I. — LES PUISSANCES SOCIALES DE L'eMPIRE
Sous Tempire romain, du premier au quatrième siècle, époque intermédiaire entre la disparition de la cité sociale antique et le commencement de Tor- I. 1
ganisation sociale en grandes nations territoriales, il ne semblait exister aucune puissance sociale. Il se formait cependant au-dessus du peuple deux nouvelles grandes puissances sociales : la noblesse d'empire et TÉglise.
Les empereurs, après avoir favorisé dès le début de Tempire le développement de la première, et après le commencement du quatrième siècle celui de la seconde, s'appuyèrent d'abord sur elles deux pour se dégager du pouvoir de Tarmée et pour fonder un empire à caractère civil. Ensuite les empereurs byzantins, successeurs des empereurs romains, voulant fonder la monarchie absolue, combattirent tantôt Tune, tantôt l'autre; ils réussirent dans leur entreprise seulement deux fois : avec Justinien au sixième siècle et avec Basile II au. commencement du onzième siècle. Ces deux puissances sociales tempérèrent très souvent le despotisme des empereurs, et dans leur lutte contre ceux-ci elles finirent par l'emporter sur eux. Bien que très puissantes, elle ne constituèrent jamais un État dans l'État, comme cela eut lieu dans l'Europe occidentale; elles n'eurent jamais leurs assemblées représentatives.
Une troisième puissance sociale, beaucoup moins importante que l'Église et la noblesse d'empire, se forma aussi : ce furent les curlales. Cette puissance sociale disparut au neuvième siècle ; ou elle fusionna alors avec la noblesse d'empire, ou elle participa à la création d^une nouvelle puissance sociale ; la bourgeoisie.