Le Feng-ShuL
Les Thaouïstes, magiciens vivent surtout du Fengihui f soit géomancie, science ou plutôt superstition hinoise qui entrave les progrès de la civilisation. On la onsulte pour toutes les entreprises, commerciales et utres. Elle exerce le jugement des particuliers et aussi opinion publique. Tout dernièrement, on l'invoquait >our refuser l'établissement d'un télégraphe électrique et iun ralhvay ; elle forme N obstacle à beaucoup de projets le première utilité.
Le nom Feng-Shui se compose de deux mots .Feng roid et Shui eau. Le feng est un vent froid qui vient de intérieur de la terre. Un tombeau ne doit pas être placé ►rèsdun creux, le vent qui en viendrait, dessécherait, ►ouieverserait le corps et porterait malheur aux parons lu défunt. La géomancie doit trouver pour le tombeau m lieu qui soit à l'abri de cet inconvénient et prescrire es dispositions à prendre. L'une des plus communes est
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d'élever un tertre en tête de l'endroit où le corps e* inhumé. .
Le Shui est leau considérée dans la direction et h forme de son cours. La configuration de la terre dépemj du dragon dont la crête des montagnes à l'horizon dérel loppe les courbes au coucher du soleil ; on retrouve e» core le dragon dans les méandres des torrents et d« rivières et dans les sinuosités terrestres La destinée de hommes dépend de ces courbes et de ces directions qa rendent le dragon propice ou contraire.
Suivant la situation et la direction du cours des eacb ou des courbes des collines par rapport à un tombeau, Il famille de l'inhumé sera prospère ou malheureuse ; pai exemple, lorsqu'une vallée est bordée d'un hémicycu de collines, le Feng-Shui est favorable. La science tr« compliquée du géomancien consiste aussi à détermina remplacement le plus favorable à ce point de vue.
L'ouverture d'une route change le cours des eaux ; e)h modifie donc le Feng-Shui, delà une émotion et un tro* ble profond dans les esprits.
Les familles paient très cher le géomancien pour qu'i leur indique un emplacement très favorable ; elles foû cette dépense bien moins par considération pour leurs ancêtres, que par intérêt personnel et parce qu'elle: croient que leur prospérité en dépend. La piété filiale eÉ Chine n'est point un sentiment tendre, c'est toujours ofl calcul intéressé ; aux yeux des magistrats c'est surtout un moyen de subordination sociale.
Le dragon fabuleux de la Chine est un monstre couvert d'écaillés comme un crocodile, avec des pieds à 5 palmes, et qui nage dans l'air par une force qui lui est particulière, qu'il agrandit ou diminue à volonté. C'est un sao« rien volant et non un serpent ailé comme le dragon éei grecs. 11 est l'objet d'un culte dont la principale fête es! celle des bateaux dragons.
D'après cela le mythe du serpent se trouverait en Chine comme dans la religion de Zoroastre. Le dragon met en échec l'esprit de la mort.
« Les collines qui entourent les tombeaux des Minû sont le dragon qui a fait la prospérité de cette dynastie.
On consulte le géomancien pour les mariages et pour tous les événements importants.
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La Géomancie est à la géographie, ce que l'Astrologie t à l'Astronomie.
Ainsi qu'on le voit à Pékin, on place, devant la porte chaque maison, un mur de protecLion contre le mauis vent ou la vapeur dont l'influence est malfaisante, tte pratique semblerait donner à la superstition du ng-Shin une origine hygiénique et ciimatérique. Dans le même but, on place sur le toit une statuette de *an ti, le dieu de la guerre ou bien une flèche en >rre, ou bien on met sur la porte une inscription en onneur de Kiang Taïkoung, héros de la dynastie des ten, sous la protection duquel on place ainsi la main.
Le Feng-Shui prétend se rattacher au Yi-King (voir le tap. IV) ; mais bien qu'il ait très probablement une orile fort ancienne, il repose aujourd'hui sur un livre du *cle dernier le Han lung King ou traité pour dompter le agon. Ce livre renferme à la fois des éléments boudûstes. taouïstes et Confuciens.
On peut rapporter au Taosséisme les neuf étoiles ima- □aires ou esprits qui se meuvent dans l'atmosphère et ►portent aux hommes, par leur influence, le bonheur et malheur.
Le premier est « le loup de la cupidité. » Il a douze ^nes dont cinq heureux et sept malheureux. Il y a des agrammes correspondant pour indiquer l'influence de forme des collines qui environnent une tombe ; ils jurent une colline conique, un champignon et à la tite quatre ou cinq collines coniques.
Au dessous des diagrammes on lit cette inscription ns doute de provenance bouddhiste : « Les hommes oient au pouvoir du loup de la cupidité (le mot cupité doit être entendu dans le sens de soif des richesses), ais les désirs purs et chastes ont encore bien plus d'inîence. Sans eux, personne ne peut obtenir les avantages ae procure le loup de la cupidité.
La seconde étoile est « la Grande Porte ».
Son influence se manifeste quand une colline a la rme d'un quarré ou d'un trapèze et que la crête est >rizontale. Le bois est l'élément dominant.
La 3 e étoile ou esprit est « la conservation du rang » mf formes de collines indiquent sa présence ; la princi-
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pale est celle d'un cône très raide tronqué dans le ban par un plan horizontal et dont la base s'épate en cini branches. On attribue à son influence l'obtention de grades jusqu'à un certain degré, par exemple celui d chef d'une ville de second ordre- — La terre est Télé ment dominant.
La 4 e étoile s'appelle : « Les sinuosités littéraires. Ce esprit aime la forme du serpent, 11 a, comme les autre étoiles, sa forme normale et sa forme d'occasion, son élé ment est l'eau.
La 5 e étoile est « la pureté et », la sublimité ; son élé.men est le feu. — Elle aime les hauts lieux, les monts âpre et tourmentés, les forêts et la forme d'un ballon applati On la considère comme la meilleure influence du dragon car là doit passer quelque courant d'eau.
La 6° étoile est : « Les sinuosités militaires », son éiémen est le métal. Sa présence est indiquée par un mameloi au sommet arrondi et à la base large, c'est-à-dire ayan la forme d'une cloche.
Le 7« esprit est Po-kuim, « le briseur de la phalange : il porte tantôt bonheur, tantôt malheur. Cette étoile se lii aux constellations. Son élément est aussi métallique.
Le 8 e étoile est le Tso-tu, l'assistant de gauche. Elle si lie aussi aux constellations, principalement à celle du dra gon. Son élément est aussi le métal. Sa forme principal* est celle d'un sommet entouré d'une ceinture, Comme uni tête est enveloppée d'une serviette.
Le 9 e esprit est « l'assistant de droite ». Son élémen est l'eau, son trait distinctif c'est la forme plate qui cor respond à tout ce qui est indécis.
Au sujet de l'inflence des 9 étoiles ou esprits, on peu dire en général que, quand dans la recherche de Templa cément, pour un tombeau, on trouve : par exemple, id l'apparence d'une poitrine, là celle d'un nid d'hirondelle ici celle d'un soc de charme, là d'un peigne, d'une mail tournée en dessus, d'un harpon, d'un fer de lance, d'ui pic, ces effets de l'influence stellaire désignent la vrait nature du creux désiré.
Le dragon a fait le creux ; en le cherchant il faut su* vre les indications que donne l'action du dragon, quoiqui les noms des neuf étoiles soient nouveaux, les géomanciens les identifient avec ceux des gept étoiles de h
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e ourse et des deux étoiles les plus voisines, lit dans le Li King : a Confucius ne, voulait pas ^ de levée ou tumulus sur la tombe de sa mère, parce
s anciens n'en faisaient pas. 11 céda cependant sur /, , int aux instances d'un ami. Quelques jours après, 2 lui annonça que la pluie avait emporté la levée. Il £ fretta alors sa complaisance ». i Donc Confucius ne goûtait pas la Géomancie et l'écar- jfc t comme tout ce qui est surnaturel, sauf toutefois la I 'ination. ^ Dans l'antiquité, on enterrait les Empereurs sur le som- 5* >t des montagnes sous un large tumulus, les princes 5> idataires sur des collines et le peuple dans la plaine. jg: ne s'occupait point de la direction du cours des eaux, ^ In ancien disait : « Je n'ai pas fait de bien pendant ma i, je no veux pas faire du mal après ma mort.
Jue Ton m'enterre dans un lieu stérile ». br: D'autres sages ont écrit : a Qu'on enterre sous la lline, celui qui meurt sur la colline, dans la plaine ÏT*l ui qui meurt dans la plaine. On épargnera ainsi les is d'un transport inutile. » — Sous la dynastie des uig uu haut fonctionnaire se fit enterrer en plein *mp sans aucune marque et voulut que la charrue itinuât à passer sur l'emplacement choisi, ^e trait est tout à fait conforme à l'esprit chinois, œntiellement utilitaire et prosaïque, ^es lettrés rappellent tous ces traits, et fidèles à l'esprit Confucius, ils combattent la superstition du Feng ni autant qu'ils le peuvent, sans paraître manquer au tpect de la coutume et de la tradition. Ils feraient bon ^ 1
îueil à un livre qui dépopulariserait le Feng-Shui et Missionnaires protestants ont l'idée de faire cette pucation. Peut-être le progrès des lumières fera-t-il, à seul, tomber ces sottises en dérision ou du moins, en 5^5/ bli. Dans ce pays de soumission aveugle, il suffirait, ^ les ruiner que l'autorité affectât de n'en tenir aucun ^3 apte et de leur refuser toute considération.
superstitions Taouïstes, source d'une friponnerie rmanente de la part des magiciens et des docteurs ossées, sont aussi quelquefois un danger pour la paix blique.
U croyance aux sorcières occasionne quelquefois des
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troubles ; elle a été dans le Tien-si la cause du Marty des sœurs de la Miséricorde (religieuses Boudhistes).
5. Les superstitions Taossèistes et les missionnaire protestait
L'instruction qui va être répandue par les missîonnaii chrétiens aura facilement raison des superstitions Tac séistes. Les protestants se proposent de rédiger et de répa dre à profusion des livres spéciaux pour le peuple al de le désabuser. Les lettrés leur verront avec plaisir, fai une besogne dont ils n'osent pas se charger.
Quant au Bouddhisme, en raison de son caractère moi et de son acclimatation en Chine depuis des siècles, : n'ont point contre lui d'hostilité systématique ; ils bornent à le contenir, et à limiter 1 abus du monachisi à cause du tort qu'il fait à la richesse publique et l'impôt : sans doute, à ce dernier point de vue, ils i seront point fâchés des attaques que les missionnair protestants vont diriger contre le célibat religieux, cont les bonzes. Ces attaques réussiront si, dissimulant lei origine et leur but chrétien, elles prennent une form sarcastisque et humoristique et si elles n'emploient qi des arguments chinois, c'est-à-dire empruntés aux phi sophes et économistes de la Chine. Les arguments et l textes sont nombreux, il n'y a que l'embarras du choi; la métempsychose surtout répugne au bon sens chinoi Si ces attaques réussissent, les bonzes cesseront d et alimentés par la crédulité populaire et disparaitron beaucoup vraisemblablement chercheront un refuge dai le Catholicisme ; on a remarqué que les bonzes et l femmes se convertissent facilement au christianisme Sans les religieux, le Bouddhisme ne sera plus qu'un cor sans âme. Débarrassé de la croyance à la magie, ai esprits, aux pouvoirs surnaturels de tous les charlatan! le peuple ne conservera plus que les idées de rétnbutioi de miséricorde et de rédemption dont le Bouddhisme 1 imprégné et il reportera sa foi au surnaturel sur une pe sonnification divine de ces idées, c'est-à-dire sur le Du personnel, providence, justice et bonté.
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Les succès des Taïpings et les progrès des Musulmans auvent la tendance actuelle de la Chiite vers le Monolïsme ; et cette tendance se trouve déjà dans le Bouisme lui-même ; car en Chine comme partout ailleurs, > Bouddhistes éclairés prétendent aujourd'hui qu'ils oient en un seul Dieu.
Toutefois, à moins de perturbations violentes, celte rélution religieuse mettra beaucoup de temps, des siècles :ut être, à s'accomplir. A cause de son indifférence et r son scepticisme et de l'hommage rendu par tous, us une formule générale, à la souveraineté de la Raison, masse du peuple chinois peut rester presque indéfinignt ce qu'elle est en grande partie aujourd'hui, c'est-àre limitée à une notion sommaire et vague des peines récompenses futures et au culte officiel chinois sous la rection des mandarins et des lettrés, disciples de Confulis et libre-penseurs; quoique déjà ébranlée, la multitude oit encore à leur supériorité intellectuelle, et s'en rapn te à eux. Tant que le christianisme ne pénétrera pas lus leurs rangs, il ne fera que des progrès relativement inimes. Aussi est-ce à ce but que tendent aujourd'hui s efforts des Jésuites qui connaissent à fonds la Chine ïpuis plusieurs siècles. Dans l'œuvre si arriérée et si imense de Tévangélisation de la Chine, il ne devrait y oir aucune annulation de forces par l'antagonisme des issions des diverses communions chrétiennes, mais utôtune action sinon expressément combinée, au moins citement convergente, ainsi que cela a lieu aujourd'hui, firme-t-on, dans l'Afrique Centrale et Orientale contre s Musulmans traqueurs de nègres ! . Le Protestantisme irait certainement une grande puissance comme bélier >ur la destruction du vieil édifice des superstitions chi- )ises, en raison des ressources pécuniaires et de Tinsuction philosophique que possèdent ses missions. Celles-ci >mblent vouloir prendre corps à corps le confucianisme ; est peut-être une faute à éviter, le confucianisme ne eut tomber qu'avec les institutions politiques et par iction des sociétés politiques secrètes. Le protestantisme [>it s'efforcer de faire bon ménage avec lui, car il a avec
i Ces lignes ont été écrites avant les événements de l'Ouganda ; spérons qu'il ne se produira plus rien de partit I
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lui beaucoup de traits-d union ; — de même que le c licisme avec le Bouddhisme. Mais le protestantisme tout à fait dans son rôle en attaquant le célibat bonzes.
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