‹ L'empire chinoisChapitre 42 sur 154 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

« nées ; là, l'ordre des affaires est discuté. Ici les de- «Toirs des supérieurs, depuis le souverain jusqu'au « magistrat du dernier degré, sont prescrits pour i'eser- <i cice d'un hon gouvernement ; )à, les travaux des étu- « diants, des laboureurs, des artisans, des négociants, « sont exposés aux regards ; et dans le cours de l'ou- « vrage, les lois du monde physique, du ciel, de la terre « et des montagnes, des rivières, des oiseaux, des qua- « drupèdes, des poissons, des insectes, des plantes, des « arbres, sont occasionnellement décrites. Bon nom- « bre d'affaires que Mincius traita dans le cours de sa « vie, dans son commerce avec les hommes, ses dis- « cours d'occasion avec des personnes de tous rangs, « ses instructions à ses disciples, ses explications des « livres anciens et modernes, toutes ces choses sont u incorporées dans cette publication. 11 rappelle aussi « les faits historiques, les paroles des anciens sages « pour l'instruction de l'humanité. »

M. Abel Rémusat a ainsi caractérisé les deux plus célèbres philosophes de la Chine : «Le style de Meng-tze, « moins élevé et moins concis que celui du prince des « lettrés (Confucîus), est aussi noble, plus fleuri el plus « élégant. La forme du dialogue, qu'il a conservée à ses « entretiens philosophiques avec lesgrandspersonnages « de son temps, comporte plus de variété qu'on ne peut (■ s'attendre à en trouver dans les apophthegraes et les « maximes de Confucius. Le caractère de leur philosoiiphiedifTêreaussisensiblement.Confuciusesttoujours i< grave, même austère ;il exalte les gens de bien, dont il « fait un portrait idéal, et ne parle des gens vicieux qu'a- (< Vec une froide indignation. Meng-tze, avec le même

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i( amour pour la vertu, semble avoir pour le vice plus K de mépris que d'horreur ; il l'attaque par la force de V la raison, et ne dédaigne pas même l'arme du ridicule. « Sa maoière d'argumenter se rapproche de cette irou nie qu'on attribue à Socrate. Il ne conteste rien à ses <( adversaires ; mais, en leur accordant leurs principes, « il s'attache à en tirer des conséquences absurdes qui « les couvrent de confusion. Il ne ménage même pas les << grands et les princes de son temps, qui souvent ne feia gnaient de le consulter que pour avoir occasion de « van ter leur conduite, ou pour obtenir de lui les éloges « qu'ils croyaient mériter. Rien de plus piquant que les « réponses qu'il leur fait en ces occasions ; rien surtout u de plus opposé à ce caractère servile et bas qu'un pré- « jugé trop répandu prête aux Orientaux, et aux Chi- » Dois en particulier. Meng-tze ne ressemble en rien à « Aristippe; c'estplulôtàDiogène, mais avec plus de di- « gnité etde décence. On estquelquefois tenté de blâmer «sa vivacité, qui tient de l'aigreur; mais on l'excuse en « le voyant toujours inspiré parle zèle du bien public.» Les enfants chinois apprennent dans les écoles les quatre livres classiques sans se préoccuper du sens et de la pensée de l'auteur ; s'ils y entendent quelque chose, ils le doivent uniquement à leur propre sagacité. Lorsqu'ils sont capables de les réciter imperturbablement d'un bout à l'autre, alors seulement le maître, appuyé sur d'innombrables commentaires, développe le texte mot à mot et donne les explications nécessaires. Les opinions philosophiques de Confucius et de Meng-tze sont exposées d'une manière plus ou moins superficielle, suivant la portée et l'âge des élèves.

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CnAPlTaE III. 13S

Après les quatre livres classiques, les Chinois étudient les cinq livres sacrés, King, qui sont les monuments les plus anciens de la littérature chinoise, et contiennent les principes fondamentaux des villes croyances et des usages antiques. Le premier en date, le plus vanté et le moins intelligible de ces livres sacrés est le livre des changemetns, Y-king. C'est un traité de divination fondé sur la combinaison de soixante-quatre ligDes,1esunes entières, lesautresbrisées, appelées /:oua, et dont la découverte est attribuée à Fou-hi, fondateur de la civilisation chinoise. Fou-hi trouva ces lignes mystérieuses, qui peuvent tout expliquer, dit-on, mais (pie personne ne comprend, sur la carapace d'une tortue. Confucius, cet esprit supérieur, cette intelligence d'élite, s'est beaucoup préoccupé de ces koua énigmaliques, et a fait de nombreux travaux pour la rédaction actuelle du Y-king, sans qu'il ait réussi à répandre une grande clarté dans cette science occulte. Après Confucius, le nombre des écrivains qui ont eu la faiblesse de s'occuper sérieusement du Y-king est incroyable. Le catalogue impérial énumère plus de quatorze cent cinquante traités, en forme de mémoires ou de commentaires, sur ce bizarre et fameux ouvrage.

Le Ckou-king, ou livre de l'histoire, est le second liïre sacré. Confucius a réuni dans cet ouvrage important les souvenirs historiques des premières dynasties de la Chine, jusqu'au huitième siècle avant notre ère. Il contient les allocutions adressées par plusieurs empereurs de ces dynasties à leurs grands officiers, et fournit un grand nombre de documents précieux sur les premiers âges de la nation chinoise.

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Le troisième livre sacré, le Che-king, ou livre des vers, est une collection, faite encore par Gonfucius, des anciens chants natiouaus: et officiels depuis le dix-huitième jusqu'au septième siècle avant notre ère. On y trouve des renseignements très-intéressants et trèsauthentiques sur les anciennes moeurs des Chinois. Le livre des vers est souvent cité el commenté daus les œuvres philosophiques de Meng-fze et de Confucius, qui en recommandait la lecture à ses disciples. Il dit dans le Lim-yu : « Mes chers disciples, pourquoi n'é- (1 tudiez -vous pas le livre des vers? le livre des vers « est propre à élever les sentiments et les idées : il est «propre a former le jugement par la contemplation « des choses ; il est propre à réunir les hommes dans « une mutuelle harmonie ; il est propre à exciter des « regrets «ans ressentiment. »

Le quatrième livre sacré est le Li-ki, ou liire des rites. L'original fut perdu dans l'incendie des anciens livres ordonné par l'empereur Tbsin-che-hoaog, à la fin du troisième siècle avant notre ère. Le rituel qu'on possède aujourd'hui est une réunion de fragments, dont les plus anciens paraissent ne pas remonter au delà de Confucius.

Enfin le cinquième livre sacré estle Tchvn-theiou^ on le livre du printemps et de l'automne, écrit par Confucius, et qui tire son nom des deux saisons de l'année où il fut commencé et fini. 11 comprend les annales du petit royaume de Lou (1), patrie de ce philosophe, depuis l'an 722 avant notre ère, jusqu'à l'an 480. Confucius

(1) Actuellement province de Chui-long.

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