‹ L'empire chinoisChapitre 136 sur 154 · CHAPITRE X. 42S · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. 42S

battants; les Mantchous sortirent toutd'uncoup, firent pleuvoir d'abord une grêle de balles et de flèches sur cette mullitude désarmée, et se précipitèrent ensuite dans la foule le sabre à la main. Ces téméraires assié' géants s'en retournèrent dans leurs quartiers, lestes et muets comme un troupeau de chèvres jaunes. Chacun rentra chez soi, en ayant soin de fermer solidement sa porte, et se promettant bien, sans doute, de oepas recommencer le lendemain.

Une trentaine de Chinois restèrent étendus morts sur la place, et le nombre des blessés fut très considéble. Les deux jours suivants, il n'y eut pas de nouvelle collision, tout le monde garda prudemment le logis. Cependant le sombre et lugubre aspect que présentait la ville, quand nous y entrâmes, dénotait que les esprits étaient encore en proie à une grande agitation, et que, sous ce calme apparent, couvaient peut-être des antipathies et des haines irréconciliables. Immédiatement après l'affaire meurtrière qui avait eu lieu à la porte du tribunal tartare, le kiang-kiun ou commandant militaire et.le préfet de la ville avaient fait partir, chacun de son côté, des dépêches pour Péking, où les événements étaient sans doute représentés d'une manière bien différente. On attendait une décision de la capitale, et généralement on s'accordait à penser que les Chinois seraient blâmés, le général mantchou révoqué-pour être envoyé, peut-être, dans un meilleur poste, et qu'ensuite les choses en resteraient là.

On conçoit que, dans unepareille circonstance, il eût été extrêmement facile aux Chinoisde Kin-tchou d'exterminer cette poignée de Mantchous. 11 n'était besoic

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an L'EHPntE chinois.

quedeleseoTelopper, puisde se serrer éaergiquement les uns contre les autres, pour les étoufTer. Après la première chargequî eutlieuàla porte du tribunal, si cette multitude ionombrable ne s'était pas sauvée à toutes jambes, les Mantchous étaient perdus; mais, comme nous l'avons déjà remarqué, les Chinois sont désorganisés, iU sont sans chefs, et partaot sans force et sans courage. L'impulsion ne venant de nulle part, chacun se la donne à soi-même, toujours en vue des avantages personnels, jamais de l'intérêt général.

Le gouvernement entretient, dans quelques- une des villes les plus importantes de chaque province de l'empire, une garnison composée, en grande partie, de soldats mantchous sous le commandement d'un grand mandarin militaire, qui appartient aussi à celte nation. Son pouvoir ne peut être contrôlé par aucun fonctîoDnaire civil , pas même par le vice-roi de la province. Il correspond directement avec l'empereur, etc'est à lui seul qu'il est tenu de rendre compte de son administration. Ces corps de troupes font bande à part dans les villes où elles se trouvent, se mêlent peu à la population, et le quartier qu'elles habitent porte le nom de ville tartare. L'empire chinois toutenlier se trouve ainsi enveloppé comme d'un réseau stratégique, peu fort, peu puissant, il est vrai, mais merveilleusement bien combiné, puisqu'il a sufS si longtemps pour maintenir dans l'obéissance cesnombreuses fourmilières d'hommes. Afin de venir plus facilement à bout de ce vaste système de surveillance, la dynastie régnante a adopté pour principe de ne jamais choisir les grands chefs militaires que parmi les Mantchous. Cettemesure avait

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