‹ L'empire chinoisChapitre 43 sur 154 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l 'écriTit pour rappeler les princes de son temps au respect des anciens usages, en leur montrant les malheurs sm-venus à leurs prédécesseurs, depuis que ces usages étaient tombés en désuétude.

Les cinq livres sacrés et les quatre classiques sont la base de la science des Chinois, Tout ce qu'on trouve dans ces ouvrages serait, il faut en convenir, peu assorti au goût et aux besoins des Européens. On y chercherait vainement des notions scientifiques, et à côté de quelques vérités d'une grande importance en politique et en morale, on est confondu de trouver les erreurs les plus grossières et des fables ridicules. Cependant l'instruction chinoise, dans son ensemble, contribue merveilleusement à imprimer dans les esprits un grand amour des usages antiques et un profond respect pour l'autorité, deux choses qui ont toujours été comme les deux colonnes de la société chinoise et qui seules pouvent expliquer la durée de cette vieille civilisation.

Nous n'entrerons pas ici dans de plus grands détails sur l'éducation et la littérature des Chinois, parce que nous aurons occasion d'y revenir dans plusieurs autres circonstances.

11 y avait une quinzaine de jours que nous étions à Tching-tou-fou ; l'ennui commençantà nous gagner, nous fîmes exprimer au vice-roi notre désir de nous mettre en route. 11 nous répondît gracieusement qu'il nous verrait avec plaisir prolonger notre repos ; mais quenousétionsentïèrementlibreset que nous pouvions fixer nous-mêmes le jour de notre départ. Le juge do paix Pao-ngan filtout pour nous retenir ; il mit en usage toutes les ressources de son éloquence insinuante et

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pathétique ; il nous conjura d'attendre encore avant de liri arracher te cœur. Nous dûmes, de notre côté, lui exprimer vivement la douleur où nous serions plongés, quand nous nous trouverions séparés de lui par les lacs, les fleuves, les plaines et les montagnes. Cependant, malgré ce besoin mutuel de vivre toujours ensemble, il fut décidé que nous partirions dans deux jours.

Les petites ambitions se mirent aussitôt en mouvement. Tous les mandarins en disponibilité commencèrent à intriguer pour obtenir la charge de nous accompagner. Les visites, dès lors, se succédèrent sans interruption ; ce fut comme une avalanche de globules blancs et de globules dorés qui se précipita tout à coup dans les salons du Trésor caché. Tous ces candidat étaient, à les entendre, des hommes parfaits ; ils possédaient, au plus haut degré, les cinq vertus cardinales, et la pratique des rapports sociaux leur était familière ; ils comprenaient tous combien des étrangers de notre valeur auraient besoin de soins et d'attentions durant le pénible voyage que nous allions entreprendre. Les contrées que nous aurions à traverser leur étaient connues, et nous pouvions compter sur leur expérience et leur dévouement. Si, du reste, ils montraient un tel empressement à nous accompagner, c'est qu'une mission si glorieuse illustrerait leur nom et Axerait leur destinée dans un bonheur immuable.

En réalité, tout ce beau zèle signifiait qu'il y aurait sur notre route unepeti te fortuneàrecueillir pour celui qui aurait la chance de nous escorter. Selon les bienveillantes intentions du vice-roi,,nous allions voyager comme de hauts fonctionnaires. Dans ce cas, tous les

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