obéidali que l'on capitula. Mais «l'Épée de Dieu ■ se rue sur la ville infortunée, immole à Allah des femmes, des enfants, des vieillards, et sa. colère apaisée, accorde trois jours aux habitants pour se retirer. 11 voit, sans Être touché, tous ces malheureux qui prennent le chemin de Laodîcée, ne sachant quel sera le terme du voyage qu'on leur im- (t) 53 juillet 631.
pose, courbes sous leurs Fardeaux et sous le glaive ennemi, ne comptant plus ni sur Héraelius, ni sur Dieu! (i) Les trois jours écoulés, l'aveugle instrument d'Allah prend quatre mille cavaliers, et, par un raffinement de cruauté, poursuit ceux qu'il a épargnés. Il les atteint au moment où, exténués, ils se reposent dans une fraîche vallée. Presque tous sont égorgés. Thomas vend chèrement sa vie. Un renégat retrouve sii fiancée ci.msaei'ée Jt Dieu depuis son abjuration : elle se perce le cœur pour échapper ù ses embrassements. Une femme se distingue entre toutes par sa parure, sa beauté, son héroïsme : c'est la fille d'IIéraciius. Devant elle tombe la rago du vainqueur qui la renvoie ù son père (2).
I II. HPraelius s'enfuit Kvec la Croix.
Héraelius désespéra après la perte (le Damas, comme il avait désespéré après la perte de Jérusalem. La lâcheté, la trahison et l'apostasie
(4) 23 lotit 63i.
(91 Nous devons à M. niilrJuiMï , raembra Je nnslitul.
HÉRÂCLIUS S'ENFUIT AVEO LA CHOU. 3*7
étaient depuis deux années le sujet de ses pensées et de ses conversations. La bataille d'Aïinadin lui avait enlevé ses dernières illusions. Aucun doule n'Était plus possible; le-Seigneur l'abandonnait ù son irrésolution originelle et favorisait manifestement ses ennemis acharnés. Ses triomphes récents sur Chosroès aggravaient encore ses défiances. Il se disait qu'il n'avait ruiné la domination persane que pour faciliter la conquête des Arabes. Aurait-il été le précurseur de Mahomet ? Celte pensée devait le faire frémir. Des signes effrayants troublaient cet esprit superstitieux : un tremblement de terre eu Palestine, dans les airs une épée dont la pointe menaçait Constantinople.
■ C'était, s'écriail-on partout, la domination arabe qui s'annonçait. » Durant trente jours cette vue lugubre s'oilrit aux regards do l'infortuné souverain (1). Sous une appréhension si intense, ses facultés étaient paralysées, presque anéanties. Quelquefois, il recherchait les causes de celle catastrophe inattendue. Il se demandait comment il avait pu démériter d'un Dieu
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jumjityo; .'<-: if.™.- i. Si ;: V o, Ïl„<i-,i1iari£>. I, p. 516.
3i8 CHAPITRE VINGT ET UNIÈME.
naguère si seeourable. Alors il songeait à son mariage illégal, qui remontait ù vingt années, que J 'Église avait ivg-ularisé et consacré, et qu'elle lui reprochait encore tacitement comme un crime digne des plus terribles châtiments {!)■ Son frère Théodore, irrité du mauvais accueil qu'on lui avait fait après la défaite, ne cessait de dénoncer Marlina, cause uniquedes malheurs de la ehrélieiilé. « Son péché est toujours devant lui, ■ disait-il , en citant les psaumes de David (2). Héraclius, que les liens indissolubles d'un amour à la fois servile cl touchant attachaient ù. cette femme, eut un accès de fureur, embarqua Théodore, l'envoya à Byzance, commandant au nouveau Constantin de le dégrader publiquement et de le tenir en prison (3). Mais un instant après, la prostration était encore plus profonde, plus irrémédiable. Un effort trop violent avait brisé les ressorts délicats de cette âme byzantine. Il réunit, dans la cathédrale d'Antioche, une ossembléeoù figuraient ses ministres, les ecclésiastiques et le peuple luimême. Il exprima ses [erreurs et demanda conseil. Un vieillard sortit de la foule et répondit
;li NiM|>liore, p. 31.
,3) Id., p. ifl.
(:« id., m.
IIÉRJLCLIL'S s'enfuit AVEC LA. caonc. 3i9
d'une voix solennelle : «Les Romains expient aujourd'hui leur mépris de l'Evangile, leurs désordres, leurs querelles, leurs concussions, leurs violences el leurs usures!» A ces mois, qui paraissaient inspirés par Dieu, l'Empereur courba humblement la tête, convint que sa présence était funeste à la cause du Christ et jura d'abandonner le sol qu'il profanait. Mais, avant d'exécuter ce dessein qui trahissait plus de scrupules que de craintes, i! résolut d'aller chercher ù Jérusalem l'instrument delà Rédemption et de ses victoires. Était-ce pour se retremper à ce contact salutaire ? Etait-ce seulement pour se soustraire aux infidèles? Toujours estil que ce hardi fugitif couru! au Calvaire, arracha la Sainte-Croix au patriarche fiophrone, son possesseur légitime, et traversa le Liban au milieu des populations stupéfaites. La vue du Bois précieux ne le ranima pas. Snrgius n'était plus là pour !c remettre sur le chemin de l'honneur. Rien ne put le retenir. Arrivé aux eonGns de cette province délicieuse, mais fatale, où s'était évanouies sa fortune et sa gloire , il se retourna avec émotion ; » Adieu , Syrie , s'écriat-il , adieu pour la dernière foisl (1) i>
(t) Comparai Nicépliora, p. )5, II, 18; Théopbano, 1, p. i80; Codrenos, J, p. «6... Sgidas, catt ftpuiuoc.
330 CHAPITKB VHMS ET nSIÈME.
III, Accès de folie s, HÉree 1635).
Héraclius va cacher Marlina et sa propre bonté dans le palais d'Uén-e, tôinoin, il y a six ans, des épanchemenls d'un hé/os. Il y reste longtemps immobile, comme inanimé. En vain les magistrats, lés citoyens les plus considérables le supplient de rentrer à Constat] tinople pour invoquer la Divinité dans leurs temples e( pour présider les élernels jeux du Cirque. Il ne peut pins agir. Il se sent coupable, redoute la lumière et les reg-ards, veut se /aire oublier. Les jours de fflte, il délègue ses fils, qui reviennent le soir consoler cette grande infortune (1). '
Si nous pouvions soulever un voile épais, nous aurions bientôt la enm idion que la joie et la quiétude étaient à jamais kmnies de sa demeure. L'admiration et le respect qu'il avait inspirés pendant si lim-'t- injii faisaient place a l'Indifférence et au mépris. Indigné de sa honteuse retraite, l'armée de Syrie le déclarait déchu et saluait du titre d'Empereur un vaincu qui ne désespérait pas, lePerseBaane (2).
pbioa, I, p. 518.
ACCÈS HE FOLIE A MliHÉE. 351
A Constanlinople mÈme, il y avait des intrigues, des conspirations. Lès rigueurs exercées contre Théodore jetaient le trouble dans la famille impériale. On découvrit les menées clandestines du neveu et du fils naturel d'Hévaclius. Quelle en était la portée? S' agissait-il de délivrer le Curopalate ou de renverser l'Empereur? on l'ignore. .Mais on .sait trop l'affreux châtiment qu'on leur infligea. Le jeune Théodore fut relégué dans l'Ile de Gozzo, voisine de Malte; Alhalarie, cruellement mutilé, dans l'Ile des Princes. Leurs nombreux complices partagèrent leur sort (1). Les tragédies de palais sont traditionnelles dans les annales du despotisme. Auguste et Constantin n'ont pu se soustraire à une loi fatale. Il est prohablcqtiola eruello Martina n joué sous Héraclius le rôle de Faustine: Alhalaric rappelle Crispus.
Nicdphore constate que la raison de l'Empereur fut un instant ébranlée. La vue de la mer glaçait d'effroi celui qui avait bravé la tempête. Lorsqu'on essayait de l'embarquer, il avait des défaillances, et on le ramena en proiu au délire. La pitié s'empara de tous les cœurs. Les Grecs, bien que dégénérés, comprirent qu'ils
(IINidJohora, p. 29.
devaient et qu'ils pouvaient le soulager, sinon le guérir, en l'entourant de leurs sympathies el de leur tendresse. Un ingénieux stratagème trompa ses terreurs enfantines. On construisit un pont de bateaux; on disposa, de chaque côté, une haie de branchages el de verdure qui dérobait l'aspect des flots. L'Empereur h cheval traversa ainsi le Bosphore. Il suivit l'itinéraire du triomphe (1). La Croix, compagne de ses chutes comme de ses grandeurs, ouvrait la marche. Le patriarche la reçu! sur le seuil de Blakherneset la conduisit processionnellemen La Sainte- Sophie en chantant des litanies entrecoupées par des sanglots (2).
/!; Nicéphoro, p. 19.
r!)W., P .ÎS.
INFLUENCE SALUTAIRE DB SEItGIUS EUR HEBAOUPB. —
Héraclius retrouvait Serg-ius, c'est-à-dire la moitié de son âme. Le patriarche était le seul hommeau monde qui pût lui rendre, sinon l'enthousiasme des premières années, maintenant disparu sans retour, du moins le libre exercice de ses belles facultés. Ici encore, il nous faudrait pénétrer les secret.-; iliïl'iistiilii: i f ceux de la confession. Au delà des épreuves actuelles et de celte vie périssable, il dut lui montrer une félicité sans fin dans un monde meilleur : tel serait le prix de sa résignation elde ses efforts. Il n'exigeait pas d'ailleurs un rflle aelif. C'en était fait, il le savait bien, du général intrépide, capable de braver toutes les fatigues et toutes les privations, liais l'homme d'Etat pouvait encore se donner carrière : il avait de savantes combinaisons à poursuivre, la défense nalio-
nale îl organiser. Héraclius déchu surpasserait encore tous les princes byzantins, même en se rangeant dans la r-nh'gdi-ie île oeux quise bornaient à mettre leurs pensées au service de l'Etal (1). Ces tristes années portèrent, en effet, ou comble sa réputation politique. Nouveau et surprenant contraste d'une existence" tour à tour et simultanément si misérable et si glorieuse!
Il était temps d'aviser. Le nord et le midi s'ébranlaient à la fois. Au midi, c'était l'irrésistible mouvement arabe que nous avons dépeint. Ali nord, les Barbares, Germains, Slaves et Mongols, s'entrechoquaient. Les Wendes de la Garinthic, commandés par le roi Samo, exterminaient trois armées banques sur les bords de la Save. Les Bulgares de l'annonie émigraient pour échappera un joug odieux, mais tombaient sous le glaive des Mérovingiens. Les Avares se jetaient sur la Dalmatie et arrachaient à leurs foyers les colons de Dioclélien (2). L'in-
{() Di KxpKËliins /"rm'rn, Acr. I, v. iî*.
|2) Conslanliii Pori'liSTi'Si'ni-li; : Ile .1 Jnjiuiili'ainic Imptria.
LES SLAVES D1NS LA VALLEE Dn DANUBE. 3S5
trépide Daffobert, saisi d'efiroi, commettait d'atroces cruaulës pour préserver sa domination en Germanie. Ce bras redoutable, que l'indocilité auslrasienne enchaînait; , ne pouvant plus conlenir la barbarie, le Danube allait livrer passage aux hordes dévastalriees . La terrible épreuve de l'an 620 serait dépassée. On se trouverait en face de la coalition des Avares et des Arabes. Consbmtinople cernée de tous ies côtés aurait le sort do Damas et de Salone. Le nom grec et le nom romain seraient effacés le même jour.
Héraclius ne trembla pas devant les Avares comme il avait tremblé devant les Sarrasins.
Ses rOtVrxiims lui s u^i: lurent un moyen trèssimpie et très-pratique pour éloigner un péril
Suivrai nous, il n'y a point dodoulc sûrieui sur celle question. Constantin l'iji^livrii^ni^' d^ijini clairement l'Empereur Héraclius. D'autre le siv^i? do Constantinople par les Avares, en 6ïti, monlro bien qa'a ce momenl les nouteaui occupanla n'étaient pas entov.- i.infim: En Tin, la présence du souverain à ConslanLipo;ilo Oisit indispensable. Mais nous savoas iiu'llëracliiis n'a Ajourne (l'une façon durable dans sa cap;;.,!,' qu'après la bataille U'ïi-riiiOuV. I.a date cliercbée se
deux souverains, qui s'étaient fait une gronde situation dans i l.ui u|k; sepli iili iurialc, à Samo, roi des Vênèdcs, et à Coubrat, roi des Bulgares, ennemis mortels du khattan, dont ils avaient secoué la lourde tyrannie. Les insignes de pa- Irice, habilement prodigués à ces chefs barbares, les intéressèrent au salut de la nouvelle Rome (1). Forl empOché par cette - douhle alliance de l'Empereur, le successeur du Réprouvé devint plus accommodant. I! rendit ses prisonniers et ses otages romains, ou du moins il en permit le rachat à des conditions raisonnables : Marie, sœur d'Héroclius, revit ainsi son fils Etienne depuis longtemps retenu dans le camp de la Théiss (2). Héraclius fil plus encore. Il ne prétendait rien moins que supprimer à jamais l'une des deux invasions. Trouver des défenseurs dont rien ne pùt ébranler la fidélité à travers les siècles : tel était le problème à résoudre. Il pensa justement que la domination romaine était trop étendue, etque les habitants, disséminés, avaient trop de terres et pas assez
plaradom: entra 63r.(lsr f ntrci;(l'l[ l jrarliiJSJpl(i38,[sa maladie]. — II. Atnddee Thierry s'est prononça 1 sans ni serve clans ce
r |i Niii'j.liori., p. ÎT.
(il li]., iWJ.
de sécurité. Concentrer les forces vives de l'empire dans la capitale, c'était sacrifier le superflu et pourvoir aux besoins sérieux. On cédérait alors des provinefs cysléiiiatifiiionienl ravagées
et courageux. On dresserait contre les Avares une barrière infranchissable. Ce grand et salutaire principe une fois pesé et admis, il fallait faire un choix. On s'adressa naturellement a la race que les Avares avaient ignominieusement asservie et exploitée. Deux peuples 'slaves, les Croates et les Serbes furent les instruments de la politique impériale. Ils élaii nt établis au nord des Carpath.es et de l'Erzgebirge, sous la menace perpétuelle des Germains et des Mongols.
Des propositions furent laites aux Croates, probablement par l'entremise du roi des Bulgares. Une tribu répondit à l'appel, lléraclius la dirigea sur la Dalnialie. Le;= Avares surpris furent refoulés de toutes parts. Une guerre de plusieurs années aboutit à leur mort ou à leur esclavage (1).
Héraclius a recours ensuite au roi des Wendes pour attirer les Serbes. L'un des princes de
(I) Conslant:n i'uj-pliyrogiiriél", él Ailminutrando Jmjitra,
3oR CTÏAPJTItE VlNGT-DÉUItlÉME.
la nation entraîne la moitié des tribus au delà du Danube et reçoit une partie de la province de Thessalonique. Mécontent de son lot, il revient en arrière. Mais la iir;i's<pr.'elive d'une lutte
rendit plus safro et nuiins exigeant. H implora son pardon et se recommanda à la bienveillance impériale. Le souverain lui accorda l'un ef l'autre. La Mésie supérieure, la Dacie inférieure et laDardanie, entièrement dépouillées, devinrent sou apanage (1).
Celle combinai son riait excellente, car l'Empereur pouvait surveiller lui-même ses défenseurs. Toul d'ailleurs garantissait leur fidélité. On s'était hùlé de les convertir au Cbristianisme. Le pape, secondant les desseins du prince, leur avait fait jurer qu'ils n'attaqueraient jamais personne, c'est-à-dire l'empire d'orient. Un oracle, rendu par saint Pierre, leur assurait l'éternelle possession de leurs terres s'ils étaient fidèles (2). Les nations slaves
(0 Constantin roi , (iliv?o.;i : iii i lf, Ik .\ili.iiuistrt»nlv i«ijnrio. cap. SI.