‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 81 sur 129 · Races, costumes, classes · texte numérisé non relu

Races, costumes, classes

Bien que, dans beaucoup de provinces, surtout dan provinces limitrophes, les Thibétains soient fort mél et variables, on rapporte la grande masse de la popul à un même groupe de la race dite mongole.

Taille moyenne, épaules et poitrine larges, gros gros mollets, mains et pieds de forme élégante et grande bouche à lèvres minces ; nez plat dont la racin profondément creusée entre deux yeux petits, noirs peu bridés par les paupières, quelquefois un peu inct à la chinoise, les pommettes saillantes, front droit, m et souvent bombé au-dessus des tempes, la têteprésen un carré long qu'encadre une longue chevelure noire dant sur les épaules, le visage se rétrécissant au men la barbe et les cils courts et sombres, le teint générale brun, mais passant par toutes les nuances, depuis le b le plus délicat chez les riches jusqu'au jaune cuivré les bergers exposés aux intempéries.

La race des Bods qui fait le fonds de la population Thibet, de la Mongolie, de la Birmanie et de FAnn peut-être d'une partie'de celle de l'Inde, et qui se conf probablement dans les peuples Scythes des auteurs ciens, se distingue des Chinois par un tempérament tôt vif que flegmatique, par un esprit moins fin, plus droit, et par une assez grande sensibilité natu qu'étouffe trop souvent une condition misérable ; e par de grandes dispositions k la foi et à la piété naïv l'adoration, à la manifestation continuelle du sentim religieux. Elle s'élève par la chaleur de l'àme, bien au-d sus du réalisme chinois, mais non jusqu'à l'idéal et sentiment artistique des Occidentaux. Les caractè principaux et les meilleurs se retrouvent surtout en M golie ; ils ont été altérés au Thibet, en dehors des régi pastorales, par la civilisation, surtout par la civilisati chinoise.

Les Thibétains sont hospitaliers, aisés et francs d leur accueil, bien qu'on ne puisse leur accorder un loyauté et une probité à toute épreuve, ce qui est très ra

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ient. Leur plus grande qualité est une inaltérable • Ils aiment la musique, les jeux, les spectacles et ut la danse toujours accompagnée de chants popudont le répertoire est très vaste et très varié. Le Thi-

chante toujours.

Thibétain rit, plaisante volontiers et souvent d'une re spirituelle ; il a, dit M. l'abbé Desgodins, quelque de l'esprit français, -uellement il est très ignorant ; il méprise même ction qui ne remplit pas le ventre 1 mais on peut ruire facilement ; quelques générations suffiraient transformer la nation. « un pieux Thibétain » dit Desgodins « envoyé au Séminaire Chinois de Tchenur la frontière du Thibet,y a appris le Chinois, fait ses s de latin, sa philosophie, sa théologie et a toujours un des meilleurs élèves de cet établissement. » J'ai fait TEcole à plus de cent enfants » ajoute l'abbé, je ne les ai pas trouvés moins'intelligents que nos pepaysans de France, j'en ai même rencontré un certain bre qui étaient remarquables *. »

ï Thibétain des pays cultivés de la partie Sud qui se it bien supérieur aux pasteurs du Nord, est esclave des ds, obséquieux envers ses égaux, despote à ses infés, vindicatif avec dissimulation et cruauté, menteur intérêt et voleur quand il peut, avide d'argent et ayant runté aux Chinois toute leur astuce commerciale, mais leur industrie, ni surtout leur esprit de combinai-

es Thibétains souffrent facilement le froid, la fatigue, faim, la soif, mais s'ils trouvent une bonne compensa* n à ces privations, ils en profitent largement, eur défaut le plus apparent, comme celui de toute la e des Bods est une incurable malpropreté et une ence complète de soins hygiéniques.

La partie essentielle du costume des hommes est la ou pa, espèce de robe de chambre en peau de mouton nt la laine est tournée vers 1 extérieur. Les riches et les

Ils ont emprunté aux Chinois cette sorte d'adage. Les Annamites élèves du Lycée d'Alger, ne se montrent ërieurs en rien à leurs camarades.(On se rappelle que la race Bods s'étend fort loin dans l'Indo-Chine).

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Mandarins la doublent de soie ou de drap rouge à F~ rieur. Elle descend jusqu'au genou et est croisée par vant et relevée de manière à former autour des rein énorme bourrelet qui sert de sac de voyage.

Partout où Ton n'a pas, comme à I/hassa, adopt mode d'une longue queue, le Thibélain laisse pendi longue chevelure sur ses épaules avec une tresse par rière. Quand il ne va pas tête nue, il porte sur Vo gauche et assujetti par un cordon noué sous le mento chapeau trop étroit pour que la tète puisse y entrer chapeau fait de feutre blanc est recouvert en partie d 1 fes de diverses couleurs ; c'est presque le chapeau çais de forme basse à très larges bords.

De grandes bottes de diverses couleurs et un grand bre dirigé en travers sur le ventre complètent le cost qui donne au Thibétain, avec ses caractères physiqu son air frondeur, la tournure d'un barbare, surtout q il rejette une manche de sa tchou-pa sur le dos et que bras nu se balance vigoureusement même pendant plus grands froids. Toutefois le chapelet bouddhique porte constamment nuit un peu à l'effet guerrier.

Les ornements communs aux deux sexes sont :

Une boîte reliquaire en argent suspendue au cou une courroie ; des boucles d'oreilles, grands anne d'un pouce et demi de diamètre et de la grosseur d'une tite plume portant une pierre précieuse ; enfin des brac généralement gros et sculptés, représentant souvent serpent dans la tête duquel est enchâssée une pierre cieuse.

Les Thibétains emploient à faire ces ornements tous morceaux d'argent qu'ils peuvent se procurer.

Le costume des femmes se compose :

D'une longue pièce d'étoffe de laine de diverses coule plissée et cousue par un côté à une ceinture de toile, manière qu'en réunissant les deux extrémités par vant et en les croisant un peu, cela fasse jupon ;

D un gilet sans manche dont le bas est tenu juste corps par le cotillon.

Quelquefois d'une camisole à manches par dessus le let. À défaut de ce vêtement, on voit que les femmes s portent énergiquement les intempéries.

Les cheveux sont réunis en une seule tresse qui pe

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dos. Du côté de L'hassa, les femmes portent une ne en coquillages, quelquefois en argent. Elles sont t obligées de porter un masque ou un enduit pour er le visage contre les intempéries, surtout contre lence du vent.

'y a de caravansérails, ou d'hôtels que sur la grande de Pékin à L'hassa. Les voyageurs s'abritent sous la ou dans les maisons qui ne refusent jamais l'hospimais souvent ne peuvent offrir tout le nécessaire. Il rettable que le Lamaïsme n'ait pas emprunté au anisme ses chauderies ; l'obstacle a sans doule été [a vaste étendue et le peu de population des contrées. Il d'ailleurs dans la politique de la Chine de ne pas far le voyage. Cela ne peut changer que par Faction de pe.

la population on peut distinguer ; 1° les chefs et yés civils, 2° les religieux, 3° le peuple qui habite uts plateaux et dont la richesse consiste en pâtuet en troupeaux, 4° le peuple des villages qui vit les vallées chaudes et profondes, seules susceptibles culture. Il y a en outre beaucoup de mendiants et iroleurs de grand chemin ou brigands parmi lesquels trouve jusqu'à des Lamas sans doute en rupture de tx.

e territoire appartient en entier au Dalaï Lama, les îvateurs ou pasteurs ne sont pas des usufruitiers. Des *ées sans mesure imposées par des fonctionnaires et des ropriations pour dettes usuraires réduisent souvent chef de famille à la condition de Tchong-long, mendiant il. Dès lors il ne peut plus posséder ; il est obligé de se faire abond ou de vivre sous la tente, et d'aller mendier au |ins plusieurs fois par an, dans les lieux qui lui sont aslés par l'autorité. Si riche qu'il soit redevenu, il ne tt se dispenser de cette formalité, sorte de flétrissure *re ceux qui ont ce^sé de cultiver. Ces Tchong-long il bien nombreux et forment presque un corps dans at.

xi Thibet tout le monde se mêle de commerce et fait un peu de tout, le plus souvent sans avoir de spété. Les Thibétains vendent en plein air et dans leurs sons. A part dans les grandes villes, les seules boutis que l'on rencontre sont tenues par les Chinois, en

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sorte qu'on pourrait croir à tort que ceux-ci tie tout le commerce du pays. Le pasteur et l'agriculteur, quels les taxes civiles et religieuses prennent a peu tout, sont obligés d'emprunter leurs moyens d existe au commerce et surtout à l'industrie des transports a quels ils emploient leurs animaux. L'esprit d'ussociati vivace en Chine manque à peu près complètement Thibet, par suite les Thibétains doivent être a la m des Chinois pour toutes les opérations de quelque îm tance.

Le plus grand obstacle au développement de la nch publique est le prix élevé de l'argent. Le taux ordm de l'intérêt est de 24 à 25 p % et celui des céréales dec à 36 p °/o ; il y en outre les intérêts des intérêts. S vent les débiteurs s'enfuient ; quand ils emmènent 1 famille, elle grossit la classe des Tchong-long. Quand l'abandonnent, elle est vendue avec tout ce qu'ils po dent ; les garçons peuvent échapper à la servitude en s tachant à 1 état religieux ; tout esclave qui est ad comme religieux devient libre par cela même. Nous av vu qu'en Birmanie, on n'est au contraire ordonné ph gye qu'à la condition d'être absolument libre de sa sonne.

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