‹ L'empire chinoisChapitre 34 sur 154 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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ofliciers publics ;creusement des canaux, exécution des digues, érection destombeaus de lafamille impériale et des moQumentsen l'honneurdes personnages illustres. Elle règle aussi les poids et mesures, e( dirige la fabrication dé la poudre àcaaon. Cette cour souveraine a quatre divisions.

L'administration supérieure comprend, en outre, à Péking, l'office des colonies {Ly-fan-yuen), qui a la surveillance des étrangers du dehors ; c'est ainsi qu'on désigne les princes mongols, les lamas du Thibet, les princes mabomélans et les chefs des districts voisins de la Perse, Le Ly-fan-yuen, qui surveille les tribus mongoles, règle, autant qu'il le peut, les affaires un peu embrouillées deceshordes nomades, et s'immisce d'unemanière indirecte dans le gouvernement duThibetet des petits Etats mahométans du Turkestan. Le Toutcha-yuen, officede censure universelle, placé en dehorsde tous les rouages administratifs, les surveille tous. Il exerce son inspection sur les mœurs du peuple et sur la conduite de tous les employés. Les ministres, les princes, l'empereurlui-même, tout le monde doit subir, bon gré ma! gré, les remontrances ducenseur. Enfin le Toun-tchin-sse, palais des représentations, qui transmet au conseil privé de l'empereur, Neï-ko, les rapports venus des provinces et les appels des jugements rendus par les magistrats. Ce palais des représentations, auquel se réunissent les membres des six cours souveraines et de l'office de censure universelle, forme une espèce de cour de cassation, pour décider sur les appels en matière criminelle el sur les sentences de mort. Les décisions de ces trois cours

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lot L'EMPIHE CHINOIS.

réunies doivent être rendiiesà rnnanimité.Dans le cas contraire, c'est l'empereur qni juge en dernier ressort. La fameuse académie impériale des Han-lin est composée de gradués es lettres;- elle Tournît les orateurs pour les fêles publiques et les examinateurs des concours de province ; elle doit encourager les éludes et favoriser les progrès de toutes les connaissances. Dans son sein, il y a une commission chargée de rédiger les documents officiels, et une antre de revoir les ouvrages tartares et chinois publiés aux frais du gouvernement. Leurs deux présidents habitent avec l'empereur, et surveillent les études et les travaux des académiciens. Le collège des historiographes et le corps des annalistes dépendent de l'académie de Han-lin. Les premiers sont occupés à rédiger l'histoire de tel règne ou de telle époque remarquable. Les annalistes, au nombre de vingt- deux, écrivent, jour par jour, les annales de la dynastie régnante, qui ne peuvent être publiées que lorsqu'une autre lui a succédé. Us sont appelés à tour de rôle, quatre par quatre, à se tenir auprès de l'empereur età l'accompagner dans tous ses voyages, pour tenir note de sesactionset deses paroles. On peut encore compter parmi les moyens d'administration générale la Gflzef/eo^cîW/f'rft'fe'Ami'/jVéritable ^oïuV^/rwHiVerse/iOHonnepeulrieiiiinprimerquin'ait étéprésentéà l'empereur ou qui ne viennede lui-même; ceux qui en prennent soin n'oseraient-y rien changer OU ajouter, SOUS peine des châtiments les plus sévères. La Gazelle de Péking s'imprime tous les jours, en forme de brochure, et contient soixante à soixante et dix pages. L'abonnement revientàpeuprèsàdouzo francs

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par an. Rien de plus intéressant que ce recueil, et de plus propre à faire cnnnailrc l'empire chinois: c'est un aperçu de toutesles affaires publiques et des principaux événements. Il renferme les mémoriaux et les placets présentés à l'empereur, ses réponses, ses instructions aux mandarins et aux peuples, les fastes judiciaires, avec les condamnations principales et les grâces motivées accordées par l'empereur. On y voit encore un résumé des délibérations descours souveraines. Les articles principaux et tous les actes officiels sont reproduitsparlesgazettes officielles des provinces. Des gazettes ainsi rédigéessufSsent, sans contredit, pour tenir les mandarins et le peuple au courant des affaires publiques; mais elles sont peu faites, il faut en convenir, pour développer et exalter les passions politiques. En temps ordinaire et lorsqu'ils ne sont pas sous l'impression de quelquegrand mouvement révolutionnaire, tesChinois sont naturellement peu enclins à se mêler de leurgouverneraeot ; ils sont,, à cet égard, d'une quiétude ravissante. En 18ol, à l'époque de la mort de l'empereur Tao-kouaiig,nous étions en voyage surla route de Péking.Un jourque nous prenions le thé dans une hôtellerie, en compagnie de quelques bourgeois chinois, nous essayâmes de faire un peu de politique. Nous parlâmes de la mort récente de l'empereur, événement considérable et qui devaitintéresser tout le monde. Nous exprimâm,es nos inquiétudes au sujet delbéritier au trône impérial, qu'on ne connaissait pas encore. Qui sait, disions-nous, lequel des trois fils de l'empereur aura été désigné pour lui succéder? Si c'est l'aîné, suivra-t-it le même sjstème? conser-

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vera-t-il les mêmes ministres? Si c'est le cadet, il est encore bien jeune; à la cour, il y a, dit-on, des influences contraires, deu\ partis opposés; de quel cdfé penche ra-t-il? Noua faisions, en un mot, toutes les hypothèses possibles pourstimuler ces bons bourgeois, qui nous écoutaient à peine. Nous revînmes plusieurs fois à la charge pour les décider à émettre une opinion quelconque sur ces questions qui nous paraissaient toutes d'une grande importance. A toutes nos instances, ils se contentaient de branler la tête, d'avaler une rasade de thé, ou de tirer paisiblement de leurs longues pipes quelques bouffées de fumée. Cette indilîéreoce commençait à nous agacer, lorsque l'un de. ces braves Chinois se leva, nous posa la main sur l'épaule d'une façon toute paternelle, et nous dit. en souriant avec malice ; —Ecoute-moi, mon ami, pourquoi troubler ton cœuret fatiguer ta tête parde vaines préoccupations? écoule-moi, les mandarins sont chargés de s'occuper des affaires de l'Etat; ils sont payés pour cela, laissons-les donc gagner leur argent. N'allons pas, nous autres, nous tourmenter de ce qui lesregarde;nousserionsbienfousdefairede la politique gratis ! — Voilà qui est conforme à la raison, ajoutèrent les autres; etenmême tempsils nous firent remarquer que le thé se refroidissait et que nolrepipe était éteinte. L'administration locale de Pékiog comprend plusieurs institutions spéciales, dont les fonctions ont rapport à la cour impériale ou au district de sa résidence: telles sont les directions des sacrifices, des haras et du cérémonial des audiences impériales. L'administration du palais est sous la direction d'un

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conseil spécial, qui comprend sept divisions, chargées des approvisionnements, appointements et punitions, des réparations du palais, de la perceplion des revenus des fermes et de la surveillance des troupeaux du domaine privé. Trois grands établissements scientiiiques sont attachés à la cour: le collège national, où sont élevés les fils des grands dignitaires; le collège impérial d'astronomie, chargé des observations astronomiques et astrologiques et de la rédaction du calendrier annuel ; entin, le grand collège médical. Huit cents gardes du corps sont attachés à la personne de l'empereur, et le service militaire de la capitale est confié aux généraux des Huit-Bannières, corps composé de soldats mantchoux, mongols et chinois, descendants directs des soldats de l'armée qui conquit la Chine de 1643 à 1644. La nombreuse corporation des eunuques employés dans le palais, et qui, sous les dynasties précédentes, ajoué un rôle si actif dans les révolutions dont l'empire chinois a été si souvenf le théâtre, se trouve aujourd'hui réduite aune inaction complète. Sous la minorité de Khang-hi, second empereurde la dynastie mantchoue, les quatre régents chargés désintérêts de l'Etaf anéantirent l'auto rite des eunuques. Leur premier acte fut de porter une loi expresse, qu'on fit graver sur une plaque de fer du poids de mille livres^ etquiinterdit pour l'avenir aux princes manlchoux la faculté d'élever les eunuques à aucune sorte de charge ou de dignité. Cette loi a été fidèlement observée, et c'est peut-être une des causes principales auxquelles on doit attribuer la paix et la tranquillité dont a joui la Chine pendant si longtemps.

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L'administration provinciale est consiitnée a\ ce autant de vigueur et de régularité qtie celle de tout l'empire. Chaque province est dirigée par un tsoungtou, gouverneur générai, que les Européens ontcoutumede nommer vice-poï, et par un fou-^ouen, sousgouverneur. Le Isoung-tou a le contrôle général de toutes les affaires civiles et militaires. Le fou-jouen exerce en second une autorité semblable; mais il est plus spécialement chargé de l'adminislration civile, qui se divise en cinq départements, savoir: les départements admiuistratir, littéraire, des gabelles, du commissariat et du commerce.

i' Lcdépartementadministratif estdirigé pardeux officiers supérieurs, dont l'im est chargé de l'administration civile proprement dile et l'autre de la justice. Sous l'inspection de ces officiers, qui rendent compte au gouverneur et au sous-gouverneur, chaque province est divisée en préfectures administrées par des officiers civils, dont les fondions correspomienl à celles de nos préfets et sous-préfets. On distingue premièrement les grandes préfectures, nommées fott, qui ont une administration particulière sous l'inspection du gouvernement supérieur de la province; en second lieu, les préfectures nommées tcheou, dont les fonctionnaires dépendent tantôt de l'administration provinciale et tantôt de l'administration d'une grande préfecture. Enfin, on distingue, en troisième lieu, les sous-préfectures, hien, division inférieure d'un fou ou d'un tcheou. Les fou, les Icheou et les hien possèdent chacun au moins un chef-lieu, entouré de murailles et de fortifications, où réside rautorité. Ce

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soot les villes de premier, second et troisième ordre, dont il est si souvent parlé dans les relations des missionnaires. Les chefs des préfectures et des sous-préfectures sont chargés de la perception des impôts et de la police.

2" Le départementliltéraire de chaque province est conduit parundirecteurderenseignemenl,qui délègue son autorité aux professeurs en chef résidant dans les chefs-lieux des préfectures et des sous-préfectures. Ceus-ci ont sous leurs ordres des maîtres secondaires répartis dans tous les cantons. Chaque année, le directeur de l'enseignement fait une tournée pour examiner lesétudiantsetleur conférer le premier degré littéraire. Tous les trois ans, des examinateurs, pris dans l'académie desHan-lin,sontenvoyé3 de Péking pour présider aux examens extraordinaires et conférer le second degré. Enfin, les lettrés déjà gradués doivent se rendre à Péking pour subir les examens du troisième degré.

3° Le département de la gabelle a sous son inspection l'administration des maraissalantSipuUsà sel et étangs salins ainsi que le transport du sel.

4° Le département du commissariat est préposé à la conservation des grains, qui forment la majeure partie des impôts, et chargé d'en effectuer le transport à la capitale.

5° Enfin , le département du commerce doit veiller à la perception des droits dans les ports de mer et sur les rivières navigables. L'entretien des digues du fleuve Jaune est con Béé une direction spéciale, qui forme, dans les provinces du Tchi-ly, du Chan-tong et du Ho-nau, un corps indépendant de l'administration provinciale.

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Le gouTernementmilitaire de chaque proTÏDce , placé, .comme l'admiaistratioa civile, sous la direction du tsoung-tou ou vice-roi, comprend à la fois les forces de terre et de mer. En général, les Chinois font peu de différeuce entre ces deux genres de la force armée, et les grades des deux services ont les mêmes noms. Les généraux des troupes chinoises sont appelés H-tou; ils sont au nombre de seize, dont deux seulement appartiennent àla marine exclusivem^t. Ces généraux ootchacun un quartier général où ils réunissent la plus grande partie deleurbrigade et répartissentlerestedans lesdifférents postes de leur commandement. En outre, plusieurs places fortes de l'empire sont occupées par des troupes lartares, commandées par un tsiang-kiung, qui n'obéit qu'à l'empereur, et dont la charge est de surveiller et tenir en respect les hauts fonctionnaires civils qui s'a< viseraient de machiner des révoltes ou des trahisons. Les amiraux, ti-tou, et vice-amiraux, tsoung-pîng, résideathabituellement à terre etabandonnentle commandement des escadres à des officiers secondaires.

Au-dessousdesof&cierssupérieurs des diverses branches d'administration, il y a une masse énorme de fonctionnaires subalternes dont les titres et les noms sont scrupuleusement inscrits dans le Livre des places. Pour avoir une idée exacte de tout le personnel de l'administration chinoise, on ne saurait rien trouver de plus authentique et de plus fastidieux que cette sorte d'Al- Tnanach impérial, qui s'imprime et se renouvelle tous les trois mois.

D'après cette esquisse du système politique qui régit l'empire chinois, on comprend que le gouvernement.

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