‹ L'empire byzantin (volume 2)Chapitre 2 sur 24 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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PRÉFACE

Peu de peuples n*ont été autant bafoués et méprisés que les Byzantins. L'absence de la connaissance exacte de Thistoire de Tempire byzantin a laissé subsister pendant lougtemps l'appréciation que les peuples occidentaux eurent de cet empire lorsqu'à la faveur des croisades ils entrèrent en contact avec lui.

Différents d'esprit et de mœurs, ils ne purent comprendre les Byzantins ; les luttes religieuses vinrent renforcer leur animosité contre ceux-ci, et TÉglise catbolique ne put qu'entretenir le mépris des Latins pour un empire qui avait empêché de réaliser au moyen âge l'unité du monde chrétien sous l'autorité du pape.

Dans ces quarante dernières années, de

savants ouvrages, en particuUer ceux de

MM. Bambaud, Schlumberger, Krumbacher et 1. a

PREFACE

Diehl, ont par leur sincérité et par leur exactitude historiques jeté bas tous les préjugés dont l'empire byzantin avait été entouré jusqu'alors ; ils ont réhabilité celui-ci. Mais comme généralement les travaux relatifs aux Byzantins ne constituent que des monographies, cette réhabilitation n'a pu percer au delà d'un cercle restreint. S'il est prématuré d'écrire aujourd'hui une histoire générale de l'empire byzantin, par suite des lacunes qui existent encore dans celle-ci, il m'a paru néanmoins utile et intéressant d'en donner un aperçu; c'est le but que j'ai poursuivi dans cet ouvrage.

Pour faire comprendre l'histoire de l'empire byzantin, j'ai employé la méthode suivante :

Considérant l'humanité comme composée d'êtres politiques comprenant chacun soit un être social, soit plusieurs êtres sociaux, soit enfin une partie d'un être social, j'ai exposé en premier lieu la formation de Tempire byzantin comme être social et comme être politique (1).

J'ai étudié ensuite l'évolution de l'empire byzantin comme être social et comme être poli-

(1) Il ne 8*agit ici que d'analogies et non de bio-suciologie.

PRÉFACE m

tique; l'être social étant inférieur et antérieur à Têtre politique, j'ai consacré un premier volume à révolution de Têtre social et un second volume à celle de Têtre politique.

Tout être social comprenant un corps social et une âme sociale, j'ai traité ceux-ci successivement, consacrant un livre à chacun d'eux.

J'ai divisé le livre premier en deux parties : L° l'évolution du corps social; 2** l'évolution du bien-être matériel de ce corps social ou son évolution économique.

Quant au livre II, il comprend trois parties : 1* l'évolution religieuse et morale, c'est-à-dire l'évolution de l'expression des sentiments de l'àme sociale ; 2^ l'évolution artistique, c'est-àdire l'évolution de l'expression des sentiments de cette âme sociale et de son intelligence proprement dite, associés ensemble avec prépondérance des sentiments sur Tintelligenice proprement dite ; 3" l'évolution littéraire, c'està-dire l'évolution de l'expression des senti* ments de cette âme sociale et de son intelli'^ gence proprement dite, associés ensemble avec prépondérance de Tintelligence proprement dite sur les sentiments.

!»▼ PRÉFACE

Un être social entrant en contact avec li'autres êtres sociaux, j'ai étudié à propos de révolution économique les rapports économiques de l'être social byzantin avec d'antres êtres sociaux, et dans le livre consacré à 1 ame sociale j'ai traité de la propagation de celle-ci en dehors de l'être social byzantin.

Dans Têtre politique j'ai examiné en premier lieu l'évolution politique intérieure et ensuite les rapports politiques de Têtre politique avec d'autres êtres politiques et sociaux, c'est-à-dire révolution politique extérieure.

' Les différentes parties de la division que j'ai adoptée ne constituent pas des compartiments étancbes ; au contraire, elles ont action et réaction les unes sur les autres et forment une succession ascendante, cbacune dérivant principalement de celle qui la précède immédiatement.

Ce n'est donc qu'après avoir saisi ces différentes parties que l'on pourra se faire une idée d'ensemble exacte de l'évolution de l'empire byzantin.

Bien que je n'aie traité l'histoire de cet empire qu'au pQint de vue dynamique, il est facile de l'étudier au point de vue statique ; il suffit de

PRÉFACE V

se reporter, à la même époque, dans chacune des parties de la division adoptée.

De nombreux et étroits rapports de filiation ayant existé entre l'empire byzantin et l'empire romain, j'ai été forcé de revenir assez fréquemment sur celui-ci.

Pierre Grenier.

Paris, décembre 1903.

INTRODUCTION

I. — Formation de l'empire byzanlin comme être social. — II. — FormatioD de Tempire byzantin comme être politique. — Fondation de la capitale de l'empire byzantin. — Fiction de l'unité de l'empire romain chez les Romains. — Fiction de l'existence et de l'unité de l'ancien empire romain chez les Harbares et les Byzantins.

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