‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 116 sur 129 · MF · texte numérisé non relu

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estrade est préparée pour servir de table d'offranit chargée des offrandes ordinaires, et en outre d'un plat contenant des figurines en pâte. En avant est haud allumé ; de chaque côté du réchaud, des tadevant chaque tapis un gros volume posé sur une table longue, très basse. Enfin, deux ou trois tam- , chacun maintenu verticalement par un cercle et creux de paille ficelée dans lequel il s'emboîte que le son soit gêné. Celui qui bat un tambour le nt aussi de sa main gauche au moyen d'une petite oie cousue sur un bord ; Tunique baguette est for- $ d'une tige flexible de rotin, courbée en demi- cercle ressemblant à une grande faucille ; elle est garnie à extrémité d'une pomme de chiffons recouverts de . Enfin, il y a une grosse sonnette à droite du Lama aident, et des cymbales près de ses deux voisins, es prières commencent vers il heures, et durent ites jusqu'au soir, sauf trois interruptions pour les re- Quelquefois elles durent plusieurs jours. C'est fcacte répétition de l'office ordinaire que nous avons erit.

FÀu coucher du soleil a lieu l'expulsion des esprits mallisants et l'offrande par le feu qui fait obtenir tous les liens.

Le lama président, la mitre en tête, le livre des prières st daranis aux mains, se place au fond de l'estrade ; des ïeux côtés, sont les musiciens en demi-cercle ; le réchaud ittisé projette une grande flamme. Les hommes de la maison et les voisins invités se rangent en bataille sur le bord du toit de la maison, le sabre à la main ou le fusil ehargé et la mèche allumée, au bras ; de jeunes garçons dont l'un porte un grand sac et une chaîne parcourent la maison et les maisons voisines pour chercher et enchaîner les mauvais esprits.

Le président agite sa sonnette, tous les instruments jouent et tous les assistants poussent des cris* — Puis le président accompagné seulement des tambours et des

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cymbales récite les exorcismes sur un ton plus rapide, plus accentué, avec de grands éclats de voix par intervalles. A certains moments fixés par le rituel, on lui présente une des assiettes de l'estrade et il en jette peu t peu le contenu dans le foyer. Alors recommencent la musi que et les cris rendus plus assourdissants par les détonations des fusils. Suit une nouvelle psalmodie àssez courte; la combustion d'une nouvelle assiette et un nouveau tapage, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne reste plus sur l'estrade que le grand plat contenant les figurines en-pàte C'est le moment solennel. Tous se lèvent et les lamas se forment en procession pendant qu'un domestique emporte rapidement le réchaud dans un champ voisin où il allume un petit bûcher.

En tête de la procession marchent les lamas musiciens, puis viennent les autres lamas ; au milieu d'eux, le maître de la maison porte le plateau et le président ferme la marche. La foule des dévots ou curieux va se ranger près du bûcher vers lequel se dirige la procession. Le cortège arrivé, le président récite les dernières formules et jette les figures en pâte dans le bûcher ; à ce moment, les instruments de musique, les détonations font le plus grand bruit possible ; c'est la conclusion.

Une ou deux fois Tannée, la cérémonie des prières publiques se fait dans le temple de la lamasserie. Ces prières générales durent plusieurs jours et tous les lamas y sont convoqués. Le grand nombre de voix et d'instruments rendent la psalmodie plus solennelle. La procession finale se fait avec grand apparat et régularité, L'abbé Desgodin, auquel nous avons emprunté les détails qui précèdent, a donné de visu la description d'une de ces processions composée de 2.000 lamas.

« En tête marchaient douze lamas de haute taille faisant Toffice de suisses. Puis venait une longue file t de religieux du dernier rang, pauvrement vêtus, portant chacun sur leur dos un gros volume. Suivaient un grand nombre de lamas en habit ordinaire, le casque en tête ; après eux plusieurs centaines de lamas revêtus d'ornements de soie. Entre les files, étaient portées sur des brancards, sous des ombrelles rouges ou des dais, des reliques ; devant chaque reliquaire marchaient deux ou quatre lamas revêtus dè beaux ornements qui se retournaient de temps en

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Imps pour encenser les reliques. La procession qui faile tour de la lamasserie au son des trompettes, des ibours, des cymbales et de quelques chants très tristes de deux à trois heures. Le peuple, qui ne se lasse lais de ces fêtes extérieures, s'était porté en foule et prosternait devant les reliques et les Bouddhas vi-

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