CHAPITRE III. m
sonne aa fit plus attention ù ce bonze, qui n'élait, aux yeux de tout le monde, qu'un fou ou un grand original. Un jour on s'aperçut qu'il n'avait pas paru, et, vers midi ,1e feu se déclara tout d'uncoup sur plusieurspoints de la villeà la fois, et avec une telle violence, que tous les habitants n'eurent le lempsque d'emporter ce qu'ils avaient de plus précieux et de se sauver en toute hâte dans les champs. Avant la fin de lajouniéela ville tout entièren'était qu'un immense amas die cendresetde ruines fumantes. Tout le monde sesouvintalors des paroles du bonze, qui étaient, en réalité,uneprédictlonénigmatiquede cette effroyable catastrophe. Il serait impossible de comprendre cette espèce de rébus sans avoir une idée de la configuration des deux caractères chinois qui
en donnent la clef. Le caractère suiTant,/\, signifie bomme. En y ajoutant deuxpointsou deux yeux, onob-
tientun autre caractère. A., qui veut dire feu. Ainsi, en criant; Un homme et deux yeux, le bonze entendait annoncer le feu qui réduisit la capitale en cendres, l^ejugc de paix, qui nous raconta fort sérieusemeulcette anecdote, ne sut y trouver aucune explication; nous nous garderons donc bien devouloirnous-mémesy enchercher. Laville futrebàtie à neuf,et voilà pourquoi, ajouta le juge de paix, vous la trouvez si belle et si régulière. Les habitantsdeTohing-tou-fou sont parfaitement à la hauteur de la célébrité de leurville. Laclasse supérieure, qui est très-nombreuse, se fait remarquer par une grande élégance dans les manières et dans les vêtements. La classe moyenne rivalise avec la première de politesse et decourtoisic, et parait vivre dans l'aisance.
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IjCs pauvres sont, sans contredit, très-nombreux à Tching-tou, comme en Chine, dans tous les grands centres de population; maison peut dire que les habitants de cette ville paraissent, en général, jouirde plus de bien-être qu'on n'en remarque partout ailleurs. L'accueil Bibienveillaot que nousarions reçu du viceroi nous Gt un grand nombre d'amis, et nous mit en relation avec les personnages les plus haut placés et les plusdistingués de la ville,avecles grands Tonctionnaires civils et militaires, les premiers magistrats des tribunaux et les chefs de la corporation des lettrés. Au temps où no us vivions au milieu de nos chrétien tés, nousétions forcés,par notre position, de nous tenir à une distance plus que respectueuse des mandarins et de leurdangereux entourage. Notre sécurité, et celle surtout de nos néophytes, nous enfaisait une stricteobligatioD. Comme tes autres missionnaires,nous n'avionsguèrederappori qu'avec les habitants des campagnes et les artisans des villes. Il nous était donc difficile de conoaUre la nation chinoise dans son ensemble. Les mœurs et lesbabitudesdeshommesdupeuple, leurs moyens d'existence et les liens qui les unissent entre eux, toutcelanousélaif assez familier; mais nous n'avions pas une idée exacte desclasses supérieures, de cet élément aristocratique qui existe toujours parmi les hommesetqui donne l'impulsion, le mouvement, la vie, à tout le corps social. Nous apercevions des effets sansenconnaîtrelescauses. Les relationsnombreuscs que nous eùme&avecles mandarins et leslettrés durant notre séjour à Tching-tou, nouspermirentde prendre une foule derenseignements utiles.etd'étudierdeprès l'organisa tion,lemécQnisme,
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ou, pour mieux^ dire, ce qui coDstitue la vitalité et la force d'une nation. Pour connaîtrel'homme toutentier, il ne suffît pas de remarquer les mouvements, de disséquer les membres et les organes, il faut surtout étudier et approfondir son âme, qui est le principe de la vie et le mobile de toutes les actions.
Depuis le treizième siècle, où les premières notions sur la Chine furent apportées en Europe par le célèbre Vénitien Marco-Polo, jusqu'à nos jours, tout le monde s'est accordé à regarder le Chinois comme un peuple très-curieux et fort singulier, un peuple à part dans le monde. Si on excepte cette première notion, généralement admise, on ne trouve guère, dans les écrits concernant les Chinois, que des idées contradictoires. Les uns sont en perpétuelle admiration devant eux, et les autres ne cessent de les couvrir de mépris et de ridicule. Voltaire a tracé avec amour et prédilection un tableau ravissant de la Chine, avec ses mœurs patriarcales, son gouvernement paternel, ses institutions basées sur la piété fîliale) et sa sage administration, toujours confiée aux hommes les plus savants et les plus vertueux. Montesquieu, au contraire, nous a peint des couleurs les plus sombres celle race misérable et abjecte, toujours courbée sous un despotisme abrutissant, et se mouvant comme un vil troupeau au gré de son empereur. Ces deux portraits dessinés par les auteurs de VEsprït des lois et de y Essai sur les mœurs, ne ressemblent nullement aux Chinois ; il y a de part et d'autre exagération, et nous pensons que, pour être dans le vrai, il faut se tenir entre ces deuxo^tinions.
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En Cbïae, il y a, cooimc partout, un mélsoge de biens et de maux, de vices et de vertus, qui prêtent également à la satire et au panégyrique, selon qu'on se plaît à considérer les uns ou les autres. 11 esl facile de trouver chez un peuple tout ce qu'on souhaite y voir, surtout quand od a une opinion déjà conçue à l'avance, avec le parti pris de la conserver intacte. Ainsi Voltaire rêvait un peuple dont les annales fussent en contradiction avec les traditions bibliques, un peuple antireligieux, rationaliste, et pourtantcoulant heureusement ses jours au milieu de la paix et de la prospérité. Il crut avoir rencontré en Chine ce peuple modèle, et ne manqua pas de le recommander à l'admiration de l'Europe. Montesquieu, de son côté, exposait son système sur le gouvernement despotique, et avait, coûte que coûte, besoin d'exemples pour le confirmer. 11 prit les Chinois et nous les montra toujours tremblants sous la vei^e de fer d'un tyran, et parqués dans une législation impitoyable. Noiis allons entrer dans quelques détails sur les institutions de la Chine et sur le mécanisme de son gouvernement, qui, assurément, ne mérite ni toutes les colères dont on poursuit son despotisme, ni les éloges pompeux qu'on donne à sa sagesse antique et patriarcale. En développant le système gouvernemental des Chinois, nous aurons à remarquer que la pratique vient souvent contredire la théorie, et qu'on ne voit pas toujours l'application des belles lois qui se trouvent dans les livres.
L'idée de famille, voilà le grand principe qui sert de base à la société chinoise. La piété filiale, objet
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invariable des dissertalioas des moralistes et des philosophes, sans cesse recommandée par les proclamations des empereurs et les allocutions des mandarins, est devenue la veriu fondamentale d'où découlent toutes les autres. Ce sentiment, qu'on prend soin d'exalter par tous les moyens, jusqu'au point d'en faire, pour ainsi dire, une passion, se mêle à toutes les actions de la vie, revêt toutes les formes, et sert de pivot à la morale publique. Tout attentat, tout délit contre l'autorité, les lois, la propriété et la vie des individus , est considéré comme un crime de lèsepaternité. Les actes de vertu, au contraire, le dévouement, la compassion envers les malheureux, la probité commerciale, le courage même dans les combats, tout est rapporté à la piété filiale ; être bon ou mauvais citoyen, c'est être bon ou mauvais fils.
L'empereur est la personnification de ce grand principe qui domine et pénètre plus ou moins profondément les diverses couches de cette immense agglomération de trois cents millions d'individus. Dans la langue chinoise on le nomme Boang-ti, Auguste ^owyevAiQ., ou Hoang-chan, Auguste Elévation; mais son nom par excellence est Tien-dze, Fils du Ciel. Selon les idées de Confucius et de ses disciples, c'est le ciel qui dirige et règle les grands mouvements et les révolutions de l'empire, c'est sa volonté qui renverse les dynasties et en substitue de nouvelles. Le ciel est le véritable et seul maître de l'empire ; il choisit qui il lui plaît pour son représentant, et lui communique son autorité absolue sur les peuples. La souveraineté est un mandat céleste, une mission sainte confiée à un
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iadividu dans l'iotérèt de la commuQaulé, et qui lui est retirée parle ciel aussitôt qu'il se rnoolre oublieux de son devoir et indignede son mandat. 11 suit de ce fatalisme politique qu'aux époques de révolution les luttes sont terrîblesjusqu'àce que de grands succès et une supériorité bien marquée soient devenus, pour les sujets, comme un signe de la volonté céleste : alors tes peuples se rallient souvent au nouveau pouvoir et lui sont soumis longtemps sans arrière-pensée. Le ciel avait un représentant, unlîlsadoptif, il l'a abandonné et lui a retiré ses pouvoirs; il s'en est choisi un autre et i) veut qu'on lui obéisse : voilà tout le système (1).
L'Empereur, Fils du Ciel, et par conséquent père et mère de l'empire, selon l'expression chinoise, a droit au respect, à la vénération, aucutte même de tous ses enfants. Son autorité est absolue ; c'est lui qui fait la loi ou l'abolit, qui accorde les privilèges aux mandarins ou qui les dégrade ; à lui seul appartient le droit de vie et de mort ; nul pouvoir administratif et judiciaire qui n'émane de lui ; toutes les forces et tous les revenus de l'empire sont à sa disposition ; ea un mot, l'Etat c'est l'empereur. Mais son omnipotence va encore'plus loin , car ce pouvoir, si énorme et si[étendu , il peut le transmettre à qui il lui plaît et choisir son successeur parmi ses propres enfants, sans qu'aucune loi d'hérédité vienne le gêner dans son choix.
Le pouvoir, en Chine, est donc absolu en tout point; mais il n'est pas pour celadespotique, comme on est assez porté à le croire ; ce n'est autre chose qu'un fort et
le que le préteiidanl .ictuel a pris le
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CHAPITItE III. W
vaste systémede centralisation. L'empereurest comme un chef au milieu d'une immcase famille ; l'autorité absolue qui lui appartien t, et il ne t'absorbe pas, il la délègue à ses ministres, qui transmettent leurs pouvoirs aux officiers deleur gouvernement administratif. Les subdivisions s'étendent ensuite graduellement jusqu'à des groupes de familles et d'individus doat les pères sont les chefs naturels et qui sont tous solidaires les uns des autres.
On comprend que cette puissance absolue ainsi fractionnée n'offrcplus les mêmes dangers; d'ailleurs, les mœurspubliquessonltoujourslà pour arrêter les écarta de l'empereur, qui n'oserait, sans exciter l'indignalion générale, violer ouvertement les droits de ses sujets. Il a, en outre, près de lui un conseil pri\é et un conseil général dont lesmembresontledroildelui adresser des avis, et même des représentations sur tous les objetsd'utilitépublique et particulière. On peutUredans lesannalesde la Chine que souvenllescenseurs s'acquittentdeleur charge avec uneliberté etunevigueurdignes de grands éloges. Enfin, ces potentats, objets de tant d'hommages pendant leur vie, sont soumis, après leur mort,commeon le racontedes anciens rois del'Egypte, à un jugement dont le résultat est attaché à leur nom et passe à la postérité ; ils ne sont désignés dans l'hisloire que par un nom posthume qui, étant une appréciation de leur règne, exprime un éloge ou une satire.
Le plus grand contre-poids à la puissance impériale existe danslacorporation des lettrés, institution antique qu'on a su fonder sur une base solide, et dont l'origine remonte au moins auonzièmesiècie avant noire ère. On
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•JH L'EMPIRE CHINOIS.
peut direque l'administration de l'État reçoit toute influence réelle et directe de cette espèce d'oligarchie littéraire. L'empereurnepeutchoifiirsesagents civils que parmi les lettrés, et ense conformant aux classifications établies par les concours.Toul Chinois est apte à se présenter pour l'esamen du troisième grade littéraire ; ceux qui l'obtiennent peuvent concourir pour le deuxième, qui ouvre l'entrée dans la carrière administrative. Enfin, pour arriver aux emplois supérieurs, il faut obtenir au premier concours le premier degré. Organiser le gouvernemeal d'un grand empire avec des gens de lettres, c'est, sans contredit, une magnifique chose ; on peut la proposer comme un sujet d'admiration, mais non pas, peut-être, comme un modèle à suivre dans tous les pays.
L'empereur est reconnu, par la loi, propriétaire de tout le sol de l'empire; mais c'est une pure théorie, qui n'a pas empêché la propriété immobilière de se constituer aussi solidement qu'en Europe. Le gouvernement ne possède, en réalité, qu'un droit semblable à celui d'expropriation en cas de non-payement de l'impôt ou de confiscation pourpunir les crimes d'Etat. Les villages, solidaires envers le fisc de l'acquittement des charges publiques, ont à leur tête une sorte de maire nommé sian-yo. choisi par la voie du suffrage universel. L'organisation de la commune n'a été, peut-être, nulle part aussi parfaite qu'en Chine. Ces chefs sont élus librementpar leurs concitoyens, sans que les mandarins présentent de canditatsou cherchent à influencer les votes. Tout le monde est électeur et éjigible ; mais ordinairementonchoisitunhomme avancé en,àge,elqui
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par son caraclère et sa fortune, occupe un des premiers rangs dans le village. Nous avons connu plusieurs de ces maires chinois, et nous pouvons affirmer que, en général, ils se montraient dignes des suffrages dont ils avaient été honorés par leurs concitoyens ; le temps pour lequel ils sont élus varie d*aprcs les localités. Ils sont chargés de la police, et servent d'intermédiaire entre les mandarins et le peuple dans les affaires qui sont au-dessus de leur compétence. Nous aurons occasion de revenir sur cette salutaire institution, qui s'accorde assez mal avec les idées qu'on se fait de ce dur despotisme qui écrase les populations chinoises. La corporation des lettrés, recrutée, chaque année, parla voie des examens,constitue une classe privilégiée, la seule noblesse reconnue en Chine, et qu'on peut considérer comme la force et le nerf de l'empire. Les titres héréditaires n'existent que pour les membres de la famille impériale et pour les descendants de Confucius,qui sont encore très-nombrenx dans la province de Cban-(ong. Aux titres héréditaires dont jouissent les parents de l'empereur sont attachées certaines prérogatives : une modique pension, le droit de porter une ceinture rouge ou jaune, de mettre une plume de paonà leur bonnet etd'avoir six ou huit ou douze porteurs à leurs palanquins. Ils ne peuvent, non plus que les simples citoyens, prétendre aux chaînes publiques qu'après avoir obtenu leurs grades en littératureàPékin.età Moukden, capitale de la Manlchourie. Nous avons vu un grand nombre de ces nobles Tarlares, coulant leurs jours dans la misère et la paresse, vivotant de leur petite pension, et n'ayant qu'une cein-
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ture jaune ou rouge pour preuve de leur illustre origine. Un tribunal particulier est chargé de les gouverner et de veiller sur leur conduite.
Lespremîersmandarinscivilsetmilitairesquisesont distingués dans l'administration ou dans la guerre reçoivent des litres tels que koiing,heou,phy,lze etnan, qui peuvent correspondre à ceux, de duc, marquis, comte, baron et chevalier. Ces titres ou grades ne sont pas héréditaires et ne donnent aucun droit aux Bis des individus récompensés ; mais, ce qui parait fort peu en harmonie avec nos idées, ils peuventêtre reportés sur les ancêtres. Cette coutume a été introduite en vue des cérémonies funèbres et des titres que tous les Chinois doivent adresser à leurs parents défunts. Un officier, élevé en grade par l'empereur, ne pourrait accomplir un rite funèbred'unemanière convenable, silesancèlres n'étaient pasdécorés d'untitre correspondant. Supposer que le fils est plus qualifié que le père, ce serait bouleverser la hiérarchie et porter une grave atteinteau principe fondamental del'empire. Une noblesse, non -seulemeatviagère,mais remontantaux ancâtresetnepouvant pas èlre transmise aux descendantSjétonne parsabizarrerie, et il faut être Chinois, dit-on, pour avoir pu trouverune pareille chose.Ce pendant il seraitpeut-êlre intéressantd'examinersi,ea réalité, il n'yapasplus d'avantages et moins d'inconvénients à faire rejaillirl'itlustratioa d'un individu sur le père quesur tes enfants. Tous les officiers ou employés civils et militaires de l'empirechinois sont divisés en neuf ordres(khiou-ping) distingués les uns des autres par des globules (1) par- Ci) Dans la plupart des llires qui parlent de la Cbine, ce signe de
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tîculiers de la grosseur d'un œuf de pigeon, et qui se visscnlau-dessusduchapeau officiel. Ceglobule distinctif est, pourle premier ordre, en corail ronge uni; pour le second, en corail rouge ciselé ; pour le troisième, en pierre bleu clair ou transparent; pour le quatrième, en pierre bleu mat ou foncé ; pour le cinquième, en cristal ; pour le sixième, en jade ou pierre de couleur blanc opaque ; pour le seplième, le huitième et le neuvième, en cuivre doré et ouvragé. Chaque ordre est subdivisé en deux séries : l'une active et officielle, l'autre surnuméraire, mais sans modification dans les globules. Tous les employés civils et militaires compris dans ces neuf classes sont désignés par la qualification générique de kouatig-fou. Le nom de mandarin est inconnu des Chinois; il a été inventé par les premiers Européens qui ont abordé en Chine, et dérive probablement du mot portugais mandar, ordonner, commander, dont on a fait mandarin.
L'administration duCélesleEmpireestdivisée en trois parties (1) : l'administration supérieure de l'empire, l'administration locale de Péking, l'administration des provinces et des colonies. Le gouvernement entier est sous la direction de deux conseils attachés à la personne de l'empereur, le Neï-ko et le Rinn-ke-tchou. Le premier est chargé de la préparation des idées el de l'espé-
dîntinction est appelé £aufon; mais il nous semble que ce mot e»l trèsmal trouvé, ut peu propre à donner une véritable idée de la chose. (1) Tous les détails sur l'organisatian politique ot administrative de la Cbine sont éiiumêrés et décrits dans Tal-l'ing-hnui-tien, on Collection des statuts de la grande dynastie des Tsing, dont M. Ëd. Biot a publié un excellent résumé, aaquei nous n'auronsà Taire que quelques légSres modifl cation».
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dition des affaires courantes ; son devoir est, suivant le livre officiel, « de mettre en ordre et de maDifesler les «pensées et les desseins de ta volonté impériale, de « régler la forme des ordonnances administratives, »
Ces), en quelque sorte, le secrétariat impérial. Le second conseil, nommé Kiun-ke-tchou, délibère avec l'empereur sur les affaires politiques ; il se compose de membres du Neï-ko. des présidents et vice-présidents des cours supérieures. L'empereur préside les séances, qui ont lieu ordinairement de grand matin.
Au-dessous de ces deux conseils généraux soat les six cours souveraines, Lion-pou, qui correspondent à nos ministères, et embrassent toutes les afTaires civiles et militaires relatives aux dix-huit provinces de la Chine. A la tète de chacune d'elles sont placés deux présidents, l'un Chinois, l'autre Tartare,etquatre viceprésidents, dont deux sont Chinois et deux Tartares. Chaque cour a des bureaux spéciaux pour la répartition des afTaires de son département, clun graad nombre de divisions et sous-divisions particulières.
1° La première cour souveraine, nommée cour des emplois civils (Li-pou), a pour attribution la présentation des officiers civils à la nomination de l'empereur, et la distribution des emplois civils et littéraires dans tout l'empire ; elle a quatre divisions, qui règlent l'ordre des promotions etmutations, tiennent des notes sur la conduite des officiers, déterminent leurs appointements etleurs congés en temps de deuil, et distribuent les diplômes des rangs posthumes accordés aux ancêtres des officiers admis dans les rangs de la noblesse,
2' La seconde cour, dite des revenus publics (llou-
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r^iiAHiTStp; in. 101
|>oii), s'occupe des recouvrements de di-oitsiUinipôtSicii! la distribution des appointements et pensions, de la recette et dépense des grains et de l'argent, et de leur transport par terre et par eau. Elle est chargée de la division du territoire en provinces, départements, arrondissements, cantons. Elle opère le recensement du peuple, conserve le cadastre des terres, répartit les taxes et contingents militaires. Cette cour financière comprend quatorze divisions, qui correspondent à peu près à l'ancienne division de la Chine en quatorze provinces intérieures ; en outre, elle a dans sa dépendance le tribunal d'appel civil pour juger les contestations sur la propriété et les successions, l'hôtel des monnaies, soieries et articles de teinture, un bureau chargé de l'approvisionnement des grains pour la capitale. C'est encore cette cour souveraine qui règle les distributions de grains et de riz, et les secours gratuits par lesquels on vient en aide à la misère du peuple dans les temps de faoïiae et de disette. Enfin ellea,parmi ses attributions, celle de présenter à l'empereur la listeannuelle des jeunes filles mantchoues qui peuvent aspirera faire partie de son harem. C'est un des officiers du Hou-pou qui préside tous les ans à cette fête si célèbre de l'agriculture, où l'on voit l'empereur mettre la main à la charrue, tracer des sillons et ensemencer un champ de blé. 3° La cour souveraine des rites (Ly-pou) est chargée, des cérémonies et solennités publiques, dont les détails minutieux sont si importants aux yeuxdes Chinois. Elle a quatre divisions, qui s'occupent du cérémonial ordinaire et extraordinaire a la cour, des rites des sacrifices adressésauTLilmesdesnncienssouverainset des hommes
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illustres, du règlement des fêtes publiques, delà forme des habits et des coiffures pour les employés du gouvernemeot. Cette coursurveille les écoles et les académies publiques, les examens littêrairesj le nombre, le choix^ et les privilèges des lettrés des diverses classes. La diplomatie extérieure est aussi de son ressort. Elle prescrit les formes à observer dans les rapports avec les princes tributaires et les monarques étrangers ; elle détermine tout cequi peut avoir rapport aux ambassades; enfin c'est d'elle que dépend la direction générale de la musique, qui, en théorie, peut être très-belle, mais dont l'exécution n'est pas toujours magnifique.
4° La cour souveraine de la guerre (Ping-pou) a aussi quatre divisions, qui déterminent les promotions et appointements des officiers militaires, enregistrent les notes fournies sur leur conduite, règlent les approvisionnements, punitions et examens militaires pour tous les corps de l'armée. Une de ces divisions est spécialement chargée des soins a donner à la cavalerie, aux chameaux, aux postes, aux relais et aux transports des munitions de toute espèce.
5° La cour des châtiments (Hing-pou) a dans sa dépendance dix-huit divisions correspondant aux dixhuit provinces de l'empire, et chargées des affaires criminelles de chaque province ; un corps d'inspecteurs des pensions ; des chambres législatives qui reçoivent les éditions du code pénal, une caisse des amendes.
6° La cour des travaux publics (Koung-pou) a la direction de tous les travaux faits pour l'État, tels que : constructionsdes édifices publics, fabrication d'ustensiles, habillements, armes destinées aux troupes et aux
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