Les Musulmans
Le nombre des Mahométans en Chine est de 50 à 60 millions et peut-être du double. Ils sont en majorité dans la province de Kansou et forment le tiers de la population dans plusieurs districts des autres provinces du Nord. Leur influence s'aceroit du concours des Musulmans limitrophes de la Chine, les Dzounganes et tous les autres Musulmans de la Dzoungarie, de Kouldja et du Turkestan Oriental.
On donne à tous les Musulmans Chinois le nom commun de Hoï-Hoï qui s'appliquait autrefois aux seuls Ouigour. Le nom de Dzounganes qui signifie déclassés (Outlaws) n'est donné qu'aux Musulmans du Nord et du Nord-Ouest de la Chine. Les Mahométans du Yunnam fort nombreux et sans communications avec ceux du Nord s' appellent Panthès *.
Les Mahométans de la Chine ne forment point un seul groupe Ethnique particulier. Cependant, en Chine comme dans l'Inde, les Musulmans se distinguent à première vue, par leur force et la fierté de leur allure martiale. Grâce à leur esprit de solidarité, ils sont plus prospères que le commun des Chinois. Se conformant à une règle tracée par leurs mollahs, les riches marchands musulmans des provinces de Kansou et de Khansi paient un impôt progressif qui s'élève jusqu'aux deux cinquièmes du revenu et dont le produit est employé dans l'intérêt de la communauté Musulmane.
Ce fut, dans le vn« siècle, sous l'Empereur Tai-Tsoung
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que les Musulmans firent dans le Nord de la Chine leur première apparition. Un parent du prophète vint alors
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* On ne peut évidemment avoir qu'un chiffre très largement* approximatif.
2 Voir la Géographie' Universelle d'Amédée Reclus, 1881, à laquelle nous empruntons ces données.
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s'établir à Singan-fou avec 3.000 immigrants qui furent bien reçus et autorisés à exercer leur culte.
Dans le même temps, d autres Musulmans, venus sans doute par mer, pénétrèrent dans le Yunnam, et après s'y Ôtre établis restèrent en communication avec le reste de Tlslam ; dans cette province où l'instruction générale est plus forte que dans les autres de la Chine, on trouve des Indigènes capables d'interpréter et de commenter en chinois le Coran et les prières arabes*
Quant aux Hoï-Hoï du Nord, c'est par la Dzoungarie qu'ils communiquent actuellement avec les Mahométans de l'Occident.
Leur nombre s'accrut rapidement à partir de leur établissement, surtout par l'effet combiné de leur richesse et de la Polygamie, et ils conquirent la prépondérance dans le Nord de la Chine. C'est là que se trouvent les deux villes de Salar et de Kinkhipar, foyers d'instruction religieuse représentant dans l'Empire Chinois la Mecque et Medine.
Quoique moins fanatiques que leurs coreligionnaires 1 de l'Occident, les Hoï Hoï partagent leur esprit de prosélytisme. Ils se maintiennent distincts des Infidèles et leurs mollahs empêchent le mariage des filles Musulmanes avec les Mantchoux et les Chinois, tandis qu'ils encouragent l'achat de femmes Chinoises par les Mahométans. C'est le progrès des Musulmans par la chair correspondant au progrès chrétien par l'achat des enfants ; mais tandis que ce dernier est forcément très restreint, le premier s'opère sur une vaste échelle, pnisque tout bon Musulman doit avoir autant de femmes qu'il peut en nourrir. On sait d'ailleurs que, au moins dans les pays d'agriculture ou d'existence pastorale, les femmes des Musulmans leur servent de domestiques intéressées à leur prospérité.
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Insmrection des Musulmans dans le Yunnam et le Nord
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Le premier soulèvement des Musulmans eut lieu dans ïunnam. Alors les Mandarins fomentèrent un plan extermination générale. Un jour du mois déniai 1856, i Musulmans furent égorgés dans les endroits où ils ne trouvaient point en force. Dans les autres lieux, ils sistèrent ; la guerre civile dura treize ans et se termina r le massacre de 30.000 Musulmans dans les rues de li-fou.
Les Musulmans du Nord de la Chine ne s'insurgèrent l'en 1860. Dans les provinces de Khan-si et de Kan-sou,
* ne laissèrent rien debout et n'épargnèrent pas même s enfants et les vieillards. C'est par millions qu'il faut mpter les victimes. Après quinze ans de luttes, la vieire resta aux armées impériales mieux organisées et ieux disciplinées que leurs adversaires.
Depuis lors les Musulmans évitent tout ce qui pourrait )isser les Mandarins et les lettrés. Leurs mosquées ne îlèvent point au-dessus des Pagodes, on en compte un sez grand nombre, entre autres, trois à Canton. Par ite sans doute, de leurs unions avec les femmes rïnoises, ils ont adopté une partie des opinions et oyances Chinoises. Ainsi beaucoup ont adopté pour radis les paradis passionnés de Bouddha. Dans l'occasion ux qui sont fonctionnaires se soumettent aux cérémodes rites.
Malgré leurs défaites, les Musulmans ont une grande îissance ; et des écrivains tels que Vasselief qui a résidé
* ans en Chine comme attaché à l'ambassade Russe, 'édisent que, grâce à leur esprit de solidarité et à leur r te organisation communale, ils deviendront un jour s arbitres de l'Extrême-Orient. L'histoire témoigne de urs progrès étonnants dans tous les pays où ils ont pu développer indéfiniment parle commerce, l'agriculture 1 les armes, comme aussi de leur décadence partout où sont été limités dans ce développement.
Ou a constaté qu'en général, dans les pays dont le cli-
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mat porte aux plaisirs des sens, l'Islam se propage pi rapidement que le Christianisme ; dans Tlnde, des t glais se sont faits Musulmans, sans doute par excentrici
Nous avons vu que l'insurrection des Taïpings de 1848 18Go avait failli renverser la dynastie Mantchoue. i avaient une religion Monothéiste empruntée partie à 11 lam, partie au Christianisme. Leur chef se proclam; prophète et frère-cadet de Jésus-Christ. Il a eu poi adhérents un tiers environ de la population de la Chili