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974 L*EMPIRB BYZANTIN
Cilicie envahissaient constamment le plateau d'Asie Mineure. Des luttes intestines provoquées par la persécution du monachisme étaient venues aggraver la triste situation de Tempire. Quant à Tàme sociale byzantine, elle ne battait plus que faiblement.
Mais Tempire byzantin avait encore de la force vitale et Tœuvre de réorganisation sociale entreprise par les iconoclastes était continuée avec une énergie persévérante par les Macédoniens ; la désagrégation sociale de Tcmpire était retardée et à la période la plus affreuse et la plus triste de Thistoire de l'empire succédait la période la plus brillante et la plus florissante.
Au début de cette troisième phase de Thistoire de Tempire, les deux puissances sociales étaient plus puissantes que jamais.
La noblesse s'était emparée non seulement des fonctions civiles, mais encore des fonctions militaires; elle disposait des trésors de l'empire et des armées.
L'Église était sortie victorieuse de sa lutte contre les empereurs; le monachisme avait pris une grande extension, non seulement dans les villes et dans les déserts, mais encore dans les campagnes, enlevant à l'empire des agriculteurs, des soldats et des revenus.
Les deux puissances sociales, absorbant à leur profit les petites propriétés, conduisaient l'empire au démembrement de la souveraineté.
Les Macédoniens avaient comb^tu avec persévérance contre ces deux puissances et, avec Basile II,
ils étaient parvenus à fonder la monarchie absolue ; mais ils avaient été souvent forcés de suspendre leur lutte contre l'Église pour obtenir Tappui de celle-ci contre la noblesse.
A la fin du neuvième siècle, les curiales, dernier reste de Torganisation sociale antique, avaient disparu complètement, et un nouvel organe social, la commune, qui était apparue depuis deux ou trois siècles, avait reçu une vigoureuse impulsion des empereurs qui l'avaient protégée pour enrayer le développement de la noblesse et de l'Église.
Une troisième puissance avait commencé à se former, c'était la bourgeoisie.
Pendant cette troisième phase de l'histoire de l'empire, la puissance économique de celui-ci, favorisée par les empereurs, était passée par son apogée. La perte de la Syrie et de l'Egypte avait amené le développement de l'agriculture et de l'industrie dans l'empire. Les goûts de luxe, qui s'étaient répandus chez les Arabes après la période de leurs conquêtes, avaient donné un grand essor au commerce entre Byzantins et Arabes. Le relèvement de la marine byzantine avait permis aux Byzantins de reprendre la Crète et de ae livrer en toute sécurité au commerce dans la mer Egée; dans la mer Noire, leur commerce avait pris une grande extension avec la prospérité économique de l'Arménie, de Trébizonde et de Kherson.
Les finances de l'empire s'étaient ressenties de cette richesse; dkles avaient été particulièrement florissantes pendant cette période.
En administration, au dixième siècle, avait été terminée l'œuvre de concentration des pouvoirs civils et militaires dans les mêmes mains, œuvre commencée après Justinien pour faire face aux assauts auxquels Tempire avait été en but.
La grécisation de Fadministration, commencée aussi après Justinien, avait été achevée au dixième siècle.
Le développement du commerce avait eu pour résultat de donner du travail aux populations de la capitale de l'empire et de les rendre moins oisives; les jeux du cirque avaient décliné, mais les triomphes avaient exalté plus que jamais la vanité des Byzantins.
La lutte des Iconoclastes, en dégageant la société civile de la société religieuse, avait aussi porté ses fruits en art et en littérature. L'activité intellectuelle s'était concentrée au palais de Gonstantinople et dans les monastères, le premier centre l'emportant de beaucoup sur Tautre.
La renaissance de l'art, commencée déjà avant la fm de la querelle des images sous Théophile, s'était épanouie lorsque la paixavait succédé à cette lutte; son caractère principal avait été la recherche de l'élégance et de la grâce, mais c'étaient les arts industriels qui avaient pris le plus d'extension.
La renaissance de la littérature avait eu lieu surtout dans les genres profanes; la littérature religieuse, sur laquelle l'Église avait mis la main, s'était bornée à imiter les Pères de l'Église des quatrième et cinquième siècles, et n'avaient plus traité des
questions de dogme fondamentales. Dans la littérature f)rofane, les Byzantins s^étaient tournés de plus en plus vers Tancienne littérature grecque et s'en étaient inspirés; ils avaient commencé à étudier Platon à côté d'Aristote, et la philosophie s'était dégagée de nouveau de la théologie dans laquelle elle avait pénétré au sixième siècle, après la disparition de la philosophie comme science distincte. Mais la littérature s'était éloignée de plus en plus du peuple; les lettrés, même les auteurs d'ouvrages religieux, avaient maintenu l'ancien grec comme langue littéraire, et celui-ci était devenu complètement incompréhensible pour la majorité de la nation au commencement du onzième siècle; les efforts qui avaient été faits aux huitième et dixième siècles pour fonder une langue littéraire basée sur l'idiome populaire avaient échoué.
• Régénéré à l'intérieur, l'empire byzantin avait pris une revanche éclatante sur ses ennemis. Après avoir reconstitué son armée et sa marine, après avoir basé l'organisation défensive de l'empire sur l'emploi de troupes de campagne, il était passé à l'offensive. Il avait attaqué tout d'abord son adversaire le plus redoutable : les Arabes; il s'était tourné ensuite contre les Bulgares. A la fin du dixième siècle, il était ainsi rentré en possession de la Gilicîc, de la Crète, d'Antioche. Au commencement du onzième siècle, il avait rétabli sa domination chez les Bulgares. A la même époque, Basile II avait rattaché à l'empire l'Arménie, la Géorgie et l'Ibérie ; les Sarrasins avaient été complètement chassés du
sud de ritalie et les Byzantins étaient même parvenus à reprendre pied en Sicile.
L'empire n'avait pas été seulement vainqueur de ses voisins immédiats, mais encore d'adversaires plus lointains qui s'étaient également rués sur lui : les Russes, les Hongrois et les Allemands.
Mais à la fin de cette troisième phase de l'histoire de l'empire, les Serbes et les Croates s'étaient complètement affranchis de toute suzeraineté vis-à-vis de Byzance, l'Albanie était à peu près indépendante et la Dalmatie était passée sous la domination de Venise.
Quant au pape, qui s'était dégagé de la tutelle de Byzance à la fin de la deuxième phase de l'histoire de l'empire, il était d'abord passé à l'offensive visà-vis de Byzance ; mais l'hcllénisation du sud de l'Italie avait permis aux Grecs de faire sentir leur influence à Rome à la fin du neuvième siècle. Le pontife romain s'était ainsi trouvé pris entre les empereurs byzantins et les empereurs d'Allemagne ; le centre de la puissance de ceux-ci étant loin, il avait ensuite profité de sa position centrale pour s'affranchir à peu près entièrement du pouvoir des deux empereurs.
Dès le début de la quatrième phase de l'histoire de l'empire, les empereurs débordés par les deux puissances sociales avaient renoncé à lutter contre elles.
L'Église, dont le développement avait été même favorisé par les empereurs, surtout après le rétablissement de l'empire grec, au milieu du treizième
siècle, était devenue de plus en plus puissante; le monachisme avait pris une très grande extension.
La noblesse était arrivée à Tempire avec les Gomnènes et les Paléologues; mais ces empereurs avaient à leur tour cherché à s'affranchir de la dépendance de leur classe d'origine en créant avec les membres de leur famille une haute noblesse, qui fut sans attributions sous les Comnènes et qui en fut investie sous les Paléologues.
Les deux puissances sociales ayant continué à absorber la petite propriété, l'évolution sociale de l'empire conduisait peu à peu au démembrement de la souveraineté. Cette évolution avait été précipitée par l'établissement de l'empire latin; les débris de l'empire grec s'étaient divisés en trois tronçons, et lorsque les Latins avaient été chassés, l'unité de l'empire n'avait pas pu se refaire. Dans ce qui était resté de l'empire de Constantinople, des luttes avaient éclaté entre nobles et empereurs et des constitutions de principautés apanages l'avaient encore affaibli.
Les communes, formées d'hommes libres, s'étaient liguées entre elles pour s'opposer aux empiétements des grands, et vers la fin de l'empire elles étaient devenues indépendantes.
Les grandes villes, où la bourgeoisie était devenue une classe puissante aux quatorzième et quinzième siècles, étaient souvent déchirées par des luttes entre le parti aristocratique et le parti démocratique.
L'anarchie sociale avait été encore augmentée
par les modifications ethniques que Tempire avait subies depuis le commencement de son existence.
Dans la péninsule des Balkans les tribus slaves, les tribus valaques s'étaient entremêlées avec les populations d'origine grecque, et des transplantations de peuples e£Fectuées par les empereurs étaient venues compliquer l'ethnographie de cette région ; l'établissement de l'empire latin avait permis à ces peuples d'origine étrangère de s'émanciper complètement de la dépendance de Byzance.
Si l'Asie byzantine avait échappé jusqu'au commencement de la quatrième phase de l'histoire de l'empire à des modifications ethniques, par suite du retour des invasions arabes à leur point de départ, les Arméniens avaient profondément altéré l'ethnographie de la Cilicie, et les Turcs celle dû reste de l'Asie Mineure.
Dans l'empire, l'évolution sociale, les événements extérieurs et l'infiltration des peuples étrangers avaient graduellement et concurremment amené le , démembrement de la souveraineté, et celle-ci était j devenue domaniale ; l'empire n'avait plus présenté i aucune cohésion sociale pour résister à ses ennemis. I
Pendant cette dernière phase de l'histoire de '
l'empire, celui-ci avait aussi décliné au point de vue '
économique.
Son agriculture, déjà bien atteinte par l'absorption de la petite propriété par la grande, avait périclité par suite des invasions des Normands, des Latins et des Turcs. Il en avait été de même de son industrie* -
Si, dans la période précédente, les Byzantins avaient repris le commerce de la mer Egée, lors de la décadence de la puissance commerciale des Arabes ils n'avaient pas cherché à s'emparer de nouveau du commerce de la Méditerranée occidentale ; ils n'avaient pas compris que le monde barbare avait évolué et qu'ils auraient pu y trouver de riches débouchés pour leur commerce. Les villes d'Italie avaient alors rempli d'abord le rôle d'intermédiaire entre l'Occident et l'Orient ; elles avaient remplacé les Sarrasins dans la mer Tyrrhénienne et dans l'Adriatique ; puis, devenues riches et puissantes, elles avaient songé à avoir la prépondérance commerciale en Orient. A la faveur des croisades, elles s'étaient emparé du commerce de la Méditerranée orientale et, lors de la quatrième croisade, Venise avait enlevé aux Byzantins le cœur de leur commerce, la mer Egée.
Les Byzantins n'étaient plus maîtres alors que du commerce de la mer Noire ; mais ils n'avaient pas ' tardé à perdre encore celui-ci.
Les Génois, protecteurs de l'empire, disposant bientôt du commerce de la capitale et du Bosphore ; avaient fortement entamé la puissance commerciale des Byzantins dans la mer Noire, tandis que les invasions des Mongols en Russie et en Asie avaient arrêté presque tout commerce entre ces deux régions et la mer Noire.
Les finances de l'empire avaient décliné en même temps que la puissance économique de celui-ci ; les dépenses occasionnées par les guerres et par le luxe
de la cour étaient venues aggraver leur triste état ; aussi h la fin de Tempire, étaient-elles dans une situation des plus lamentables.
Le corps social s'étant désagrégé, Tâine sociale était aussi tombée en décadence, malgré les encouragements donnés aux arts et aux lettres par les Comnènes et les Paléologues.
En art, toute force créatrice s'était éteinte peu à peu; seuls les arts industriels, maintenus par Tamour du luxe encore vif jusqu'à la conquête des Latins, avaient gardé quelque prospérité jusqu'à cet événement; mais ils étaient devenus de l'industrie. L'Église victorieuse avait mis la main sur l'art religieux; la typologie des figures et des compositions avait été fixée.
La fondation de l'empire latin avait précipité la décadence de l'art, non seulement en hâtant la désagrégation sociale, mais en détruisant les modèles antiques dont les artistes s'étaient inspirés jusqu'alors pour suppléer à l'insuffisance de force créatrice chez eux. A la fin de l'empire byzantin, l'art s'était réfugié dans les monastères; quant aux arts industriels, la pauvreté de l'empire avait amené leur disparition.
En littérature, la renaissance des genres profanes s'était maintenue artificiellement jusqu'à la fin de l'empire; cette littérature profane s'était éloignée de plus en plus de la nation; au milieu du onzième siècle, la scission la plus complète s'était produite entre les leUrés et le peuple; l'ancien grec, employé par les lettrés, n'était plus compréhensible de
celui-ci. La littérature religieuse, queTÉglise avait entièrement confisquée, s'était aussi séparée de la nation et elle avait continué à être peu brillante.
En philosophie, la victoire de la société religieuse sur la société civile avait amené la défaite des partisans de Platon et assuré le triomphe de ceux d'Aristote, le philosophe de l'Église. Il avait donc été impossible de créer une véritable métaphysique dégagée complètement de la théologie.
Lorsque Tempire s'était écroulé au milieu du quinzième siècle, il agonisait donc aux points de vue social, politique et économique. Si sa littérature était encore brillante, c'était une littérature étrangère entretenue artificiellement ; il se mourait donc aussi intellectuellement.
Alors que tout principe de vie s'était retiré graduellement de lui pendant cette dernière phase, l'empire byzantin avait subi encore de formidables et de continuels assauts. Si dans les périodes précédentes de son histoire il avait été attaqué par ses voisins immédiats et par des peuples habitant encore plus loin de lui que ceux-ci, Hongrois, Russes et Allemands, dans cette dernière période il avait élc assailli par des peuples habitant encore plus loin que ces derniers, par les peuples de l'Europe occidentale et par des peuples originaires de l'Altaï.
Gomme dans le reste de son histoire, l'empire byzantin avait eu pendant cette phase à faire face à l'ouest et à l'est en même temps. A l'ouest, ses ennemis avaient été le pape et les Slaves ; à l'est, les Turcs.
La désagrégation sociale de Tempire et le mauvais état de ses finances ne lui avaient pas permis d'entretenir une armée solide ; la décadence complète de son commerce maritime avait amené la disparition graduelle de la puissance de sa marine, sur laquelle avait toujours reposé son salut suprême.
Au début de cette dernière période le pontife romain, en expulsant les Grecs du sud de Tltalie avec Taide des Normands, s'était affranchi de toute tutelle de Tempereur byzantin. Ayant réussi à faire reconnaître sa prédominance dans TEurope occidentale, il avait rêvé de reconstituer à son profit Tempire romain, il avait voulu réunir aussi sous sa juridiction le monde oriental. Il était alors passé à TofFcnsive contre les Byzantins ; il avait lancé successivement à TassâutderOrient les Normands, les Latins et les Angevins. Seuls les Latins avaient réalisé pendant quelque temps son projet; ils étaient parvenus à rattacher à TÉglise romaine les patriarcats d'Antioche et de Jérusalem, et même celui de Constantinople ; mais les Latins avaient été finalement chassés parles Byzantins de Tempire, sauf de la Helladc et de la Moréc; cent ans plus tard, la Hcllade leur avait été reconquise en grande partie par les Grecs.
Après Téchec des Angevins, la papauté n'avait pu faire aucune nouvelle tentative contre les Byzantins ; la diminution de la foi en Occident, la translation du Saint-Siège à Avignon, le grand schisme d^Occident, ne lui avaient plus permis de songer activement à l'Orient, et les pourparlers qui avaient
eu Heu entre papes et empereurs byzantins jusqu'à la fin de Tempire n^avaîent pu aboutir à la reconnaissance de la juridiction du pontife romain dans l'empire byzantin.
A Test de l'empire, le rempart du monde arien contre les peuples d'Asie ayant été détruit par les Arabes, les Turcs s'étaient tout d'abord infiltrés dans l'empire arabe, comme l'avaient fait les Germains dans l'empire romain; ils avaient ensuite dominé dans les armées de l'empire arabe déclinant; ils étaient parvenus aux frontières de l'empire byzantin et s'étaient emparé de l'Arménie, d'Antioche et de presque toute l'Asie Mineure.
L'empire byzantin avait été dégagé d'abord par l'arrivée des croisés qui avaient enrayé le succès des Turcs et concentré toute l'attention du monde musulman sur Jérusalem, et ensuite par les invasions des Mongols qui avaient détruit l'empire seldjoucide.
Lorsqu'après deux siècles d'arrêt les Turcs avaient repris l'ofifensive contre l'empire byzantin, ils s'étaient heurtés comme la première fois à des peuples autres que les Byzantins ; ces peuples n'avaient plus été des Latins, mais des Slaves.
Ces Slaves s'étaient développés depuis la fin du
douzième siècle au détriment de l'empire byzantin.
Les Bulgares, après s'être rendus indépendants
en 1186, avaient formé un grand empire; mais
celui-ci avait commencé à se dissocier en 1257.
Les Serbes avaient été plus heureux : tandis que l'empire bulgare avait décliné, le royaume serbe.
fonde en 1165, n'avait fait que grandir, et au milieu du quatorzième siècle, il avait compris presque toute la péninsule des Balkans, ne laissant aux Grecs que la Morée, Thessalonique, la Ghalcidique et la partie de la Thrace située à Test de la basse Maritza.
Vers la même époque, après avoir enlevé toute TÂsie Mineure aux Byzantins et s'être emparés de Gallipoli, les Turcs étaient venus s'établir à l'est de la basse Maritza, se trouvant ainsi en contact direct avec l'empire serbe.
L'étau, entre les branches duquel l'empire byzantin était pris depuis quelque temps, venait donc de se refermer à peu près, menaçant d'étouÉFer cet empire. Mais les Turcs avaient compris qu'une fois qu'ils auraient vaincu leur ennemi principal, les Serbes, ce fantôme d'empire tomberait de lui-même entre leurs mains. S'étant bornés à endormir la vigilance des Byzantins et à entretenir leurs divisions intérieures, ils s'étaient attaqués à l'empire serbe et s'étaient rendus maîtres des débouchés nord des monts Balkans pour arrêter tout secours venant d'Europe par voie de terre. Ils avaient alors détruit l'empire serbe qui se dissociait déjà de lui-même ; ils avaient repoussé les armées chrétiennes envoyées dans la plaine du Danube, et par la possession de Gallipoli ils avaient empêché l'arrivée de tout secours venant d'Europe par voie de mer. Les tristes débris de l'empire byzantin étaient ensuite tombés facilement entre leurs mains. L'empire byzantin avait disparu pour toujours.
Telle est, rappelée en quelques lignes, rhistoire de cet empire qui a fait Tobjet de notre ouvrage.
Si rhumanité doit avoir de Tcstime et même de Tadmiration pour Ténergie extraordinaire que l'empire byzantin a déployée presque constamment pendant plus de mille ans, elle lui doit une reconnaissance éternelle pour la grande œuvre civilisatrice qu'il a accomplie. C'est à Tempire byzantin que les Arméniens, les Géorgiens, les Russes, les Bulgares, les Serbes et les Croates doivent leur religion. C'est à l'empire byzantin que ces peuples ainsi que les Arabes et les populations de Sicile et de ritalie du Sud doivent les bases fondamentales de leur art et la naissance de leur littérature. C'est à l'empire byzantin enfin que l'Europe occidentale doit la conservation des chefs-d'œuvre de l'ancienne littérature grecque, dont la transmission aux peuples de l'Occident a provoqué la Renaissance littéraire du seizième siècle.