‹ L'empire chinoisChapitre 135 sur 154 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

lébration des derDiersjeux nautiques, les Chinois et les Mantchous s'étaient divisés en deux camps et avaient disputé longtemps le prixde la course avecles bateauxdragons; les Tartares mantchous ayant eu le dessus, leur victoire avaitété proclamée solennellement, etavec des formes inusitées, par Tes principauic mandarin de la garnison; l'amour-propre des Chinois en avait été froissé. Des pièces de soie, desjarresdevin, des cochons rôtis etbouillis, et une certaine somme d'argent, telles étaient les récompenses qui furent distribuées aux vainqueurs; ceux-ci partagèrent entre eux l'argent et les étoffes de soie, puis organisèrent un immense festin pour consommer le TÏn et les cochons.

Il est d'usage que, dans ces banquets, les vaincus aillent versera boire aux vainqueurs ; cette cérémonie s'exécute, pour l'ordinaire, comme il convient entre bons camarades; aprèsqu'on a vidé quelques verres, selon les antiques prescriptions des us et coutumes, la fusion s'opère, et vaincus etvainqueursprenAent place indistinctement à la même table. Il paraît qu'à Kintcbeoules Chinois, depuis lonptemps indisposéscontre les Mantchous, leur versèrent à boire de fort mauvaise grâce ; il y eut, dit-on, des propos injurieux ; on prétendit que les juges de la course nautique avaient été partiaux ; peu à peu la querelle s'envenima, et les Tartares, excités parle vin et les quolibets desCbinois, voulurent rappeler à leurs adversaires qu'ils étaient ma!~ tresdela Chine, et que les conquis devaient respect et obéissanceâlarace conquérante. La batailles'engagea, et quelques Chinois furent étendus morts et horriblement mutilés ; aussitôt l'agitation se communiqua à la

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4U L'EHPIRE CRIHÛIS.

yille entière; les Chinois coururent en tumulte etde tous les côtés, mais sans trop saToir où ils allaient, et poussant d'affreuses clameurs. II faut avoir vécu au milieu de ces populations pour se faire uue idée du désordreet de la confusion qui doivent régner dans les grandes viHes en temps de trouble.

PendantquelesChinoiscouraientetTociféraientdans tous les quartiersdeKin-tcheoUilesMantchouss'étaient réfugiés dans leurs cantonnements, qu'on nomme la Tille tarlare, et où se trouve le palais du kiang-kiun, général commandantla division militairede laproTince. Ce poste important est toujours occupé par un Tarlare. Les manlchous se concentrèrent dans le tribuDal de leur grand mandarin au nombre, diton, de plus de vingt mille ; puis ils en barricadèrent toutes les portes. Les Chinois, persuadés qu'on avait peur d'eux, se ruèrent dans la ville tarlare et environnèrent le tribunal du kiang-kiun, comme pour en faire le siège. L'attaque générale cômmença,oon pas avec des armes bieomeurtrières, mais par des milliers de voix qui demandaient avec acharnement qu'on leur livrât des Maotchous en nombre égal à celui des Chinois qui avaient été tués, afin qu'on pûtsevanger sur eux en les tuant et lesmutilantàdiscrétion. Pendant qu'on formulaîtau dehors ces sommations horribles, et pourtant très conformes aux mœurs chinoises, aucun bruit ne se faisait entendre dans l'intérieur dutribunal,pasundesassiégésnese montrait. Les Chinois, de plus en plus persuadés qu'ils étaient devenus redoutables aux Tar tares, s'avisèrent de vouloir forcer les barricades. A la première tentative, les portes du tribunal s'ouvrirent brusquement à deux

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