‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 13 sur 129 · Meng-Tseu · texte numérisé non relu

Meng-Tseu

Les Chinois appellent Confucius le premier saint de la/ Chine, Meng-Tseu le second.. 11 naquît l'an 398 et mourut ran 314 avant J.-C, contemporain de Platon et d'Aiistote. i Il recueillit l'héritage de Confucius, quelque peu compro-^ mis par régoïsme s'appuyant sur le système fort élastique 1 du juste milieu. Il reproduisit et renouvela sa doctrine en développant ses principes. Sa manière d'argumenter se< rapproche beaucoup de la méthode socratique. C'est uneî espèce d'ironie ; il réfute ses adversaires par l'absurde, c'est à dire en déduisant les dernières conséquences de i leurs principes. !

Sa morale est celle de Confucius avec le principe de Lao Tseu sur l'excellence de la nature humaine.

« La nature de l'homme lui permet de faire le mal, mais le mal n'est pas sa nature. — Tous les hommes ont le sentiment de la miséricorde et de la pitié, de la honte ' et du mépris du vice, de la déférence et du respect, de l'approbation et du blâme.

Aussi bien que les sens, le cœur est le même chez tous les hommes, et ce qui convient au cœur de l'homme, c'est l'équité.

De plus que Confucius, Meng-Tseu ou Mencius a des doctrines politiques et ces doctrines sont libérales. Il disait h l'Empereur et aux Ministres les vérités les plus dures.

11 explique le droit de la souveraineté par une sorte d'accord entre le ciel et le peuple.

« Ce n'est pas l'empereur lui-même qui nomme son successeur, il ne fait que le présenter à l'acceptation du ciel et du peuple. Le ciel exprime sa volonté par le consentement du peuple. Meng-Tseu cite à l'appui de cette doctrine ce texte du Chou-King qui prouve que c'était la tradition de L'Empire :

« Le ciel voit, mais c'est par les yeux du peuple. Le ciel entend, mais c'est. par les oreilles du peuple. »

Les événements historiques prouvent que ces lignes étaient une pure théorie à l'usage du plus fort, et qu'invoquaient les usurpateurs aussi bien que les tyrans. Avoir le ciel

Original frann UNIVERSITY OFVIRGINIA

pour soi, c'était réussir et triompher. Le peuple était représenté par le ciel, qui était supposé entendre ses vœux ou ses plaintes, mais il n'avait aucune autre représentation terrestre que l'insurrection. Meng-Tseu appelle les tyrans des voleurs de grand chemin, et il croit qu'ils doivent être punis comme tels.

« Le voleur et un tyran sont des hommes isolés, repoussés, abandonnés de leurs parents et de la foule, hors la loi. En faisant périr le tyran Chèou-Sin, Wouvang n'a pas tué son prince, il a mis à mort un homme réprouvé. »

« Le peuple est ce qu'il y a de pins noble dans le monde ; les esprits de la terre ne viennent qu'après, » le prince est de la moindre importance.

« Les princes prennent le peuple dans des filets, l'exposent au crime par la détresse qu'ils causent ou qu'ils ne préviennent pas. »

« Il n'y a point de différence entre le meurtre d'un homme par l'épée ou par une administration injuste.

Pour remède à la misère publique, il propose la constitution de la propriété et l'abolition des impôts ; à ceux-ci il substitue, suivant la situation des lieux, soit la dîme, soit la corvée d'assistance, c'est-à-dire la main-d'œuvre pour cultiver le neuvième des terres qu'on réserverait à l'Etat

Chez les Chinois, point de castes, point de couches sociales.

Meng-Tseu ne reconnaît que deux classes d'hommes, aussi nécessaires Tune que. l'autre : « Les uns travaillent de leur intelligence, les autres de leurs bras ;les premiers gouvernent les seconds qui les nourrissent. C'est la loi universelle du monde. »

« Le travail des bras est estimable, mais non obligatoire pour tous ; ce n'est pas tout d'apprendre au peuple à se nourrir, il faut encore lui montrer à cultiver sa raison. »

Malgré sa rudesse envers les grands et peut-être à cause de cette rudesse qui justifiait l'avènement de la nouvelle dynastie, Meng-Tseu ne fut jamais disgracié.

C'est un radical, ou un plébéien par rapport à Confucius qui est un patricien ou conservateur. On peut remarquer que l'homme supérieur revient partout dans Confucius. C'est évidemment lui seul qu'il a en vue. C'est à lui seul qu'il s'adresse. On sent que Confucius ne donnait ses

LD P

SI

-4 eu =5

fN ]j r—i *

fN "O

fN ~

1 1 rwii,™* huPnnnlp Original from

| q DigiUMD &y \ji UNIVERSITY OFVIRGINIÂ

Page 1