Grades dans le corps lamaique
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Au-dessous des incarnés sont les gradés qui eux a n'ont qu'un titre honorifique, un rang de préséance, qu'ils ne sont point fonctionnaires d'une lamasserie. N allons donner les grades en commençant par les plus pour en faciliter la définition.
1° Les novices. Le Lamaïsme divise le noviciat en d degrés : le premier est celui de frère laïque eu étudi il évite les cinq gros péchés et à cause de l'habit religi qu'il porte et de l'éducation qu'il reçoit, il est voué p que certainement à l'état religieux. Ordinairement le vice ou Penguïon est sous la conduite de quelque anc* qu'il a choisi lui-même dans la lamasserie ; il n'y a d'écoles générales de novices.
La rumeur publique accuse les précepteurs de faire ces enfants les sujets d'une débauche horrible. Schlagem* veir leur reproche d'être fort durs à l'égard des novices.
Le second degré de noviciat est l'assistant, ou le dia* cre.
2° Viennent ensuite les Tchra-pa ; on donne ce nom à, tous ceux qui, ayant fini leur noviciat et étant ordonnés, n'ont pas obtenu de titres littéraires. Ils p'ont jamais qu'un rôle inférieur et gagnent leur vie comme ils peu-ï vent. Ils forment la gra nderaasse des religieux.
3° Au-dessus sont les Guésa appelés ailleurs TamguionffS. Ils sont allés à L'hassa et ont payé 150 fr. environ ce titre pour lequel on n'exige aucune connaissance littéraire.
4° Les gués longs appelés aussi gué-duns, sont retournés à L'hassa, y ont étudié pendant plusieurs années, doivent savoir lire et un peu écrire ; ont donné de 1.000 * 2.000 fr., ont passé un examen et ont reçu leur titre qui leur confère le droit de présider aux prières et de faire les offrandes.
5° Les mkhanpo tse ; le maître, l'enseigneur. C'est le Lama proprement dit qui a passé bon nombre d'années a L'hassa. Il doit pouvoir lire, ad aperturam libri et expliquer le gros sens de ce qu'il a lu. Il a donné de 3.000 à S. 000 fr. et reçu le titre de Lama ou Mkhanpo tse.
Il y a un degré supérieur, celui de K'abss Tschu, qu» s'obtient en donnant la preuve dans un examen public que Ton a compris les dix livres les plus importants d'instruction de la religion et que Ton peut interpréter
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chaque passage qui est proposé. Ceux qui ont ces titres soint très peu nombreux.
D'aprè.s l'abbé Desgodins, à Tcha monto, sur 3.000 religieux, il y en avait à peine une dizaine qui eussent obtenu le titre de Lamas; à Bathang, sur 1.500, seulement 4 ou S. Telle est la proportion.
Par une erreur qui se comprend, les Européens ont donné le nom de Lamas à tous les religieux du corps Lamaïque, dont le nom générique véritable est Tchra-pa. Les autres titres à partir de Gué-sa sont des grades littéraires et les deux derniers seulement donnent le droit d'exercer certaines fonctions religieuses, comme la récitation des prières, la présentation des offrandes, notamment de celle du feu.
Quoique les Guélong et les Lamas jouissent de certains privilèges honorifiques et de certaines exemptions de charges, ils ne sont rien dans l'administration des Lamasseries à moins que l'élection ne les désigne pour quelque fonction.
6° Au dessus du K'ab ss b Tschu qui est le magister particulier, dont la science et l'enseignement sont restreints, il y a le K'ab-jamas pa, docteur ou magister universel qui correspond à notre docteur en théologie. C'est le plus haut titre universitaire ou académique. Avec ce diplôme, on peut enseigner publiquement la loi et prétendre aux plus hauts emplois ecclésiastiques.
7° Au-dessus, comme considération religieuse, est le prince de la loi le Tschoss p Dsche et au-dessus de ce dernier le pandit. Ce ne sont point des grades académiques, mais des degrés de sainteté et de science fort estimés.
Les premiers sont souvent comme coadjuteurs dans les petites lamasseries ou à la tête des hordes nomades sur la recommandation ou désignation des grands Lamas.
Dans toute lamasserie, il y a une hiérarchie administrative constituée par une élection qui se renouvelle tous les trois ans. Les électeurs sont tous les religieux de la Lamasserie, les éligibles sont ceux qui ont la capacité et en outre pour les postes les plus élevés certains grades ou titres :
Les fonctionnaires de la Lamasserie qui forment le conseil d'administration sont :
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1° Le Keng-bo ou supérieur général, au tejnporel et an spirituel. Dans les grandes lamasseries il doit avoir le titre de Lama ; dans les autres, celui de Gué-long ou de Gué-sa seulement. On le désigne en raison de sa capacité administrative et de son influence. Il n'est point rééligible.
2° Le Gué-Keu ou préfet de discipline monastique. C'est lui qui est chargé de faire observer les règles ; mais celles relatives à la continence sont devenues lettre morte ; les murs de clôture de la plupart des lamasseries sont tombés et les femmes y pénétrent à toute heure du jour et de la nuit.
3° Le Gué-chi en même temps professeur de la loi et père ou directeur spirituel, chargé de prêcher une retraite aux religieux chaque année, de leur rappeler leurs devoirs et de les exciter à la pratique des vertus bouddhiques. Il paraît qu'aujourd'hui il est peu écouté. :
4° Le On dzé ou chef de chœur qui dirige la psalmodie et les cérémonies dans les réunions générales. j
5° Les Chian dze ou économes chargés de faire valoir les bien-fonds et l'argent, de traiter les affaires commerciales, de percevoir les revenus de toute nature, en un mot de toute la partie économique. Ce sont exclusivement des intendants ; ils ne s'occupent que du matériel et ont une responsabilité pécuniaire.
On accuse les lamas de ruiner le pays par une usure effrénée et impitoyable à intérêts composés.
Les Chian-dze ont sous leurs ordres : les Gaz peuns chefs de caravane de commerce, les tchreu peuns chargés des bêtes de somme, les neun peun qui veillent sur les troupeaux ; eux aussi sont pécuniairement responsables : etc.
Ainsi que nous l'avons indiqué, chaque lamasseriea une juridiction religieuse locale qui lui a été assignée ou qu'elle a achetée et dans laquelle elle exerce le droit dt prières. Tout le territoire du Thibet est ainsi partagé; c'est là un grand obstacle à la prédication de l'évangile, prédication qui nuit aux intérêts matériels des Lamas, et des Lamasseries *. •Comme, en outre, l'Etat est seul pro-
1 Après avoir écouté avec faveur les Lazaristes, les Lamas leur disaient : Que deviendrons-nous si vos prières remplacent les nôtres ?
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aire des terres et les cultivateurs seulement usufrui- , les missionnaires ne peuvent acquérir des terres fonder des établissements durables ou des chrétien- ; ils ne peuvent même occuper des lieux incultes ou rts autrement qu'à titre de locataires.
• Le costume religieux se compose : 1° d'un vêtement de ssous ou chemise ; 2° d'une sorte de gilet ; 3° d'un manu ou par dessus, serré à la taille par une ceinture ; de Técharpe croisée ; 5° de la dalmatique, large pallium couleur éclatante, qui tombe de l'épaule gauche jus- 'aux genoux et laisse découverts l'épaule droite, le bras it et le sein droit.
" La troisième pièce est la robe habituelle de tous les ~~rs avec laquelle le lama va dans les rues, etc. La quatrième est l'insigne de l'état religieux, on ne it jamais paraître en public sans le porter.
Les mêmes vêtements sont portés par les hauts dignitaires y compris le Dalaï-Lama. Celui-ci ne paraît jamais en public qu'en costume complet, en pallium avec le bras droit nu.
Le novice et le diacre portent seuls des culottes.
Le Gué-long en porte tout au plus quand il est à cheval, les incarnés n'en portent point.
La couleur des vêtements sinon exclusive, au moins dominante est le rouge. Dans l'église réformée Técharpe est toujours rouge.
Les lamas comme les autres religieux bouddhistes se rasent les cheveux et la barbe ; cependant, en dehors du Thibet et de la Chine, ils portent un peu de barbe en collier.
Les premiers religieux bouddhistes n'avaient aucune coëffure ; cette règle n'a pu être conservée dans les pays très froids. Dans le Lamaïsme, la coëffure sert à distinguer les sectes et même les grades dans une même secte.
La coëffure rouge qu'a adoptée Tsong-ka-pa ressemble à une mitre ou plutôt à l'ancien bonnet de grenadier