Mœurs et coutumes
Au Thibet, la femme n'est point séquestrée ; elle va vient en toute liberté ; elle vaque à ses occupations ménage ou de commerce, se livre à l'agriculture, f sans êtré surveillée, de longs voyages à pied ou à che soit qu'elle soit fille ou mariée ; elle va partout, loge r tout, en n'importe quelle compagnie, sans que perso le trouve mauvais. Comme d ailleurs l'œuvre de c' n'est point un péché ou une tache aux yeux des Bo dhistes et comme en outre au Thibet les pères et les ris n'attachent qu'un faible prix à l'honneur de leurs 1 et de leurs femmes, la femme Thibétaine se donne facilement, non par faiblesse de caractère, timidité mollesse comme l'Indienne, mais par passion, par lé
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par vanité ou pour se distraire Elle sera même, à asion, très empressée à rechercher et à tenter. Elle a itnants dès qu'elle est nuhile. Les enfants qu'elle peut r ainsi restent chez ses parents 2 . Cela ne nuit point n mariage, au contraire ; Tépouseur a ainsi la preuve lie ne sera point stérile, cas très commun au Thibet iuse de la dissolution des mœurs- Les maris se prêtent intiers leurs femmes réciproquement et les prêtent à ■s hôtes. En général, c'est une politesse de pourvoir plaisirs de ceux-ci, ainsi que cela a lieu chez quels peuplades de l'Afrique et de l'Océanie. Le célibat très rare en dehors de l'état religieux, mais le maje se contracte assez tard entre 30 et 35 ans pour les nmes et vers 25 ans pour les femmes.
*a monogamie est le cas le plus ordinaire ; on regarde urne des époux très vertueux ceux qui se font la prosse de n'avoir des rapports qu'ensemble, mais cette ►messe est très rare.
1 n'y a empêchement au mariage que dans la ligne ecte et dans la ligne collatérale entre frères et sœurs, ites et neveux,
,e fils du plus jeune frère ou du cousin ne peut épou- 1 la fille de son frère aîné ou d'un cousin de branche iée ; dans ce cas, ce serait comme épouser sa tante, m n'empêche que le même homme n'épouse la mère bord et les filles ensuite.
ly a en outre la polygamie qui est aussi légale; les hes ont autant de femmes qu'ils peuvent sous le nom secondes femmes. Ceux qui ne sont point riches ennent quelquefois pour femmes plusieurs sœurs. Rien empêche un homme d'épouser en même temps la mère >uve) et les filles (veuves). On dépasse rarement le mbre de quatre femmes. Il n'y a point de harems, tnme chez les Turks, mais seulement, comme chez les ^abes, des femmes dont le travail et les soins sont utilis, à moins que le mari ne soit très riche.
La polyandrie est assez répandue ; une femme a pour aris trois ou quatre frères ou des proches, qui font
1 La dévotion chez les hommes et la passion chez les femmes, est Tinverse de ce qui a lieu généralement en Occident. * le même usage existe à Tahiti.
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entre eux cette convention principalement pour ne diviser les biens. Cet état est reconnu par la loi. cite un ménage parfaitement heureux de six frères* femme qui dirige bien un pareil ménage, reçoit un d éloge. Les enfants se partagent à l'amiable en maris. Cela ne donne point lieu à difficulté.
Le concubinat est considéré par l'autorité aussi que par l'opinion publique comme un état parfaite) honorable dès qu'il prend un caractère permanent.
11 n'est pas question du libertinage privé et pas: qui est universel.
Tous ces usages indiquent bien moins des pen< vicieux qu'une absence de délicatesse et de dignité sonnelle, résultat d une civilisation encore grossière.
En principe, on ne demande pas pour le mari consentement d'une fille en puissance de parents ou famille. Mais ce consentement est tacite parce que la sait toujours ce qui se passe dans les conseils de fa et, en raison de la liberté dont elle jouit, elle connaît est à même de connaître son futur et est connue de Si elle ne consentait pas, elle déserterait, et cela a quelquefois. Par exception, dans les familles princiè les mariages se concluent sans la participation des à intéressés, parce qu'elles vont chercher au loin unge; ou une bru de leur rang. Dans aucun cas, le pouvoir ou religieux n'intervient dans les mariages ni les uni* quelconques.
Les veuves se remarient toujours quand elles sont y nés et elles ont plein pouvoir pour disposer d'elles-mêi soit pour le mariage soit pour tout autre acte. Elles sont soumises à aucun contrôle ni aucune critique leur conduite et sont recherchées quand elles ont quel bien. La demande en mariage peut venir soit de la mille du gendre par l'intermédiaire d'un homme, soit celle de la jeune fille par une médiatrice. La famille demande, fait alors connaître la qualité et la quotité présents qu'elle consent à donner à la famille à Jaqu elle s adresse.
Ces présents- consistent en général pour les riches une certaine somme d'argent, quelques champs, des e*H claves, des têtes de bétail et un certain nombre de a* ches de vin, le tout pour la famille ; et en un trousse»
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emprunté pour le jour de la fête, pour la fille ou demandé. Celui-ci ou celle-ci devra faire partie prendre le nom et même les titres de la famille Lt la demande et chez laquelle se font les no-
>jets offerts à l'occasion d'un mariage portent le cadeaux et non de prix convenus, mais ils n'en moins réglés d'avance et exigés. Dans les familles tj ils consistent seulement en quelques ustensiles tage, une ou deux têtes de bétail et un peu de
lus souvent, c'est la fille qui est achetée, quelque- >t le garçon. En général, c'est l'intérêt bien plus fection qui détermine les unions, lariage se conclut en buvant du vin que l'on verse *ents, ainsi qu'aux fiancés s'ils sont présents. Loces consistent en un repas copieux, terminé par tses et des souhaits de prospérité, la femme qui fait tous les travaux de la campalabour excepté, et tout le petit commerce y com- 5s achats. « Une femme entendue, hardie de caracforte de corps est, » dit l'abbé Desgodins, « un vrai matériel pour un chef de famille qui, se reposant [le de tout l'intérieur, ne s'occupe que du commerce leur, des affaires publiques, s'il est employé, et des fcs, oubien passe une grande partie de son temps dans reté. Les femmes des employés ont même une cerinfluence par le plus ou moins d'ascendant qu'elles sent sur leurs maris. Toutes les femmes sont reçues titement dans toutes les réunions publiques et primais elles se tiennent à l'écart des hommes qui ttent un mépris théorique pour • l'être inférieur », thibétain de la femme. Elle ne mange guère avec son ri qu'en famille, jamais avec les invités ; alors il y a pour les hommes, et les femmes sont dans un coin salle. Cependant cette règle est beaucoup moins riireuse au Thibet que dans la Chine et dans Tlnde. Le divorce est permis, mais il est très rare avec les prenières femmes ; il est plus commun avec les secondes emmes. Le concubinage est une union qui se dissout très fréquemment. Si le mari est venu s'installer chez la femme, c'est elle qui le chasse en cas de désaccord grave.
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Il n'y a point de prostitution publique excep L'hassa et dans les villes qui sont sur la route de Chine.
On rencontre de temps en temps des familles entiè ou des réunions de famille qui parcourent le pays sous nom de Rig-pa, dansant, chantant et faisant des tours force et de jonglerie, quelques-uns imités des jongle Indiens. Leurs représentations sont toujours publiq Les assistants paient ce qu'ils veulent, à moins qu n'aient été invités par quelque chef ou riche qui dés amuser le public et alors paie la troupe. La plupart temps, ces Rig-pa ne sont que des concubinaires simp ou à titre permanent. Les Rig-pa et les danseurs et ch teurs publics se permettent souvent quelques poses etd dialogues fort indécents pour réveiller l'attention et gaieté de leur public. Parmi les danses populaires, il y a peu de crûment lascives, beaucoup par allusion. L danses publiques en elles-mêmes sont modestes, m comme elles ont lieu toujours pendant la nuit, on garde aucune retenue aux alentours.
Il n'y a point d'exhibitions obscènes, comme da l'Inde, ni de livres libertins.
Les vices contre nature sont extrêmement rares, sa « peut être » parmi les Lamas.
Les sentiments de famille sont au Thibet meille qu'en Chine, moins bons qu'en Birmanie. Généralement 1 parents aiment et soignent bien leurs enfants quand i sont petits. Il n'y a point d'infanticides comme en Chine mais Tavortement est très fréquent ; on accuse les Lam médecins d'y aider beaucoup en raison du grand nombr de Lamas auteurs d'une paternité qu'ils ont intérêt à ca cher. L'éducation morale et l'instruction des enfants son très faibles. Les enfants aussi aiment assez leurs paren tant qu'ils en ont besoin ; mais dès qu'ils sont un pe grands et surtout dès qu'ils ont goûté des plaisirs char nels, ce qui arrive de très bonne heure, ils deviennent trè indépendants, insolents, et sans affection surtout envers la mère qu'ils craignent moins.
Tant qu'elle a assez de forces pour suffire à sa rude besogne, on la laisse se soigner comme elle veut ; mais si la maladie ou la vieillesse l'en empêchént, mari et enfants lui font trop sentir qu'elle est une bouche inutile.
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Malheureusement, il n'y a pas que le Thibet qui offre un si triste exemple.
Le peu d'égards que Ton a au Thibet pour la femme âgée doit avoir pour cause la dissolution des mœurs, c'est un adage Thibétain que • personne ne connaît son père ».
11 est vrai qu'on trouve cette même ironie aux premiers âges chez des peuples qui traitaient les autres de Barbares. Nous voyons dans l'Odyssée, Télémaque, sous l'inspiration de Minerve, accueillir Ulysse par ces mêmes paroles comme étant l'expression de la sagesse antique.
Cependant l'incertitude de la paternité devrait plutôt fortifier le sentiment filial envers la mère ; nul doute que cela n'ait lieu dans les familles aisées au Thibet comme dans les autres pays bouddhistes.
Par l'effet de la dissolution des mœurs et du monachisme, la stérilité est très commune au Thibet et la population n'augmente pas.
Le Mahométisrae n'est représenté au Thibet que par la colonie Kachemirienne de L'hassa qui se livre exclusivement au commerce et ne fait point de prosélytes. Ces Musulmans sont fort recommandables par leur probité et leur moralité. Ils se considèrent comme bien supérieurs physiquement et moralement aux Thibétains et ne se marient qu'entre eux. Le père Hue se loue beaucoup des procédés de leur chef à son égard pendant les épreuves que les Lazaristes ont eu à subir à L'hassa. Ces Mahométans de race Aryenne font, pour la tolérance et l'humanité, contraste avec leurs coreligionaires Sémitiques ou Touraniens.
L'état-major Russe, sans avoir de données certaines, évalue la population du Thibet à 6 millions d'habitants, soit 4 personnes par kil. quarrés en moyenne ; mais cette population est répartie très inégalement.
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