‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 83 sur 129 · Etablissement du Bouddhisme au Thibet · texte numérisé non relu

Etablissement du Bouddhisme au Thibet

D'après les légendes, \è Thibçt aurait été d'abord peuplé par des singes. Comme il n'y a pas de singes aujourd hui au Thibet, M. Stanislas Julien explique cette tradition par une ressemblance que plusieurs voyageurs ont trouvée aux Bod avec les singes. C'est peut-être là l'origine des singes du Ramayana qui seraient des descendants de Bod venus dans 1 Inde.

Le premier roi Thibétain, dont le nom signifie « celui qui règne sur les Nus » résida à Jarlung. Sous un de ses descendants, vers Tan 250 avant J.-C, le Bouddhisme fit sa première apparition dans le Thibet où pénétrèrent quelques Biskous Nomades venus de l'Inde. Sa plus ancienne forme paraît être représentée par la secte des Peun-bo qui, comme tous les Bouddhistes en dehors du bramaïsme, n'avait pas d'organisation hiérarchique. Les Peun-bo subsistent encore quoique fort altérés par le mélange des sectes postérieures et réduits numériquement, peut-être par des persécutions. C'est la secte qui se rapproche le plus du Christianisme qu'une partie de ses membres a déjà embrassé*

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dhisme fut établi officiellement au Thibetparle conquérant, StrongEtsan-SSban. L'an 63J de (date de la mort du Prophète), il envoya dans ministre et confident (que Ton considère comme nGarnation du Bodhissattva Mandschucri) avec seize agj&ons pour s'instruire dans le Bouddhisme. Il esa l'alphabet Thibétain sur le modèle de l'écriture e 4e l'Inde.

* Tfetibétains écrivent horizontalement de gauche à e ; ils ont deux sortes d'écritures ; une capitale et *e cursive (voir Théodore Pavie, le Thibet et les Etu- 'hibétaines, revue des deux mondes T. XXI page 41). s deux ouvrages les plus importants qui furent portés bibet sont le Samatog ou la Cassette et le Mani Kan- Le premier est un compendium de la morale Boud- Le et paraît avoir été originairement un Code Civil et ie un Code criminel. Il contient 46 paragraphes : les îrtus, les 10 péchés, les 10 commandements, enfin descriptions sur les devoirs civils des sujets. Mani Kambun, au contraire, est un Sutra appartenant antrisme ; le plus renommé de toute la collection du ljour. 11 s'attribue lui même à la révélation du Boud- Amitaba et de son fils Padmapani ou Àvatokileswara itron du Thibet, qui, d'après la croyance populaire, incarné à perpétuité dans le Dalaï-Lama par un rayon umière. C'est le livre d'enseignement dogmatique uniellement adopté au Thibel et le plus répandu dans e l'Asie Centrale. On y trouve l'original de la fore : Om mani padmé oum dont Schlagenweit a donné version aujourd'hui universellement adoptée. Adorai ! le joyau dans le lotus, ainsi-soit-il ! La première ue d'Avalokétiswara, dite existante par elle-même, fut :ée par le roi Srong Tsan ban po qui la fit venir de trème Sud, sans doute de Ceylan. Avakitoleswara a pris pour patron du Thibet, sans doute parce que le iddhisme y fut apporté par des religieux venant du d de rinde où Avokiteleswara était fort honoré, comme îs l avons vu dans le voyage de Hiouen-Tsang. -a conversion du Thibet fut continuée successivement 1 les deux épouses du roi des Dara Ekan blancs et verts, première était Bribsun, fille duroiduNepaul, probableïnt tributaire du Thibet ; elle en fit venir les écrits sa-

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crés. La seconde Ven Tsching était la fille de l'Empen de Chine dont le roi avait conquis la main par ses i toires : elle apporta des livres et des statues bouddhiqn Ces reines fondèrent les deux premiers couvents bol dhistes.

Le roi fut, à tous égards, un grand civilisateur. Il pr| crivit : les devoirs envers les parents, l'assistance a vieillards et aux infirmes, la sobriété, l'humanité envi les ennemis, la probité dans les transactions, la pudeur la modestie,

Kri Srong,son 5 e successeur qui régna de 740 à 786 api J.-C, fut contraire au Bouddhisme dans son âge mûr et favorisa dans sa vieillesse.

Il fit venir de l'Inde un grand nombre de docteurs, ent autres le Bodhisattwa Çanta Raxita.

Il fit construire, avec le monastère de Bsamm Jafs, i grand temple qu'on considéra comme une merveille qui est un mélange des styles thibétain, hindou et cb nois.

Il reconnut le bouddhisme comme religion d'état ; ce de lui que date le premier établissement du Lamaïson

Il envoya des Thibétains dans l'Inde pour étudier ; ceui ci de retour formèrent des élèves et, avec leur aide, eu treprirent une traduction en Thibétain des livres sacH du Bouddhisme écrits en sanscrit- Elle ne fut terminé que sous les successeurs du Roi. Le principal traducteu fut Padma Sambava, originaire d'Oudiana où le Boud dhisme était fort infecté de sivaïsme.

Le roi Kri Strong fut, à cause de sa sagesse, honor comme une incarnation du Bodhisattva MandschukrL Vin ensuite l'infidèle glang ther, persécuteur de la religion le Julien l'Apostat du Thibet.

Le Lamaïsme fut proscrit pendant près de 80 ans souj ce roi et ses succcesseurs. Sa restauration complète d définitive n'eut lieu qu'en 971.

De 971 à 1 389, les sectes religieuses et surtout les schisme! monastiques se multiplièrent sous divers noms jusqu'au nombre de 18 principales qu'on a appelées les sectes rouges pour les distinguer des Guélong de la réforme de Tsong-ka-pa reconnue comme la religion officielle par la dynastie Mantchoue, la dynastie actuelle.

Le Pandit Attisha fonda beaucoup de monastères au

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Siècle, Il appartenait à une école qui répudiait le Ci- BÉÉe* C'est de celle qu'il fonda que sortit le réformait ïsong-ka-pa. La hiérarchie ecclésiastique se fortifia ij» et grandit rapidement. Il s'établit des couvents et s sectes possédant de grands biens, qui étaient de vérij^Tes fiefs, car alors les populations faisaient partie de la fifcriété au Thibet.

ffeu après, les deux grands Lamas de Ssa Sskja et de igund se disputèrent la suprématie et en vinrent aux bains. L'Empereur de Chine pris pour arbitre, se prononça

È> le premier, bien qu'il eût été défait ; et, depuis, la ité de grand Lama resta dans sa famille, ou du moins i ses successeurs à Ssa-Sskja.

! On voit par là que les divers monastères et les différents lignitaires religieux s'étaient mis au-dessus de tous les pouvoirs et que les grand Lamas de Ssa Ssjka qui revendiquaient une suprématie sur les autres chefs de couvents, in obtinrent la confirmation par l'intervention de l'Empereur de la Chine.

A part cela, il n'est point acquis que la Chine ait eu quelque suprématie effective sur le Thibet avant Mongka et Chubilaï Chagan.

En même temps la Hiérarchie religieuse s'organisa (Tune manière toute particulière.

Les Religieux venus de l'Inde prirent vis-à-vis des Bod grossiers et faciles à gouverner une position plus haute que celle qu'ils avaient occupée dans l'Inde où ils avaient des rivaux et des antagonistes.

L'établissement de la hiérarchie lamaïque fut sans doute Une extension de la juridiction des Grands Gourous brahmaniques que nous avons décrite.

Cette juridiction divisa le territoire en un certain nombre de circonscriptions pareilles à des diocèses- Comme il existait alors au Thibet une sorte de servage de la glèbe ou du moins de la tente, les donations de grandes terres, faites, soit aux lamasseries soit aux gouroux, entraînaient *a possession des habitants de ces terres soit pasteurs, soit agriculteurs. C'est ainsi que les chefs de couvents ou de circonscriptions religieuses devinrent au Thibet, comme au Moyen âge, possesseurs féodaux ou princes temporels, puis à la chute de la royauté, des princes souverains. Il est très probable d'ailleurs que les Thibétains conférèrent

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d'eux-mêmes et volontairement à leurs chefs spirituels! direction de leurs affaires temporelles, ce qui leur assi la suprématie.

L'ancien Lamaïsme établit, avec des restrictions et conditions, l'hérédité sacerdotale. Les princes spiritw à la manière des Brahmanes, se mariaient et restai* mariés jusqu'à ce qu'ils eussent uh fils, de telle sorte les hautes charges ecclésiastiques étaient, au moins partie, héréditaires.

Cette organisation tout à fait contraire à la concept^ que Bouddha avait eue de la vie religieuse, montre le Lamaïsme ancien était un mélange de Shamanisme, Sivaïsme et de Mysticisme ou Tantrisme.

La réforme de Tsong-Ka-pa originaire de la Mongoljj fut donc une véritable restauration, ou si Ton aime miel un retour au Boudhisme tel qu'il existait avant ses coi promissions avec le Brahmanisme dans le Nord f et qui s'est conservé dans le Sud de l'Inde jusqu'à son extint tion, àCeylan, en Birmanie, et même en grande partie Chine.

Le nom de secte de la Vertu que Tsong«Ka-pa adopta raît à la fois emprunté à la phraséologie morale Chinoi dans le but de plaire à la Chine, tt choisi pour bien cara^ tériser Ja réforme comme portant principalement sur mœurs et sur les œuvres.

Lorsqu'il pénétra du Nord de l'Inde dans le Thibet, Bouddhisme du Nord était arrivé au Mysticisme (magie) au Tantrisme imprégné de Civaïsme ; lesquels n'étaiei tous deux qu'un recul vers le Brahmanisme poussé à s€ conséquences dernières.

Arrivant auThibet ainsi altéré, il y fit, sans difficult des concessions au Shamanisme, culte des esprits qui gnait dans toute la Haute Asie, depuis la Sibérie dont ol le prétend originaire et où il existe, dit-on, encore aujoi d'hui. Ce compromis introduisit dans le culte une pal pour les esprits et pour le feu cher aux Shamanistes ei donna une large place à l'exorcisme et à la magie.

La couleur rouge qu'adoptèrent les religieux bouddhis^j tes au lieu de la jaune qu'ils portaient dans llnde, fui sans doute avec le nom de Lamas un emprunt au Shamarl nisme adorateur du feu.

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