‹ L'empire chinoisChapitre 45 sur 154 · CHAPITRE III. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. m

trouvaient dans la supputation de l'année des Cbiaois, et de leur faire une espèce de calendrier perpétuel pour un temps assez considérable ; mais nous ne peasions pas qu'on était arrivé au bout, et que le bureau des mathématiques de Péking s'était humblement déclaré incapable de confectionner un calendrier. Le vice-roi, qui peut-être avait reçu de l'empereur des instructions particulières à ce sujet, nous demanda s'il n'y aurait pas moyen d'engager les missionnaires à travailler à la réforme du calendrier. Nous lui répondîmes que, si l'empereur les y invitait, ils n'auraient probablement aucun motif de ne pas accéder à son désir. Nous primes de là occasion de rappeler à ce haut dignitaire tous les services que les missionnaires avaient autrefois rendus à l'empire, en dirigeant les travaux du bureau des mathématiques, en dressant les cartes géographiques des provinces et des pays tributaires, en négociant divers traités avec les Russes et dans une foule d'autres circonstances où ils avaient montré autant de talent que de dévouement. — Que de missionnaires, lui dîmes-nous, ont quitté leur patrie pour se dévouer entièrement aux Chinois ! Et les Chinois, de quelle ma nière ont-ils récompensé tant de travaux et de si grands sacrifices? Quand on a cru n'avoir plus besoin d'eux, on les a chassés ignominieusement ; on en a immolé un grand nombre, on s'est emparé des établissements qu'ils avaient élevés à grands frais, on a été jusqu'à ravager, encore tout récemment, les tombeaux de ces vertueux et savants personnages, qui excitaient l'admiralion du célèbre empereur Khang-hi.

Quand nous parlâmes de la récente profanation des

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tombeaux, te Tice-roi parut saisi d'étonDement... Les missioDDaires français possédaieot aux environs de Pékiogun magnifique enclos, quileur avaitélé donné par l'empereur Khaag-hî, pour eu faire le lieu de leur sépulture. C'est là que reposent un grand nombre de nos compatriotes, morls à neuf mille iieues de leur patrie, après avoir usé leur vie dans les souffrances et les privations, au milieu d'un peuple qui ne sut jamais apprécier ni leur vertu ni leur science. Nous avons plusieurs fois visité cet enclos, connu des Chinois sous le nom de Sépulture française. En y entrant, on sent son cœur battre d'émotion comme si on allait mettre le pied sur lesol delà patrie. Cette terre est, en eCel, bien française ; c'est comme une touchante et précieuse colonie, conquise au milieu de l'empire chinois par les ossements de nos frères. Le site est un des plus beaux qu'on puisse trouver aux environs de Péking. Les murs de clôture sont assez bien conservés ; mais la maison et la charpente, dont la construction estd'un style moitié européen et moitié chinois, auraient besoin de grandes réparations. Au milieu d'un vaste jardin, aujourd'hui inculte, on remarque un bosquet où les tombeaux des missionnaires sont rangés par ordre sous des arbres de haute futaie. Depuis que les Européens n'ont plus en Chine une existence légale, la Sépulture française avait été confiée à la garde d'une famille chrétienne qui a été envoyée en eiil à la suite d'une récente persécution. L'établissement fut saccagé et pillé par les bandits de Péking.Actuellementle gouvernements' en estemparé, et les païens qu'on y a logés volent journellement tout ce qui est à leur convenance , les arbres, les matériaux

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