‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 106 sur 129 · Objets du culte · texte numérisé non relu

Objets du culte

Contrairement aux autres forïnes du Bouddhisme, le Lamaïsme a un culte extrêmement chargé de tout ce qui, partout ailleurs, entre dans le culte. Gomme cette tendance ne vient point de la Chine et très peu de l'Inde, on doit la considérer comme une disposition naturelle aux races Touraniennes ou Mongoles. Le développement donné dans l'Inde au culte par les Brahmes, seuls survivants des Ariens dans cette contrée, a été évidemment une concession faite par ceux-ci aux mômes dispositions dans la population Hindoue en grande partie d'origine Touranienne.

Les Thibétains rendent, à tout ce qui est réputé saint, même avant la mort, des honneurs et un respect religieux qui sont une sorte de culte et qui engendrent un sentiment pieux dans la masse de la population. Ce culte s adresse d'abord à Çakia le tout -puissant, comme pour la plupart ils appellent Çakiamouni 4 , puis aux cinq Dyani

1 Ce fait constaté par Koëppen prouve, avec beaucoup d'autres, la loi des Thibétains en un dieu personnel ou à peu près, dont l'attribut dominant est la compassion sans cesse agissante. Ce n'est point un créateur, c'est le conservateur, le soutien, le

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Bouddhas notamment à Amitabha, aux plus vénérés pa les Bouddhas prédécesseurs de Çakiamouni et parmi] Bodhisattvas, les Prateyéka Bouddhas, les Çrawakas. honore principalement. Tsong-ka-pa, Nagardjuna, At et Brom Bakshi, les deux apôtres et patrons du Tt enfin les incarnés et même tous les supérieurs religic on s'agenouille devant tous comme étant lesreprésent visibles du Bouddha.

Fort au-dessous des Bouddhas et Bodhisattvas sont 1 dieux qui se sont introduits dans le culte Lamaïque. sont invoqués et honorés par des offrandes comme pensateurs des biens terrestres, comme protecteurs de doctrine et du corps religieux, comme vainqueurs des; mons ennemis. En vertu de la Théorie de l'émanât et de l'incarnation, ils participent, dans une mesure il rieure, de la nature des Bouddhas.

Ils sont originaires de Tlnde et peuvent se grouper deux classes : 1° Ceux qu'on n'admet guère qu'au titre< mologique ou qu'on a placés dans les sièges passionn] Parmi les dieux cosmologiques, il faut compter aussi rois gardiens acceptés par transaction avec le Démonis ce sont les grands rois des Esprits Dragsheds dont l'un çravana est le prince des Yakshas, le roi de la riches 2° Ceux que Ton a fait entrer dans le système de rétij bution des mérites et démérites. On a pris Indra et Brahi pour les mérites en raison du grand rôle que le premier| dans les Vedas et de leur intervention dans les Sut Bouddhiques. Yama est le grand justicier et a pour assi^ tants : Jamantaka son bourreau et tout le Pandémonii Givaïste ; huit divinités manifestations diverses de Çiva| les représentations de Mahakala le Grand Roi, un des noi de Çiva ; Vadschrapani, le porteur de l'éclair, à Foccasio| roi des Yakshas et enveloppé de flammes comme les mons très Civaïstes — cependant honoré aussi comme un saii et placé à côté de Avalokitessouara et de Mandchoukri.

Le rôle que Ton prête aux Dragshads dans le Lamaïsme a été évidemment imaginé pour guérir le peuple de la

bienfaiteur du monde des êtres vivants ; c'est ainsi que Brahma est défini plus loin, le souverain des êtres qui souffrent ; c'est un exemple des transformations que le Bouddhisme a lait subir aux dieux Hindous*

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bàe superstitieuse des mauvais esprits, dans Timpos- Kfcé où Ton s'est trouvé de détruire la croyance en ces fets. Les Lamaïstes ; dit Schlagenweit, croient que les fet (Lha Thibétain esprit, équivalent de deva sanscrit) K-des incarnations et des multiplications de Fintelli- W6 suprême qui se communique en parcelles lumineupà une infinité d'êtres qui doivent aider les hommes à avenir à la délivrance. Malgré cette multiplicité de dieux, pfcte Shlagenweit, les Lamas soutiennent hautement que IrMono théisme est le caractère réel du Bouddhisme 4 . [C'est exactement ce que nous ont soutenu, en ce qui

cerne les Brahmanisme, les Hindous instruits. La conllpdance des témoignages et appréciations du père Hue, flïogson, de Koeppen, de Schlagenweit, sur la croyance Jtonothéiste des Lamaïstes, prouve que Tsong-Ka-pa a en- Mgué une théodicée peu différente de celle des Brahmes t liais qui, fondue avec la miséricorde Bouddhiste a fait de ÎÊtre suprême presque une providence.

Les déités thibétaines ont leurs noms d'adoration et leurs iomaines respectifs bien tranchés. Il y a des déités mâles et femelles; celles-ci sont les épouses des mâles dont elles partagent les attributs et les pouvoirs, ou bien elles ont ïes facultés qui leur sont propres. Telles sont les Samvaraset les Hérukas génies femelles qui figurent dans beaucoup de tableaux religieux.

Les mauvais esprits ont des noms qui désignent leur hostilité contre l'homme, tels que Da (ennemi), Geg démons ; les plus redoutés sont les Lamayins et les Dudpos. les Lamayins comprennent les Yaksas, Nagas, Racksa* sas, etc.

Parmi les mauvais esprits on remarque ceux qui causent Bnemort prématurée. Par suite de cette mort, l'âme reste entre la mort et la renaissance, sans aucune forme, en punition de ses pé chés. Ces spectres apparaissent quelquesfois aux hommes comme des squelettes ; cette apparition porte malheur et quelquefois occasionne la maladie et la mort.

1 Mais c'est un Monothéisme particulier dans lequel Dieu, tous le nom soit d'Adibuddha soit d'Amithaba Bouddha, est le conservateur, le régisseur le soutien du monde des êtres vivants par sa compassion sans bornes.

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Les Daranis et certaines offrandes empêchent ces ap ritions. Les Dudpos, assistants du juge des morts Sji ont aussi le rôle de démons tentateurs.

Les dieux et les génies sont continuellement occup combattre les mauvais esprits ! . C'est la spécialité Dragshads qui sont toujours en fureur contre eux. L d'eux nommé « le père embrassant sa mère » a aussi pouvoir d'absoucfre les pécheurs qui se répentent pros A nés devant son image. On le représente dans une posit* singulière avec une femme enlacée tendrement autour son corps.

11 y a des légendes sur les dieux et déesses qui comb tent les mauvais esprits. Ainsi que nous l'avons dit, dieux et déesses paraissent être brahmaniques. Lh (sanscrit kaladévi), Tsangpa (Brahma), Chakdor ( Vradja ni). Ces légendes sont ou remplacent des légendes b maniques.

Le lamaïsme a fait de ses saints ou déités des représ tations en quantité prodigieuse. On les retrouve parto innombrables, dans les temples, dans les maisons par culières et en plein air, et sur toutes les couvertures frontispices des livres sacrées. C'est une conséquence ce dogme que toute représentation devient, par la con cration, l'objet représenté lui-même, en sorte que s'ad ser à l'image ou à l'original, c'est la même chose.

Les lamas ont le monopole de la fabrication de ces présentations pour laquelle il faut suivre des règles p ticulières connues d'eux seuls et de l'observation de quelles dépend leur vertu ou efficacité. Les objets plasti ques sont innombrables aussi bien que les peintures les dessins.

Ils sont, pour la plupart, faits de pâtes moulées, t rarement en métal, souvent aussi en beurre. Ces demie sont placés devant les images sacrées jusqu'à ce que beurre se corrompe, puis rejetées. La finesse des statu et des bas-reliefs est surprenante. Dans les dessins etda les sculptures, il y a une foule de signes symboliques.

Les types différent complètement, suivant qu'ils rep tent des Bouddhas, des Bodhisattvas, des religieux et à

1 C'est la lutte entre Ozmud et Arimane — entre le bon est le tentateur.

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s. Les Bouddhas qui sont des hommes, mais du lus parfait, ont toujours des traits doux et sou* en est de même de Maitréya, tête, ils ont souvent un ornement conique.

ani-Bouddhas ont le teint blanc, rouge, vert ou ont un œil sur le front, l'œil de la sagesse. — images de Padmapani où il y a un grand nombre s, cet œil est aussi figuré sur la paume de ces

es Bouddhas portent l'écharpe ou cordon religieux rasse le corps en passant sur l'épaule gauche, et ous de Tépaule droite avec un bout qui revient us de l'épaule droite. Dans les images anciennes, ja une auréole représentant une feuille de l'arbre f(banyan) ; dans les figures modernes l'auréole a (jours la forme circulaire.

-a main droite est toujours vide ; dans la main gauche, \ a souvent Técuelle aux aumônes. La posture ordinaire celle d'un homme assis, les jambes croisées et les mtes des pieds levées. C'est l'attitude de la méditation. Toutes les fois que le Bouddha est au centre d'un tak au, il repose sur « le throne des lions ». Ce sont huit us dont deux seulement sont vus de face.

Les Bouddhas, Boddhisattvas, etc., — ont le type Aryen it pour la figure que pour le corps.

Chaque Bouddha ou Bodhisattva a ses animaux particurs qui le caractérisent dans les tableaux. — Généraleents Çakyamouni a deux paons.

Les Boddhisattvas soit humains, soit Dhyani, ont l'air uriant et une auréole. Leur chevelure est souvent relee au-dessus du front en forme de cône avec des rubans >rés ; mais ils n'ont pas le trône des lions ni l'écharpe. 5 reposent sur un lothus sortant de l'eau épanoui. Ils ont à la main un objet représentant leurs fonctions; rasi Manjudkri dieu de la sagesse a un livre et une épée, admapàni une fleur de Lotus qui^figure sa naissance du ilice de cette fleur.

Tous les lamas Thibétains représentés ont des chapeaux ointus.lls ont le type Thibétain, ainsi que les Dragsheds Ues Génies.

Les Dragshedds ont un air terrible et le teint souvent loir. Le troisième œil a son grand axe vertical.

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Quelques-uns ont des figures ou des corps fantasti L'auréole est remplacée par les flammes de la destruc Ils sont presque nus ; une peau de tigre attachée au tombe derrière leurs épaules et leur sert de coussin; portent un collier de crânes humains et des anneaux maius et aux pieds.

Les Dragsheds représentés debout, ont les jambes la position du combat ; les pieds souvent sur des co) humains, quelquefois sur des animaux, chevaux ou li chameaux, yacks, cerfs et même crocodiles (mais ja sur des éléphants ; ils sont de couleurs souvent rentes de la couleur naturelle.

Ils ont aux mains des armes ou instruments qui fi, leur pouvoir sur les esprits ; l'un d'eux est le vase àb formé d'un crâne humain rempli de sang o j la dé Lhama boit le sang de soji fils. — De pareils crânes vent comme vases d'offrandes dans quelques cérémo religieuses.

Il y a encore :

Le Zagpa « le piège » pour prendre les démons ;

Le Dorje en sanscrit Vardja (diamant). Il se compose huit cerceaux métalliques réunis de façon à former dei ballons ayant pour axe central un bâton cylindrique d les pointes dépassent les anneaux. Il y a aussi des Dordji à un seul ballon ou demi Dordjes,

Le Phourbon t le clou » ; ils sont ordinairement troï réunis en un triangle et attachés à un manche qui se tetf mine par un demi Dordje.

Le Bechon « la massue au bâton pesant » bâton à pea près de la hauteur d'un homme, avec le Trident, TsesouH à un bout et un demi-Bordje à l'autre.

Les Lamaïstes considèrent la confession avec repenti et ferme-propos comme le moyen le plus efficace poai obtenir la rémission des péchés et ensuite une heureuse transmigration.

Les personnages réputés avoir le plus de pouvoir pour procurer cette absolution sont 35 Bouddhas qui ont précédé Çakiamouni, et les esprits saints considérés comme leurs égaux tels que les Hérukas, les Samvaras, etc. Dans les tableaux qui renferment ces 35 Bouddhas, appelés les Bouddhas de la confession, Çakiamouni est au centre et les autres ne figurent que comme des satellites, dont le

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cvÊKL est « sa révérence » Tsong-Kapa. Au-dessous du te flB trouve la déesse Lhamo escortée du dieu de la

Cérémonies particulières pour obtenir l'assistance des dieux,

tans la plupart des cérémonies, la présence d'un Lama ou obligatoire ou très utile pour en assurer ou en augater l'efficacité, et cette assistance est très coûteuse. On it s'en passer pour les libations usuelles aux génies sonnels, à ceux de la maison ou de la campagne et l'honneur desquels on renverse un peu de nourriture de boisson, ou bien on remplit les vases à offrandes >cés devant leurs images avant de manger ou de boire -même. L'aide des Lamas n'est pas iudispensable pour iurer l'efficacité des Daranis et il n'en est pas besoin ur élever des pavillons à prières et faire des offrandes x lieux consacrés que l'on rencontre en voyage.

Ce rite dont le nom signifie « préparer » (les vases) a )ur but la concentration des pensées, ou la méditation ■ofonde. On place devant soi un vaisseau en forme de vase >peié « le vase entièrement victorieux » qui figure i'absaction de l'esprit de tous les objets environnants, et un ûsseau plat « le vase des œuvres, » la perfection dans l méditation abstraite. On pose ces vases, non sur la terre ue, mais sur une étoffe ou un papier où est dessiné un adre appelé « Octogone ; » on remplit les vases d'eau parnmée au safran et on entrelace autour des bandelettes ux cinq couleurs sacrées ; on y met aussi des fleurs ou le l'herbe Kdusa. Le dévot fixe sa vue sur ces deux vases, >eusant aux avantages qu'il tirera de la méditation ; ;e qui le porte à une profonde concentration de l'esprit.

Le cadre octogone est divisé par des ornements figurant des nuages en neuf compartiments sur chacun des-

(éw et des quatre grands rois gardiens.

\ . Rite Doudjed.

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quels est inscrit le uom d'un Dakini ou Yogini, celui « dfl chef des Dakinis » sur la case centrale. Les Dakinis (oà les a vues dans le brahmanisme sous le nom de Yogin» sont des Esprits féminins innombrables animés d'un grande bonté pour les humains. Leur chef la Bogda (dîj vine) Dakini est Sakti de Vadjaradhara et partage ses poli voirs.

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