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p?3&d Lama de Koumboun qui est un Ghubilgan, un idçfha vivant ; ils consistent uniquement dans la réci- Lixrif par cœur des livres assignés.
-.es cours se font dans une enceinte à ciel ouvert où les idr&nts réunis sont exposés à toutes les intempéries. De* lamas censeurs, armés d'une barre de fer avec laelle ils frappent quelquefois, font observer le silence. >rès que quelques lamas ont récité la leçon, le profesar donne des explications sur le texte. On termine par le thèse ou controverse qu'un étudiant désigné à avance soutient sur tout sujet même puéril qu'on lui opose, de omni re scibili. Le vainqueur est porté en iomphe sur les épaules du vaincu.
A certaines époques de Tannée, le grand Lama supéeur vient donner des explications officielles des textes tcrés ; ces commentaires font autorité.
Des lamas satellites armés d'un gros fouet font la police ans les rues de la lamasserie qui, comme la plupart des amassries n'est pas un couvent. Des lamas juges conaissent des affaires graves de discipline. La faute la plus égradante, la plus irrémissible est le vol. Le larcin le lus petit, le plus insignifiant est puni de l'expulsion et le la marque au fer rouge sur le front et les deux joues.
C'est là encore un trait de différence à remarquer entre es Religieux bouddhistes du Nord et ceux du Sud de 'aire géographique embrassée par le Bouddhisme. Pour :eux du Sud, la faute la plus grave est la fornication lont ne s'abstiennent guère les Lamas.
Les règlements interdisent aux Lamas l'usage de l'ail, de l'eau-de-vie et du tabac à fumer. Il paraît que beaucoup d'entre eux transgressent en cachette ces défenses. Bien qu'ils soient soumis à une même discipline, on ne peut dire que les Lamas vivent en communauté comme les moines chrétiens ; on trouve parmi eux tous les degrés de richesse et de pauvreté ; leur temps et leurs occupations ne sont point réglées uniformément comme ils le sont dans nos couvents.
On a vu du reste, dans la vie du Bouddha, que l'ordination n'entraîne point de vœux perpétuels, ni même temporaires, mais seulement certaines prohibitions sous peine d'exclusion. Le vœu d'obéissance, le plus dur peutêtre pour le moine et pour le prêtre catholique, n'aurait
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même pas de sens pour le religieux bouddhiste qui obé! à des règles et non à des supérieurs et dont la liberté 4 l'indépendance d'esprit sont à peu près illimitées- Il e\ vrai que tous les trois mois, l'administration de la Lî masserie fait indistinctement à tous les Lamas qui y soq attachés, une distribution de farine qui est loin de leu suffire. On partage aussi entre les Lamas les offrandes vo lontaires des pèlerins qui se rendent en très grand nom bre à Koumboun ; mais comme les parts sont proportion nées aux grades, les Lamas de dernier ordre n'ont pas 1< nécessaire*
Il en est qui nourrissent des vaches et vivent de leui produit ; d'autres ont des métiers et confectionnent toui ce qui appartient au costume des Lamas ; d'autres son! marchands, industriels ; d'autres enfin, impriment ou transcrivent des livres lamaïques. Une grande imprimerie est attachée à la Lamasserie. Il y a des lamas bouviers qui parcourent les campagnes, pour ramasser la fienie de vache ou de chameau, laquelle sert de combustible,
La lamasserie d'été ayant été menacée d'une attaque de brigands, tous les lamas de Kounboun prirent les armes pour la repousser 4 .
Tous les lamas attachés à la lamasserie doivent porter les habits sacrés : la robe rouge, la petite dalmatique sans manches et laissant le bras à découvert, l'écharpe rouge et la mitre.
Le 28 de chaque mois se fait la cérémonie des prières nocturnes, instituée pour chasser les démons qui désolaient le pays, causant des maladies aux bestiaux et jetant le désordrç partout. « Aujourd'hui que les démons ont disparu, on y croit à peine », dit le père Hue, « et les Bouddhistes instruits expliquent que les démons n'apparaissent qu'aux mauvais Lamas ».
Evidemment, on ne maintient cette fête que pour ménager la superstition populaire. Grâce au système de compromissions pratiqué par le Bouddhisme, la religion du
1 Ainsi que l'indique son nom, cet établissement est une succursale où un certain nombre de Lamas viennent passer Tété à la campagne. Elle avait été assignée pour habitation à la mission des Lazaristes, Hue, Oabet, etc. pendant leur séjour à Kounboun en 1842.
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pie au Thibet est restée la croyance aux génies bien > qu'elle n'est devenue la foi dans les trois Joyaux, ette fête est d'un bel effet ; à une certaine heure de mit les Lamas apparaissent sur les terrasses illuminées mombrables lanternes rouges et chantent quatre mille semble, avec accompagnement de trompettes et de conïs marines.
I y a aussi la fête des voyageurs. Les lamas se rendent * les terrasses et passent la nuit à réciter des prières Lranis protecteurs des voyageurs) et à lancer des che^ ix en papier dans toutes les directions. Cet envoi est nsé .procurer aux voyageurs les chevaux dont ils auront soin en route pour arriver à destination. C'est une mafestation, une expression figurée de vœux charitables ur des hommes exposés à de réels périls.
En Mongolie, les lamasseries sont toutes construites en rre ou en pierre, les maisons des plus pauvres lamas ulement sont en terre ; mais elles sont toujours si bien anchies à la chaux qu'elles ne contrastent pas avec les itres.
Les temples ont assez d'élégance et beaucoup de soliité, mais ils paraissent toujours écrasés. Aux environs e la lamasserie s'élèvent, avec profusion et sans ordre, es tours ou des pyramides élancées reposant générale tent sur des bases relativement très larges.
Les temples ne se rattachent à aucun ordre d'architecîre. C'est toujours un bizarre système de baldaquins îonstrueux, de pérystiles à colonnes torses et d'intermiables gradins. Au fond, à l'opposé de la porte d'entrée, st la table d'offrandes, espèce d'autel en bois ou en lierre en forme de cône renversé qui supporte des staues de Bouddha de grandeur colossale, presque toujours issises.
Les statues reçoivent des offrandes perpétuelles de lait le beurre, de vin Mongol et de petit millet. Aux extrémités de chacun des gradins de l'autel sont des cassolettes qui brûlent nuit et jour des plantes aromatiques. Au-dessus de la tête des statues, de riches étoffes de soie chargées de clinquant et de broderies d'or forment comme de grands pavillons d'où pendent des banderolles et des lanternes en papiers peint ou en cire fondue,
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La doctrine religieuse que le père Hue prête aux lamas les plus instruits du Thibet est celle du premier Vedanta (nom dualiste), l'émanation ; en remplaçant le mot dm Brahma par celui de Bouddha, avec l'incarnation en plusj « Bouddha est éternel, ses manifestations aussi sou éternelles, mais en ce sens : qu'il y en a eu et qu'il y es aura toujours, bien que, prises à part, toutes doiven avoir un commencement et une fin. »
Si le père Hue a bien compris les Lamas, on doit ad^ mettre que le Lamaïsme est revenu complètement à ta théodicée brahmanique. Sa supériorité reste uniquement dans l'addition de la morale bouddhique. Nous avons déjà vu d'ailleurs que telle est aussi la religion de la plupart des Bouddhistes du Nepaul, pour qui TAdibuddha est l'être suprême.
Cette conception de la divinité prête évidemment beaucoup moins au développement des sentiments religieux et de la piété que celle du Dieu absolument personnel, providence, infinie bonté, justice infinie.
Toutefois pour le commun des fidèles qui sentent plus qu'ils ne raisonnent, le Bouddha considéré comme 1% source de tous les êtres pour lesquels il est animé d'unç compassion sans bornes, présente à peu près la mêmfc. idée que celle du Dieu providence, de notre père qui est dans le ciel. Considéré comme ayant vécu sur la terre etj même y vivant de nouveau par des manifestations sans fin dans lesquelles il sert aux hommes de précepteur et. de modèle de magnanimité et de sainteté, il offre près* que l'image du Christ. D'après le père Hue, les Lamas Thibétains disent « que Bouddha prend un corps humain et vient habiter parmi les hemmes afin de les aider à acquérir la perfection et de leur faciliter la réunion à l'âme universelle. C'est donc le Brahma absolu, avec ridée Vichnouviste des incarnations, née de la nécessité de mettre en rapport l'homme contingent avec l'être absolu, et modifiée par le Bouddhisme dans un sens de bonté et de miséricorde où, pour nous servir du langage chrétien, dans un sens de rédemption. Les Bouddhas et Bodhi- ' sattvas donnant leur sang pour le soulagement des êtres quelquefois les plus féroces, ne sont-ils pas à un certain degré des rédempteurs ? La délivrance finale des Jirahmes et des Bouddhistes et la délivrance finale universelle à la
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des • temps , des Mazdéens ont paru aux théosophes ïns nécessaires pour concilier soit l'absolu divin, soit ustice divine avec des attributs de bonté et de misériie qui s'imposent à notre cœur et à notre foi. lette bonté, cette miséricorde sont des qualités entièîent relatives, toutes humaines, susceptibles comme quantités d'augmentation et de diminution ; le juste l'infini qui s'imposent à notre esprit sont absolus. Lel sera le trait d'union entre ces contraires qui sem- ?nt s'exclure ? pour les Brahmes, ce fut l'incarnation, ur les Bouddhistes, l'incarnation et la rédemption ; ur les Mazdéens, le péché originel qui se trouve dans irs légendes et la conversion finale d'Ahriman et de îs les pécheurs après l'expiation des péchés et la puri- :ation des souillures.
De toutes ces conceptions théosophiques, celle du Boudlisme Thibétain telle qu'elle a été expliquée aux Laza- >tes par les Lamas les plus instruits est celle qui se ipproche le plus du Christianisme. En tenant compte es différences qui résultent du génie des races, des présents et des milieux ambiants, on s'explique que le suddhisme ait produit au Thibet un état religieux et soal assez semblable à notre Moyen âge.
Partout les Lazaristes ont trouvé en 1842 chez les Lalas le meilleur accueil, la plus obligeante hospitalité et on seulement la tolérance, mais le désir sincère de 'éclairer au sujet de la religion et d'apprendre sans arti pris, ainsi que cela est prescrit aux religieux Boudhistes. Ils doivent étudier les religions étrangères dans et esprit. Au reste, à toute époque, et dans tous les pays )ù la lutte religieuse n'avait pas dégénéré en violences éciproques, les missionnaires catholiques ont été accueillis avec distinction et sympathie par les Religieux bouddhistes aux yeux desquels est sacré l'état d'hommes le prières observant le célibat. Pour les Orientaux, le célibat est le caractère essentiel de l'état de clerc et le plus haut titre à la considération *.
1 Manou, v. 56. Ce n'est pas une faute de se livrer à L'amour dans les cas où il est permis ; mais s'en abstenir est très méritoire*
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I/idée de l'excellence de la continence, née da l'Inde, a imprégné tout l'Orient, et ensuite le Christ nisme. Aujourd'hui que la religion et la civilisation vc de TOccident à l'Orient, à l'inverse de ce qui a eu li dans l'antiquité, le célibat des prêtres est le plus ha titre de recommandation du Catholicisme en Orient sera sans doute une des causes pour lesquelles il rei placera dans leur berceau les religions Indiennes.
C'est seulement une question de temps, pour l'Inde j Tlndo-Chine déjà enlacés de toutes parts par la civil sation Européenne.
Les pays Lamaïstes où le Monachisme, en se développai démesurément, a perdu une partie de la rigueur de s règles, au point que les Lamas rouges sont mariés, pa seront facilement à la Religion Orthodoxe, lorsque 1< Russes leurs voisins, déjà attendus, en prendront possa sion. Cette religion, d'ailleurs, a des moines aussi bie que des prêtres mariés.
Grâce au parti à la fois très habile et très libéra qu'avaient pris les Lazaristes de porter le costume lA maïque (1842), ils reçurent les visites des Lamas les plus éminents ; entre autres celle d'un vénérable Guisoifc Tamba d'Ourga qui connaissait déjà le Christianisme pal ses rapports avec les Russes. Il témoigna le plus granl respect pour eux et pour nos Livres saints. Gagnés par seS manières et ses paroles toutes sympathiques, nos Missionnaires se seraient laissés aller à l'aimer, s'ils n'avaient cru trouver dans l'expression de ses yeux quelque chosi de diabolique. C'était peut-être quelque singularité physique, comme les linéaments que le père Hue a vus surl'arbre aux mille caractères thibétains, né à Koumboua de la chevelure de Tsong-ka-pa.
Les lamasseries les plus célèbres visitées par les Lazaristes en 4846 sont en Mongolie, celles de la Ville Bleue, de Tolon Noor et de Ci-ho-cal.
Dans la ville Bleue, capitale de la Mongolie du Sud, résident environ 25.000 Lamas attachés à cinq grandes Lamasseries qui en comptent chacune près de deui; mille et à d'autres Lamasseries moindres. Il y a en outre,
Les Mazdéens enseignent tôut le contraire.
C'est vraisemblablement une question de climat.
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ville, un nombre incalculable de Lamas venus 'occuper de commerce et de maquignonage. Dans tasserie principale dite des Tours, réside un grand Chubilgan, second patriarche de la Mongolie ; il oca place où trônait autrefois le Guison Tamba avant Lsfert de sa résidence au grand Kourren.
lamas qui affluent de tous les pays Mongols dans lasseries de la Ville Bleue s'y fixent rarement, avoir pris leurs degrés dans ces sortes d'univerils s'en retournent chez eux, car ils aiment mieux ttits établissements qui se trouvent disséminés en nombre dans la Mongolie et où ils sont plus libres, [uefois ils résident dans leur propre famille, occuirame les autres membres à la garde des troupeaux, lia classe des Lamas à domicile ; ils n'ont guère de |>eux, dit le père Hue, que leurs habits, jaune ou
a encore la classe des Lamas nomades qui vont de lasserie en Lamasserie et s'arrêtent chemin faisant (toutes les tentes qu'ils rencontrent et où on leur le toujours l'hospitalité. Ils parcourent tous les pays Ihistes et même l'Inde et le Turkestan. Ils forment lien entre ces différents pays, comme les Pèlej le faisaient au Moyen âge entre les Chrétiens et te le font aujourd'hui les Pèlerins de la Mecque les Musulmans.
lamas réputés habiles comme médecins ou diseurs fnne aventure gagnent de l'argent, mais comme ils
dépensiers, bien peu deviennent riches.
'Tolon Noor (en Mongol cent huit couvents) sont lenses ateliers qui envoient dans tous les pays Idhistes, des statues, des cloches et divers vases em- Is dans les cérémonies bouddhiques. Le père Hue y statue colossale de Bouddha en métal, composée nèces portées par des chameaux et qui devaient être Lées ensemble au lieu de destination.
Jies lamas lui parurent peu instruits et peu au-dessus [vulgaire pour la pureté de leurs croyances. Leur docsemblait toujours indécise et flottante au milieu vaste panthéisme dont ils ne pouvaient se rendre îpte. Les disciples des Lamasseries, lorsqu'on leur deîdait quelque explication, se rejetaient sur les Mai-
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très, les Maîtres sur les grands Lamas, et ceux-< s'avouaient des ignorants par rapport aux Saints des la masseries fameuses du Thibet. Quand on leur exposait ■ Christianisme, tous, sans discuter, disaient : « La doe trine vient de l'Occident (de l'Inde), nous n'avons pas m; toutes les prières ». Il n'y avait pas dans toute la Mofl golie une seule lamasserie de quelque importance don! le supérieur ne fût venu du Thibet. Tout lama qui étafl allé à Lhassa était considéré comme y ayant acquis des lumières presque surnaturelles.
Dans les lamasseries qui suivent bien leur règle, ce qui n'est pas le cas le plus général, les religieux se réunissent trois fois par jour le matin, à midi et le soir, pour des prières en commun auxquelles les laïques ne prennent pas part.
A l'appel d'une conque marine qui s'entend de fort loin, ils se rassemblent dans la grande cour intérieure avec le chapeau et le manteau de cérémonie. Quand le supérieur a pris place sur son siège, ils se prosternent chacun trois fois devant lui et vont prendre sur les nattes ou divans la place qu'assigne à chacun son rang ; ils restent assis les jambes croisées, toujours tournés en chœur, c'est-à-dire face à face. Après une courte récitation de prières ou de formules, commence une psalmodie sur un ton grave et mélodieux de versets métrés et cadencés, j
La psalmodie thibétaine n'est pas à deux chœurs ni sur le recto tono comme celle qu'on entend parfois dans nos églises chrétiennes ; les religieux lisent en même temps des paroles, le plus souvent différentes, afin de multiplier les prières et leur efficacité, mais dont le rhytme est le même, sur un ton saccadé intermédiaire entre le chant et la lecture.
Dans certaines occasions, les tambours et les cymbales accompagnent en marquant la mesure. Si le rhytme vieut à changer, la cadence de la récitation et la mesure changent aussi. Chacun des trois offices quotidiens ordinaires