Avenir industriel, commercial et militaire de la Chine
La Chine possède, réunis dans les mêmes lieux , le minerai de fer, le combustible minéral et la main d'œuvre à vil prix, en quantités inépuisables. On ne peut que seffrayer de la concurrence que son industrie fera un jour i celle du reste du Monde. 11 y a là en germe une révolution dont les conséquences sont incalculables.
Mais les armes de la Chine ne seront point redoutables comme son industrie. Sa marine militaire est bien entendue ; elle a des troupes exercées, mais encore insuffisantes pour résister à une armée Européenne et dont les qualités sont surtout défensives. Comme elle consacre à des préparatifs militaires la moitié des revenus de l'empire évalués k plus de 600 millions, elle aura des soldats nombreux, disciplinés et même solides, la guerre de 1860 a fait ressortir la ténacité et le courage des Chinois dans
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rtaines occasions ; mais, selon toute probabilité, elle «quera de généraux. L'initiative, la promptitude de ;îsion, le génie des combinaisons savantes ou hardies, [tes choses essentielles pour la conduite des armées, ne tt point des qualités chinoises. Les mongols, il est vrai, Ont fait preuve autrefois, mais il faudra beaucoup de* ftps pour que les chefs possèdent la haute instruction fcciale nécessaire aujourd'hui. Jusque-là l'Empire devra «ément se borner à des opérations de guerre défenes. Comme il est impossible de transporter et de faire Te au loin des armées trop nombreuses, le chiffre orme de la population chinoise ne lui serait d'aucune lité s'il entreprenait des conquêtes ou des invasions Btaines ; il pourra tout au plus convoiter les pays limiïphes de civilisation chinoise.
Mais si la Chine cessait de s'appartenir, si elle tombait x mains d'une puissance Européenne, les immenses ^sources qu'elle renferme, rendraient cette puissance épondérante militairement et industriellement à un delé très dangereux ; pour que l'équilibre du monde ne rôt pas détruit, il faut que la Chine conserve son indéendance qui a déjà reçu de rudes atteintes. La nécessité ii elle s'est trouvée de recourir aux Européens de Shan- |i et de Canton pour vaincre les Taïpingss et aux Russes pur dompter les Dzoungares, lui a enlevé encore plus de restige et de puissance que l'expédition et h; traité Ano-français de 1860. Lorsque je voyageais dans l'Inde en 3, les officiers et les fonctionnaires Anglais ne faisaient mystère des projets de l'Angleterre sur la Chine et de r plan pour l'envahir progressivement. Lorsque j'obtais la rivalité de la Russie, ils répondaient que, depuis guerre de Crimée, il n'y avait plus lieu d'en tenir mpte. En effet, depuis lors, ils ont toujours agi d'après tte persuasion, soit en Europe, soit en Asie, notamment ts de la guerre Turco-Russe et dans les afTaires de 'Afghanistan. C'est parla, selon nous, qu'il faut expliquer ur opposition très réelle quoique sourde à notre étailissement dans le bassin du fleuve Rouge, une des prinipales voies de pénétration dans la Chine.
La proximité de l'Inde et de l'Australie les favorise sinlièrement. Beaucoup de maisons de Calcutta ont des uccursales en Chine, et l'Australie se croit appelée à la
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suprématie dans les régions que baigne le Pacifique. I n'y aurait pas Heu de s'inquiéter de cette prétention rm turelie, si l'Australie se détachait de la mère-patrie, ce qo n'est pas encore prochain. Les Anglais possèdent Hong* Kong et autour une colonie très-étendue et en progrès •rapide; Shangaï leur appartient presque en entier, car le concessions françaises et américaines sont bien loin d'avoii l'importance de la concession Anglaise. Ils régnent prea que dans les 19 ports de mer ou de rivières ouverts ai commerce extérieur avec leurs annexes, sans compter ta villes d'escale comme Nganking, Tatoung, Hau KouaoQj Chazi, etc. Des terraius leurs sont concédés pour 99 aiH pour demeures et construction de magasins, et la juridiq tion des consuls anglais s'étend à la fois aux Anglais é aux protégés.
Les trois quarts du commerce de transport leur appartient. Les Allemands qui faisaient beaucoup en 1872 oni perdu considérablement par la concurrence que les p* quebots Anglais et Français ont fait à Hambourg.
Il semble que les Américains, absorbés par leur développement continental perdent de vue la Chine, probablement parce que l'Australie en est plus rapprochée que l'Amérique.
Ce qui est fort remarquable, ce sont des Chinois qui'ont pris leur place. Ils s'emparent peu à peu du grand commerce et se lancent dans ces spéculations hardies *.
Les négociants en Chine sont, après les lettrés, l'élite de la nation ; et ceux qui sont établis à l'étranger dans Tlnde, Un do-Chine, la Malaisie, etc., possèdent d'immenses richesses ; bien différents des Européens qui s'expatrient pour faire fortune, ils sont plutôt une élite. D'ailleurs le Chinois même le plus humble réussit partout dans le commerce.
Se contentant d'un gain moindre que les Européens» plus patients et adroits dans la discussion des affaires, plus fidèles à leur parole, mieux servis par les intermédiaires du pays, plus solidaires les uns des autres, ayant déjà des correspondants de leur race presque partout, et
* Nous empruntons à M. Elisée Reclus une partie des renseignements qui suivent.
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imaissant tous les lieux de production, les négociants mois ont appris vite tous les mystères des banques avec Uet à ordre, tous les secrets des comptoirs Européens et jà dans plusieurs dès ports que nous avons cités, c'est us pavillon Chinois que se font toutes les expéditions. Us font des progrès rapides dans tous les genres de nstruetion navale et disposent d'un nombre illimité excellents marins. Bientôt ils se chargeront de toutes > importations et exportations, et c'est leur moyen le is efficace de résistance aux envahissements Anglais, tria, ils ont déjà réduit énormément le développement s concessions et des établissements Anglais ; et ils ont èrae commencé à pousser leurs transports jusqu'en igleterre. On peut dire que les vastes convoitises Anîises sont maintenant déçues.