‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 118 sur 129 · La Sakyapa, rouge · texte numérisé non relu

La Sakyapa, rouge

5. Les Galdanpa (du monastère de Galdan), c'est la réforme de Tsong-ka-pa.

6. Les Kargyutpa (croyants à l'efficacité des préceptes), petit véhicule, (jaune).

7. Les Karmapa (croyants à l'efficacité des œuvres) paraissent à peu près identiques aux Karmika du Nepaul (jaune).

8. Les Brigung-pa (du monastère de Brigung, Thibet Oriental) comme les Galdan-pa, jaunes.

9. Les Brug-pa adorent ou honorent le tonnerre, adonnés au Mysticisme Tantrique.

On cite encore les Bonpas qui professent un mélange

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de Shamanisme et de Bouddhisme, la croyance aux esprits et à la magie et les pratiques morales.

Bien plus encore que par le dogme, ces sectes se dis tinguent entre elles par des différences dans les cérémonies et les signes extérieurs et surtout par les intérêt matériels qui leur sont propres et par leur dévotion particulière au Chubilgan chef-Lama de la secte.

Au reste aucun Grand Lama n'a, vis-à-vis des autres Lamas de situation inférieure, une autorité dogmatique absolue, comme celle du pape et des conciles dans l'Eglise catholique. Une pareille autorité serait tout à fait contraire à l'esprit universel du bouddhisme qui, en matière de foi, est, comme le Brahmanisme, l'indépendance de chaque collectivité religieuse et la liberté d'interprétation pour tous. Le lien qui unit les chefs spirituels d'ordres divers aux deux Grands Lamas et aux patriarches, n'est point la subordination religieuse, c'est un culte de vénération et presque d'adoration, une déférence très étendue, une foi dans la supériorité de leurs lumières presque illimitée de la part des ignorants, c'est-à-dire de la presque totalité des bouddhistes, clercs aussi bien que laïques. Chaqut secte a son chef ou supérieur spirituel parfaitement indépendant des autres et du Dalaï-Lama. Sous ce rapport et sous celui de la liberté du dogme, tous les Bouddhistes se rapprochent beaucoup plus des protestants que des catholiques. Sans doute le Dalaï-Lama de L'hassa a une considération beaucoup plus grande, mais cela tient à sa situation officielle, à sa reconnaissance civile par le Gouvernement Chinois comme chef delà secte Impériale. Cette apparente suprématie > cesserait peut-être, si la dynastie Mantchoue descendait du trône de Pékin. Il faudrait plutôt considérer les chefs divers des sectes bouddhiques, comme des supérieurs généraux d'ordres religieux non réunis ensemble par le lien commun d'un pape supérieur à tous ; et encore ce seraient des supérieurs uniquement pour le prestige et le rang, et non pour une autorité disciplinaire régulière.

Contrairement à ) 'Eglise catholique où les ordres religieux ne sont, par rapport au clergé séculier, que des auxiliaires subordonnés, l'organisation lamaïque est exclusivement monastique et elle absorbe une fraction considérable, du tiers au quart de la population, tandis qu'en

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prope, le monachisme est une exception, un refuge pour (gs âmes à part ! .

!" Le chef d'une secte a bien une certaine juridiction sur

fc Lamasseries qui y sont attachées, mais elle est bien s honorifique que réelle. Il reçoit des hommages, des fâorations, quelques présents, [surtout à sa naissance, à ion installation et à sa mort, mais il n'a que fort peu ^ordres à donner. Chaque lamasserie s'administre à peu grès comme elle l'entend en suivant les règles générales le la secte, sans passer par une filière hiérarchique qui fceHe la tête aux membres comme celle des provinces et des Royaumes des ordres religieux chrétiens. Il n'y a d'exception que pour certaines lamasseries récentes qui Se constituent comme les filles des lamasseries dont elles sont une colonie.

Les Incarnés, Grands Lamas, Chubilgans ou Chutuktus ne sont point les supérieurs des lamasseries où ils résident. Ils y ont la préséance, mais non la présidence ou l'autorité administrative. Leur rôle se borne à recevoir les hommages des fidèles et à faire par la venir les offrandes au couvent. Lorsqu'ils ont obtenu les grades dont il va être parlé, ce qui est le cas ordinaire, ils peuvent aussi présider les cérémonies publiques et faire les offrandes.

Ils sont plus recherchés parce que le peuple leur croit plus de mérites qu'aux supérieurs qui possèdent seulement les grades sans l'incarnation.

1 Tous les hommes, k un instant donné, ont ressenti cet attrait mystérieux et puissant vers la solitude (De Montalembert: les moines d'Occident).

« Le cloître n'est-il pas le seul refuge possible pour certaines existences tourmentées par le chagrin ou la passion ? Un couvent bouddhique n'a-t-il pas ouvert sa porte à Vasavadatta, cette courtisane frappée par la loi ? Que devenait Rancé si la Trappe n'eût enseveli à jamais ses désillusions? Et La Vallière elle-même n'a-t-elle pas oublié sous le cilice que Louis XIV ne l'aimait plus ? (M me Mary Summer, les religieuses Bouddhistes)*

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