‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 14 sur 129 · HO · texte numérisé non relu

HO

préceptes que pour une élite qu'il savait être seule c ble de les appliquer.

Quant à la multitude, à la foule immense en dehors lettrés, des hommes supérieurs, elle devait suivre comi un troupeau obéissant à l'habitude et à la crainte, M plus qu a des sentimeuts moraux. Il manque au phil phe de Confucius, dit avec raison M. Bousquet, une a tion intime et maîtresse, à toute la nation, le lien l'amour et de la solidarité. Le Confucianisme ne peut ê une règle de conduite que pour des privilégiés ; en hors de ceux-ci, les niasses ne connaissent de lui que l cinq règles immuables sur les rapports entre : le père les enfants, le roi et les sujets, le mari et la femme, L vieillards et les jeunes gens ; l'ami et l'ami. — Ce cat< chisme est trop court et trop formaliste pour constitu un code moral.

Il n'y a guère plus de développements dans le San Kan-J woo-chang, les trois relations et les cinq vertus constantes. Les trois relations sont les trois premières règles immuables citées plus haut. Les cinq vertus dont l'obligation est constante et universelle sont : bienveillance, droiture, politesse, savoir, fidélité.

On connaît le sens très étendu que les Chinois donnent à la politesse. — Le mot Chinois qui signifie « savoir » implique plutôt l'idée d'expérience. — Le mot « fidélité exprime îi la fois fidélité et confiance, et s'applique surtout à l'amitié.

On sait que la droiture n'est en Chine la vertu ni du bas peuple qui est très menteur, ni du petit commerce, n des diplomates.

La morale de Confucius est la doctrine des lettrési la philosophie et la règle , au moins extérieure de la bonne compagnie, mais non la foi populaire. Aussi quelque grand législateur qu'il soit, il doit même aux yeux de l'historien purement naturaliste et humanitaire, être placé bien au dessous de Bouddha, du Christ, de Mahomet, malgré la nullité philosophique du Coran.

Sans prosélytisme, sans popularité, son enseignement n'a ni remué, ni fait marcher le monde ; il a seulement empêché la Chine de reculer et maintenu sa civilisation matérielle. Sans doute, on ne pouvait demander d'avantage à Confucius et aux chinois auxquels manquent la

nnn | p Original fronn

,uu ô lL UNIVERSITY OFVIRGINIÂ

chaleur du cœur et l'essor de Fesprit, et dont l'intelligence est bornée presque exclusivement au sens droit et pratique des choses simplement utiles, rationnelles et convenables; les qualités essentielles de Confucius. comme du génie chinois sont Tordre, la clarté, l'exactitude. Les idées et le langage sont aussi simples et aussi nets dans les auteurs chinois que dans les nôtres. L'esprit français et l'esprit chinois ont d'assez grands rapports. Les Anglais disent môme ironiquement, en visant la politesse et la cuisine françaises et chinoises, que les peuples qui se ressemblent le plus, sont les Français et les Chinois. 11 est vrai que les Français ont de plus l'esprit scientifique et lafuria francese bien connue des Anglais dans l'Inde qui se souvient encore de nos corsaires et nos officiers de fortune ; d'un autre côté, les Chinois se rapprochent beaucoup des Anglais par leurs goûts et leurs aptitudes mercantiles.

Page 1