Education publique
Le mot Kiaou qui en chinois signifie religion, signifie aussi instruction ; l'idée de religion comprend un système d'instruction, la situation la plus honorée est celle d'instituteur. L'enseignement est la profession régulière de la majorité des lettrés.
L'instruction élémentaire est donnée par une foule de magisters si faiblement rémunérés que les enfants les plus pauvres peuvent la recevoir.
L'éducation ou, si Ton aime mieux, l'instruction publique est toute dans le sens de la philosophie de Confucius.
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L'instruction n'est point gratuite, mais elle est fortement encouragée et l'opinion publique la rend pour ainsi
dire obligatoire.
Tous les enfants Chinois apprennent à lire et à écrire ; dans les Ecoles, ils se font remarquer par leur application et leur bonne tenue-
Le premier livre qu'on leur fait apprendre est une sorte d'Encyclopédie envers qui contient les éléments de toutes choses, physiques et morales.
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t? C'est une méthode qui paraît se rapprocher de inaugurée par les Allemands et qui consiste à appr< par cœur ou à peu près, les définitions ou descri des objets, en les gravant en même temps dans 1' ou le souvenir par l'action des sens.
On attribue du mérite à l'Encyclopédie enfantine noise.
11 y a quatre livres qui forment quatre degrés d'inst tion. Viennent ensuite les cinq classiques, dont le pre est : La grande étude. On peut se faire une idée decel par les textes suivants auxquels nous donnerons, po clarté, des numéros qui ne sont point ceux du livre :
I. La loi de la grande Etude, ou la philosophie prat consiste à développer la lumière de la raison que avons reçue du ciel pour la régénération de l'homme mettre sa destinée finale dans la perfection.
II. Nous devons connaître d'abord notre fin. Cette naissance donne le calme de l'esprit, d'où dérive un r inaltérable. Dans ce repos nous pouvons méditer et mer notre jugement sur l'essence des choses et ce', gement nous conduit à la perfection.
III. Les êtres de la nature ont leurs causes et leurs effets; les actions humaines leurs principes et leurs conséquen* ces. La connoissance des uns et des autres est le moyen rationnel pour arriver à la perfection.
IV. Pour développer la lumière de la raison, les princes ont commencé par se corriger eux-mêmes, en donnant la rectitude .à leur Ame, c'est-à-dire, en s'effbrçant d'avoir des intentions pures et sincères. Ils ont acquis ces intentions en perfectionnant le plus possible leur connaissance morale (éclairant leur conscience) et en examinant à fond leurs principes d'action.
V. Tous les hommes, les plus élevés comme les plus humbles, sont également tenus d'accomplir leur devoir. La correction et l'amélioration de soi-même est la base du progrès et du développement moral.
VI. Tout ce qui vient de la confusion et du désordre est désordre et confusion. Il faut surtout éviter de traiter 1 légèrement ce qui est principal en accordant une impor tance capitale à ce qui n'est que secondaire.
Le dernier alinéa est surtout d une profonde sagesse pra tique. Mais le problème de toute morale religieuse ou
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bilosophique est précisément la détermination de ce qui ït principal. Les autres textes sont également admirables, ûis ils ne peuvent guère tructifier que dans une élite rtellectuelle et sociale. Ils sont la plupart lettre-morte )ur un peuple grossier comme les Chinois et ne peuvent remis en pratique que par une nation de philosophes, ridemment le législateur a admis que les lettrés formedent cette nation dans la nation. — C'est toujours \omme supérieur de Confucius conduisant la vile multitde. Le nombre des lettrés et de ceux qui ont passé les tamens pour ce grade est d'environ 2 millions pour 400 illions de Chinois, soit de un pour 200, qui ont étudié les assiques.
Le gouvernement considère l'éducation du peuple, )mme essentielle pour le bien de l'état. 11 a des examiateurs publics qui confèrent les grades et autres distincons aux élèves méritants; il désigne les livres sur «quels porteront les examens, l'école de philosophie et e morale qui sera tenue pour orthodoxe ; par suite il a
0 grand pouvoir sur l'opinion du pays et comme le gouerneroent est entre les mains de la classe des lettrés, ►us de l'Ecole de Confucius, l'instruction donnée ne eut être que dans le sens de cette Ecole.
Ajoutez à cela qu'en théorie les fonctionnaires publics )nt désignés autant d'après leurs vertus que leurs capatés, et l'instruction confucéenne est censée former des iractères parfaitement vertueux,
Par l'effet de l'instruction scolaire universellement reçue >< par la transmission constante de la tradition, certains rincipes moraux paraissent gravés dans l'esprit de tous, elits ou grands. On trouve dans le langage ordinaire du Hiple des sentences par antithèses et des morceaux de oésie usuelle exhortant à la vertu ou flétrissant le vice
1 ces sentences sont dans la bouche et assez généraient dans la pratique de toutes les classes de la société. Telles sont les deux suivantes :
Parmi les cent vertus, la piété filiale est la première ; armi les dix-mille crimes l'adultère est le pire.
En effet la piété filiale est universelle en Chine et adultère y est très rare et cruellement puni. Pour rassasiât d'un mari, le supplice est la mort lente et cruelle Voir Jules Arène, la Chine, une exécution à Pékin).
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Malheureusement ces vertus sont fondées sur la crain du châtiment et n'empêchent point les désordres qui pe vent *e cacher.
Toutes les calamités individuelles ou nationales so pour les Chinois des preuves de péché, surtout celles q sont soudaines et accablantes : par exemple un homn foudroyé est unanimement condamné par les personn qui apprennent son accident. Il doit avoir commis c voulu commettre quelque grand crime. En cherchant bu on retrouve la même superstition dans l'antiquité payeun surtout dans le théâtre grec.
Dans Tlnde Manou va plus loin ; il signale comme d< maudits tous les disgraciés de la nature.
De là il n'y avait qu'un pas à faire pour condamner une dégradation, ou du moins à une sujétion perpétuel les disgraciés de la fortune et pour arrêter le progrès hi main par des institutions égoïstes, divisant les hommt entre eux et éteignant la sympathie. C'est ce que firent d une part les Rrahmes par l'Etablissement des Castes de l'autre, l'antiquité payenne la plus reculée et les pn miers législateurs de la Chine par la religion des ancêtre et des morts plus ou moins divinisés consacrant le despi tisme absolu dans la famille rendue presque aussi exch sive que la Caste .
Cette religion avait sa source dans la nature humaine dans Thumanité à l'état rudimentaire, mais elle ne devai être que le point de départ pour atteindre des concef tions plus hautes.
La philosophie grecque et le Christianisme ont élev TOccident à ces conceptions. L'Inde et la Chine ont gard jusqu'aujourd'hui leurs institutions égoïstes modifiée seulement et d'une manière insuffisante par le Boud dhisme. De là l'état arriéré de leur civilisation. Dans o résultat négatif il faut faire deux parts, l'une au climat l'autre à l'infériorité des races.
Les livres anciens de la Chine ont été transmis, ains que leurs premiers commentaires dans une pureté abso lue. Jamais un commentateur n'altère un texte. Forme par une discipline scholastique unique, les Chinois, quell que soit leur croyance religieuse, sont convaincus que c<* livres anciens renferment et cachent le fonds et le demie] mot de la sagesse humaine ; ce point ne pouvant être dé
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■ssé, il faut faire taire ses propres doutes, annihiler sa Irson, se pénétrer de la pensée de l'auteur étudié, cherler à la comprendre sans la modifier ; c'est la sagesse svéiée, absolument comme la religion révélée. L'immense ajorité des Chinois attribue cette valeur aux livres ansmis par Confucius. De là résulte la stérilité constatée & la littérature chinoise et l'absence de toute originalité ans les vues.