XX VIII INTRODUCTION
sance intérieure. Aussi les empereurs pouiront ils employer des peuples entiers à la défense it certaines parties de l'empire ; ils les éloigneronl ainsi momentanément de la capitale, en h dirigeant sur les frontières menacées (1). Ce sera au nom de Fempereur qu'Aétius rassemblera tous les guerriers de la Gaule et de I2 Germanie contre Attila.
Au cinquième siècle, dans la Gaule les Barbares respectaient le titre d'Honorius et de ses successeurs, leurs lois, leurs magistrats civils.
par le préfet du prétoire; les magistrats romains lèvent des impo' sitions.
Théodoric aide l'empereur Zenon dans sa lutte contre h rebelles d'Asie, et même contre des fédérés goths.
Il obtient Taulorisation de marcher contre Odoacre pourf;oo' verner « au nom de l'empereur » .
Théodoric rétablit le régime impérial en Provence (507);» assiste à l'assemblée des sept provinces à Arles. Il se déciait fidèle défenseur de la République. Il croit qu'un prince barbari ne peut accepter le nom, le diadème et la pourpre des emp«' reurs ; il est vrai qu'il s*arroge tous les droits et toute l'étendai de la prérogative impériale. Il maintient les institutions romain^i fait preuve d'égards envers le sénat. Les deux consuls nommai chaque année le sont l'un par Anastase, l'autre par Théodoric mais pour ce dernier, le consentement de l'empereur de Cons tantinople est nécessaire.
Même lorsque Totila, roi des Goths, est vainqueur des Romaio' (549) et qu'il offre la paix à Justinien, il lui propose de mettri des troupes au service de l'empire.
(i) C'est ainsi qu'Arcadius se débarrassera d'Alaric, Hoaoriu d'Ataulf et Zenon de Théodoric.
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Au même siècle, ceux établis à Rome n'osèrent pas s'emparer de la couronne impériale, bien qu'ils pussent disposer de la pourpre; ils se contentèrent des titres de patrice et de consul et même lorsque, sous Odoacre, le siège de l'empire fut définitivement transféré à Constantiiiople, les rois barbares les plus puissants n'osèrent se faire proclamer empereurs ; ils se considérèrent comme sous la souveraineté de l'empereur de Constantinople, auxquels ils don* nèrent le titre de père comme aux anciens empereurs romains d'Occident, et auprès desquels ils sollicitèrent les titres de consul et de patrice (1). Mais au huitième siècle, à Rome, le pape absorba toute la puissance politique, ne laissant que l'ombre d'un pouvoir au sénat romain, <;omposé de l'aristocratie romaine ; son prestige auprès des Barbares était alors grand par suite clu développement de la religion chrétienne en Occident. Aussi conféra-t-il successivement le titre de patrice à Charles Martel, à Pépin et à Charlemagne. En quaUté de représentant du sénat et du peuple romain et en qualité de
(i) Odoacre demande le titre de patrice à Zenon. Zenon tienne ï Théodoric le titre de patrice et de consul; Anattase <léceme à Clovis les honneurs du patriarcat et du consulat.
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représentant de Dieu, il proclama et couronna Charlemagne empereur d'Occident (80O).
La fiction de l'unité de l'ancien empire romain était désormais brisée chez les Barbares; mais la fiction de l'existence de l'ancien empire romain subsistait chez eux. Le nouvel empire d'Occident ne faisait pour eux que continuer l'ancien empire romain d'Occident; Bartole soutint que les nouveaux empereurs romains étaient les légitimes souverains de la terre et qu'ils avaient les rois sous leur dépendance; aussi les légistes de France s'efforcèrent-ils de prouver que le roi de France était empereur dans son royaume, par suite indépendant de Tempereur germanique.
Mais à partir de Grégoire VII, les empereurs d'Occident se heurtèrent aux pontifes romains, qui voulurent confisquer l'empire d'Occident pour eux-mêmes ; ils sortirent cependant vainqueurs de la lutte.
Non contents d'avoir reconstitué à leur profit l'empire d'Occident, les peuples germaniques songèrent à s'emparer de 1 empire d'Orient ; ils y réussirent pendant quelques années au treizième siècle, mais ils échouèrent finalement dans cette entreprise.
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Chez les Byzantins, la fiction de lexistence H de runité de Tancien empire romain dura usqu'à la chute de Constantinople. Les empereurs d'Orient et byzantins se donnaient la r|ualité d'empereur romain; chaque fois qu'ils rc'prenaient aux Barbares des provinces, les (empereurs d'Orient se considéraient comme rentrant en possession de provinces qui leur avaient toujours appartenu en droit et jusqu'à la Findel'empirele^ empereurs byzantins regardèrent les rois de FEurope occidentale comme leurs vassaux (1). Quant à la fiction de l'unité lie l'ancien empire romain, elle dut disparaître momentanément devant la toute-puissance de (iliarlemagne ; les Byzantins furent forcés de si{^ner en811 une alliance avec les ambassadeurs que le nouvel empereur d'Occident leur envoya à (lonstantinople, et Charlemagne put donner aux empereurs byzantins le titre de frère, au lieu ilc. celui de père, qu'il leur avait accordé avant son couronnement. Mais après la mort de C iliarlemagne les Grecs oublièrent vite cette humiliante égalité, et lorsque l'empire byzantin
1' Aussi lors de la deuiicme croisade, quand Louis VII, roi Je Fraoce, parut devant Manuel, cet empereur ne lut donna riu*un tabouret bas.
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devint tout-puissant, sous Basile le Macédonien, il dénonça hardiment le traité concin.
liOrs des croisades, les empereurs d'Allemagne Conrad et Frédéric, ayant prétendu être les empereurs de Rome et les successeurs de Constantin, durent réclamer auprès des empereurs byzantins, pour que ceux-ci les traitassent comme leurs égaux.
Malgré le rétablissement de l'empire d'Occident au profit des peuples germaniques, la fiction de l'existence et de l'unité de l'ancien empire romain subsista donc chez les Byzantins jusqu'à la chute de Constantinople. Cependant, sauf Manuel au douzième siècle, aucun empereur byzantin ne songea à recouvrer la couronne impériale d'Occident (1).
(1) Après les victoires d'Italie en 1143, Manuel entama avec les papes des négociations pour se faire proclamer empereur d'Occident, mais celles-ci n'aboutirent pas.
L'EMPIRE BYZA.NTIN