‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 105 sur 129 · L'hassa, capitale religieuse et les pays Lamcnstes · texte numérisé non relu

L'hassa, capitale religieuse et les pays Lamcnstes

La capitale L'Hassa, la cité des esprits, située sur le h d'une rivière qui coule soit dans un bassin fermé, i dans une vallée affiuente du Brahmapoutre, (la quest est encore indécise) est la Rome du Lamaïsme, la ville monde où il y a le plus d'ecclésiastiques, le lieu de p< rinage le plus fréquenté après Benarès et la Mecque^ rendez-vous générai pour la religion et le commerce , tous les peuples de race touranienne.

L'imprimerie y a un énorme développement,

A L'Hassa tous les jours, à la tombée de la nuit, toi les habitants indistinctement se réunissent dans les pri] cipaux quartiers et sur les places publiques. Lorsqu'ils s sont groupés suivant leur âge et leur sexe, tout le mon s'accroupit par terre et on commence à chanter lenteme et à demi-voix des prières dont le ton s'élève peu à pd L'ensemble de ces concerts dans toute la ville produit ui harmonie immense et solennelle. Peut-être n'existe-t* nulle part une manifestation religieuse aussi spontané universelle et imposante et qui inspire autant la piété. ( témoignage rendu par le père Hue prouve que les Thib tains ont un sentiment réel et naturel de piété, quelle (fi soit la source à laquelle ils le puisent.

La prière que les Thibétains chantent dans leurs rél nions du soir varie avec les saisons de l'année. Celle qui récitent sur leur chapelet est toujours la même : Omma padmé oum.

Pendant les fêtes du nouvel an L'hassa est envahie m des bandes innombrables de Lamas venus de toutes pari! pour rendre hommage au Dalaï-Lama et faire un pèlera nage à la lamasserie de Morou qui sert de modèle, et (H règle pour Tordre et la propreté. j

L'hassa, rendez-vous de tous les hommes de prière, es! considérée comme le foyer d'où la lumière ravivée antrej fois par le voisinage du Nepaul et de l'Inde est censé*

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kûer dans toute l'Asie bouddhiste, sauf Tlndo-Chine. 4842 le Régent disait aux Lazaristes arrivés jusqu'à isa :

Les religieux, les hommes de prières, étant de tous pays, ne sont ignorés nulle part ; c'est la doctrine nos livres saints où il est écrit « la chèvre jaune est ts patrie et le Lama n'a pas de famille f . » L'hassa it le rendez-vous et le séjour spécial des hommes de fêres, ce.seul titre devrait toujours vous y faire trouliberté et protection, »

régent s'opposa tant qu'il put à l'expulsion des Laites exigée par les résidents Chinois, et favorisa leur îcation. Il paraissait désirer vivement des relations FOccident et même avoir compris que le Christiale remplacerait avec avantage pour le pays le Laisme qui le réduit par l'exagération du célibat religieux, le impuissance que la Chine s'efforce de maintenir, successeur, le régent actuel, paraît suivre, d'accord le Dalaï-Lama, une politique habile qui consiste à gf«r la Chine d'apparences et à rattacher au pouvoir ral de L'hassa tous les pays actuellement partagés l'influence de la civilisation et de la domination >ises et celle du gouvernement Thibétain. Aujourdhui -missionnaires catholiques sont persuadés qu'il leur est >sé, mais ce n'est probablement qu'un malentendu les Chinois ont sans doute aggravé et qui devrait iraître par des rapports directs avec les Lamas, tels ceux qu'a eus le père Hue. Il faudrait surtout éviter profanation des objets du culte Lamaïque par les «niveaux chrétiens.

tLes Chinois disent ironiquement de L'hassa « que c'est Tille des lépreux, des chiens, et des femmes. » Les lé- &eux y affluent, sans doute pour mendier ; les chiens y ibondent comme croque-morts ; et les femmes, à cause de. jfëtat général des mœurs au Thibet et du grand nombre rétrangers qui séjournent à L'hassa.

1 Si Ton demande à un Lama de quel pays il est, il répond ; ft n'ai pas de patrie, mais je passe mes jours à telle lamasserie. Ej* bouddhisme était donc bien Universel. En effet, c'était la plorale et si l'on veut la discipline religieuse, sans lien absolu lé dogme et à la théodicée*

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Le Boutan reconnaît la suprématie religieuse du Lama quoiqu'il appartienne à la secte rouge ; son c Dharma Radja était, avant la conquête anglaise, à 1 prince temporel et spirituel. Le nombre des religi compris les Nones était, il y a 20 ans, d'environ 10.0 50.000 familles.

Dans le Sickim il y a plus de 20 Lamasseries 1000 Lamas. Le chef religieux est un fils du roi (no carné.)

Il y a peu de couvents de femmes et les Nones so clusivement des parentes du roi.

Les Lamasseries et les temples ne sont pas compa pour l'éclat à ceux du Thibet et du Boutan, mais ils sèdent de grands biens.

Pour toute affaire religieuse d'importance, on re au Dalaï-Lama.

Les Lamas riches peuvent se marier ; les Lamas pa instruisent les enfants.

La Polyandrie y est inconnue.

Le Népaul a reçu le Bouddhisme avant le comme: ment de notre ère, sans doute de la mission du roi Aç Il y florissait dans le vn c siècle, mais déjà altéré par invasion des Radjapoutes Brahmanistes. Cette altérât! continué et le Bouddhisme du Népaul que nous fait c| naître M. Hogson diffère essentiellement de toutes autres formes du Bouddhisme, même du Lamaîsm plus chargé d'empiétements et de rites Civaïstes. LeBn manisme et le régime des Castes y dominent.

A l'Est du Népaul la ligne de faîte des Hiramalai forme la séparation entre le Bouddhisme et le Bra nisme.

Tout le haut Kunnaor qui obéit aux Anglais suit le culte Lamaïque compliqué de Brahmanisme et du régime des Castes qui y existe en même temps que la Polyandrie et le célibat religieux. Les Lamas rouges et jaunes y vivent en paix côte à côte, reconnaissant tous la suprématie du Dalaï-Lama et du Pan tschen rin potse.

Le Kunnaor a des Lamasseries grandes et nombreuses, relativement à sa pauvreté et à sa stérilité. A sa tête se trouve un grand dignitaire incarné, un Chubitgan. A Kanum, le Benarès du pays, il y a une Lamasserie renommée où Alexandre de Ksoma a achevé ses études Thibé-

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les* Comme conséquence de la Polyandrie, il y a une pâté de Nones qui vivent à la campagne chez leurs pais qui sont dans une sorte de servage des Lamasseries. A Ladag avait conservé le Bouddhisme jusqu'en 1846, dtis que les pays voisins au Sud, à TOuçst et au Nord, Cachemire, le Kaferistan, le Punjab, Balk, la petite ôharie avaient passé au Brahmanique, à la religion des :ks et surtout à L'islanisme. Mais le partage de 1846, en rant une partie du Ladag aux Musulmans, y a porté un op terrible au Lamaïsme et obligé la moitié des relimx à s'enfuir au Thibet. Sur une population d'une cenine de mille âmes, il reste une dizaine de mille de ligieux des deux sexes vivant pour la plupart mêlés aux lïques. Quelques Lamasseries forment des villages, nomment celle de Lamma Yurra sur Tlndus. Koepfen connaît l'influence heureuse du Bouddhisme en compant les Bouddhistes de l'Himmalaya aux Himmalayens m Bouddhistes. Les premiers sont bien supérieurs en vilisation, en moralité, et surtout en industrie. Ils sont îputés pour leurs connaissances en métallurgie et leur abileté dans l'emploi des métaux. Le même auteur fait ne remarque analogue au sujet des Mongols Bouddhistes t non Bouddhistes. On ne saurait mettre en doute Timartialité de ce témoignage ; car, de même que tous les uteurs protestants, Koepfen est défavorable au Lamaïsme cause de son monachisme.

La Dzoungharie, l'Ili septentrional, le Kouldjasont à peu rès exclusivement Lamaïstes. Il en est de même des touriates sur le lac Baïkai et des Kalmouks des bords du folga, les uns et les autres sujets Russes.

Les Kalmouks ne sont Bouddhistes que depuis le mn c siècle. Leur chef spirituel nommé par le Gouvernement Russe est le Grand Lama de toute la Horde. Ils l'ont que des Lamasseries et des temples nomades sous les tentes. Chaque Lamasserie renferme deux sortes de tentes : les unes, demeures des Lamas ; les autres consacrées au culte. On reproche à ces Lamas de se mêler de tout et de vouloir tout envahir.

L'exemple des Kalmouks du Volga montre que, le jour où la Russie prendra possession de la Mongolie ou de la Corée, il lui sera facile de s'attribuer la nomination des chefs Lamas dans ces pays, et leur acceptation comme

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représentants du Tzar Blanc proclamé le Protecteur <j prôme du Bouddhisme, aussi bien que de la Religion Ortli doxe. Gomme il y a une grande ressemblance dans forme entre l'église Russe et l'église Bouddhiste, et comn les grands principes, la glorification et l'intercession d saints, la rédemption, l'incarnation, la charité, voir mên l'unité de Dieu (dans le Bouddhisme actuel) sontcommui aux deux religions, il est probable que les progrès d Russes et de la civilisation y aidant, le Lamaïsme se tran formera de lui-môme en Christianisme dans ce pays ni fois soumis à la Russie.

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