‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 111 sur 129 · Edifices religieux, lamasseries y etc · texte numérisé non relu

Edifices religieux, lamasseries y etc

3S principaux monuments religieux du Thibet'sont lamasseries parmi lesquelles il faut distinguer les làséries ordinaires et les grandes lamasseries. Les unes es autres ont leur entrée vers l'Est ou le Sud ; dans ce nier cas qui est général en Mongolie, on se propose iter le vent du Nord. La porte d'entrée est de 2 m . au ins au-dessus du sol avec un perron qui y conduit, es lamasseries se composent quelquefois d'une grande ison à plusieurs étages, mais le plus souvent de bàtints isolés réunis dans une commune enceinte. Le rezchaussée n'a point de fenêtres et sert de magasin. Il un peu plus large que les étages ; ceux-ci ont des cons et des fenêtres fermées non avec des verres mais >c des rideaux.

Jne lamasserie ordinaire, c'est-à-dire, qui ne sert point tniversité, renferme, outre les maisons des lamas : 1° le nple ou les temples ; 2° la bibliothèque ; 3° les cuisines, > greniers et les écuries.

Les écuries servent au bétail appartenant à la lamasse- ! ; les greniers reçoivent les revenus en nature de la mmunauté, les dons en céréales et grains, les approvimnements. Les cuisines servent à préparer les aliments i sont fournis aux Lamas certains jours désignés ; la bliothèque est souvent une annexe du temple. Nous avons donc à décrire que le temple et son annexe la bliothèque. La description, que nous donnerons plus in de quelques lamasseries particulières, suffira pour la ^naissance de ces sortes d'établissements.

Nous allons donc décrire les temples et ensuite tous les itres édifices réligieux.

Le temple lamaïque présente à peu près la même dis- )sition que le temple brahmanique. Le plan qui comrend quelquefois un portique en tête a la forme d'un îctangle dont les côtés sont dirigés vers des points carinaux et dont le frontispice regarde le même point carinal que la porte de la lamasserie. Souvent le rectangle st flanqué de trois côtés de chambres latérales, ce qui lui

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donnç la forme de la croix, et entouré d'un portique d'un treillis qui se relie au toit prolongé en saillie sur murs latéraux.

ITy a trois entrées, la principale au front et deux li raies, jamais au fonds. L'intérieur est divisé en trois ties principales : le vestibule, le corps du temple sanctuaire.

Les murs du grand quarré long qui forment le c< sont en terre battue ou en briques crues, blanchis chaux et couronnés par une longue corniche en bois chement peinte.

11 n'y a que peu ou point de fenêtres ouvertes dans murs. Le jour pénètre dans le temple par la porte d f < trée et surtout par le haut par une claire-voie très éle ou impluvium au-dessus d'une nef centrale qui s'élève coupole et est couverte ainsi que l'impluvium d'un t orné de trois pyramides. Les pyramides et le toit qui s dorés font distinguer de loin le temple. Entre la claîi voie et le mur d'enceinte, il y a une terrasse bordée d'i singulier parapet. Sur la corniche qui couronne les m d'enceinte sont empilés, en forme de garde-fou, de pei branchages très serrés et dont toutes les extrémités b unies sont peintes d'un fond rouge et de dessins de div< ses couleurs, ce qui fait un assez bel effet de loin. A cl que angle du bâtiment et au milieu des deux longui faces s'élèvent sur le mur des tourelles surmontées d'étei dards qui sont de deux espèces ; les uns sont de longui perches auxquelles est attachée dans la longueur grande pièce de toile couverte de sentences bouddhi ques ; le vent, en les agitant, récite une prière perpétuelle c'est le Lader. D'autres sont de longs pieux, munis haut d'un cylindre d'éloffe noire sur laquelle se détache: des bandes blanches qui forment entre elles des croix on les nomme Guiel tsen ou étendard royal. Le Thib est le pays des drapeaux, des bannières, des banderoiles de même qu'en Birmanie on les voit flotter au-dessus des' temples d'aussi loin que l'œil peut les apercevoir La terrasse, la claire-voie et le toit central ou coupole, sont sou-, tenus par un système de charpente reposant sur de nom-, breuses colonnes qui divisent généralement l'édifice dans, le sens transversal en trois parties parallèles à la Ion*, gueur et une coupole centrale. Ces colonnes sont vernis-

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Ierôrs chapiteaux bien sculptés sont peints de couécïatantes mêlées de dorures. Dans les grands •les il y a sur les grands côtés du rectangle des ibres annexes pour la conservation des livres et des blés sacrés.

vestibule se compose ordinairement de plusieurs es, quelquefois ouvertes sur le devant, distribuées des i côtés de l'entrée et où sont les 4 rois des Esprits, aradjas, en statue ou en peinture pour gardiens. A place ou à côté d'eux sont les célèbres machines à res.

ae porte conduit du vestibule dans le corps du temple, z semblable à nos églises gothiques, l'extrémité du vaisseau, en face de l'entrée, au Nord tfongolie, à l'Ouest au Thibet, se trouve comme dans temples brahmaniques, le sanctuaire, c'est une chae séparée de la nef seulement par un rideau. Là \e, sous un baldaquin doré, au milieu d'autres statues maints, la statue principale, habituellement Çakiamouni bien la trinité lamaïque toute entière, Bouddha, Avaitessouara et Mandschukri. Le trône est richement ié de bas reliefs peints. Au. pied de ces statues se uve l'autel ou, pour parler plus proprement, la table t offrandes, où se brûlent les parfums et les lampions beurre. De chaque côté de cette table sacrée sont les iquaires ou petits temples en miniature où sont convées des reliques qui restent toujours ainsi exposées à vénération publique.

L'estrade où sont les grandes statues est continuée des ux côtés tout le long des murs du temple jusqu'à la rte d'entrée par une estrade plus étroite et plus basse r laquelle reposent des saints du bouddhisme y compris s bouddhas, bodkisattvas etc., et les déités dont nous ons parlé.

U n'y a point de bancs transversaux dans le temple, ais seulement quelquefois des bancs ou divans longitunaux. Quand les Lamas doivent se réunir pour prier en >mmun, chacun apporte sa petite table à thé, son tapis son livre et Ton se range en deux chœurs se faisant l'un à l'autre dans le sens de la longueur de l'édifice, e chaque côté de la porte jusqu'au fond du temple ; les hefs de la lamasserie occupent des coussins un peu plus

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élevas près des grandes statues. Les simples religieux o leur place marquée par leur grade d'examen.

Le portique ou Véranda fermé ou non à claire-n autour du temple, laisse un étroit passage que les pa rins et les dévots suivent un à un pour faire le touw temple en récitant sur leurs chapelets le Om mani padi Omn et en faisant en môme temps tourner les roua prières fixées sur le côté.

À rintérîeur des temples, les murs sont généraient peints à la fresque, quelquefois entourés de tapis, et toi jours couverts de nombreuses armoiries et images M peintes, soit sculptées ou ouvragées. On y voit, au mon dans les temples les plus beaux et les plus riches, nû seulement les images des nombreux Bouddhas et bodii sattvas, des dieux bienfaisants ou punisseurs, des lama canonisés ou incarnés, — mais encore des représenta tions des légendes et des récits de la vie de Çakiamoufl de ses naissances antérieures dans des corps d'animara de ses douze actions, des différents chemins et séjours d la transmigration, des paradis, des enfers, de l'ensemM de l'univers mystique, des conceptions dogmatiques t métaphysiques, comme . des vertus innombrables d'ui bouddha, des douze racines ou causes de l'existence (>i danas). Ajoutez à cela des ornements en or, en argent e autres métaux, les tapis, drapeaux, écharpes *.

En admirant l'ornementation des grands temples la maïques, Georgi constate que les dessins y manquen de correction, ainsi que nous Pavons signalé dans te peintures et sculptures brahmaniques.

Les piliers, les murs, les toits, même les parterres sodI peints régulièrement.

1 Georgi, Opéra omnia sculpta atque ceelata auro, uhiq^ argentoque collucent. Picturarum sylva tam densa ac spissa est ut parietum tegumenta vel in abdito quovis ardicularom cessu, aliud nihil ab imo ad summum oculis intuentitun exhbéant quam sparcissima Çakya mysteria aliorumque Thibikcorum numinum fabulas, vividis sanè coloribus sêd ainorw» pencillo expressas. Lacunaria et inter columnia velis orn*D* cr pretiosis ac splendidissimis. — Similia sunt quse ad columo^ quadratas et ad parietes ex alto suspensa, sive in crispas Banque deducta undatim defluuut ut divorum imaginibus forœos» et elegantia sorta componant.

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Remarquables par la couleur, les peintures sacrées manquent de dessin, de perspective, et souvent de goût à cause de la bizarrerie des sujets représentés ; mais les oeuvres isolées offrent d'heureuses exceptions ; le père Bue en décrit une très belle.

Les lamas sont les seuls artistes ; beaucoup sont habiles sculpteurs ; les fonderies de quelques lamasseries pour les dieux, les objets sacrés, etc., peuvent rivaliser avec les meilleures de l'Europe ; les Népaliens sont les meilleurs métallurgistes de l'Orient.

Le plus souvent le temple d'une lamasserie renferme la Bibliothèque ; tantôt elle se trouve à l'étage supérieur des petites chambres latérales ; tantôt elle forme une galerie supérieure du vestibule dans l'intérieur de la pagode.

Quelquefois la bibliothèque forme un bâtiment séparé du grand temple ; c'est alors une construction quarrée avec un étage plus étroit que le rez-de-chaussée. Celui-ci forme un petit temple distribué à peu près comme le grand. A l'étage se trouve la bibliothèque, rangée contre les murs sur toute leur hauteur dans de petits casiers de 0 m , 15 de hauteur et 1 mètre de profondeur qui renferment chacun un seul volume de 0 m , 50 à 0 m , 80 de longueur sur 0 m , 10 et 0 m , 12 de largeur et composé de cent à deux cents feuillets épais réunis entre deux planches liées par une courroie. A cause de la grosseur des caractères, du papier et des planches, chaque volume, quoique énorme, contient peu de matière. La bibliothèque ne renferme le plus souvent que le Kandjouo, le Tandjouo etlesBom. Les volumes ne sortent de leurs rayons que deux ou trois fois par an, au moment des prières communes suivies de processions où chaque lama porte un ou deux volumes selon sa force musculaire ou sa dévotion. Le reste du temps ils dorment sous la poussière. Pour les prières particulières chaque lama a son volume ou sa petite collection. Chaque famille aussi a quelques livres de piété dont elle ne fait pas grand usage ; le seul livre qu'on lise est une sorte de roman historique en trois volumes, sur les guerres qui ont eu lieu au Thibet à une époque qui n'est pas très éloignée, notamment sur la conquête Chinoise ; ce qui ne doit pas entretenir des sentiments d'affection pour la Chine,

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Il n'y a point d'écoles élémentaires dans les lamasse*

Ce n'est qu'exceptionnellement que les temples ont cette magnificence que vante Georgi, leur mode grossier, de construction indique une grande simplicité et une grande infériorité par rapport à ceux de la Birmanie.

Outre les temples des lamasseries, il y a des chapelles de prières aux abords de chaque lamasserie, aux carefours et dans les campagnes.

Comme les lamasseries sont toujours séparées du commun, il faut des lieux de prières en dehors. Ce sont de petits temples dont la distribution ressemble à celle des grands, mais dont l'extérieur est bien moins imposant et moins riche. Ainsi, ils n'ont ni claire-voie, ni dôme doré, ni pyramides. Le plus souvent, c'est tout simplement une vaste et haute chambre avec porte-cochère, ayant de chaque côté des chambrettes pour les gardiens, le tout couvert d'une terrasse et précédé d'une cour fermée ou ouverte. Ces temples ruraux généralement entourés de grands arbres ont un aspect assez pittoresque. Ils ne peuvent passer pour des églises de villages, mais plutôt pour des lieux de pèlerinage où peuvent facilement se rendre les villages voisins et les voyageurs. (Desgodins, mission du Thibet), Chorlens ou Kienting. Ils remplacent au Thibet les stoupas. Shlagenweit en donne la description suivante :

Un Chorten se compose d'un cube en maçonnerie sur lequel repose une coupole renversée, formant la partie essentielle ; dans cette coupole est creusé un escalier qui conduit à la place pour les offrandes. La coupole est couverte soit d'un cône en pierre soit d'une pyramide en bois surmontée d'un disque horizontal et d'une pointe en forme de poire, ou bien d'un croissant supportant une sphère avec la poire au-dessus.

La sphère est très grosse, creuse ; on y renferme des livres, un peu d'argent, des objets de piété, des armes, etc. De cette boule sort une longue poutre fixée dans la base cubique, peinte en rouge et grossièrement sculptée, terminée invariablement par un croissant renfermant une petite boule. Les Chortens sont censés renfermer des Reliques de Bouddha ou des saints.

Il y en a de fort grands dont la base a 7 à 8 mètres de

nés.

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■té. Les petits ont de 3 à 4 mètres. On en fait le tour ou ■n passe dessous la coupole pour acquérir des mérites. ■Ce type est adopté exclusivement dans le Bouttan et le vkim ; on le trouve partout au Thibet, mais non excluwement. Il y a aussi des Ghortens en forme de tours, de Bramides, etc.

■Chaque famille a, sur son toit, sa petite pyramide tronliée de 0 m , 80 à 1 mètre de hauteur, avec base carrée de ■, 40 à 0 m , 50 de côté. Elle est formée d'un châssis en lis terminé par une corniche, rempli de pierre et de lue, et blanchi à la chaux. Au-dessus est un faisceau de Bines bambous, d'ajoncs et d'autres branches fichées ■ns la base et auxquels sont suspendus des morceaux de Ile de diverses couleurs couverts de sentences bouddhistes. C'est là que repose le génie tutélaire de la maison. Inssi, au pied de cette pyramide, se trouve toujours un ■lit fourneau où, chaque matin, un habitant de la maiin doit venir brûler des branches de cyprès en guise ■encens et réciter en chantant quelques formules de ■Éières, afin d'obtenir un heureux jour.

Song-sa. Le sommet du monticule le plus voisin d'une lamasserie ou d'un village est toujours consacré au même uscige. Le vent, en emportant la fumée, répand les prières et les mérites sur une vaste étendue de pays. Parfois il y a dans ce lieu un petit bouquet d'arbres sacrés ou une petite pyramide semblable à celle des maisons avec un foyer dans là base, le plus souvent, ce n'est qu'un simple amas de pierres. Au moment où l'on brûle les branches odorantes, les lamas ou les sorciers laïques qui président à la cérémonie sont assis et lisent des livres en battant du tambour ; les hommes du peuple qui accompagnent tournent autour du foyer en poussant de grands cris et tirant des coups de fusil, pour écarter les mauvais génies.

Les Manis ou pierres nobles sont propres au Lamaïsme et ne sont connues qu'au Thibet et dans l'Himmalaya; ce sont des bornes, des murs, des massifs de maçonnerie et même des colonnes sur lesquelles on grave la formule mystique et que l'on place dans les lieux du plus facile accès et les plus fréquentés. Ils ont quelquefois 10 à 20 pieds de haut, 6 à 12 de large et une longueur de 1000 pas. Ils sont alors parallélipédiques et couverts, sans pàr-

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1er des inscriptions, de bas reliefs et de statues de sai et enfin dominés par des tours pyramidales.

Communément ces piètres nobles sont d'un type f simple auquel on donne le nom particulier de Do-bo 100,000 pierres. Il consiste en un prisme à base cai d'un mètre au plus de hauteur, fait au pourtour grosses pierres non taillées et à peine reliées par de boue et, dans l'intérieur, d'un mélange de boue et pierres.

Au-dessus du prisme sont deux larges gradins en traite couverts de plaques d'ardoise sur chacune de quelles est gravée en caractères de 0 m , 30 de haute Tune des lettres de la formule sainte. Ces pierres rangé en ordre forment la formule entière, qui est ainsi répété des dizaines et des centaines de fois sur le même D bong. Parmi ces pierres, on en trouve aussi qui sont co vertes de petits caractères de 0 m , 03 à 0 m ,04 seulement ce sont des pages entières de livres qui ont été ainsi gra vées. On trouve aussi des images de Bouddha représen 1 sous plusieurs formes et entouré de fleurs symboliques. Souvent les grandes lettres et les images de Bouddha sont peintes de vives couleurs sur un fond blanc qui recouvre le resle de la pierre. A l'entrée et à la sortie des villages ces Do-bong se trouvent réunis sur une même ligne au nombre de 4, 5, 10 sur les routes qu'ils indiquent fort bien. Ils sont généralement espacés à de petites distances. On doit par respect passer d'un certain côté du Do-bong.

Ce sont quelquefois des lamas pauvres, le plus souvent des mendiants qui gravent ces pierres à vil prix.

Il y a une autre espèce de Do-bong plus simple encore, on ne le trouve qu'au sommet des montagnes et des monticules, au milieu de la route où il forme quelquefois obstacle. Il est composé uniquement de pierres ordinaires, généralement assez petites, ramassées par les voyageurs le long de la montée pour être jetées sur les autres en arrivant au sommet. Cela est considéré comme un acte méritoire de piété et de mortification.

On sait que Ton inscrit sur tous les rochers la fameuse formule ; on connaît les moulinets à pierre mus par l'eau et par le vent, et les cylindres à prière que f< nt tourner les dévots. Chaque tour équivaut à une récitation des prières ou daranis inscrits sur le cylindre. Les ponts de

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e ffrour le passage des rivières et des torrents ont lé Vidée de ponts de prières perpétuelles. Ce sont de îs 'Cordes en bambou tressé qui traversent une vallée e ^jaontagne à l'autre où elles sont fixées fortement à tjri$**cs d'arbres ou de solides pieux. Elles sont élevées leÉÈ&us du fonds de la vallée de 10 à 18 mètres, suivant îe^idents du terrain. Tout le long de la corde sont atié% des morceaux de toile grossière sur laquelle sont rignés des caractères thibétains. Le vent en les agitant telles prières,

[entionnons encore les arbres de bénédiction, mâts ou gofes perches sur lesquels est l'inscription : Om mani iwfè oum.

Ltqsi, en tout lieu et en tout temps, le Lamaïste est enré «Tobjets consacrés à la prière et qui le rappellent à pensée du salut. Malheureusement à cette pensée se île pour les ignorants, qui sont en si grand nombre, lée superstitieuse de la lutte contre les mauvais esprits nt ils ont plus peur que du péché en lui-même. Lia sentiment moins susceptible d'adultération superstiîuse est le culte ou la vénération pour le Bouddha enatenue par ses statues et images.

Ces images sont reproduites en nombre incalculable ms les Tsa-tri. Ce sont des cubes, cônes, ou médaillons i terre glaise bien pétrie et pressée dans un moule en livre fondu, puis séchées au soleil sans être cuites et issées à la chaux. Elles ont de 6 à 7 centimètres de auteur avec 3 ou 4 centimètres de diamètre ou de côté, ouddha est représenté en miniature sur la partie supéeure ou sur les faces. Le dévot qui en fait les frais, les tablit à l'entrée ou au milieu du village sous un hangar ui porte le nom de Tsa-kong, maison à Tsa.

Les monuments religieux les plus remarquables se rouvent à L'hassa. Au centre de la ville s'élève le Mourou, a maison des offrandes, gigantesque lamasserie disposée lUtour d'un temple, le plus ancien de L'hassa, le S l -Pierre Lamaïsme.

Devant la porte monomentale de la lamasserie qui fait 'ace à l'Est, se dresse l'obélisque au pied duquel a été conclu le traité de paix et d'amitié entre la Chine et le

Au pourtour, il y a beaucoup de bâtiments accessoires

Thibet.

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ou annexes, des magasins, des salles d'études, etc. Al étages supérieurs sont les demeures des plus hauts fou tionnaires de l'Etat. Il y a aussi le palais du Gouvern ment qui contient les Ministères et forme la Résidence <j Régent. C'est là que, dans toutes les grandes occasions, réunissent avec le Dalaï-Lama, les Résidents Chinois qui h bitent un de ses palais dans la principale rue <j L'hassa.

Le tout est entouré d'un mur d'enceinte sur lequ< s'élèvent un grand nombre de stoupas ou tours bou<] dhistes qui, comme le grand temple, sont couvertes d plaques dorées.. Aucune femme ne peut demeurer la nui dans cette enceinte ; cette défense se retrouve dans beau coup de lamasseries.

La partie centrale du temple faisant suite au vestibul a la forme d'une basilique et est divisée par des colonne fort admirées en trois vaisseaux dirigés suivant la Ion gueur et deux vaisseaux en travers.

Le vaisseau longitudinal du milieu ou suivant Taxe l nef), reçoit le jour d'en haut par une claire-voie en cire La lumière, qui pénètre ainsi, se répand dans tout le tem pie qui n'a pas de fenêtres latérales.

Chacun des vaisseaux latéraux (bas -côtés), est flanqd de chapelles et niches transversales.

Les deux vaisseaux transversaux forment le fond du temple et sont séparés des vaisseaux longitudinaux par une grille ou treillis en argent C'est dans les cérémonies ordinaires la place des religieux inférieurs.

Du vaisseau transversal le plus reculé à l'Ouest, un escalier conduit au sanctuaire. En montant, on voit sur la gauche, derrière une grille formée de barres d'argent, des plaques d'argent massif enchâssées d'innombrables pierres précieuses et couvertes de représentations tirées de la dogmatique et de la mystique bouddhique : la cosmogonie bouddhique, le cercle de la transmigration avec les différents séjours et sièges, etc.

L'escalier débouche dans un vaisseau transversal qui a autant de colonnes que les deux inférieurs' ensemble et qui forme le vestibule du sanctuaire. Ce dernier est un quarré dans les côtés sud et nord, duquel débouchent deux chapelles. Au milieu du quarré est la place d'un au-

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l'on ne dresse cependant que dans certaines occà-

le côté ouest du quarré, au fond du sanctuaire et iple s'ouvre la Chapelle carrée qui contient la sta- Bouddha. Dans celle-ci, à droite de la statue, it le trône du Dalaï Lama et de l'empereur de r t tous deux très hauts, très richement ornés et sur îls sont cinq coussins pour les plus hauts dignitaires [ues. A côté, se trouve le trône à peu près pareil du tchan rin pothsa. Ensuite viennent, suivant leur rang, Sges des Ghutuktus et autres incarnés (deux fois Les in Khan po's (lettrés), et tout le haut clergé non lé ont leurs sièges dans le vestibule du sanctuaire, létriquement au trône du Dalaï Lama, du côté opest le siège dù Roi de la Loi, moins élevé que ceux :ands Ghubilgans, mais plus haut que tous les auderrière sont les sièges des Ministères au niveau de des Lamas ordinaires. A l'extrémité ouest de la Chadu fond se trouve le grand autel qui présente plutables ou paliers étagés. Le plus haut est occupé îdes statuettes en or et argent massif de dieux et de sur les plus bas, comme toujours sur les autels ttddhistes ; il y a des lampes, des èoëtes à encens, des fcpes pour les offrandes, des cônes de pâte et de beurre, ^beurre est un souvenir brahmanique). Derrière une Ue d'argent dorée s'élève la colossale statue du Bouddha fikiamouni richement dorée. C'est, dans la pensée des gryanls, la plus grande, la très sainte statue existant tr elle-même que le roi Srong b Tsan ss Gann a élevée jmême.

£1 y a un nombre infini d'autres statues dans une salle jsrticulière qui prend le nom de « Statues des déesses » i |fcre autres celles des personnages historiques qui ont fèn mérité de la Religion, comme le pieux roi et ses £\ix épouses qui ont été canonisées, puis celle de Ten- &yé qu'il fit partir pour la Chine pour en rapporter les Jatues et les livres saints, et ceux des pèlerins Chinois, «tamment Houen-Tsang maître dans la Loi. Ce temple

* II est impossible de ne pas voir dans les dispositions qui Précèdent une imitation des Eglises Chrétiennes, sans doute de fclles qu'ont eues les Nestoriens dans la Chine.

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renferme une foule de choses précieuses et saintes qt Ton expose, tous les ans, au commencement du 4* md chinois. , A quelques centaines de pas se trouve une autre gran< Lamasserie dont le nom signifie : Tombeau de la pru cesse (chinoise) Ventsching. Le temple a trois étages à perposés et magnifiquement dorés. La principale statt après celle de Çakiamouni est celle de sou plus jeua frère Nanda, considéré comme celui qui a le plus de poj voir pour effacer les péchés. Les lamas, qui y demeuretil s'appliquent particulièrement à amortir leurs passiol par le spectacle d'objets obscènes et dégoûtants. Dan cette vue, leur temple possède une représentation plas tique de 32 positions pour l'union charnelle, devant la quelle ils font leurs exercices spirituels. Ce sont, san doute, les 32 positions enseignées dans le Calampagam livre des Sciences d'amour, encore aujourd'hui fort ei honneur dans l'Inde même parmi les brahmes ; et leu représentation fut originairement un emprunt peu chasU fait au civaïsme et auquel, sous l'influence de la réform< de Tsong-ka-pa, on a donne plus tard un emploi exclusi vement mystique. Gela rappelle, mais avec inflnimen moins de naïveté et de charme, quelques sculptures d< nos cathédrales gothiques et le premier péché (il primi peccato) du dôme de Milan. Nous avons vu plus haut qu< cette pratique entrait dans le Mysticisme bouddhique, ce qui explique le texte suivant de Georgi (223) : Non seme< délia Penna di Belli Lhamam deprehendit en cœnobio qui défais intentisque oculis consangvineam pvellam contemplabatur. Ubi veto se obtulit occasio, de hujusmodi contemplatif nis génère sciscitatur hominem. At ille « abi », inquit, € exotice y santa perfectionis nostrœ mysteria, nec capis, nec ca* pire potes.

Ce qui confirme cette explication, c'est qu'on fait dans cette lamasserie des cours de magie et qu'on y passe des examens pour acquérir le grade de docteur des exorcismes ou conjurations. On y suit la règle du chinois Mahajana Hoschang qui, au vm e siècle, sous le roi Khri Strong, propagea beaucoup le Bouddhisme. D'autres lamasseries sont attachées à la même règle.

Tout près et au Sud-Est de la Lamasserie de Potala, résidence du Dalaï Lama, se trouve une grande lamasserie,

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u* ancienne du Thibet, réputée le Boulevard de la e fftouge à laquelle elle est restée toujours attachée, a compte dans le district de L'hassa jusqu'à 30 granlaapbasseries dont les trois principales renferment près SJÔOO Religieux. L'une d'elles est appelée le couvent lÉflaagols. C'est là que les Lamas Mongols viennent e $&urs études.

tas» les provinces de Kham et Tsâng, il y a 80.000 reliraiifentretenus aux frais de l'Etat, cu^la route de la Chine (Koëppen), on rencontre trois ndès lamasseries dont la principale est celle de imbo, capitale de la province de Kham qui a, pour souraij* temporel, le supérieur de cette lamasserie. Cellepar exception, est un véritable couvent où résident KX> religieux.

Il y a aussi une grande lamasserie sur la route du Neul. Un grand nombre de lamasseries ordinaires des îux sexes sont répandues de L'hassa au Népaul. À trois jours de marche de L'hassa et à un jour de ounboun, on rencontre dans une île formée au confluent e plusieurs fleuves, un très beau Couvent de Nones où Isïàe une Chutuktissine, une incarnée, qui se rend queluefois processionnellement à L'hassa où on lui rend de rands honneurs.

Au Thibet et en Mongolie, ce sont presque exclusivement des veuves qui embrassent l'état religieux ; probablement celles qui ont été stériles dans un premier maiage, car les autres se remarient très vite.

Les couvents de femmes au Thibet et en Mongolie sont >resque toujours au pied des montagnes, dans des vallées iésertes. C'est là un choix fort judicieux pour empêcher la médisance.

Bien que cloîtrées, les Religieuses peuvent recevoir le jour la visite des hommes, mais jamais la nuit. L'infraction à la règle du célibat est punie par l'expulsion du couvent. Si le complice est un religieux et s'il n'est point profès, ni la Religieuse, i!s doivent se marier ensemble. En cas de refus, le Religieux reçoit la bastonade publiquement. C'est du moins la règle plus ou moins bien observée.

Le costume des religieuses est le même que celui des Lamas.

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Sur les bas-reliefs de Santchi qui donnent la plus ft représentation du costume religienx, le manteau N'ones, de même que celui des hommes, laisse décow le sein droit. 11 ne faut pas y voir une indécence, plutôt une marque de la supériorité attribuée à l'état ligieux. Dans les idées Indiennes, les femmes qui en son de leur caste (infime), vont les seins nus, les voil par respect pour un supérieur quand elles sont en sa sence, et le nombre de ceux auxquels ces femmes doi le respect est très grand.

La lamasserie la plus renomméé du Thibet pour éludes depuis la réforme de Tsongkapa est celle Khoumboun, la seconde capitale religieuse du Thibet le pays d'Ando habité par les Thibétains Orientaux, teurs nomades à l'instar des Mongols. D'après le tém gnage des frères Capucins au commencement du xvrii 6 si cle, on confiait l'éducation des Dalaï Lamas mineurs ara Lamas de Khomboun réputés alors les plus avancés en spiritualité, les plus profonds et les plus savants de tout le Thibet, y compris même la Capitale.

Les lamas sont censés étudier toute leur vie ; néanmoins, ils sont divisés en quatre facultés :

Celle de mysticité, qui comprend les règles de la vie contemplative et les exemples des Saints;

Celle de lithurgie ; celle de Médecine comprenant la pharmacopée. Les lamas médecins étudient et apprennent par cœur le traitement de telles maladies ; ils pratiquent la saignée et emploient des ventouses : ils examinent avec beaucoup d'attention l'urine des malades ; celle de magie :

Les lamas magiciens occupent une place à part et presque à l'extérieur des Lamasseries comme les dieux gardiens et les Dragsheds dans les temples. Ils appartiennent à la Secte Rouge, peuvent se marier et sont regardés comme des gens exerçant un métier plutôt que comme des religieux.

Les ouvrages qui servent à renseignement des prières forment treize catégories qui sont comme autant de degrés dans la hiérarchie. Le rang de chaque religieux et la place qu'il occupe au chœur, dépendent de la série à laquelle il est arrivé. On voit de vieux Lamas au dernier rang et de très jeunes aux premiers.

Les examens pour les divers grades se passent devant

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